Le décaméthyldizincocène est un composé organozincique de formule chimique . C'est le premier exemple connu Catherine E. Housecroft et Alan G. Sharpe, Inorganic Chemistry, , Pearson, 2008, . d'un composé présentant une liaison . Il s'agit d'un solide cristallisé incolore pyrophorique et hygroscopique. Il est stable à température ambiante et particulièrement soluble dans l'éther diéthylique, le benzène, le pentane et le tétrahydrofurane (THF).
Synthèse
La capacité des métaux à former des liaisons métal–métal hétéronucléaires ou homonucléaires varie le long du tableau périodique. Dans le , le mercure forme facilement des unités alors que le cadmium et le zinc en forment plus difficilement. Le décaméthyldizincocène a été signalé en 2004 par Carmona comme produit inattendu de la réaction entre le décaméthylzincocène et le diéthylzinc : 2 + ⟶ + 2 + hydrocarbure(s).
La réaction analogue du zincocène avec le diéthylzinc donne quant à elle le . Les substituants méthyle sur les cycles cyclopentadiényle jouent donc un rôle stabilisateur déterminant dans la formation du décaméthyldizincocène, tandis que l'utilisation de diéthylzinc comme réactif est également importante. Bien qu'il soit faiblement soluble, le diphénylzinc peut être employé à la place du diéthylzinc. En revanche, le diméthylzinc ne donne que du méthyl(pentaméthylcyclopentadiényl)zinc :
L'éthyl(pentaméthylcyclopentadiényl)zinc et le décaméthyldizincocène proviennent de la réaction entre le décaméthylzincocène et le diéthylzinc . Les quantités relatives dépendent des conditions de réaction, qui peuvent être optimisées pour favoriser l'une ou l'autre espèce. Par exemple, si cette réaction est menée dans du pentane à , il ne se forme que de l'éthyl(pentaméthylcyclopentadiényl)zinc ; si en revanche la réaction est menée dans de l'éther diéthylique à , il se forme essentiellement du décaméthyldizincocène .
Structure
Diverses méthodes ont été employées afin de déterminer la structure du décaméthyldizincocène, y compris la cristallographie aux rayons X, la RMN du proton et la spectrométrie de masse. Grâce à des méthodes de diffraction des rayons X, il a été établi que les atomes de zinc sont pris en sandwich entre deux cycles pentaméthylcyclopentadiényle parallèles dont les plans sont perpendiculaires à l'axe de liaison . La séparation entre les deux plans des cycles est d'environ . Les cycles sont dans une conformation éclipsée avec les substituants méthyle légèrement inclinés vers l'extérieur (en s'éloignant des atomes métalliques centraux) à un angle de 3° à 6°.
Dans les métallocènes mononucléaires, la flexion des substituants liés aux cycles permet de limiter l'encombrement stérique ; cependant, le rayon d'un groupe méthyle est de l'ordre de et donc la flexion dans le décaméthyldizincocène ne sert pas cet objectif car la distance entre les deux anneaux est bien supérieure à cette valeur. On pense que, dans le cas du décaméthyldizincocène, la flexion des groupes méthyle liés aux ligands cyclopentadiényle permet concentrer la densité électronique loin des atomes métalliques centraux chargés positivement. La séparation entre chaque atome de Zn et le centre du cycle cyclopentadiényle qui lui est attaché est d'environ et la distance (dans les cycles) va de . La longueur de liaison est de , ce qui indique une liaison très forte entre les deux atomes de zinc. Ceci peut être comparé à la longueur de liaison connue de . Deux types de structures distincts ont été conjecturés pour les dimétallocènes, à savoir une structure coaxiale — qui est celle observée avec le décaméthyldizincocène — et une structure perpendiculaire dans laquelle l'axe de la liaison métal-métal est parallèle au plan des ligands cyclopentadiényle — probablement celle des dicuprocènes.
Notes et références
Catégorie:Composé organozincique zinc