Le Club Nautique Voile d'Aix-les-Bains a été fondé en 1882. Son siège est situé à Aix-les-Bains, sur les rives du Lac du Bourget, plus grand lac naturel de France, au Grand-Port, depuis 1901. Organisateur des « Grandes Régates Internationales » à l'aviron et à la voile de 1901 à 1939, il est devenu un club pratiquant uniquement la voile à partir de 1953, avec la fusion de sa section aviron avec celle du Rowing-Club d'Aix les Bains, dans l'Entente Nautique Aix-les-Bains Aviron (ENA). Doté d'une école de voile créée en 1952 par Louis Vellard, elle est, en 2022, la première de la région Auvergne Rhône Alpes.

Avec la présidence de Michel Frugier à partir de 1988, le CNVA devient à la fois un organisateur de régates nationales et internationales (Championnat de France Espoir en 1994 et Championnat du monde 49er en 2006, Championnat du Monde RS Feva, par exemple), ainsi qu'une pépinière de champions.

Les participations olympiques de Blandine Rouillé à Athènes en 2004 et d'Emmanuel Dyen en 2008 à Pékin et 2012 à Londres sont particulièrement notables. Stéphane Dyen a été recordman du monde de vitesse à la voile en compagnie d'Alain Thébault sur l'Hydroptère. Les membres du club s'illustrent également en course au large avec les participations de Benoit Lequin, Fred Moreau et Kévin Bloch à la Transat 6,50, à la solitaire du Figaro, aux circuits Class 40, Imoca 60 ou MOD 70.

Le CNVA est en première division des clubs FFV en dériveur depuis 1995. Il remporte ce classement en 2020 et 2021. Ceci, en plus de ces bons classements en habitable et multicoque, permet au club savoyard d'être pour la première fois élu Top Club compétition par la Fédération française fin 2021 et à nouveau pour ses résultats 2025.

Histoire La date de la fondation du Club nautique d'Aix-les-Bains (CNA), 1882, est acceptée depuis les années 1920, après que Joseph Bogey ait esquissé l'histoire des débuts du club dans une série d'articles parus dans le journal L'Avenir d'Aix-les-Bains. Pourtant, elle reste sujette à caution, en l'absence de toute déclaration officielle avant 1894. C'est à cette date que le président d'alors, Joannès Amédée Viennet et son secrétaire, Joseph Mottet, annoncent par voie de presse la fondation du club, officialisée par une déclaration préfectorale datée du Journal des débats politiques et Littéraire, 27 août 1894.. Les débuts sont chaotiques et le club manque d'être dissous en 1898. Le succès de la régate internationale du , organisée par des villégiateurs étrangers, le Major Henry Brevoort, membre du New-York Yacht Club, et le caricaturiste anglais Georges Trice, incite le CNA à se reconstituer sous les auspices du président Albert Marty. gauche|vignette|Inondation du club-house du CNA en 1910.

Un premier club-house en bois est construit au Grand Port, au lieu-dit la FontaineLe Petit Bleu de Paris, 8 juillet 1901.. Bien que détruit par une tempête en Gil Blas, 17 février 1904., il est immédiatement reconstruit en maçonnerie dans les mois qui suivent au même emplacementL'Auto, 10 avril 1905.. Cette reconstruction grève durablement les finances du club.vignette|Sortie du port de Terre-Nue pour la régate du Club Nautique de Chambéry du 20 juillet 1902. Au premier plan, le 1-Tonneau l'Aiglon, au second plan le 1/2-Tonneau Radium.Les régates d'été se développent, et la confrontation amicale avec le Club Nautique de Chambéry engendre l'achat par le CNA de voiliers de plus en plus ambitieux : le 1/2-tonneau Radium en 1902, le 1-tonneau Condor en 1903, et jusqu'au 4-tonneaux Entente Cordiale en 1906, tous achetés à Genève au chantier Trüb, et conçus pour la jauge Godinet modifiée suisse. Les régates sont dominées par Joseph Vuillermet, jusqu'à son décès en 1906, puis par le docteur Henri Forestier jusqu'au déclenchement de la Première Guerre mondiale. gauche|vignette|Départ de la Coupe Ashwin du 24 septembre 1924.Celle-ci engendre un arrêt complet de l'activité, et 15 membres du club sont déclarés « morts pour la France » . Après l'Armistice, le CNA peine à se reconstituer, et il faut attendre 1921 pour que l'activité reprenne complètementLe Figaro, 22 Août 1921.. En 1922, un dynamisme nouveau apparait, autour du choix du Monotype National comme série du club, sous l'impulsion de Roger Möellinger, président, d'Henri Forestier, vice-président de la section voile et Joseph Bogey, capitaine d'entrainement. Après l'achat par un membre d'un premier exemplaire construit par les chantiers Despujols de Meulan, le club et des particuliers font construire par des chantiers locaux 5 autres exemplaires en 1923 et 1924. Les n°36 et 38 sont envoyés à Paris pour participer aux Jeux Olympiques sur le plan d'eau des Mureaux. À partir de 1928, on retrouve les monotypes, seuls, au départ des nombreuses régates organisées. La section voile connaît cependant une relative désaffection jusqu'en 1931, avec le départ de nombreux anciens, dans un contexte de crise du thermalisme aixois«Le yachting sur le lac du Bourget » , Le Yacht, 8 septembre 1928.. Le renouveau débute en 1932 : de nouvelles régates apparaissent, ainsi que de nombreuses courses croisières autour du lac. vignette|Les Monotype du CNA au départ de la Coupe Vuillermet, le 14 juillet 1936.En plus des 6 exemplaires initiaux, 5 Monotypes Nationaux sont construits en 1937, 1941 (2), 1949 et 1954. La dynamique ne se dément, pas y compris sous l'Occupation : bien que l'activité soit totalement stoppée au . Elle recommence pratiquement normalement à partir du printemps 1941, avec une forte présence féminine. Si les voiliers sont utilisés par les chefs des Chantiers de la jeunesse et pour promener des officiers de la Kommandantur, de nombreux membres entrent en résistance, comme Louis Vellard, Roger Turrel et Jacques Vuillermet. Ce dernier est lâchement exécuté par les nazis à la veille de la libération de Chambéry, au champ de tir des Charmettes.

Après la Libération, l'activité se renforce encore avec désormais plus d'un tiers de membres féminins et des régates qui leur sont réservées. La flottille du club s'accroit avec l'apparition de nouvelles séries, amenées par des particuliers : Star (1938), Véga (1941), Bélouga (1947), Requin (1953), Corsaire (1955)… En 1956, le tournant de la voile légère est pris avec l'achat ou la construction par les membres des premiers Vauriens, immédiatement utilisés en compétition et en école de voile. La première régate de Ligue est organisée au club la même année. Rapidement les séries des 505, des Ponant, des Fireball, des Optimist et des 420 se développent à leur tour. alt=Les infrastructures du CNVA en 1971|gauche|vignette|Les infrastructures du CNVA en 1971 En 1970, le CNA est chassé de ses bâtiments, dont il est pourtant propriétaire, pour laisser place à l'immeuble des Belles-Rives. Une âpre lutte s'engage alors avec la municipalité pour obtenir un relogement décent. Sous la pression de Louis Vellard, les bâtiments actuels sont construits en rive droite du Sierroz.

Si des individualités se mettent en valeur en compétition, des années 60 au milieu des années 1980, l'équipe compétition ne parvient pas à se structurer de façon pérenne. La pratique dériveur est de plus en plus concurrencée, à partir de la fin des années 1970 par la planche à voile puis le multicoque de sport.

Il faut attendre l'arrivée à la présidence de Michel Frugier en 1988, et à la commission sportive, de Gilles Dyen, pour que l'équipe compétition se développe véritablement. Le club monte également en puissance sur les organisations de régate avec les championnats de France Croiseurs en 1985, voile-modèle en 1990 et espoir dériveur en 1994. L'école de voile devient le véritable poumon financier du CNVA. Les efforts sont récompensés avec le premier titre de championne de France pour Marie-Nathalie Castel en Moth Europe espoir en 1993. Le club atteint la première division en 1995, et un pôle espoir s'ouvre en 1999. Ces progrès se traduisent par de nombreux titres et podiums en championnat d'Europe et du Monde, et trois qualifications successives aux Jeux Olympiques. Michel Frugier quitte le club en 2001 pour embrasser une carrière politique. Gilles Dyen le remplace et ils organisent le championnat du Monde de 49er, classe olympique, en 2006. Cet âge d'or se termine en 2012 avec la dernière participation de Manu Dyen aux JO. Pour autant, la politique engagée à la fin des années 1980 est poursuivie et abouti à la nomination du CNVA Top Club compétition par la FFV en 2021.

Palmarès

Champions de France AnnéeMembres du clubSérie1985François Lansac / Laurent Argentier / Eric TercierCroiseurs AGilbert Cattet / Jean-Louis Cattet / Philippe EggermontCroiseurs BEric Billard / Chantal, Philippe et Michel PatijaudCroiseurs R1995Marie-Nathalie CastelMoth Europe Espoir Féminin1997Emmanuel Dyen / Stéphane Dyen420 Masculin / Mixte1998Marie-Nathalie CastelMoth Europe Sénior FémininEmmanuel Dyen / Stéphane Dyen420 Masculin / MixteLaurence Patijaud / Julie Delcroix420 Féminin2000Caroline Barbarin / Manuelle Clavel420 FémininEmmanuel Dyen4702003Blandine RoulliéMoth Europe Sénior Féminin2004Blandine RoulliéMoth Europe Sénior FémininEmmanuel Dyen49er2008Gilles Dyen / Bernard Genix / François Zabiolle / Vincent CarriCroiseurs R22009Christophe Bouquot / Frédéric Sarian / Jean-Michel Tercier / Nicolas CalizeCroiseurs R22013Laura Pébrier420 FémininEmmanuel Dyen49er2014Sébastien Durand / Emma RieraFlotte collectiveNicolas Duron / Eloi DevinIntersérie Dériveur MédiumEmmanuel Dyen49er2018Christian LéoneCroiseurs L2019Tanguy Rulleau / Manon BouquotIntersérie Dériveur Médium2020Gilles Dyen / Christian Girerd / Cyrille OribeCorsaire2021Baptiste CourtiasO'pen Skiff MinimeRémi CourivaudILCA 4 EspoirEric GranjuCorsaire2022Christian LéoneCroiseurs LChristophe Chaffardon / Salomé Cadoux / William Rodriguez / Mathieu De Guibert / Florent ChâtelainCroiseurs R22023Pascal MonnetCorsaire2024Christian LéoneCroiseurs L2025Christian Léone, Maxime Villeminey, Pierre-Alain GroenkeCroiseurs R2/L

Classement national des coureurs Habitable : classement skipper / bateau HN / Osiris 1986 : : Nicolas Gibault - Snake Gasoil 2017 : : Sylvain Jaillet - Vas-y Pinky ! 2023 : : Sylvain Jaillet - Vas-y Pinky ! , : Laurent Argentier - Kohanna 2024 : : Sylvain Jaillet - Vas-y Pinky ! 2025 : : Sylvain Jaillet - Vas-y Pinky !

Toutes catégories 2021 : : Rémi Courivaud

Podiums Internationaux Championnats d'Europe 1999 : Emmanuel Dyen / Stéphane Dyen : 420 Masculin / Mixte : 2010 : Emmanuel Dyen : 49er : 2013 : Laura Pébrier : 420 féminin : 2014 : Christophe Dyen / Jean-Jacques Poirier / Christian Girerd / Alain Lessaux : Championnat d'Europe Surprise : 2025 : Anthony Eggenspieler / Léonie Maurey : RS Feva U 14 :

Championnats du Monde 1992 à 1997 : Anne Clavel : Moth Europe Féminin vétéran : 1ère 1997 : Anne Clavel : Moth Europe vétéran : 1ère (devant tous les masculins) 1998 : Laurence Patijaud / Julie Delcroix : 420 Féminin : 2ème 2002 : Magali Pallanca : 420 Féminin : 1ère 2013 : Manu Dyen : 49er : 3ème 2022 : Baptiste Courtias : RS Aéro 5 U 16 Masculin : 1er et U16 : 2ème 2024 : Christophe Chaffardon, Pascal Monet, Gilles Dyen : Micro Racer : 3ème 2025 : Christophe Chaffardon, Elora Chaffardon, Salomé Cadoux, Mathieu de Guibert, Pierric Jaillet : B25 : 3ème, 1er Corinthians. 2025 : Anthony Eggenspieler / Léonie Maurey : RS Feva U 14 : 1er, Mixte : 1er. 2025 : Lino Bamberg Saladié / Arthur Dézat RS Feva U14 : 2ème.

Participation aux Jeux Olympiques 2004 : Athènes : Blandine Rouillé - Moth Europe Féminin - 11ème 2008 : Pékin : Manu Dyen - 49er masculin - 10ème 2012 : Londres : Manu Dyen - 49er masculin - 6ème

Classement des clubs en dériveur Source : FFV Année19951996199719981999200020012002200320042005Rang9574647108911Année20062007200820092010201120122013201420152016Rang111921(1)171445512159Année201720182019202020212022202320242025Rang137121(2)1(2)233 Notes :

1 : 2ème division

2 : Classements tronqués pour cause de CoViD19