La cacherout ou kashrout (en hébreu : , « convenance de la cuisine et des aliments ») est le code alimentaire prescrit aux enfants d'Israël dans la Bible hébraïque. Elle constitue l'un des principaux fondements de la Loi, de la pensée et de la culture juives.
Elle regroupe d'une part l'ensemble des critères désignant un aliment (animal ou végétal) comme permis ou non à la consommation, et d'autre part l'ensemble des lois permettant de les préparer ou de les rendre propres à la consommation. Les aliments en conformité avec ces lois sont dits casher ou cacher, « aptes » ou « convenables » à la consommation.
Certaines consommations non alimentaires sont dénommées cachères par extension, afin de signaler leur approbation par les autorités rabbiniques, tel l'usage du téléphone ou les œuvres audiovisuelles..
La cacherout dans les sources juives Dans la Bible hébraïque Les prescrits sont énoncés dans le livre du Lévitique chapitre 11 et dans le Deutéronome chapitre 14.
Étymologie et terminologie
Le terme cacher apparaît une seule fois dans la Bible hébraïque, et est rendu en français par « convenable ».. C'est également ce sens de « convenable » et « valable » qu'il a dans la MishnaGuittin 2:1; Para 5:4.. C'est pourquoi le terme casher peut être utilisé dans au moins trois cas.
Dans le premier, le mot a une signification profane similaire au mot « convenable » en français. C'est ainsi pour souligner la valeur de , qui assista les Judéens dans la reconstruction du Temple, souverain que le Talmud qualifie de « roi casher »T.B. Rosh Hashana 3a.. C'est aussi ce sens qu'il possède dans de nombreuses expressions « figurées » actuellesArticle koshèr des Joies du Yiddish, , édition française 1994 (traduction par Victor Kuperminc), éditions Calmann-Lévy, ..
Dans un contexte religieux non alimentaire, le terme « casher » est conventionnellement employé pour signifier « propre au rituel » Définition de la ., et son antonyme est alors « »« nous savons tous que, si une seule lettre de tout le rouleau de la Torah est quelque peu abîmée, alors tout le rouleau lui-même est nul, […] » - Réussir toute l'année. (disqualifié). Il s'applique à un verre de vin, un rouleau de la Torah, une mezouza, et tout autre objet ayant pour fonction de permettre la réalisation du rituel.
Enfin, le sens le plus connu est celui lié à l'alimentation, sens d'ailleurs proche du précédent. Le repas juif a en effet pour fonction de reproduire le rituel des qui se tenaient dans le Temple de Jérusalem, et les ustensiles et récipients de cuisine, ainsi que les alimentsParoles d'initiation au festin du futur de Claude Vigée. doivent être « acceptables » pour réaliser cet acte de sainteté. Le Lévitique, décrivant le rituel ainsi que les aliments acceptables, définit les aliments selon deux catégories : (pur) et (impur). L'antonyme de casher est dans ce cas soit (« impur »), désignant un aliment qui ne peut en aucun cas servir au rituel du repas (le porc ou le bouc par exemple), soit (littéralement, « déchiré »), c'est-à-dire potentiellement acceptable pour la consommation mais rendu impropre par suite d'une mauvaise application du rituel.
Principes de la cacherout Les lois de la cacherout dérivent de divers passages de la Torah' principalement dans le Lévitique 11 et le DeutéronomeParticulièrement Deutéronome 12:16, 12:21-25, 14:3-29, 15:1, 15:19-23, 16:1-13, 17:1. Elles sont nombreuses et variées, et toutes ne sont pas universellement observées. Certaines ne le sont que par certains courants, d'autres dépendent du rite d'origine. Cependant, on peut en dégager les règles principales : Pour les aliments d'origine animale : ils doivent présenter des signes particuliers et, dans le cas de mammifères et de volailles, provenir d'espèces particulières ; ils doivent être abattus de manière rituelle ; les parties interdites à la consommation, dont le sang, le nerf sciatique et la graisse, doivent être retirées ; « l'agneau ne peut être cuit dans le lait de la mère » ; seul le lait des espèces licites peut être consommé, 81:1 ; voir aussi T.B. 5b & 7a-b.. Pour les aliments d'origine végétale : ils doivent être vérifiés afin de s'assurer de l'absence d'insectes visibles à l'œil nu ; certains délais doivent être observés et, dans le cas du produit de la récolte en terre d'Israël, les dîmes doivent être prélevées. Des lois supplémentaires s'appliquent lors de jours saints spécifiques, et uniquement lors de ces jours. Certains aliments doivent être préparés en grande partie ou en exclusivité par des enfants d'Israël. Les plats non casher transmettent leur impureté aux ustensiles utilisés pour leur préparation, et ne peuvent servir pour les nourritures casher auxquelles elles transmettraient à leur tour leur impureté. Certains ustensiles, selon les matériaux dont ils sont faits, peuvent être purifiés par application d'une flamme à une telle température que des étincelles jaillissent de l'objet si on le frotte (), ou par immersion dans de l'eau bouillante (). Nul Juif n'est censé ignorer les lois de la cacherout pour son usage personnel. Toutefois, la surveillance et la supervision de la chaîne de production de nourritures destinées à autrui, par exemple pour la vente ou la restauration, doivent être confiées à un expert en cacherout.
Les espèces animales licites et illicites La Bible divise les animaux en trois règnes : ceux qui vivent sur terre, ceux qui volent et ceux qui vivent dans l'eau. Le règne terrestre est subdivisé en animaux sauvages, domestiques et rampants.
La première mention d'« animaux purs et animaux qui ne sont pas purs » se trouve dans la . Cependant, la distinction n'est décrite que dans et . Il est répété pour les animaux impurs le mot « abominable » ou « abomination » : « abominables ils resteront pour vous : ne mangez point de leur chair ». ; « Tu ne mangeras d'aucune chose abominable »..
Pour les animaux vivant sur terre, sont purs les animaux à sabots fendus ruminant leur nourriture, dont le bœuf, le veau, le mouton, l'agneau ou la chèvre et impurs les animaux dont le sabot n'est pas fendu comme l'âne ou le cheval, ou le lièvre (considéré aujourd'hui comme pseudo-ruminant du fait de sa digestion en deux phases.), même s'ils ruminent, ou ceux dont le sabot est fendu mais qui ne ruminent pas comme le porc ; , 79..
Pour les animaux qui volent, ce qui inclut les chiroptères, la Bible donne une liste d'oiseaux interdits, notamment les rapaces. Les tourterelles et jeunes pigeons sont purs, étant les seuls oiseaux admis pour une offrande. Les volailles de basse-cour (poulet, canard, oie, dinde, pintade) sont toutes potentiellement pures. Toutefois, la pureté d'un animal doit être certifiée par tradition avant qu'un de ces animaux soit abattu, préparé puis consommé, 82:1-5.. En pratique, la liste des oiseaux purs et impurs est établie à partir des gloses de Rachi Rachi sur Lévitique 11.. La Torah mentionne certains types de sauterelles comme permises à la consommation. Cependant, à l'exception de communautés dont les sauterelles constituent l'une des principales sources de nourriture, leur consommation est interdite en raison du doute quant à l'identification des espèces d'insectes permises, 85.. Elle a été interdite dans la communauté de Djerba en Tunisie au par décision du rabbin Aron Perez..
vignette|Poisson (en héraldique) : écailles et nageoires.
Pour les animaux aquatiques, sont purs ceux qui ont des écailles et des nageoires, ., ce qui inclut des poissons tels que le saumon, la morue, le hareng, la sardine, le merlan, la dorade, le bar, la sole, le thon, la carpe, etc. L'esturgeon, qui perd ses écailles lors de l'accouplement, n'est pas casher, ni la lotte, le silure, la raie, l'anguille ni aucun fruit de mer (crevette, langouste, homard, huître, moule), 83 & 84.. Les poissons autorisés sont réunis dans cette liste des poissons cachers.
Outre l'appartenance à une espèce pure, chaque animal doit, selon la Bible, être exempt d'impureté individuelle, c'est-à-dire ne souffrir d'aucune infirmité, parmi lesquelles la cécité ou l'écrasement des testicules. afin d'être offert devant Dieu. Cependant, et bien qu'il soit interdit à un Juif de châtrer un animal, raison pour laquelle on ne trouve en principe pas de bœuf, de chapon en Israël, il est licite d'abattre et consommer la chair d'un animal préalablement castré par un GoyResponsa 12164 et 29285 de cheela.org..
Régulations liées à la viande et la volaille thumb|.
Abattage rituel vignette|Abattage de la volaille selon les principes religieux, Shalom Koboshvili, Géorgie, 1940. L'abattage rituel (), auquel la Torah fait allusion de façon implicite mais non explicite. a principalement pour but de vider la bête de son sang qui est interdit à la consommation : .. La consiste entre autres à trancher la veine jugulaire, l'artère carotide, l'œsophage et la trachée d'un seul geste continu au moyen d'un couteau effilé ne présentant aucune encoche. La défaillance d'un seul de ces critères rend la viande impropre.
La carcasse doit en outre être vérifiée après l'abattage, afin de s'assurer que l'animal n'était pas atteint d'un défaut qui aurait entraîné sa mort naturelle au cours de l'année, et rendrait sa mort par abattage douteuse, et donc impropre, 1-65.. L'une des lésions les plus invalidantes selon le Beth Yossef est la présence d'adhérences pulmonaires ; alors que les juifs séfarades considèrent l'animal consommable si le poumon demeure étanche après résection de la lésion, les juifs ashkénazes n'acceptent qu'une bête dont le poumon est lisse (yiddish ). Le terme Que signifie « Glatt Cacher » ? http://jattitude.net/que-signifie-lexpression-glatt-casher/ est cependant actuellement employé pour définir des critères de cacheroute plus rigoureux qu'à l'ordinaire, et ne s'appliquent pas seulement à l'aspect des poumons.
vignette|Abattage casher du poulet (shehita).
Les parties interdites à la consommation, parmi lesquelles le sang, le suifLévitique 3:17. et le nerf sciatiqueGenèse 32:32. La numérotation des Bibles juive et chrétienne diffère : de la bible chrétienne est de la Bible hébraïque. La numérotation donnée ici est celle de la Bible chrétienne, cible du lien. ou ligament de la hanche, doivent ensuite être retirées.
L'interdiction de la consommation du sangLévitique 17:10. apparaît dès les premiers récits bibliquesGenèse 9:4., preuve de l'antiquité dont les Hébreux créditaient cet usage. Par ailleurs, ils recouvraient le sang de leurs victimesGenèse 37:26., selon la croyance que ; .. La chair des animaux terrestres et des volatiles est donc à consommer exsangue ; à 16., et toute offrande doit être offerte avec du selLévitique 2:13., afin de poursuivre cette extraction.
Cet interdit est si marqué que le terme (déchiré Exode 22:30.), désignant au sens strict une bête abattue improprement (c'est le cas non seulement des abattages n'ayant pas été réalisés selon la mais aussi de bêtes abattues selon le rite, mais avec un couteau présentant un défaut) ou blessée par un chasseur avant d'être consommée, en est venu à servir d'antonyme à kascherTaref - pas casher.. Toutefois, le terme exact est (impur), seules les bêtes pures pouvant être consommées. Par ailleurs, lorsqu'un chasseur capture un animal pur, vivant, sain et sans blessure, celui-ci peut être consommé à condition d'être abattu selon le rite. Cependant, le Talmud décourage la chasse, particulièrement à titre de loisir, car elle est cruelle envers les animauxT.B. ..