Alain Auguste Robert Belkiri-Deluen, né le à Souk-Ahras (Algérie), est un homme politique français.

Après une carrière préfectorale, il est secrétaire général du gouvernement de la République de Côte d'Ivoire sous Félix Houphouët-Boigny du au . Il devient ensuite secrétaire général de la présidence de la République de Côte d'Ivoire jusqu'en 1993, la dernière fonction qu'il occupe en Côte d'Ivoire. Il est remplacé pour la première fois de l'histoire de ce pays, par son adjoint, l'ivoirien Kouassi Yao, le au lendemain du décès de Félix Houphouët-Boigny.

Proche du président, il est considéré comme la véritable « cheville ouvrière de l’exécutif ivoirien » pendant trois décennies, Thomas Hofnung, La crise ivoirienne: De Félix Houphouët-Boigny à la chute de Laurent Gbagbo, La découverte, 2011, p., François-Xavier Verschave, Françafrique, Stock, 1999, p.129. Il est également en grande partie à l'origine de la modernisation de l'administration en Côte d'Ivoire.

Il est grand officier de la Légion d'Honneur, de l'Ordre national du Mérite et de l'ordre national de la Côte d'Ivoire.

Famille Alain Belkiri est le fils d'Ali Belkiri, Alger républicain , 28 juillet 1945, (lire en ligne), enseignant en Algérie, chevalier de la Légion d'Honneur et de Augustine Marie Boulay-Deluen.

Il se marie le à Simonne Delorme avec qui il a un enfant, Hervé (1955-1989) qui reçoit le prix Jeanne-Scialtel en 1978.

Études et Diplômes Il fait ses études secondaires aux lycées Bugeaud à Alger et Thiers à Marseille. Il intègre ensuite la faculté des lettres d'Aix-en-Provence puis la faculté de droit de GrenobleWho's who in France, Jacques lafitte, 1979, p.117.

Il est licencié en lettres et en droit, diplômé d'études supérieures de lettres et breveté du centre de hautes études administratives.

Carrière thumb|left|Alain Belkiri (assis au centre), alors secrétaire général de la préfecture de l'Yonne, lors de l'inauguration du Monument aux Morts de Chêne-Arnoult (89) le 11 novembre 1947.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il est résistant dans le groupe Combat dès puis agent P2 dans le réseau Action R2 à partir de Dossier SHD : cote GR 16P 44550Alain Belkiri-Deluen, « Lettre d'un maquisard à ses aînés », Alger républicain, 15 août 1945 (lire en ligne). Il combat ensuite dans l'armée française de la Libération. Il est titulaire de la Croix de guerre et de la médaille de la résistance avec rosetteSeuls 4572 individus se verront décerner cette décoration..

Après une carrière préfectorale en Algérie puis en France métropolitaine de 1945 à 1954, il devient chef de cabinet du président de l'Assemblée nationale, André Le Troquer (1954-1955) puis chargé de mission au cabinet du président du Conseil de la République, Gaston Monnerville (1955).

Préfet hors-cadre en 1958, il est mis la même année à disposition du jeune gouvernement de la Côte d'Ivoire de Félix Houphouët-Boigny. Il est secrétaire général du gouvernement de Côte d'Ivoire du au Liste des secrétaires généraux du gouvernement de Côte d'Ivoire, site du secrétariat général du gouvernement de Côte d'Ivoire(en ligne) et durant cette période, il est la « véritable cheville ouvrière » des différents cabinets qui se succèdent durant plus de trois décennies, Raphaël Granvaud, David Mauger, Un pompier pyromane L’ingérence française en Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny à Ouattara, Agone, 2018, p.8 (lire en ligne). Il est notamment en grande partie à l'origine de la modernisation de l'administration en Côte d'Ivoire.

Tout au long de sa présidence, Houphouët-Boigny s’entoure de conseillers français dont l’influence s’étend à tous les domaines, notamment politiques avec Guy Nairay, chef de cabinet du président de 1960 à 1993, et Alain Belkiri ainsi que les ambassadeurs de France Jacques Raphaël-Leygues de 1963 à 1979, puis Michel Dupuch pratiquement jusqu'à la mort d'Houphouêt ; sans oublier les agents du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE)Pierre Nandjui, Houphouët-Boigny : l'homme de la France en Afrique, L'Harmattan, 1995, p.74. Cette diplomatie spécifique, la « Françafrique » comme il la nomme lui-même, lui permet de conserver des liens très privilégiés avec l’ancienne métropole, faisant de lui le principal allié de la France en AfriqueHouphouët-Boigny 1re partie (9 avril 2005), Émission de France-Inter « Rendez vous avec X ».. Ainsi, à chaque nouvelle « aventure » africaine où s’implique l'un des deux pays, ils s’apportent, mutuellement, un soutien inconditionnel ; Houphouët-Boigny nouera même, avec le « Monsieur Afrique » de l’Élysée, Jacques Foccart, de véritables liens d’amitiéPierre Nandjui, Houphouët-Boigny : l'homme de la France en Afrique, Paris, éditions L'Harmattan, 1995.

Durant ces trois décennies, avec l'ambassadeur Georges Ouégnin, directeur du protocole, et le gouverneur Guy Nairay, directeur du cabinet, Alain Belkiri, secrétaire général du gouvernement, surnommé « l'inamovible », fait partie des « trois piliers » de la présidence de la république sous Félix Houphouët-BoignyLa famille Ouégnin, une saga ivoirienne, Jeune Afrique, 10 décembre 2021 (lire en ligne). Dans une conversation avec Foccart, Houphouët-Boigny, à propos de de Nairay et de Belkiri, lui confie : « Ces Français me sont utiles. Si j'avais un directeur de cabinet et un secrétaire général ivoiriens, je serais colonisé par les Baoulés ou par d'autres», Stephen Smith, Antoine Glaser, Comment la France a perdu l'Afrique, Calmann-Lévy, 2005, (lire en ligne).

Ami d'Alexandre de Marenches, directeur général du SDECE de 1970 à 1981, celui-ci considère que Houphouët-Boigny, a fondé « de ses propres mains » et avec « l'appui inconditionnel » de Belkiri, la Côte-d’Ivoire, « un des rares pays d’Afrique noire dont la stabilité politique, la démocratie et les succès économiques sont un exemple pour tous » Alexandre de Marenches : , Dans le secret des princes, Alexandre de Marenches, Christine Ockrent, Stock, 2001, p.158.

Alain Belkiri a fêté ses cent ans le .

Perception Selon Jean-Paul Ngoupandé, premier ministre centrafricain de 1996 à 1997, Belkiri « a été pendant plus de trois décennies le tout-puissant secrétaire général de la présidence »Jean-Paul Ngoupandé, L'Afrique sans la France. Histoire d'un divorce consommé, Albin Michel, 2017, p..

Dans son livre Le Vieux Blanc d'Abidjan dans sa prison de Yopougon (2016), récit dans lequel Michel Field raconte son combat en 1984 pour libérer son père emprisonné à Abidjan, un ministre du gouvernement ivoirien lui dit à propos de Belkiri, qu'il doit rencontrer : « Ce cher Alain Belkiri ! s'exclama-t-il. Vous allez rencontrer l'homme le plus puissant du pays après notre Président ! Nous autres, ministres, lui mangeons dans la main. Vous rendez-vous compte qu'il est en poste depuis le ?! ».

Fonctions Chargé de mission au gouvernement général de l'Algérie (1945) Attaché au cabinet du ministre de la Défense nationale (1946) Secrétaire général de l'Yonne (1947) Sous-préfet, chargé de mission au cabinet du ministre de l'Intérieur (1948) Sous-préfet de Péronne (1954) Chef de cabinet du président de l'Assemblée nationale (1954-1955) Chargé de mission au cabinet du président du Conseil de la République (1955) Préfet hors cadre (1958), mis à la disposition du gouvernement de la Côte d'Ivoire (1958) Secrétaire général du gouvernement de la Côte d'Ivoire de 1958 à 1990 Secrétaire général de la présidence de la Côte d'Ivoire de 1990 à 1993

Distinctions Françaises (Chevalier ; officier ; commandeur ; grand officier )

Médaille de la Résistance avec rosette (JO du )

Il est également Lauréat de l'université de Grenoble.

Étrangères Grand officier de l'ordre national de la Côte d'Ivoire

Bibliographie Who's who in France, Jacques lafitte, 1984, p.110 Marcel Amondji, Félix Houphouët et la Côte-d'Ivoire, l'envers d'une légende, Karthala, 1984 René Bargeton, Dictionnaire biographique des préfets – septembre 1870 – mai 1982, Paris, Archives nationales, 1994 (lire en ligne) François-Xavier Verschave, Françafrique, Stock, 1999

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liens externes

Alain Belkiri-Deluen, « Lettre d'un maquisard à ses aînés », Alger républicain , (lire en ligne)

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