Le Centre Urbanisation Culture Société (UCS) de l'INRS est un centre de recherche contribuant aux efforts québécois de recherche, de formation et de transfert de technologie dans les domaines des études urbaines, de la culture et des sciences sociales.
Fondé en 2000, il constitue l'un des cinq centres actuels de recherche et de formation qui composent l'Institut national de la recherche scientifique (INRS). Il regroupe trente-sept professeurs, de formations disciplinaires très diversifiées, qui mènent des recherches en sciences sociales dans quatre grands domaines : villes et régions ; populations ; culture ; science et technologie.
Le Centre Urbanisation Culture Société est principalement établi à Montréal, mais dispose également d'une présence à Québec, depuis l'inauguration de l'édifice INRS-Québec en 2005.
Historique Le Centre Urbanisation Culture Société est créé en 2000, par la fusion du Centre INRS-Urbanisation avec le Centre INRS-Culture et Société. Son histoire remonte toutefois aux années 1970, alors que ses composantes existaient encore sous forme de centres de recherche distincts.
Centre de recherches urbaines et régionales (CRUR) (1970-) Le Centre de recherches urbaines et régionales (CRUR) a été créé en octobre 1970. Gérald Fortin, alors professeur de l'Université Laval, quitte ses fonctions afin d'en assurer la direction. Il s'agit du troisième centre de recherches mis sur pied par l'Institut national de la recherche scientifique.
Les activités du CRUR s'organisent autour de trois axes de recherche : la structuration du réseau et du tissu urbains, la qualité de vie en milieu urbain, ainsi que les effets de cette structuration sur les institutions et les mécanismes politiques, juridiques et administratifs.
De sa création jusqu'à janvier 1971, le CRUR est chargé du Projet NAIM afin d'évaluer les retombées économiques du nouvel aéroport international de Montréal. Ce projet est sous la direction de Pierre Lamonde et Mario Polèse.
À l'époque, le CRUR dispense son enseignement principalement en collaboration avec les constituantes de l'Université du Québec et d'autres universités. Sans chercher à se définir comme une institution de formation indépendante, le Centre conjugue ses efforts avec les instituts, écoles et départements qui œuvrent déjà dans le domaine urbain et régional. À cette fin, il accueille des personnes étudiantes comme stagiaires de recherche, présente des séminaires en collaboration avec les divers organismes partenaires et permet à son personnel de recherche de dispenser des cours au sein d'autres institutions.
Le CRUR est installé au Pavillon Durocher à partir de septembre 1971.
INRS-Urbanisation En février 1970, suite à une résolution de son conseil d'administration, l'INRS crée le centre INRS-Urbanisation.
Le Centre INRS-Urbanisation est initialement établi dans des locaux mis à disposition par l’Office de Planification et de Développement du Québec sur la rue McGill, dans le Vieux-Montréal. Son développement a été porté par une équipe d'économistes et de géographes, dont Mario Polèse et Pierre Lamonde, ainsi que des sociologues tels que Gérald Fortin. La mission du Centre INRS-Urbanisation était de favoriser l’émergence d’une expertise québécoise en aménagement du territoire et en développement urbain et régional et de conseiller les ministères québécois. Les membres du centre ont également développé une expertise en immigration, et créé le Groupe interuniversitaire de Montréal – Villes et développement (1989).
À partir de 1972, les membres du Centre sont rassemblés au Pavillon Durocher de l'Université du Québec, situé au 3465 rue Durocher, à Montréal.
En octobre 1989, le ministre des Relations extérieurs et du développement international annonce que l'INRS-Urbanisation sera porteur du nouveau centre de coopération internationale en développement urbain. Ce centre, financé par l'Agence canadienne de développement internationale pendant un minimum de cinq ans, bénéficie également de la participation de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal, du département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM et de l'école de planification urbaine de l'université McGill.
Au cours des années 90, le chercheur Daniel Latouche, de l'INRS-Urbanisation, est l'un des trois principaux coordonnateurs, aux côtés de Marcel Côté (Secor) et Dennis Senik (Citec) du rapport « Science et technologie, région de Montréal ». Ce rapport, réalisé pour le compte du Conseil des sciences et de la technologie du gouvernement du Québec, recommande notamment la création d'un musée des sciences et de la technologie à Montréal.
En mai 1993, après deux ans de travaux, l'INRS-Urbanisation inaugure ses locaux réaménagés, situé sur la rue Hutchison, près de la rue Sherbrooke.
Institut québécois de recherche sur la culture (1979-1994) L'Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC) est fondé en juin 1979 par une loi de l'Assemblée nationale du Québec, au terme d'un processus amorcé dès 1965 par une recommandation du Livre blanc du ministre Pierre Laporte. L'idée est ensuite reprise dans le Livre vert du ministre Jean-Paul L'Allier en 1976, puis précisée par le rapport Frégault remis au ministre Louis O'Neill en février 1977, dont les conclusions sont entérinées par le Livre blanc sur la politique de développement culturel de 1978, corédigé par Fernand Dumont et Guy Rocher.
La loi constitutive de l'IQRC lui confère le statut d'organisme de recherche autonome, distinct de tout service gouvernemental et dépourvu de fonctions subventionnaires, avec pour mandat de mener des recherches à long terme sur la culture québécoise, d'étudier son développement et de contribuer à la diffusion des études québécoises.
En décembre 1979, Fernand Dumont devient le premier président et directeur scientifique de l'IQRC, poste qu'il occupe jusqu'en 1990. Dès le printemps 1980, il entreprend de recruter un premier noyau de chercheurs et structure les travaux autour de trois axes initiaux : les changements culturels et les problèmes d'identité, la culture populaire et la culture savante.
À partir de 1983, l'Institut se réorganise autour de cinq chantiers structurants : la condition féminine, les générations et la famille, sous la direction de Denise Lemieux ; les communautés ethnoculturelles, sous celle de Gary Caldwell ; l'institutionnalisation de la culture, dirigée d'abord par Dumont puis par Maurice Lemire ; la culture populaire et les histoires régionales, sous la responsabilité de Fernand Harvey.
Compte tenu d'un contexte économique difficile, l'IQRC entame au printemps 1993 des discussions concernant la possibilité de son rattachement à l'INRS.
Le 27 octobre 1993, la ministre de l'Enseignement supérieur dépose le projet de loi 109 à l'Assemblée nationale afin d'intégrer l'Institut québécois de recherche sur la culture au réseau de l'Université du Québec.
La Loi sur l'Institut québécois de recherche sur la culture est abrogée le 2 décembre 1993. Ses droits, ses obligations et l'ensemble de ses biens deviennent la propriété de l'Institut national de la recherche scientifique, nouvellement institutéNotice du Fonds Institut québécois de recherche sur la culture, 1981-1986. Archives nationales à Québec..
INRS-Culture et Société (1994-2000) Le 1er janvier 1994, l’IQRC est rattaché à l’INRS pour former le Centre INRS-Culture et Société. Cette intégration a lieu huit mois après le début des discussions à ce sujet entre les deux institutions. Il s'agit, à l'époque, du huitième centre composant l'Institut.
Le Centre INRS-Culture et Société vise dès lors quatre grands domaines de recherche : le lien social, la culture, les régions et les peuples autochtones. S'y sont aussi développés de nombreux travaux sur la famille, la jeunesse ainsi que le transfert et la mobilisation des connaissances.
Centre Urbanisation Culture Société (2000-présent) En 2000, les centres INRS-Urbanisation et INRS-Culture et Société fusionnent pour former le Centre Urbanisation Culture Société. Cette fusion donne naissance à une programmation scientifique commune organisée autour de trois axes de recherche, soit la dynamique des espaces métropolitains, les âges de la vie, les familles et les populations en transformation, et la culture, la science et la nouvelle économie.
Gouvernance INRS-Culture et société :
1994-1995 (intérim) : Léo Jacques 1995 : Frédéric Lesemann Gérard Divay
Unités de recherche Le Centre Urbanisation Culture Société adopte une approche multidisciplinaire et regroupe plusieurs chaires, laboratoires de recherche, réseaux inter-universitaires et observatoires couvrant des domaines tels que les études urbaines, le numérique, les réalités familiales, la culture, la jeunesse, les études autochtones, les inégalités financières, l'action climatique et la médiation culturelle. Ses composantes se répartissent en trois grandes thématiques de recherche auxquelles le centre doit son nom, soit l'urbanisation, la culture et la société.
Urbanisation (thématique de recherche) Cette thématique porte sur les dynamiques de transformation des environnements urbains à différentes échelles. Les travaux menés dans le cadre de cette thématique portent notamment sur l'adaptation des villes aux changements climatiques, la gouvernance urbaine, le transport actif et la gestion des infrastructures telles que les pistes cyclables et leurs effets sur la sécurité et sur les commerces ou encore le déneigement urbain. D'autres recherches portent sur l'accès au logement, y compris le logement étudiant, sur l'influence du logement sur la santé, et sur la planification urbaine face à la pénurie de logements.
Elle regroupe plusieurs équipes et laboratoires de recherche, dont le Laboratoire Piétons et Espace urbain (LAPS), dirigé par Marie-Soleil Cloutier, qui étudie la mobilité, la sécurité des piétons et l'aménagement des rues, ainsi que le Laboratoire Villes intelligentes piétonnes (VIP), codirigé par Sandra Breux et Marie-Soleil Cloutier. S'y ajoutent le Réseau Villes Régions Monde (VRM) et la Chaire de recherche du Canada sur les élections municipales, dont Sandra Breux est titulaire.
Nathan McClintock, professeur en études urbaines et membre du VRM, étudie l'équité environnementale urbaine, l'agriculture urbaine, la justice alimentaire ainsi que les effets sociaux du verdissement des villes, dont la gentrification verte, avec des travaux menés notamment à Portland et à Vancouver.
Réseau Villes Régions Monde (VRM) Villes Régions Monde (VRM) est un réseau de chercheurs et d'étudiants visant à développer des projets de recherche communs et à diffuser les résultats de travaux menés en études urbaines et régionales. Il est fondé en 2000 sous l'initiative du politologue Jean-Pierre Collin en collaboration avec le Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD) de l’Université Laval.
Pour le réseau Villes Régions Monde, le terme « études urbaines » désigne un domaine de recherche pluridisciplinaire, qui rassemble plusieurs disciplines, dont la sociologie, la géographie, les sciences politiques, l'urbanisme, l'architecture, l'économie et l'histoire, réunies par un intérêt commun pour la ville et l'organisation territoriale. En 2010, il regroupe 58 membres institutionnels en provenance de neuf universités québécoises.
Le réseau s'appuie sur un site Internet qui sert de plateforme de diffusion de la recherche et qui regroupe plus de 1 000 références, dont des textes, des rapports, des actes de colloques, des capsules thématiques ainsi que des mémoires et des thèses. VRM organise également chaque année des débats, des tables rondes, des lancements de livres et des colloques destinés au réseautage entre chercheurs. Ses activités de diffusion visent aussi des acteurs extérieurs au milieu universitaire, notamment les municipalités, les ministères et les regroupements communautaires.
Culture (thématique de recherche) Chaire Fernand-Dumont sur la culture