La canicule en France est un aléa naturel de type vague de chaleur, correspondant à des températures anormalement élevées observées pendant plusieurs jours consécutifs sur le territoire national français, qui a des conséquences sur la santé humaine mais aussi sur la flore (naturelle ou cultivée) et la faune (sauvage ou d'élevage). Comme dans le reste du monde, l'intensité et la fréquence des canicules augmentent significativement en France du fait du changement climatique d'origine humaine et continueront à s'accroître tant que celui-ci ne sera pas stoppé.
Il existe quatre types de vagues de chaleur : pic de chaleur, épisode persistant de chaleur, canicule et canicule extrême. La canicule est décrétée par département lorsque les indices biométéorologiques (IBM) atteignent, ou dépassent, ou sont susceptibles de dépasser les seuils départementaux pendant trois jours et trois nuits consécutifs et que l'événement est susceptible de constituer un risque sanitaire, notamment pour les populations fragiles ou surexposées.
Classé dans la catégorie des risques sanitaires majeurs mais aussi des risques naturels majeurs, le risque de canicule fait l'objet depuis 2003 d'un suivi continu, d'un cadre réglementaire de prévention et d'une information de la population. En effet, la canicule de 2003 a révélé comment les conséquences d'une vague de chaleur résultent de l'imbrication de causes naturelles et de facteurs sociopolitiques. Alors que les conséquences sanitaires d'une vague de chaleur étaient connues et décrites dans la littérature scientifique avant 2003, peu de mesures préventives étaient encore prévues, et l'impact des épisodes précédents sur la mortalité (par exemple 1976) était passé inaperçu. Jusqu'en 2003, les vagues de chaleur constituaient un risque sanitaire largement sous-estimé dans le contexte français, ce qui explique en partie le nombre élevé de décès.
Depuis la vague de chaleur de 2003, la France active donc chaque été un « Plan national canicule » s'appuyant sur un système d’alerte canicule en santé (Sacs) et un suivi d’indicateurs sanitaires en temps réel. Ce système a été conçu pour prévenir et réduire la mortalité et la morbidité pendant les vagues de chaleur. L'information de la population est faite via différents vecteurs.
Le record historique de température est détenu par la canicule de juin 2026, avec un Indicateur thermique national (ITN) moyen de , un ITN maximum de et un ITN nocturne de .
Définition et typologie des canicules Définition En France, au sens de Météo-France, pour qu'il y ait vague de chaleur, deux conditions fondées sur l'indicateur thermique national (ITN) doivent être remplies : que l'ITN soit supérieur ou égal à pendant une journée ; que l'ITN soit supérieur ou égal durant au moins trois jours....
La vague de chaleur s'interrompt si l'ITN passe sous la barre des deux jours consécutifs ou s'il passe sous .
Typologie Le terme « vagues de chaleur » peut par ailleurs recouvrir les situations suivantes, différenciées selon la durée de l'événement et son intensité qualifiée par l'indice biométéorologique (IBM). : Type DéfinitionVigilance météorologique associéePic de chaleurChaleur intense de courte durée (un ou deux jours) présentant un risque sanitaire, pour les populations fragiles ou surexposées, notamment du fait de leurs conditions de travail et de leur activité physique.jauneTempératures élevées (IBM proches ou en dessous des seuils départementaux) qui perdurent dans le temps (supérieur à trois jours) ; ces situations constituant un risque sanitaire pour les populations fragiles ou surexposées, notamment du fait de leurs conditions de travail et de leur activité physique.jauneCaniculePériode de chaleur intense pour laquelle les IBM atteignent ou dépassent les seuils départementaux pendant trois jours et trois nuits consécutifs et susceptible de constituer un risque sanitaire notamment pour les populations fragiles ou surexposées.orangeCanicule extrêmeCanicule exceptionnelle par sa durée, son intensité, son étendue géographique, à forts impacts non seulement sanitaires mais aussi sociétaux.rouge
Causes Phénomènes météorologiques
Changement climatique En signalant les dangers du changement climatique, l'analyse de la canicule de 2003 en France est recensée comme étant la première évocation de l'influence du changement climatique anthropique sur les canicules.
Comme dans le reste du monde, les canicules sont rendues plus fréquentes, intenses et longues en France en raison du changement climatique, et la période durant laquelle elles peuvent survenir s'allonge vers le printemps et l'automne. Ce phénomène se poursuivra tant que le changement climatique continuera lui-même...
Cet effet est particulièrement opérant en France et plus largement en Europe, notamment du fait de sa situation géographique entre le bassin méditerranéen (les eaux de la Méditerranée tendent à accumuler la chaleur) et l'Arctique (qui se réchauffe plus vite du fait de l'amplification polaire), de l'évolution de la circulation atmosphérique, et de la faiblesse en Europe de la pollution de l'air (qui réfléchit une partie du rayonnement solaire) ; l'Europe est ainsi le continent qui se réchauffe le plus....
Système d’alerte canicule et santé (SACS) Le Système d’alerte canicule et santé (SACS) en France est un dispositif national mis en place après la canicule meurtrière de 2003. Il vise à anticiper, surveiller et limiter les impacts sanitaires des vagues de chaleur sur la population. Voici une présentation complète de son fonctionnement. Il comprend trois volets : surveillance météorologique (Météo-France), surveillance sanitaire (Santé publique France) et prévention et communication..
Surveillance météorologique (Météo-France) Le volet météorologique permet d’anticiper les situations à risque et repose sur un indicateur double correspondant aux moyennes glissantes sur trois jours des températures minimales et maximales, associées à des seuils d’alertes départementaux. Ces seuils ont été définis à partir d’analyses rétrospectives de la relation entre température et mortalité dans quatorze villes entre 1970 et 2003, et correspondaient à un doublement de la mortalité.
Indicateurs biométéorologiques (IBM) En 2004, différents indicateurs météorologiques ont été testés par l'Institut national de veille sanitaire (remplacée en 2016 par l'Agence nationale de santé publique) et Météo-France dans quatorze villes pilotes (Bordeaux, Dijon, Grenoble, Le Havre, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Paris, Strasbourg, Toulouse et Tours), à partir des données rétrospectives de 1973 à 2003, afin de définir l'indicateur et les seuils les plus appropriés. Les indicateurs envisagés étaient la température minimale (Tmin), maximale (Tmax), moyenne (Tmoy), température du point de rosée, humidité relative, écart à la normale saisonnière des températures moyennes, indice thermohygrométrique couplant température et humidité relative moyennes, et un indicateur mixte combinant températures minimales et maximales (Tmin ET Tmax). Ces indicateurs ont été étudiés au pas de temps journalier pour différents seuils météorologiques et en relation avec différents pourcentages de surmortalité (10, 20, 50 et 100 %). Le but était de déterminer le meilleur indicateur pour détecter une surmortalité. Ensuite, le système a été étendu à tous les départements métropolitains, en utilisant les centiles 98 de la distribution de l'indicateur biométéorologique choisi, au niveau de la principale station météorologique de chaque département et pour la période de juin à -2003..
Les indicateurs biométéorologiques (IBM) retenus sont les moyennes sur trois jours consécutifs des températures minimales (IBM min) et maximales (IBM max) comme étant les plus pertinents pour identifier une canicule. Les formules sont les suivantes :
Des seuils d’alerte départementaux ont été définis pour ces deux indicateurs. Quelques exemples d'IBM par département : RégionDépartementStation de référenceSeuil IBM inférieurSeuil IBM supérieurProvence-Alpes-Côte-d'Azur. Alpes-de-Haute-Provence Saint-Auban-sur-Durance Hautes-Alpes Gap Alpes-Maritimes Nice Bouches-du-Rhône Marignane Var Toulon Vaucluse Avignon
Une probabilité élevée d’atteinte ou de dépassement simultané des seuils par les IBM min et max pour un département donné constitue le critère de base de prévision d’une canicule. Cette information est complétée par l'analyse d'indicateurs plus qualitatifs (intensité et durée de la vague de chaleur, humidité de l'air) et de l'expertise de Météo-France.. La vigilance orange canicule n'est par exemple activée dans le Loiret que si les températures, le jour, dépassent les pendant au moins trois jours et que la nuit, les températures ne descendent pas sous , pendant au moins trois nuits..
Créés en 2004, certains seuils ont été révisés en 2009 pour tenir compte de retours d’expérience : « A Marseille, par exemple les seuils ont été réévalués vers des valeurs plus élevées (22-34 °C vs 24-35 °C), compte tenu du nombre important d’alertes générées entre 2004 et 2009, du faible impact visible sur les données sanitaires, et de l’hypothèse que la ville est mieux adaptée à la chaleur ». Les deux indicateurs à partir desquels la vigilance orange canicule est déclenchée par Météo-France pour chacun des départements de France métropolitaine sont présentés dans les cartes suivantes..
Niveaux de vigilance vignette|Vigilance météorologique de Météo France pour les journées des 27 et 28 juin 2019.
La vigilance météorologique de Météo-France est une procédure nationale d'information de la population, des pouvoirs publics, des services de la sécurité civile et des autorités sanitaires en cas de phénomènes météorologiques dangereux prévus par Météo-France. Elle attire l'attention de tous sur les dangers potentiels au niveau départemental d'une situation météorologique particulière et informe des conséquences possibles et des précautions spécifiques pour s'en protéger au mieux. Conçue en 2001 pour cinq phénomènes, la Vigilance couvre aujourd’hui neuf phénomènes : vent, vagues-submersion (depuis 2011), pluie-inondation, crues (relais depuis 2020 de l’information produite par le réseau Vigicrues), orages, neige-verglas, avalanches, canicule et grand froid (depuis 2004)...
Pour la canicule, la surveillance par Météo-France des indicateurs biométéorologiques et leur comparaison avec les seuils pour chaque département permet de déclencher les différents niveaux de vigilance. L’expertise des prévisionnistes permet d’ajuster le critère de stricte atteinte des seuils d’alerte en intégrant les incertitudes sur les prévisions de températures selon le contexte météorologique.
Dès le niveau jaune, un commentaire national accompagne la carte de vigilance. Le pictogramme correspondant à la canicule apparaît sur la carte dès le niveau orange. À ce niveau, Météo-France établit un bulletin de suivi régulier qui précise, en particulier, l’évolution du phénomène en termes de localisation géographique, de chronologie et d'intensité..
Vigilance météoPlan national caniculeNiveau de vigilanceType de vague de chaleurNiveaux Mesures du planVerte Niveau 1 -Veille saisonnièrejaunepic de chaleur ou épisode persistant de chaleur Niveau 2 -Avertissement chaleur Les Directions interrégionales de Météo-France transmettent alors à l’ARS de zone et au Centre Opérationnel de Zone (COZ) un bulletin spécial pour le paramètre canicule.orange canicule Niveau 3 - Alerte caniculeLa décision d’activer les mesures du Plan départemental de canicule est de l’initiative du préfet de département avec l’appui de l’agence régionale de santé (ARS).rouge canicule extrême Niveau 4 - Mobilisation maximaleLa crise devient intersectorielle et nécessite une mobilisation maximale et une coordination de la réponse de l’État. Le Premier ministre peut « confier la conduite opérationnelle de la crise à un ministre », qui active une cellule interministérielle.