L'Histoire culturelle de l'Ouzbékistan des origines à 1700 est l'histoire du développement culturel des peuples vivant ou ayant vécu dans les États qui ont existé sur le territoire de l'actuel Ouzbékistan depuis les origines jusqu'à la fin du . Culture préhistorique Le mésolithique commence entre et avant le temps présent. C'est à Zaraout-Say, dans la province de Sourkhan-Daria, que se trouvent les premières représentations picturales des beaux-arts d'Ouzbékistan. Il s'agit d'un ravin dans la chaîne de Köýtendag sur les monts Hissar où ont été trouvés des pétroglyphes de l'époque mésolithique et néolithique, jusqu'à des périodes beaucoup plus récentes. Des dessins, tracés à l'ocre, y ont été découverts sur des auvents rocheux, dans des niches et de petites grottes. Les sujets principaux des dessins sont des scènes de chasse avec des chiens de bovinae, de gazelles, de chèvres sauvages et de sangliers. vignette|gauche|Grotte de Zaraout-Say, peinture rupestre d'Ilansay. D'autres peintures rupestres de l'Ouzbékistan se trouvent dans la province de Samarcande. Des pétroglyphes ont été découverts dans le ravin de la petite rivière d'Ilansay, qui coule depuis le versant nord des monts Karatepa, qui font partie des Monts Zeravchan. Ils se trouvent sur un parcours d'environ 4 à 5 kilomètres de la rivière (à 15-16 km du sud de la ville de Samarcande), principalement sur la rive gauche. Les pétroglyphes sont tracés à la surface des roches en granites et sur des grands bloc et sont orientés d'est en ouest, vers les rayons du soleil.
thumb|280px|Représentation d'un chien dans le groupe dit de Bouri-Boui, Peinture rupestre d'Ilansay. Se trouvent parmi ces pétroglyphes des représentations d'animaux telles que des chèvres, des brebis, des cerfs, des chevaux, des chameaux, des chiens, des serpents. Mais également des figures humaines (y compris de cavaliers) des mains, différents objets (arme de petit calibre), et encore pour des représentations plus récentes, des lettres en arabe. Les figures les plus nombreuses sont celles des chèvres de montagne, et I. Soukharev observe à ce propos, que l'on ne trouve pas de mammifères de ce genre dans la région environnante et qu'il est probable qu'il n'y en ait jamais eu. Leur présence est à considérer selon cet archéologue comme la manifestation d'un culte. Le travail sur les dessins varie considérablement d'une figure à l'autre : certaines sont réalistes et aux proportions naturelles, d'autre sont schématiques et leur silhouette est réduite à des formes géométriques simples auxquelles il manque l'une ou l'autre partie du corps. Les images les plus anciennes sont les plus artistiques et les plus récentes sont plutôt plus grossières dans leur tracé.
Culture de l'époque des anciens États : Bactriane, Khwarezm et Sogdiane thumb|right|Prince des Kouchans, Dalverzin-tepe, après J.-C, Ouzbékistan, Musée d'Histoire des peuples d'Ouzbékistan thumb|150px|Déesse Khwaninda. Relief bactrien. Argent plaqué or. Diamètre 12 см. Première moitié du . Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage. thumb|droite|Monnaie d'or de Diodote Ier en 245. Inscription en grec ancien :ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΔΙΟΔΟΤΟΥ — « Roi Diodot ». Gréco-Bactriane. Au , l'Empire achéménide tomba sous les coups de l'armée d'Alexandre le Grand. En 329 avant J.-C., Alexandre prend la Bactriane et occupe la capitale de la Sogdiane, Marakanda (actuelle Samarcande). À la tête de la population locale, Spitaménès soulève une rébellion contre les Macédoniens, auquel le royaume de Macédoine, en dépit des mesures de répression, ne parvient pas à faire face jusqu'à ce que Spitaménès soit assassiné par des nomades en 328 avant J.-C. Pour consolider son pouvoir en Sogdiane, Alexandre construit de nouvelles villes et restaure les anciennes, les peuplant d'une population mixte gréco-sogdienne.
Au , au Khwarezm, sur base de l'alphabet araméen l'écriture khorezmienne a été développée. Sur le site de l'ancienne cité de Toprak-kala les archéologues ont découvert des vestiges d'archives en langue khorezmienne. Cette écriture a été utilisée jusqu'au . La religion principale des anciens Khorezmiens était le zoroastrisme. Lors de recherches archéologiques sur les monuments de l'ancienne Khorezm, un ossuaire a été découvert contenant des boites en argile pour inhumer des personnes décédées.
Au cours des siècles suivants, Khorezm a connu son apogée : les systèmes d'irrigation se sont développés, de nouvelles villes ont été construites (Bazar-kala et Djanbas-kala), les centres de culte, l'art et l'artisanat se sont développés. Au la région est tombée sous l'autorité suprême de l'état nomade de Kangju.
thumb|droite|Pièce de monnaie du souverain kouchan Vima Kadfiz. British Museum. La Sogdiane, après la mort en 323 avant J.-C. d'Alexandre le Grand est tombée sous la domination des Séleucides, fondée par une de ses chefs de guerre Seleucos Ier, époux de Apama, la fille de Spitaménès. En 250 avant J.-C., le royaume gréco-bactrien devient indépendant des Séleucides. À cette époque la Bactriane s'épanouit durant l'époque hellénistique. L'agriculture, l'horticulture et la viticulture ont été améliorées. Sur le territoire de Fergana, le riz, le blé, la vigne, la luzerne sont cultivés. Au cours des décennies suivantes, la Sogdiane est conquise par la tribu nomade de Yuezhi, dont l'immense empire kouchan comprenait l'Asie centrale du sud, une partie de l'actuel Afghanistan et le nord de l'Inde. Son roi Kanishka adopte le bouddhisme. Du au les villes d'Asie centrale sont devenues des centres de la vie administrative, d'artisanat et de commerce. Au travers des territoires de l'Ouzbékistan et de la principauté de Fergana s'étend une des principales routes, la grande route de la soie.
Le Khorezm est gouverné par sa propre dynastie, avec comme centre la ville de Toprak-kala, puis de Beruniy (Kath). La population professe la forme locale du zoroastrisme, mais on y trouve aussi des bouddhistes et des chrétiens. Les marchands de Sogdiane étaient actifs en Chine et en Inde.
Développement culturel au début du Moyen Âge Les nombreuses découvertes d'archéologues soviétiques sur son territoire, témoignent du haut niveau de la culture en Sogdiane (Afrassiab, Pendjikent, Varakhcha, Kalan-Myr et d'autres.)
Les constructions et les fortifications en adobe de la forteresse d'Afrassiab (fondée pendant le ), de Kyzyk-Kyra et de Tali-Barzy (premier siècle de notre ère) donnent une idée du niveau de l'architecture de la Sogdiane. Les pièces en terre cuite sont d'un art délicat () et témoignent du niveau des beaux-arts et de la pénétration des principes artistiques hellénistiques ; d'autres démontrent l'apparition d'un type local, caractérisé par le souci de transmettre les traits ethniques spécifiques et par leur hiératisme.
La religion principale était le zoroastrisme, mais Sogdiane était tolérante à l'égard des autres croyances présentes dans sa société : le bouddhisme, le manichéisme, le nestorianisme.
Comme le souligne S. G. Kliashtorny, trois divinités sont mentionnées sur les monuments anciens de l'Orkhon : Tengri, Ymay et Ydouk-Sou. L'historienne I. S. Stebleva propose de placer ces divinités dans l'ordre de préséance suivant : au sommet Tengri, puis Umay et Ydouk-Sou, et enfin le culte des ancêtresI. V. Stebleva , reconstruction du système religieux mythologique (Стеблева И. В. К реконструкции древнетюркской религиозно-мифологической системы//Тюркологический сборник.) Moscou, 1971.. S. G. Kliashtorny écrit que seule la première place de Tengri dans ce panthéon est prouvée S. Kliactorny S. (Кляшторный С. Г. Указ. соч. ).. vignette|Officiers turcs lors d'une audience avec le roi Varkhuman de Samarcande. Peinture sur le site d'Afrassiab, Samaracande, vers 650. De nombreux chercheurs se penchent sur le fait que les vues des premiers turcs étaient trichotomiques, c'est-à-dire qu'ils divisaient le macrocosme en monde inférieur, moyen et supérieur Bibliographie complète Полная библиография — S. G. Kliachtorny (С. Г. Кляшторный). Указ. соч. , также: (titre=Sur l'image des divinités de l'ancien panthéon turc sur les monuments de l'art des nomades de l'Asie centrale (Об изображении божеств древнетюркского пантеона на памятниках искусства номадов Центральной Азии эпохи раннего Средневековья) S. G. Kliachtorny (С. Г. Кляшторный.) Стелы Золотого озера// Turcologica. Léningrad, 1976.
L'un des signes visible de la culture turque était le balbal, un petit pilier de pierre parfois travaillé. Dans le khaganat turc, les balbals étaient placés devant une sculpture en pierre représentant le visage d'un homme. Le nombre de balbals soulignait l'importance et l'autorité du défunt. Pour Bilge Kaghan et la longueur des alignements de balbals atteignait 2-3 km. Les balbals reprenaient parfois le nom des ennemis vaincus Gratch A. D.( Грач А. Д.) Каменные изваяния Западной Тувы ..
L'écriture turque ancienne (orkhono-enisseï) est un système d'écriture, utilisé dans l'Asie centrale aux de notre èreОрхонские надписи. // Энциклопедический словарь Ф. А. Брокгауза и И. А. Ефрона.. C'est la langue standard, la koinè de cette époque I. Kormouchin les épitaphes turques enisseï (Кормушин И. В. Тюркские енисейские эпитафии. Тексты и исследования.) Moscou., 1997. Erdal M. Old Turkic. // The Turkic languages. London; New York, 1998.A. von Gabain. Eski Türkçenin grameri. Ankara, 2003. Poppe N. Introduction to Altaic linguistics. Wiesbaden, 1965, que l'on appelle aussi vieux turc S./ E. Malov, Monuments d'écrits en vieux turc (Малов С. Е., Памятники древнетюркской письменности) Moscou — Leningrad, 1951. Ces monuments épigraphiques de vieux turc ne sont conservés qu'en petit nombre au Turkestan oriental), et ont été créés dans les oblasts de l'Asie centrale dans lesquels durant le haut Moyen Âge se trouvaient des institutions turques occidentales et orientales, tels les türgeshs, les karlouks, le khaganat ouïgour.
Le poète, écrivain, historien turc (fin - début .) est l'auteur de souvenirs en l'honneur des khagans Kioul-tegine, Bilge-kaghan, Koultoug Ilteres-kaghan. Les inscriptions relataient le niveau culturel des turcs, celui de leur littérature, de leurs connaissances historiques . Certains textes sont conservés sur des supports métalliques, sur de la vaisselle, sur la brique, du cuir, du parchemin.
Développement de la culture à l'époque de la Renaissance musulmane (-.) L'encyclopédiste Mukhammad ibn Moussa al-Khorezm a écrit le premier l'histoire de l'Asie centrale dans un essai sur l'histoire du monde. Malheureusement seuls certains extraits de son ouvrage Livre d'histoire (Kitab at-ta'rikh) ont été conservés. Ces extraits permettent toutefois de constater que son histoire est écrite sous forme de chroniques, d'annales. Il donne des informations sur la naissance d'Alexandre le grand. Également, sur la date de naissance de Mohammed, fondateur de l'islam, sur le début de son activité prophétique, sur sa mort et les débuts du calife Abou Bekre. Sur les années 631-653, il rend compte de la conquête de la Syrie, de l'Irak, de l'Iran, de la Transoxiane par les Arabes. Son livre a été achevé vers 830 P. Boulgakov, Sciences sociales en Ouzbékistan ( П. Г. БУЛГАКОВ, Б. А. РОЗЕНФБЛЬД «КНИГА ИСТОРИИ» АЛ-ХОРЕЗМИ // Общественные науки в Узбекистане. n° 7, 1983, .
L'ethnographe Al-Biruni (973—1048) cite dans ses œuvres les noms des mois turcs et des herbes médicinales turques utilisées par la population d'origine turque du Khorezm, au début du Abou Reïkhan Berouni, Œuvres choisies (Избранные произведения). T.4. traduit de l'arabe par O Karimov. Tachkent, 1973, . Dans son livre Monuments des générations anciennes, écrit vers l'an 1000, en Khorezm, donne aussi le nom turc des animaux de Khorezm : panthère, fouine, élan… Al-Biruni. Textes choisis, I. Tachkent. АН УзбССР. 1957, .