vignette|droite|Version simplifiée de la médaille décernée aux Justes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, certaines personnes et certains groupes ont secouru des Juifs et d'autres les ont soustraits à la Shoah entreprise par le Troisième Reich. Depuis 1953, Yad Vashem a honoré des milliers de personnes du titre de « Juste parmi les nations » en reconnaissance de leurs actes pour secourir les Juifs victimes de persécution.

Bien que Yad Vashem ne recense pas la totalité des Justes mais seulement les personnes portées à sa connaissance, l'institution recense, en , . Les cinq pays comptant le plus de Justes sont la Pologne (), les Pays-Bas (), la France (), l'Ukraine () et la Belgique ()..

Certains Justes sont honorés à titre collectif, comme les habitants de villages, un mouvement de résistance, etc.

Albanie

Contrairement à d'autres pays d'Europe de l'Est sous occupation nazie, l'Albanie est devenue un asile sûr pour les Juifs. Fin 1938, l'Albanie reste le seul pays d'Europe qui délivre des visas aux Juifs via son ambassade à Berlin. Pendant l'occupation du pays par le Troisième Reich, la population albanaise refuse de livrer sa petite communauté juive aux Allemands et munit même certains Juifs de faux papiers d'identité. Pendant la guerre, environ juives se réfugient en Albanie et nombre d'entre elles sont abritées dans les milieux ruraux du pays, où la population locale les protège. À la Libération, la communauté juive d'Albanie est plus nombreuse qu'au début du conflit : c'est le seul pays d'Europe dans ce cas. Sur , seuls cinq Albanais sont assassinés par les nazis. Découverts par les Allemands, ils sont déportés à Pristina.

En , Yad Vashem avait reconnu 75 Albanais comme Justes.

Belgique

En , Yad Vashem avait reconnu comme Justes.

Bolivie Entre 1938 et 1941, environ reçoivent des visas pour la Bolivie conformément à un programme agricole. Même si la plupart ont migré vers des pays voisins, comme l'Argentine, l'Uruguay et le Chili, certains sont restés et ont fondé une communauté locale.

En , Yad Vashem ne recense pas de Bolivien parmi les Justes.

Bulgarie

En , la Bulgarie rejoint les puissances de l'Axe et participe à l'invasion de la Yougoslavie et de la GrècePersecution of Jews in Bulgaria United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC.. Le gouvernement collaborationniste bulgare, dirigé par Bogdan Filov, prête activement son concours à la Shoah dans les territoires occupés. Lors de Pessa'h en 1943, la Bulgarie rafle la grande majorité des Juifs présents en Grèce et en Yougoslavie, les déporte via son propre pays et les livre aux nazis qui les envoient à Treblinka, où la quasi-totalité des victimes sont assassinées. Le gouvernement collaborationniste a déporté un pourcentage supérieur de Juifs, depuis les secteurs grec et macédoniens, que ne l'ont fait les occupants allemands de ces régions. Des les territoires grecs sous occupation bulgare, les autorités bulgares arrêtent la majorité des membres de la communauté juive lors de la rafle de Pessa'h en 1943.

Toutefois, la Bulgarie n'a pas participé activement à la Shoah dans ses propres territoires d'avant-guerre ; après plusieurs manifestations de l'archevêque Stefan de Sofia et l'intervention de Dimitar Peshev, la déportation programmé des Juifs bulgare est interrompue. Les autorités ne permettent pas leur déportation dans des camps de concentrationDr Michael Bar-Zohar, Beyond Hitler's Grasp: The Heroic Rescue of Bulgaria's Jews. ..

En , Yad Vashem avait reconnu comme Justes.

Chine

En , Yad Vashem avait reconnu comme Justes : Pan Junshun, reconnu en 1995, et le consul Ho Feng Shan.

Danemark

En , Yad Vashem avait reconnu comme Justes, le sauvetage des Juifs mené par la résistance danoise ayant été honoré à titre collectif, à la demande de ses membres.

Espagne

En Espagne franquiste, plusieurs diplomates concourent activement au sauvetage de Juifs pendant la Shoah. Parmi les plus célèbres se trouvent Ángel Sanz Briz, qui a sauvé quelque hongrois en leur procurant des passeports espagnols, et Eduardo Propper de Callejón, qui a aidé des milliers de Juifs à s'échapper de France vers l'Espagne. D'autres diplomates ont joué un rôle important, comme Bernardo Rolland de Miota (consul d'Espagne à Paris), José Rojas Moreno (ambassadeur à Bucarest), Miguel Ángel de Muguiro (diplomate à l'ambassade de Budapest), Sebastián Romero Radigales (consul à Athènes), Julio Palencia Tubau (diplomate à l'ambassade de Sofia), Juan Schwartz Díaz-Flores (consul à Vienne) et José Ruiz Santaella (diplomate à l'ambassade de Berlin).

En , Yad Vashem avait reconnu comme Justes.

États-Unis

La politique américaine en matière de visas est très stricte à l'époque. Mais sur l'intervention de son épouse, le président Franklin D. Roosevelt autorise l'octroi de deux-cents visas américains pour les réfugiés arrivés en France. Envoyé par l'organisme Emergency Rescue Committee, Varian Fry va bien au-delà du nombre autorisé, utilise même des moyens illégaux, et réussit à faire sortir de France un millier de réfugiés dont de nombreux Juifs, parmi lesquels Marc Chagall et Hannah Arendt..

Waitstill et Martha Sharp partent pour la Tchécoslovaquie en pour aider les réfugiés à Prague, notamment Juifs, avant et après l'invasion par les Allemands, et permettent 254 départs. Forcés de partir en , ils retournent en Europe et œuvrent à Lisbonne auprès des réfugiés, à Marseille et dans le sud-ouest de la France. Ils cachent des enfants juifs dans les groupes d'enfants qu'ils font sortir de France...

Au , cinq Justes parmi les nations américains sont reconnus par le Yad Vashem entre 1994 et 2015..

Finlande

Le Finlandais le plus célèbre pour son investissement dans le sauvetage des Juifs est lgoth Niska (1888–1954). Pendant la période de la Prohibition en Finlande, Niska s'adonne à la contrebande mais il se heurte à des embarras financiers quand elle prend fin en 1932 ; aussi, quand Albert Amtmann, une relation, lui fait part de ses inquiétudes concernant la communauté juive en Autriche, dont il est issu, Niska entrevoit des perspectives d'enrichissement en aidant des personnes juives à sortir d'Allemagne. Le modus operandi ne tarde pas à être mis au point : Niska forge de faux passeports finlandais et Amtmann se charge de trouver des clients, qui grâce à ces documents peuvent quitter l'Allemagne. Au total, Niska falsifie les passeports de 48 Juifs en 1938 et leur vente lui rapport 2,5 millions de mars finlandais. Seuls trois clients ont survécu avec certitude à la Shoah, tandis que vingt autres ont certainement été arrêtés. Le sort des vingt-cinq rescapés restants n'est pas connuJussi Samuli Laitinen; Huijari vai pyhimys? Algoth Niskan osallisuus juutalaisten salakuljettamiseen Keski-Euroopassa vuoden 1938 aikana; Joensuun yliopisto; 2009.

En , Yad Vashem ne recense pas de Finlandais parmi les Justes.

France vignette|droite|Plaque commémorative du sauvetage des Juifs par les habitants du Chambon-sur-Lignon.

Après , l'action des autorités d'occupation et l'adoption de lois antisémites par le régime de Vichy provoquent l'internement des Juifs étrangers. La plupart des organisations juives françaises choisissent dans un premier temps de privilégier l'action sociale, en se conformant aux prescriptions légales.. Mais plusieurs organisations décident l'action immédiate, même illégale. Ainsi le comité Amelot assiste des Juifs étrangers et les aide à passer en zone libre ; l'Œuvre de secours aux enfants (OSE) obtient, avec des complicités administratives, la libération d'enfants juifs internés.

Ce sont les rafles de 1941-1942 et le début des déportations qui provoquent l'émoi d'une bonne partie de l'opinion et la prise de conscience de la population juive. Les organisations et réseaux clandestins se mettent alors en place, travaillant souvent ensemble, avec la complicité de certains fonctionnaires pour fabriquer des faux papiers, avec le soutien des certains évêques pour cacher des Juifs dans les maisons religieuses, avec l'aide de la Résistance pour organiser des filières d'émigration clandestine.

Le Père Marie-Benoît est un prêtre capucin qui a aidé quelque à quitter discrètement la zone sous occupation allemande vers la zone libre, ce qui lui a valu le titre de Juste en 1966. La ville du Chambon-sur-Lignon est restée célèbre en raison du sauvetage de plusieurs milliers de Juifs. Le diplomate brésilien Luiz Martins de Souza Dantas a délivré des visas diplomatiques illégaux à des centaines de victimes sous le régime de Vichy, les sauvant ainsi d'une mort presque certaine. Kaddour Benghabrit, recteur de la grande mosquée de Paris, a participé à la falsification des papiers d'identité en faveur de Juifs parisiens sous l'occupation. Il a aussi dissimulé d'autres Juifs dans les locaux de la grande mosquéeAnnette Herskovits, The mosque that saved JewsThe Great Mosque of Paris that saved Jews during the Holocaust, Offer Aderet, HAARTZNorman H Gershman, Stories of WWII, the missing pages.

En , Yad Vashem avait reconnu comme Justes.

Grèce

La Fondation pour l'avancement des études et de la culture séfarades note que .

Les 275 Juifs de l'île de Zante ont survécu à la Shoah. Quand le maire de l'île, Loukas Karrer (Λουκάς Καρρέρ) reçoit des Allemands l'ordre de livrer la liste des Juifs, l'évêque Chrysostomos ne remet à l'officier nazi qu'un papier portant deux noms : celui du maire et le sien. En outre, l'évêque écrit une lettre à Hitler en personne, pour y annoncer que les Juifs de Zante sont sous sa garde. Entretemps, la communauté de l'île cache la totalité des Juifs locauxZakynthos: The Holocaust in Greece , United States Holocaust Memorial Museum, URL accessed 15 April 2006..

En , Yad Vashem avait reconnu comme Justes.

Hongrie

De multiples initiatives ont permis d’éviter à des dizaines de milliers de Juifs l’extermination. Rudolf Kastner a participé à plusieurs d’entre elles.

Italie

Malgré l'alliance étroite entre Benito Mussolini et Adolf Hitler, l'Italie ne reprend pas l'idéologie génocidaire nazie à l'encontre des Juifs. Les nazis se sentent frustrés devant le refus opposé par l'armée italienne dans la coopération pour rafler les Juifs, qui n'ont pas été déportés d'Italie avant l'occupation du pays par l'Allemagne à la suite de la capitulation italienne en Martin Gilbert; The Righteous – The Unsung Heroes of the Holocaust; Doubleday; 2002; ; p. 307–08.

Dans les secteurs croates annexés par l'Italie, l'envoyé nazi prévient Berlin que l'armée italienne a « apparemment été influencée » par l'opposition du Vatican contre l'antisémitisme allemandMartin Gilbert; The Holocaust: The Jewish Tragedy; Collins; London; 1986; p. 466. À mesure que grandit le sentiment de rejet contre l'Axe Rome-Berlin-Tokyo, les messages diffusés sur Radio Vatican pour relayer les critiques du pape Pie XII concernant l'extermination raciste et l'antisémitisme ont suscité la colère des nazisMartin Gilbert; The Righteous – The Unsung Heroes of the Holocaust; Doubleday; 2002; ; p. 308, 311. Mussolini est renversé en et les nazis viennent occuper l'Italie et rafler les Juifs.

Selon Martin Gilbert, en , tandis que les Schutzstaffel occupent Rome et se préparent à déporter les de la ville, le clergé du Vatican ouvre ses sanctuaires à tous les « non-Aryens » exposés au danger, dans l'espoir de bloquer la déportation : . Gilbert attribue à cet effort rapide de l'Église le sauvetage des quatre cinquièmes des Juifs romainsMartin Gilbert; The Righteous – The Unsung Heroes of the Holocaust; Doubleday; 2002; ; p. 314.

D'autres membres de la communauté catholique en Italie se sont portés au secours de Juifs. Voir :

En , Yad Vashem avait reconnu comme Justes.

Japon