Le xiong-nu, ou xiongnu, hsiung-nu, ou hunnique d'Asie est la langue présumée des Xiongnu, un peuple et une confédération de nomades ayant existé du au Elle n'est pratiquement pas attestée.

Classification L'origine de la langue et du peuple xiongnu est très controversée et aucune des propositions n'a plus de soutien qu'une autre.

En l'état actuel des connaissances, le xiongnu est une langue inclassable ou un isolat, c'est-à-dire une langue qui n'est apparentée à aucune autre langue connue.

Langue turque

Selon Savelyev et Jeong (2020) : Cependant, les études génétiques suggèrent plutôt une origine multiethnique.

Wink (2002) suggère que les Xiongnu parlaient une ancienne forme des langues turques, et que s'ils n'étaient pas turciques ethniquement, ils auraient eu des contacts avec euxWink (2002), p. 60–61.

Benjamin (2007) propose que les Xiongnu étaient soit des Proto-Turcs, soit des Proto-Mongols, et leur langue aurait été apparentée à celle des Benjamin (2007), p. 176.

Les écrits chinois lient certains peuples turcs aux Xiongnu :

la dynastie régnante des Göktürks aurait fait partie des XiongnuGolden (2018), p. 298. les khagans ouïghours revendiquaient une origine xiongnuGolden (1992), p. 155. le Livre des Wei dit que les Yueban descendent des Xiongnu du Nord. Il est aussi expliqué que la langue et les coutumes des Yueban étaient similaires à celles des TieleWeishu, "vol. 102 Wusun, Shule, & Yueban". le Livre des Jin liste les noms de quatorze tribus xiongnu du Sud qui sont entrées dans l'Ancien Yan, certains de ces noms ont été comparés au vieux turcJinshu vol. 97 Four Barbarians - Xiongnu".

Langue ienisseïenne ou para-ienisseïenne

Au , Lajos Ligeti était le premier chercheur à émettre l'hypothèse que les Xiongnu parlaient une langue ienisseïenne. Au début des années 1960, Edwin Pulleyblank développe cette théorie et y ajoute des preuves.

La théorie de l'origine ienisseïenne propose que les Jie, un peuple qui vivait dans l'Ouest du Xiongnu, étaient ienisseïens. Hyun Jin Kim trouve des ressemblances entre une chanson en langue jie du Jin Shu (un écrit chinois du ) et les langues ienisseïennes. Pulleyblank et Vovin ont donc affirmé que les Jie formaient la classe dirigeante minoritaire du Xiongnu, dirigeant les autres ethnies turques et iraniennes.

Selon Kim, la langue dominante des Xiongnu était probablement turcique ou ienisseïenne, mais cet empire des steppes était une société multiethniqueJin Kim (2015), p. 6–17.

Il est possible que certains titres de noblesse xiongnu étaient d'origine ienisseïenne et ont été empruntés par des langues turciques et serbi-mongoles : tarqan, tegin, kaghan proviennent du xiongnu et sont peut-être d'origine ienisseïenne. le mot xiongnu pour "paradis" est peut-être dérivé du proto-ienisseïen tɨŋVr.

Certains mots de vocabulaire des inscriptions xiongnu semblent être des cognats (mots apparentés) ienisseïens : kʷala "fils" en xiongnu comparé au kete qalek "fils le plus jeune" sakdak "botte" en xiongnu comparé au kete sagdi "botte" gʷawa "prince" en xiongnu comparé au kete gij "prince" dar "nord" en xiongnu comparé au youge tɨr "nord"

Selon Pulleyblank, le groupe consonnentique /rl/ semble apparaitre au début de certains mots xiongnu. Cette caractéristique ne viendrait probablement pas d'une origine turcique. Il semblerait aussi que la plupart du vocabulaire ressemble aux langues ienisseïennesXumeng (2020).

Vovin remarque que certains noms de chevaux en xiongnu semblent être des mots turciques avec des préfixes ienisseïens.

Savalyev et Jeong ont eu des doutes sur la théorie d'une origine ienisseïenne car les Xiongnu semblent avoir une affinité génétique avec les peuples iraniens, contrairement aux ienisseïens modernes qui ont des affinités génétiques avec les samoyèdes.

Il est aussi possible que le xiongnu soit lié aux langues ienisseïennes dans un phylum parallèle para-ienisseïenHölzl (2018), p. 377, eux-mêmes liés dans une famille xiongnu-ienisseïenneYungzhi et Hui (2017), p. 103, mais d'autres pensent que le xiongnu était une langue ienisseïenne méridionale.

Ce qui aboutit à deux modèles :

Modèle ienisseïen

Modèle para-ienisseïen

Langue mongole

Certains linguistes suggèrent que les Xiongnu parlaient une langue apparentée aux langues mongoliquesBaasansuren (2010), p. 40Sinor (1990). Selon certains archéologues mongols, le peuple de la culture dalle-tombe était l'ancêtre des Xiongnu, et certains savants pensent que les Xiongnu étaient les ancêtres des mongolsTumen (2011).

Selon Bichurin, les Xianbei et les Xiongnu étaient le même peuple mais deux États différentsBichurin (1950), p. 227.

Le Livre des Wei indique que les Rouanrouans descendent des DonghuWei Shou. Book of Wei. vol. 91 "蠕蠕,東胡之苗裔也,姓郁久閭氏". Le Livre des Liang ajouteLiangshu Vol. 54 txt: "芮芮國,蓋匈奴別種。Golden (2013), p. 54-55 : De plus, des anciennes chroniques chinoises attitrent différentes tribus nomades comme les ancêtres des XiongnuLee (2016) : les Kumo Xi, locuteurs de langue para-mongole les Göktürks, qui parlent le göktürk (ou turc de l'Orkhon), une langue turque sibérienne les Tiele, eux aussi locuteurs de langues turciques

D'autres éléments semblent indiquer une origine mongole ou serbi-mongole aux Xiongnu : Genghis Khan désigne l'époque du Modu Chanyu, dans une lettre adressée au taoïste Qiu Chuji, comme « le temps révolu de notre Chanyu »Howorth, Henry H. (Henry Hoyle). History of the Mongols from the 9th to the 19th century. London : Longmans, Green. Les symboles xiongnu du Soleil et de la Lune ressemblent au Soyombo mongol.

Langue iranienne

En se basant sur des noms de la noblesse Xiongnu, il a été proposé que les Xiongnu parlaient une langue iranienneBailey 1985, p. 21-45.

Beckwith suggère que le nom "Xiongnu" est un cognat du mot "Scythe", ou "Saka", ou "Sogdien" (des peuples iraniens d'Asie centrale). Selon lui, les Iraniens auraient dirigé les Xiongnu et influencé leur culture et leurs modèles.

Harmatta (1994) affirme que les noms xiongnu étaient d'origine scythe, et le xiongnu serait donc une langue iranienne orientaleHarmatta (1994), p. 488.

Selon Savelyev et Jeong (2020), les anciens iraniens auraient contribué significativement à la culture xiongnu. De plus, les études génétiques affirment que 5 à 25% des Xiongnu étaient d'origine iranienne.

Autres origines possibles D'autres hypothèses moins développées soutiennent que le xiongnu serait une langue finno-ougrienne ou sino-tibétaine. Il est possible que l'Est du Xiongnu parlait une/des langue(s) coréanique(s).

Langues multiples

Une hypothèse plus développée et soutenue que les précédentes soutient une origine multiethniqueGeng (2005)Hyun (2013), p. 31, et la langue principale de la confédération serait insuffisamment décrite pour établir une relation.

Un possible lien avec le hunnique

Certains chercheurs affirment que les Huns et les Hunas sont liés., mais cette hypothèse est débattue..

Données À part des noms de tribus et de souverains, plusieurs mots, une chanson en langue jie, et des descriptions chinoises, la/les langue(s) des Xiongnu reste(nt) très peu documentée(s), et attestée(s) de manière très fragmentaire.

Références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

linguistique liste de langues langues par famille langues paléo-sibériennes langues ienisseïennes langues indo-européennes langues indo-iraniennes langues iraniennes langues altaïques langues turques langues serbi-mongoles langues mongoles langues ouraliennes langues finno-ougriennes langues sino-tibétaines Huns Proto-Mongols Proto-Turcs Ienisseïens

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