Pissevin-Valdegour est un quartier prioritaire de la politique de la ville situé dans la partie sud-ouest de Nîmes, surnommé « La ZUP ». S'étalant sur , il compte plus de habitants en 2018, de loin le plus grand quartier prioritaire de la ville. Essentiellement urbanisé durant les années 1960, il comprend les deux secteurs de Valdegour au nord et Pissevin au sud, séparés par l'avenue Kennedy.
Quartier de grands ensembles, il compte près de logements, dont 67 % sociaux. Présentant un fort taux de pauvreté, le plus élevé pour un quartier de cette taille en France, il fait l'objet de projets de rénovation de l'Anru depuis les années 2000. Il est sujet à d'importants trafics de drogues.
L'Insee divise ce quartier en sept îlots regroupés pour l'information statistique. Valdegour comprend les ilots Diderot, Jean Perrin et Galilée et comporte uniquement des logements sociaux, tandis que Pissevin regroupe Wagner, Soleil-Levant, Corot et Super Nîmes, avec de grands ensembles sociaux et des copropriétés privées.
Situation Pissevin-Valdegour est délimité en tant que quartier prioritaire de la politique de la ville par l'avenue George Dayan au sud, la route nationale 106 à l'ouest, le chemin de Valdegour au nord ainsi que chemin de Neuf-Pissevin et rue Bellini à l'est.
Le secteur Valdegour est divisé en trois îlots regroupés pour l'information statistique (IRIS). Le plus important est Diderot, qui n'est pas inclus dans le quartier prioritaire mais est une zone franche urbaine, et contient la zone pavillonnaire « Les Capitelles ». Les ilots Jean-Perrin et Galilée sont dans le secteur prioritaire de ValdegourNîmes Diderot sur cartes-2-france.com.
Le secteur Pissevin, séparé de Valdegour par l'avenue Kennedy, comprend quatre IRIS tous situés dans le quartier prioritaire. Au nord, « Galerie Wagner » est situé entre l'avenue des Arts et la rue Bellini tandis que Soleil-Levant entre la route nationale 106 et l'avenue des Arts. Les rues Utrillo et Puccini marquent la séparation avec les îlots sud, Corot et Super Nîmes, qui sont eux-mêmes séparés par l'avenue des ArtsNîmes Super Nîmes sur cartes-2-france.com.
Urbanisation
La zone à urbaniser en priorité (ZUP) de Pissevin-Valdegour est créée le par un arrêté ministériel. Confié à l'architecte Xavier Arsène-Henry, le projet vise à répondre au besoin urgent de nombreux logements, dans le contexte des Trente Glorieuses et d'une crise nationale du mal-logement. Le quartier est implanté sur un terrain constitué de collines et ouvrant sur une plaine agricole composée de garrigues et vignes, ces dernières ayant donné leur nom au lieu-dit Pissevin.
Le quartier est principalement urbanisé durant les années 1960. La ZUP-Sud est la première entamée, avec de premières constructions à Super-Nîmes (autrement appelé « les Poètes ») d'immeubles de six étages achevés en 1962. Les travaux s'étendent ensuite vers le nord à Corot et Soleil-Levant (« les Peintres ») autour de la colline des Oiseaux, avec de longues barres accolées les unes aux autres. La résidence privée Soleil-Levant forme une sorte de « U » d'un kilomètre au total pour 537 logements.
Enfin, le secteur Wagner (« les Musiciens ») est achevé au début des années 1970 avec de hautes tours, jusqu'à 19 étages et une galerie commercialePissevin, Un témoin des trente glorieuses Nîmes sur calameo.com, 2017. Plus à l'est, les trois tours de 17 étages du Messager sont inaugurées en 1973 par le bailleur socialUn nouveau couac à la Tour Messager située dans le quartier Pissevin à Nîmes sur France Bleu, le 15 janvier 2019. Les résidences Soleil-Levant, Lou Cigaloun et Wagner sont des copropriétés privées, le reste étant du locatif social.
Valdegour correspond à la ZUP-Nord, bien plus petite et située sur un plateau, achevée au début des années 1970 et intégralement sociale. Un total de logements sont construits à Pissevin-Valdegour, contre un objectif initial de Histoire et avenir de Pissevin s’exposent à la Chapelle des Jésuites sur nimes.fr, le 13 octobre 2017. L'ensemble est constitué de hautes tours, jusqu'à vingt étages, et de longues barres avec de larges espaces extérieurs qui sont aménagés par la suite.
Dans un premier temps, le quartier loge des personnes issues de l'exode rural ainsi que près de rapatriés Français d'Algérie, avant d’accueillir des travailleurs immigrés, souvent originaires du MarocQuartier Pissevin sur nimes.fr. La crise économique engendrée par les chocs pétroliers à partir de 1973 marque un tournant pour le quartier. Le chômage et la pauvreté explosent, ainsi que les impayés de loyers, et l'image du quartier se dégrade. En l'absence de rénovation pendant trente à quarante ans, le quartier devient insalubre : façade détériorée, ascenseurs en panne, passoires thermiques, radiateurs et ouvertures vétustes, etc..
Rénovation urbaine Premier programme (2005-2015) vignette|Barre Galillée, dont la partie ensoleillée a été détruite lors de ce premier programme. Avec la création de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) en 2004 se met en place le premier programme de rénovation du quartier partiellement financé par l’État. Au sein du quartier Pissevin, le programme aboutit à la destruction de 80 logements et la réhabilitation de 124 autres, principalement autour de la place Corot, avec destruction partielle d'une barre d'immeuble et réfection des façades restantes, en plus de poses d'ascenseurs et de suppression de la dalle, le tout achevé en 2018Nîmes : la place Corot, histoire d'une métamorphose à Pissevin sur Midi Libre, le 21 septembre 2018. La rénovation concerne finalement qu'une petite partie du quartier, et un projet bien plus ambitieux de « parc urbain » est repoussé pour le second programme de l'ANRUPréfiguration du Contrat de Ville Nîmes Métropole 2015-2020 sur nimes-metropole.fr, janvier 2014.
Le programme pour le secteur Valdegour est en revanche plus ambitieux, malgré la plus petite taille du quartier. Afin de casser l'effet « citadelle » du quartier, la partie occidentale de la longue barre d'immeubles Galillée est détruite en 2011, soit 170 logements, ce qui libère la vue pour de nombreux immeubles et supprime cet effet de muraille à l'entrée du quartier. Avec 157 logements, la barre Archimède est détruite en intégralité en 2009. De plus, 322 logements sont réhabilités et 403 résidentialisésIls vivent dans une barre promise à la démolition sur Le Parisien, le 15 mai 2010Valdegour - Barre Galilée : il ne reste plus que la mosquée sur nimes.maville.com, le 10 janvier 2011.
Second programme (depuis 2021)
Le second programme de renouvellement urbain se veut plus ambitieux, avec un budget de 229 millions d'euros et un classement du quartier en « intérêt national ». Pour le quartier Valdegour, le plan prévoit la destruction des tours Avogadro, Jean-Perrin et Pythagore, soit 385 logements sociaux supprimés dans l'ouest du quartier. 52 logements devraient être construits à l'est du quartier, dont 12 locatifs sociaux et 40 en accession socialeÀ Nîmes, la rénovation urbaine pour les nuls sur objectifgard.com, le 21 novembre 2019.
Pour Pissevin, le programme prévoit la destruction de la dalle Wagner et de la tour Pollux et ses 118 logements sociaux, à proximité de la place Corot. En remplacement du Carrefour démoli dans l'est du quartier, 89 logements devraient être construits, essentiellement en accession sociale. La réhabilitation des copropriétés dégradées de Wagner et Soleil-Levant s'annonce plus complexe, puisqu'elle nécessite un accord avec les nombreux propriétaires qui louent parfois leur bien. Douze copropriétés pour un total de seront concernés par ces opérations, dont la résidence Soleil-Levant qui devrait être partiellement détruite pour créer plusieurs immeublesQuartier Pissevin, à Nîmes : Signature du décret déclarant d’intérêt national l’opération de requalification des copropriétés dégradées sur nimes-metropole.frNîmes : 180 millions d'euros pour réhabiliter 12 copropriétés dégradées sur Les Échos, le 15 mars 2022.
La ville cherche à reloger la moitié des habitants concernés au sein même de Nîmes, 20 % dans les communes de Marguerittes, Milhaud et Caissargues et le reste ailleurs dans le département du Gard. Par ailleurs, Pissevin et Valdegour sont desservis par la ligne T2 du bus à haut niveau de service de Nîmes depuis 2020La feuille de route du renouvellement urbain sur objectifgard.com, le 25 février 2021.
Les deux tours Matisse, situées à Pissevin, sont démolies le , dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain, les tours Matisse, qui servaient autrefois de résidence étudiante, avaient été abandonnées depuis , en raison de leur insalubrité, et de leur inadaptation aux normes de notre époqueDémolition des tours Matisse à Nîmes : elles se sont effondrées sur elles-mêmes en quelques secondes sur france3-regions.franceinfo.fr, le 06 avril 2025.
Population vignette|Vue générale de Pissevin.
Pissevin-Valdegour, dans sa délimitation en tant que quartier prioritaire de la politique de la ville, compte habitants en 2018, en légère hausse par rapport aux de 2013Démographie sur sig.ville.gouv.fr. Dans le cadre de sa délimitation en îlots regroupés pour l'information statistique, le quartier compte un peu moins d'habitants.
Quartier IRIS Population(2014)Population en 2014 sur insee.fr Population(2018)Population en 2018 sur insee.fr Valdegour Diderot Jean-Perrin Galilée Total Pissevin Galerie Wagner Soleil-Levant Corot Super-Nîmes Total Total
Les conditions sociales du quartier sont particulièrement précaires. Avec un taux de pauvreté de près de 71 % en 2018, il présente une proportion exceptionnellement élevée à l'échelle nationale, même pour des quartiers équivalents. En effet, les quartiers prioritaires affichent un taux de pauvreté moyen de 43,5 %, et sur un total de prioritaires en France, il est le sixième plus pauvre, et même premier parmi ceux de plus de Revenus sur sig.ville.gouv.fr.
Le taux de chômage du quartier atteint 46 % en 2019A Nîmes, l'appel au secours des habitants du quartier Pissevin sur Les Échos, le 28 février 2020, là aussi un niveau exceptionnellement élevé pour une zone sensible. Les revenus médians des ménages par unité de consommation atteint par mois en 2018, contre pour la commune de Nîmes. Le quartier compte 67 % de logement sociaux, avec un taux de vacance important puisque 11,4 % d'entre-eux sont videsLogement sur sig.ville.gouv.fr. La moitié de la population est âgée de moins de 25 ans et 26 % des 16-25 ans sont sans emploi ni formation ou étudeÉducation sur sig.ville.gouv.fr.
Criminalité vignette|Vue générale de Valdegour.
Le quartier est largement envahi par le trafic de drogues, étant décrit par Le Figaro comme « une des plaques tournantes les plus actives de France », par laquelle transiterait jusqu'à 600 à 800 kilos de résine de cannabis par semaine, ainsi que plusieurs dizaines de kilos de cocaïne et d'héroïne. La ville est effectivement idéalement située à proximité de l'Espagne et l'Italie, d'où proviennent une partie des stupéfiants, ainsi que sur leurs routes vers des villes comme Grenoble ou Lyon et jusqu'au nord de l'EuropeDans l'enfer de la cité Pissevin de Nîmes, cancérisée par le trafic de drogue sur Le Figaro, le 27 février 2020.
Selon Le Figaro, les trafiquants font régner la terreur sur le quartier, à travers des représailles envers les habitants ainsi que des règlements de compte et fusillades entre gangs rivaux, notamment entre les deux secteurs de Pissevin et Valdegour.