Alix ou Adélaïde de Méranie, dite également de Bourgogne, morte le , à Évian, est une princesse de la maison d'Andechs, héritière du titre de comtesse de Bourgogne de 1248 à 1279, qui obtient par mariage celui de comtesse de Savoie.
Elle hérite du comté de Bourgogne après la mort de son frère , en 1248, entrant en conflit avec l'empereur .
Biographie Origines Alix (Alys) ou Adélaïde est la cinquième fille du duc , et comte consort de Bourgogne, et de sa première femme, la comtesse , fille aînée d', comte de Bourgogne (et brièvement, comte de Luxembourg) et de Marguerite de Blois, elle-même fille d'Alix de France (fille de et d'Aliénor d'Aquitaine).
Son père se remarie avec Sophie d'Anhalt, fille d', mais il meurt en 1234 sans descendance de cette seconde union et c'est son fils , issu de son premier mariage, qui lui succède.
Premier mariage Alix épouse, à la suite d'un contrat signé en , ., Hugues de Chalon, fils du comte de Chalon , en 1236, issu d'une branche cadette de la maison de Chalon et de Mathilde de Bourgogne, fille d'.
Jean l'Antique cherchait à marier son fils à une héritière de la maison comtale et ainsi, selon une volonté familiale, se substituer à la branche aînée. Les tractations débutent durant l'année 1227 et aboutissent en 1231, lorsque le père d'Alix s'engage à donner une de ses filles en mariage au jeune Hugues. Cette union met fin aux tensions entre branches aînée et cadette des comtes de Bourgogne.
Comtesse de Bourgogne Cette union ne s'avère pas aussi favorable à la branche cadette que celle-ci l'avait espérée car c'est le frère d'Alix, , qui hérite du comté en 1234 à la mort de leur père. D'autre part, Alix n'est pas l'aînée des filles mais la cinquième, ce qui l'éloigne dans l'ordre de succession. Mais meurt empoisonné en 1248 sans héritier. Son décès marque la fin de la lignée impériale masculine directe des comtes palatin de Bourgogne de la maison de Hohenstaufen et de la maison d'Andechs.
Ses sœurs sont rapidement écartées de la succession, jugées comme trop proches de l'Empire germanique . Seule Alix semble avoir des atouts pour devenir l'héritière désignée : elle vit dans le comté, elle parle la langue de la principauté et elle a épousé un prince lui-même descendant des deux maisons de Bourgogne, par les Anscarides en ligne paternelle et par les Capétiens en ligne maternelle.
Avec son époux, et surtout son beau-père qui semble prendre une place majeure dans le gouvernement, la lignée des comtes palatins de Bourgogne revient à la maison de Chalon, branche cadette française de la maison d'Ivrée. La "régence" exercée par de Chalon permet de freiner les ambitions de , qui aurait souhaité réaffirmer le lien de vassalité entre le comté de Bourgogne et le royaume d'Allemagne, en cherchant notamment à se réapproprier le royaume d'Arles. Les duchés d'Andechs et de Méranie retournent en revanche à l'Empire.
Dans les années qui suivent, les sœurs aînées d'Alix renoncent tour à tour à leurs droits sur le comté.
Veuvage et second mariage droite|vignette|alt=Carte représentant deux entités politiques du , à gauche le Duché de Bourgogne, à droite le Comté de Bourgogne.|Carte des duchés (à l'ouest) et comté (à l'est) de Bourgogne au . En 1266, son mari meurt, puis, en 1267, son beau père, le comte de Chalon. Alix se retrouve alors seule face à l'empereur , qui n'a pas abandonné son projet politique. En 1257, l'Empire voit s'affronter deux prétendants à l'élection impériale : Richard de Cornouailles, anglais, fils de Jean sans Terre, et . Ce dernier l'emporte ; or, il est soutenu par le duc de Bourgogne , qui cherche à agrandir son territoire en annexant le comté au duché.
Les comtes de Savoie sont au cours de cette période les alliés de l'Angleterre. En effet, deux des filles de Béatrice de Savoie, comtesse de Provence, sœur du comte de Savoie et de l'ancien archevêque Philippe de Savoie, ont épousé pour l'une et la seconde Richard de Cornouailles.. Une alliance avec cette maison permettrait d'obtenir une nouvelle protection. La faible probabilité d'avoir à nouveau un enfant laisse à son fils aîné Otton IV de Bourgogne, né du premier mariage, le champ libre pour garder la possession de la Bourgogne..
En ., elle se remarie, à Lausanne, avec Philippe de Savoie..
Philippe succède, l'année suivante, à son frère , à la tête du comté de Savoie. Vers 1270, elle tente de recueillir la suzeraineté sur les possessions d'Humbert de La Tour du PinPaul Cattin, Le château et le pont de Pont-d'Ain au début du , d'après les comptes de châtellenie, Cahiers René de Lucinge, 27, 1991, ...
Mort et succession La comtesse fait son testament en , à Salins, par lequel elle institue son fils, Otton, héritier du comté de BourgogneSamuel Guichenon, Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie ou Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monumens, histoires, et autres preuves authentiques, chez Jean-Michel Briolo, 1660, (lire en ligne).. Le , elle meurt à Évian, dans le comté de Savoie, au bord du lac Léman. Son corps est inhumé devant le grand autel de l' l'église abbatiale abbatiale de Cherlieu., près de Besançon.
Son fils lui succède à la tête du comté de Bourgogne.
Famille Descendance
Alix de Méranie épouse, en premières noces, le Hugues de Chalon., dont : , futur comte, ∞ (1°) Philippa de Bar, ∞ (2°) Mahaut d'Artois ; Hugues/Hugonin (), seigneur de Fraisans, de Montbrison/Montbouson et d'Apremont, ∞ (1282) , fille d'Amédée V le Grand, comte de Savoie. Sans postérité ; Étienne () ; Renaud de Bourgogne (), ∞ avec Guillemette de Neufchâtel, fille d', et héritière des Montfaucon-Montbéliard en tant qu'arrière-petite-fille de ; seigneur entre autres de Montaigu (Jura), Dramelay, Sellières, Pymorin, Montfleur, Binans, Marigna ; Henri ; (), seigneur de Montaigu à Colombier (Haute-Saône), Fontenoy-le-Château, d'Amance, Fondremand, Port, inhumé à Faverney puis transféré dans l'église de l'abbaye de Cherlieu, le , en même temps que son frère ; ∞ Marguerite de Blâmont, Elisabeth (), mariée en 1254 avec le comte () ; Hippolyte (morte en 1283), dame de Saint-Vallier, ∞ (1270) (), comte de Valentinois et de Diois ; Guye ou Guyonne (), ∞ (vers 1274) (), prince de Piémont ; Agnès, dame de Saint-Aubin, ∞ (1259) , comte de Vienne (), seigneur de Pagny ; Marguerite, nonne à l'abbaye de Fontevraud ; Béatrix (), religieuse (avant 1266), puis abbesse de Baume-les-DamesLaurence Delobette, « L'abbesse de Baume, Beatrix de Bourgogne (+ v. 1313) ou la dynamique de l'affranchissement », dans Nella Arambasin, coord., Les affranchies : Franc-comtoises sans frontières. Colloque transdisciplinaire, Besançon, Faculté des Lettres (17-18 juin 2011), Presses universitaires de Franche-Comté, 2013, 25-52. ; Alix, nonne à l'abbaye de Fontevraud (attestée en 1260).
Elle épouse en secondes noces, le , Philippe de Savoie. Le couple n'a pas d'enfants.
Filiation
Sceaux
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . . , .
Articles connexes Maison d'Ivrée Comté de Bourgogne Liste des comtes palatins de Bourgogne Histoire de la Franche-Comté Femmes de la maison de Savoie
Liens externes
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