Bernard Laporte, né le à Rodez (Aveyron), est un joueur, entraîneur puis dirigeant français de rugby à XV. Il est également homme d'affaires et homme politique.

Évoluant au poste de demi de mêlée dans son club formateur de Gaillac avant de rejoindre le CA Bordeaux Bègles, il est champion de France en 1991. Après la fin de sa carrière de joueur en 1993, il entame celle d'entraîneur. Il entraîne le Stade bordelais entre 1993 et 1995 puis le Stade français de 1995 à 1999 avec à la clé un titre de champion de France et une Coupe de France. Il est ensuite le sélectionneur du XV de France de 1999 à 2007 (deux Grands Chelems dans le Tournoi des Six Nations).

Il est ensuite secrétaire d'État chargé des Sports auprès de la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports dans le second gouvernement Fillon du au . Il est aussi consultant sur RMC et commente les matchs de la coupe du monde de rugby 1999 et 2015 sur TF1.

Bernard Laporte est le manager du RC Toulon de 2011 à 2016, avec qui il remporte un titre de Championnat de France, et 3 Coupes d'Europe consécutives, ce qui est une première dans l'histoire du tournoi.

Il est par la suite élu président de la Fédération française de rugby le . Sous sa présidence, la France obtient en l'organisation de la Coupe du monde 2023.

Il est condamné en première instance en 2022 pour corruption. En , il est placé en garde à vue pour blanchiment de fraude fiscale aggravé dans une autre affaire. Il se met en retrait de la présidence de la FFR en et démissionne de son poste le . Finalement le , l'enquête a été classée sans suite par le parquet national financier (PNF) à la suite d'une inexistence d'infraction.

Il devient directeur du rugby du Montpellier Hérault Rugby le .

Carrière sportive

Joueur de rugby Évoluant au poste de demi de mêlée, il commence sa carrière comme joueur dans son club formateur l'UA Gaillac avec qui il sera champion de France juniors (Coupe René Crabos) en 1983. Cette même année, il rejoint le CA Bègles Bordeaux, avec notamment la première ligne Vincent Moscato (qu'il a connu à Gaillac), Serge Simon et Philippe Gimbert surnommée « les Rapetou », il remporte le titre de champion de France en 1991.

Entraîneur, sélectionneur et dirigeant Entre 1993 et 1995, il fait ses classes en tant qu'entraîneur-joueur au Stade bordelais université club.

Il prend ensuite les rênes du Stade français en tant qu'entraîneur en qui évolue au groupe B (équivalent de la troisième division). Le club vient de fusionner avec le CASG et a de grandes ambitions. Avec lui à sa tête, le club franchit chaque année un échelon : champion du groupe B en 1996, puis du groupe A2 en 1997, puis groupe A1 de première division en 1998 en faisant venir des joueurs « prestigieux » comme Denis Charvet ou son ami Vincent Moscato. Il remporte dès sa première saison dans l’élite le championnat de France de rugby et amène le Stade français en demi-finale européenne. En 1999, il remporte la Coupe de France. Profitant de la fortune du mécène Max Guazzini, il fait signer pas moins de 23 nouveaux joueurs, dont Serge Simon et Philippe Gimbert, plus David Auradou, Diego Dominguez, Christophe Juillet, Christophe Dominici, Marc Lièvremont, Olivier Roumat, Sylvain Marconnet ou Richard Pool-Jones.

Il est nommé sélectionneur de l'équipe de France après la Coupe du monde. Il devient le premier sélectionneur de l'histoire du XV de France à ne jamais avoir connu ce maillot en tant que joueur. Au cours de son mandat, le XV de France remporte le Tournoi des Six Nations à quatre reprises en 2002, 2004, 2006 et 2007, réalise le Grand Chelem à deux reprises en 2002 et 2004. La France termine à la quatrième place lors des Coupes du monde de 2003 et de 2007, battue à chaque fois en demi-finale par l'Angleterre. Il reste à la tête de l'équipe de France plus longtemps que la plupart de ses prédécesseurs, alors même qu'il a obtenu dans l'ensemble de moins bons résultats : ainsi, le sélectionneur précédent, Jean-Claude Skrela, avait en quatre ans remporté le Grand Chelem à deux reprises (1997 et 1998), et mené la sélection en finale de la Coupe du monde en 1999. Cela ne l'avait pas empêché de perdre son poste à la suite de cette finale. Le , Bernard Laporte quitte définitivement son poste de sélectionneur du XV de France après une défaite contre l'Argentine (10-34) lors du match pour la troisième place de la Coupe du monde 2007. Au cours de ses deux mandats, l'équipe de France aura disputé avec un bilan de contre et nuls. Ses huit ans passés à la tête du XV de France auront été marqués par le renforcement de l'assise défensive de l'équipe, qui est devenue au fil des années difficilement franchissable en cours de jeu et qui concède un nombre limité de pénalités.

La coupe du monde 2007 est également marquée par une polémique politico-médiatique lors du match d'ouverture perdu par la France face à l'Argentine, qui est une extension de la polémique alors en cours à propos de la demande de Nicolas Sarkozy, président de la République, de lire la lettre du résistant Guy Môquet dans toutes les écoles. Laporte demande au capitaine français, Raphaël Ibañez, de lire la lettre dans le vestiaire avant le match. Celui-ci refuse et c'est finalement le jeune arrière Clément Poitrenaud qui la lira. D'après le deuxième ligne Fabien Pelous, cet épisode crée une fracture rédhibitoire entre Laporte et ses joueurs.

De à , il occupe le poste d'administrateur de l'Aviron bayonnais afin de travailler sur un projet de complexe sportif autour d'un stade de et d'être conseiller sportif auprès du président Francis Salagoïty. Mais au bout de seulement deux mois et demi, il quitte le poste à la suite de désaccords avec le président Salagoïty..

En , Bernard Laporte, dirigeant « honorifique », fait son retour au Stade français. Il essaye de renflouer le capital du club avec le fonds canadien FACEM. À ce moment, il pense permettre ainsi au club de sauver sa place dans le Top 14 en résorbant son déficit, estimé à six millions d'euros. Toutefois, la FACEM ne verse pas les douze millions d'euros promis. La branche Europe de la FACEM s'était engagée sans accord du fonds Amérique qui n'a pas été consulté. Laporte est victime d'une escroquerie. Le club replonge dans la crise financière et suspend son avenir au jugement de la Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion (DNACG) le . Laporte trouve un investisseur, mais la DNACG n'accepte pas le délai supplémentaire nécessaire à la mise en place. Cependant, à cette date, un nouvel actionnaire, dont la première mise de fonds était insuffisante, réapparaît avec le budget nécessaire. Thomas Savare devient président du club de la capitale à la place de Max Guazzini. Bernard Laporte donne sa démission du poste de vice-président d'honneur, .

Le , Bernard Laporte remplace Philippe Saint-André au poste d'entraîneur du RC Toulon. Après une place lors de sa première année en saison régulière 2011-2012, Laporte réussit à hisser le club en finale du Challenge européen perdue 21 à 18 contre le Biarritz olympique et en finale du championnat de France face au Stade toulousain après avoir battu le Racing Métro 92 (17-14) en quart de finale, et Clermont (15-12) en demi-finale, en . Cette finale perdue 18 à 12 est la première disputée par le RCT depuis 1992. La saison 2012-2013 est marquée par les arrivées de Chris Masoe, Maxime Mermoz, Frédéric Michalak, Delon Armitage, Gethin Jenkins ou encore Andrew Sheridan. Le RC Toulon devient champion d'Europe pour la première fois de son histoire, en battant en finale de la Coupe d'Europe l'ASM Clermont Auvergne sur le score de 16 à 15, il s'agit également premier sacre européen personnel de Bernard Laporte. Mais le RCT échoue encore de justesse en finale du Top 14 face à Castres (14-19). L'équipe était pourtant parvenue à battre Toulouse tenant du titre sur un score sans appel de 24 à 9. Grâce aux ambitions démesurées du président Mourad Boudjellal, Toulon recrute cinq figures emblématiques du ballon ovale Bryan Habana, Drew Mitchell, Martin Castrogiovanni, Juan Smith et Ali Williams pour la saison 2013-2014. En , la Ligue nationale de rugby suspend Bernard Laporte pour une durée de treize semaines, à cause de propos visant l'arbitre du match Grenoble-Toulon (22-21) Laurent CardonaRugby : Bernard Laporte suspendu pour www.lemonde.fr. Le manager de Toulon avait qualifié Cardona, de « pipasse, nul et incompétent »Toulon : Bernard Laporte allume l'arbitre Laurent Cardona www.rugby365.fr. Sur le plan sportif, l'équipe conserve son titre européen en battant en finale de la H-Cup l'équipe anglaise des Saracens (23-6). Opposé comme la saison précédente au Castres olympique, le club toulonnais s'impose en finale de Top 14 le sur le score de 18 à 10 avec et un sans-faute face aux poteaux de Jonny Wilkinson qui disputait le dernier match de sa carrière.

Président de la fédération française de rugby Élections et premières réformes vignette|Bernard Laporte en 2015. Le , Bernard Laporte annonce sa candidature pour l'élection du président de la Fédération française de rugby en , et choisit Serge Simon comme directeur de campagne.. Bernard Laporte a été son coéquipier au CA Bordeaux Bègles Gironde puis son entraîneur au Stade français. Les deux hommes font un tour de France des clubs de rugby pour expliquer le programme du candidat.. Serge Simon, Pascal Pape, Philippe Rouge-Thomas, Fabrice Estebanez, Bernard Vivies et Annick Hayraud, notamment, sont membres de la liste qu'il conduit. Il n'est pas le seul candidat, Pierre Camou, président sortant, et Alain Doucet, secrétaire général de la FFR, s'étant eux aussi déclarés.. Pierre Salviac, initialement candidat, retire sa candidature le .

Lors de l'élection du nouveau comité directeur de la Fédération française de rugby, le , la liste menée par Bernard Laporte obtient 52,6 % des voix, soit , contre 35,28 % des voix pour Pierre Camou () et 12,16 % pour Alain Doucet (). Bernard Laporte est élu à la présidence de la fédération française de rugby. Il agit à son poste bénévolement, les statuts fédéraux permettant la rémunération de trois élus, c'est Serge Simon, vice-président, Christian Dullin, secrétaire général, et Alexandre Martinez, trésorier général qui bénéficient de cet avantage. En 2017, il fait de l'obtention de l'organisation de la Coupe du monde de rugby à XV 2023 une priorité.

Après avoir enterré le projet de grand stade de rugby lancé par son prédécesseur (qui avait commencé par être financé mais n'avait pas d'existence légale), il mène plusieurs chantiers, comme le décalage une heure plus tard des matchs de Top 14 diffusés jusque-là à le dimanche (pour favoriser la présence du public au bord des terrains de matchs amateurs), la fin des joueurs étrangers naturalisés en équipe de France (ce qui amputait les équipes des Fidji, de Géorgie ou encore d'Afrique du Sud qui ne pouvaient pas lutter en termes de salaires) ou encore le vote décentralisé pour les clubs amateurs sur chaque mesure d'importanceDavid Reyrat, « Rugby : la révolution Laporte », Le Figaro, 11-12 février 2017, p. 13..

En , il intègre le comité exécutif de World Rugby. Il prend le siège laissé vacant par son prédécesseur Pierre Camou. Il est élu durant l'assemblée générale de World Rugby, à Kyoto, au détriment du président de la Fédération sud-africaine, Mark Alexander.

Conflit avec la Ligue nationale de rugby