Guillaume Blanc, né en 1982, est un historien français spécialiste de l'histoire de l'environnement et des colonisations. Il est professeur d’histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Bordeaux depuis 2025.

Après avoir publié un premier ouvrage sur l'histoire des parcs nationaux, il a notamment signé en 2020 un essai historique sur le qui a connu une certaine médiatisation. Ses recherches se situent depuis au croisement entre histoire environnementale, histoire globale et histoire sociale.

Biographie Guillaume Blanc a soutenu en 2013 une thèse de doctorat en histoire à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (en codirection avec l'université du Québec à Trois-Rivières) intitulée « Les territoires des parcs nationaux (Canada, Éthiopie, France) : logiques identitaires, patrimoniales et nationales » sous la direction des professeurs Bertrand Hirsch et Stéphane Castonguay. La thèse est publiée deux ans plus tard aux éditions de la Sorbonne.

Après cette thèse, Guillaume Blanc a étudié plus spécifiquement l'Éthiopie et le parc national du Simien, situé sur les plateaux dans la partie nord du pays, au nord-est de Gondar. Dans ces travaux, l'auteur choisit de décrire ces espaces en faisant remonter son étude au , ce qui lui permet de décrire l'histoire de la création de ces parcs naturels et les expulsions de population qui y ont été associées.

Dans L'Invention du colonialisme vert, l'historien étend ses réflexions à l'ensemble du continent et décrit ce qu'il appelle le .

En 2020, par exemple lors un entretien sur le site actu-environnement, il critique les politiques environnementales prônées par des institutions internationales, notamment l'UICN, en expliquant notamment que le mot de n'existe d'ailleurs pas dans de nombreuses langues parlées en Afrique subsaharienne.

Travaux

L'histoire des parcs nationaux Guillaume Blanc a consacré ses premiers travaux académiques sur une étude comparative des parcs nationaux entre la France, le Canada et l’Éthiopie. Son étude sur le cas de l’Éthiopie porte en particulier sur le parc du Simien, devenu parc national en 1969 et labellisé UNESCO en 1978. L’historien décrit comment des institutions internationales de la conservation ont recommandé l’expulsion des du parc et l’installation de gardes armés avec mission de sanctionner l’agropastoralisme. Il veut montrer ici comment la violence est utilisée à l’encontre des populations dans ce parc.

À l’inverse, les parcs naturels occidentaux, comme ceux présents en France, cherchent à concilier défense de la nature et habitats activités humains. L’objectif est de tendre, vers .

Le colonialisme vert

Dans son essai L’Invention du colonialisme vert, publié en 2020, Guillaume Blanc propose une analyse du , c’est-à-dire de l’utilisation de la nature dans le processus de la colonisation et de ses conséquences dans les sociétés postcoloniales. Pour lui, le contrôle de la nature allait de pair avec le contrôle des pays africains.

Selon l’auteur, l'une des expressions du capitalisme vert est celle du principe de . Il affirme que le colonialisme a érigé l’image, dès le XIX siècle, de l’agriculteur africain comme d’un destructeur de la nature (déforestation, braconnage, etc.). Les populations locales seraient alors responsables de la réduction de la part des forêts, selon des chiffres parfois arbitraires et catastrophistes. Il explique, par exemple, que l’idée selon laquelle la présence de forêt en Éthiopie serait tombée de 40 % à 3 % du territoire correspond à un mythe basé sur une enquête approximative de 1961. Chiffre utilisé, entre autres, par Al Gore dans son livre Urgence planète Terre.

De plus, cette s’oppose à la réalité historique : les agriculteurs du continent ayant contribué à une grande partie de la création de leurs forêts au cours de l’histoire.

En outre, l’historien critique les politiques menées en Afrique par différents organismes internationaux comme l’Unesco, le WWF ou l’UICN. Il leur reproche d’avoir participé aux campagnes d’expulsion d’habitants lors de la création de différents parcs – sous prétexte de défense de l’environnement – et d’avoir encouragé ou accepté la mise en tourisme de ces mêmes espaces, en contradiction avec ce même objectif. Il dit en conclusion que « Les institutions internationales ne protègent pas la nature africaine, elles protègent une idée coloniale de l'Afrique ».

Enfin, pour Guillaume Blanc, le colonialisme vert désigne également les opérations de « greenwashing » que peuvent mener des entreprises comme Rio Tinto, Exxon Mobil ou encore Total, capables de soutenir des parcs naturels africains afin de verdir leur image sur ce continent.

Critiques et controverses Son travail de 2020 sur le colonialisme vert a provoqué de vives réactions dans les milieux de la conservation de la nature, suscitant . Chose rare, le sous-directeur de l'UNESCO Ernesto Ottone Ramirez s'est personnellement exprimé dans une tribune ouverte dans Le Monde pour réfuter les arguments de Guillaume Blanc, arguant qu', et rappelant que les réserves de l’Unesco , où leur diversité culturelle et leur mode de vie sont tout aussi respectés que la biodiversité. .

Histoires environnementale et (post)coloniale Les recherches de Guillaume Blanc s'articulent depuis autour de l'histoire de l'Afrique en général et de son histoire environnementale en particulier.

En 2022, il publie notamment un ouvrage de synthèse sur l'histoire de la décolonisation, Décolonisations, qui a pour spécificité de refuser d'adopter un plan diachronique — l'avant et l'après décolonisation — pour insister sur les continuités de l'expérience vécue et la . Cet ouvrage fait suite à un cours sur les décolonisations qu'il dispense à Rennes 2 à la suite de Vincent Joly.

Il a ensuite, entre autres, codirigé le manuel de la nouvelle question d'agrégation externe d'histoire Les sociétés africaines et le monde : une histoire connectée (1900-1980), participé à la coordination de Colonisations. Notre histoire, un ouvrage rassemblant 268 auteurs autour de l'histoire longue de la colonisation française, ou encore consacré un numéro de la "Documentation Photographique" à l'Afrique contemporaine étudiée de la fin du 19e siècle au temps présent. Il a également mené ses nouvelles recherches sur le "Projet Spécial Africain", un projet porté tout au long des années 1960 par les institutions internationales de la conservation et les États nouvellement indépendants d'Afrique de l'Est et qui donne à voir, explique Guillaume Blanc, "le moment postcolonial" de la nature et de l'Afrique contemporaines.

Attaché à la diffusion des résultats de la recherche auprès du grand public, il s'est également investi dans l'écriture de scénarios de bande-dessinées, notamment dans la collection "Sciences humaines" montée par les éditions Delcourt & La Découverte et dirigée par l'historien Sylvain Venayre.

Ouvrages

Colonisations. Notre histoire (dirigé par Pierre Singaravélou, coordonné par Arthur Asseraf, Guillaume Blanc, Mélanie Lamotte et Nadia Yala Kisukidi), Paris, Seuil, 2023 (EAN 9782021494150) La nature des hommes. Une mission écologique pour « sauver » l'Afrique, Paris, La Découverte, 2024, 336 p.

Afrique contemporaine, Paris, La documentation photographique, 2025, 64 p. (EAN 9782271153234) Empires. Une histoire sociale de l'environnement (dir., avec Antonin Plarier), Paris, CNRS Éditions, 2025, 446 p. (EAN 9782271151889) Les Sacrifiés du paradis. Enquête au cœur du colonialisme vert (avec Chico, dessinateur), Paris, Delcourt - La Découverte, 2026, 144 p. (EAN 9782413089865) Décolonisations. L'histoire au présent (avec Stephen Desberg, co-scénariste, et Mirranda Burton, dessinatrice), Paris, Dargaud - Seuil, 2026 (EAN 9782205211269)

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Greenwashing Néocolonialisme Vincent Joly Jean-Pierre Dozon

Liens externes

Guillaume blanc sur le site de l'université Rennes 2

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