vignette|Graffiti anti-coca fait par des étudiants dans une université d'Ottawa, photographié par Peter Blanchard.
Les controverses liées à la Coca-Cola Company touchent les domaines politiques, environnementaux, et de santé publique.
L'entreprise est notamment accusée d'anciens liens avec des régimes autoritaires et de participation à l'exploitation des Ouïghours.
Son empreinte environnementale à travers le pompage d'eau et la pollution plastique, ainsi que le financement d'études scientifiques biaisées ou mensongères sur le lien entre obésité et boissons sucrées lui sont aussi reprochés.
Controverses politiques
Relations supposées avec le régime nazi Le journaliste William Reymond, dans son livre Coca-Cola, L'enquête interdite (2006), affirme que, durant la Seconde Guerre mondiale, la marque aurait entretenu de bonnes relations avec le régime nazi par l'intermédiaire de son représentant Max Keith (alors que la marque prétendait s'être retirée en 1939). C'est d'ailleurs sous le Troisième Reich, alors que le blocus empêchait l'acheminement des ingrédients de sa boisson, que la marque inventa le Fanta afin de pouvoir maintenir une bonne relation commerciale avec le régime nazi. Cette nouvelle boisson est donc, à l'origine, un sans la formule secrète. La firme jouant sur les deux tableaux a mis de côté son intégrité afin de ne pas souffrir de la défaite d'un des deux camps.
Relations supposées avec des dictatures De nombreuses rumeurs associent l'entreprise et des régimes dictatoriaux en Amérique du Sud.. Par ailleurs, Vicente Fox, président de la République du Mexique de 2000 à 2006, a été président de la compagnie Coca-Cola pour le MexiqueCoca-Cola et la formule secrète, film documentaire réalisé par Olivia Mokiejewski (enquête) et Romain Icard (réalisation) et diffusé en janvier 2013 sur France 2 et l'Amérique latine.
Accusations de meurtres et violences En Colombie, Coca-Cola est accusée d'être impliquée en 2005 dans l'assassinat de sept syndicalistes par des milices paramilitaires d'extrême droite, notamment dans la ville de Barrancabermeja Coca Cola y los derechos economicos, sociales y culturales..
Le directeur de l'usine locale, un Américain, aurait menacé de mort publiquement les syndicalistes de l'entreprise, avant d'ordonner l'assassinat de l'un d'entre eux, Isidro Segundo Gil.
« Nous vivons sous les menaces de mort, j'en reçois au téléphone ou par écrit, que ce soit chez moi ou au syndicat » affirme Limberto Carranza, travailleur dans une usine de Coca-Cola.
L'un de ses collègues, Humberto Soto, a été abattu par balles le , alors qu'il devait mener des négociations avec la direction d'une des usines de Coca-Cola. En janvier, l'organisateur d'une manifestation dans une autre usine Coca-Cola est kidnappé.
Ces accusations donnent lieu à un boycottage de la marque début 2006. Par la suite, plusieurs établissements scolaires des États-Unis, d'Europe et du Canada n'ont pas renouvelé leur contrat avec la marque, et les fonds de pension des employés de la ville de New York, qui possèdent des actions de la société ont demandé que l'entreprise finance une enquête indépendante composée de représentants américains et colombiens des droits de l'homme. Plusieurs plaintes sont déposées aux États-Unis, notamment de la part d’une association internationale de syndicats (International Labor Rights Forum). Les plaignants accusent les embouteilleurs de Coca-Cola d'avoir commandité d’une manière ou d’une autre les forces paramilitaires ayant commis ces meurtres et actes de tortures envers des syndicalistes. Coca-Cola ne nie pas que cela s’est passé dans les installations d’embouteillage, mais considère ne pas devoir en être tenue pour responsable car la firme ne contrôle pas directement ces usines. Dès 2001, un juge statue en ce sens : Coca-Cola ne peut être tenue responsable, mais le juge autorise la tenue d’un procès contre les embouteilleurs.
La multinationale tente à plusieurs reprises d’interdire la diffusion d’un documentaire, l'Affaire Coca-Cola, enquêtant sur son implication dans des violences contre les syndicalistes. La direction générale de Coca-Cola France menace le festival du film des droits de l’homme de Paris de poursuites judiciaires si jamais ils diffusaient ce documentaire.
Lobbying politique en France En 2014, une enquête du magazine Le Point dévoile que le député Jean-François Copé, un des leaders de l'UMP, aurait fait fortement pression sur sa collègue Valérie Boyer entre 2008 et 2011 pour qu'elle s'oppose à une taxe sur le sucre afin de diminuer la consommation de soda. Selon le député Yves Bur (UMP), Jean-François Copé serait allé jusqu’à la menacer de faire retailler sa circonscription lors d'un redécoupage électoral.
Selon des informations obtenues par Le Canard enchaîné, l'entreprise Coca-Cola aurait fait des cadeaux à la ville de Meaux (Seine-et-Marne), dont Jean-François Copé est maire. C'est la femme d'affaires Dominique Reiniche, patronne de Coca-Cola Europe, qui aurait négocié ces accords en secret avec la ville .
Selon Le Point, la multinationale aurait notamment versé à la ville de Meaux que dirige Copé pour exposer au musée de la Grande Guerre du pays de Meaux une bouteille vide censée avoir été découverte dans les tranchées de la Meuse et qui daterait de 1917. Elle n'aurait en réalité que très peu de valeur (), ce qui suscite de sérieuses questions.
Les médias révèlent également que Coca-Cola France est un client pour un montant de de l'entreprise Bygmalion, fondée par Bastien Millot et Guy Alvès, deux des plus proches conseillers de Jean-François Copé. Cette entreprise est impliquée dans l'Affaire Bygmalion, un grave scandale de financement politique illégal de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.
Cependant, malgré les manœuvres de l'ancien patron de l'UMP, l'idée d'une taxation des boissons sucrées finit par revenir sur la table en 2011. C'est François Fillon, alors Premier ministre, qui remet cette taxe au goût du jour afin, toujours selon Le Point, d'augmenter les rentrées d'argent de l’État. La loi est finalement adoptée et entre en application au . Un échec pour Coca-Cola dont la direction internationale serait « en colère contre la France ».
Liens supposés avec des usines chinoises soumettant les Ouïghours au travail forcé
Selon un rapport publié en par l'Institut australien de stratégie politique, les usines ayant recours au travail forcé des Ouïghours au Xinjiang, région au nord-ouest de la Chine, font partie de la chaîne de production de 83 marques internationales, parmi lesquelles Coca-Cola.
Les Ouïghours y seraient enfermés dans des camps et subiraient des expérimentations médicales.
Coca-Cola exerce de fortes pressions pour combattre un projet de loi finalement signé par Joe Biden en interdisant l'importation aux États-Unis de produits fabriqués au Xinjiang.
Deux autres entreprises multinationales, Nike et Apple, sont elles aussi mises en cause pour leur partenariat avec des usines au Xinjiang ayant recours au travail forcé des Ouïghours. Ces deux entreprises militent également contre la loi interdisant le travail forcé.
Soutien supposé à Tsahal Le groupe The Coca-Cola Company et ses différentes marques (notamment Fuze Tea, Hawaï (boisson), Fanta, Tropico, Minute Maid et d'autres) est au cœur d'une campagne de boycott d'Israël, pour son soutien financier et moral présumé à Tsahal. En Egypte, ce boycott a pris une telle ampleur qu'il a permis à la marque de soda locale Spiro Spathis, alors au plus mal, de faire un retour en force. Le , la Grande Assemblée nationale de Turquie a retiré de ses restaurants les produits Coca-Cola.
Controverses environnementales
Pompage de nappes phréatiques en Inde, au Mexique et en Allemagne L'entreprise Coca-Cola a été également fortement contestée en Inde, notamment au Kerala, où elle est accusée d'assécher des nappes phréatiques pour fabriquer son soda, au détriment des paysans locaux..
À San Cristóbal de Las Casas au Mexique, où une usine a été implantée dans les années 1980, la production de Coca-Cola nécessiterait le pompage d'environ par jour dans les nappes phréatiques de la ville, soit un volume qui permettrait d'alimenter par jour, d'après l'hydrologue Antonio Garcia. Certaines communautés auraient vu leurs ressources en eau diminuer depuis l'implantation de cette usine. L'entreprise nie cependant être la cause des coupures d'eau affectant ces communautésCoca-Cola et la formule secrète, film documentaire réalisé par Olivia Mokiejewski (enquête) et Romain Icard (réalisation) et diffusé en janvier 2013 sur France 2.
À Lunebourg (Allemagne), Coca-Cola a creusé deux puits permettant de pomper à de profondeur une eau commercialisée sous la marque « ViO ». L'entreprise souhaite creuser un 3 puits qui lui permettrait de porter son extraction à et les autorités locales ont approuvé en un forage d'essai de plusieurs mois, ce qui a déclenché une opposition citoyenne qui demande un moratoire sur les décisions d'autorisation d'extraction pour tenir compte des dernières données scientifiques liées au réchauffement climatique. La possibilité d'une exploitation commerciale des nappes phréatiques peut toutefois difficilement être empêchée, car elle est prévue par la loi allemande. En , Coca-Cola a annoncé abandonner le projet de 3 puits du fait d'une baisse de la demande.
Interdiction d'importation en Inde Coca-Cola est interdit d'importation en Inde en 1970 pour avoir refusé de livrer la liste de ses composants .. En 1993, l'interdiction est levée après l'arrivée de Pepsi sur le marché .. Une enquête menée par le Centre pour la Science et l'Environnement (CSE), laboratoire indépendant de New Delhi, montre que ces boissons, comme plusieurs marques d'eau en bouteilles fabriquées pour certaines par Coca-Cola ou Pepsi, contenaient des résidus de pesticides dangereux, avec une dose 36 fois supérieure à la norme européenne pour Pepsi, et 30 fois supérieure pour Coca-Cola. La présence de ces produits pourrait provoquer des cancers, atteindre les systèmes nerveux et immunitaire et causer des malformations chez les nouveau-nés. Aucune loi n'interdisait la présence de pesticides dans les boissons en Inde.
Pour la CSE, ces résidus proviennent de l'eau extraite des nappes phréatiques par les usines. La pollution des nappes étant quant à elle causée par l'épandage de pesticides dans les champs environnants. Dans l'État de Kerala, une agence a affirmé avoir trouvé 201,8 milligrammes de cadmium par kilogramme dans les boues sortant de l'usine et offertes comme fertilisants aux agriculteurs. Cette dose, quatre fois supérieure aux doses normales, peut provoquer des cancers chez les personnes qui y sont exposées. L'ONG activiste Greenpeace aurait également trouvé un taux supérieur aux normes et, par précaution, a demandé la fermeture du site de production. À la suite de ces nouvelles, et fort de la contre-publicité faite aux embouteilleurs par ces ONG, de nombreux Indiens ont brûlé des bouteilles de soda de ces deux marques dans les rues. Le gouvernement a demandé une étude comparée avec les bouteilles de ce soda à destination du marché des États-Unis. Le , l'Inde demande à nouveau le retrait de la circulation des produits Coca Cola, Pepsi, Virgin cola et Corsica cola.
Soupçons de toxicité en Inde En 2003 et 2006, le Centre pour la science et l'environnement (CSE), une organisation non gouvernementale localisée à New Delhi (Inde), a constaté que les boissons produites par PepsiCo et Coca-Cola Company en Inde présentaient un niveau dangereusement élevé de pesticidesCSE India. Les deux sociétés ont alors soutenu que leurs boissons sont sûres pour la consommation et ont annoncé que le niveau de pesticides dans leurs produits serait inférieur à celui de produits de consommation courante tels que le thé, les fruits ou les produits laitiers.