vignette|Charles Maurras (1868-1952), auteur de la formule « politique d'abord ». Le « politique d'abord » est une expression de Charles Maurras affirmant le primat du politique dans la résolution des problèmes sociaux, économiques et moraux traversés par la France.

Définition Charles Maurras définit le « politique d'abord » dans Mes idées politiques :

Maurras soutient donc une antériorité, une priorité chronologique de l'action politique. Il s'appuie sur l'exemple de Jeanne d'Arc emmenant Charles VII au sacre de Reims avant de poursuivre la libération du territoire. Jeanne d'Arc accomplissait sa mission libératrice en proclamant : « Dieu premier servi ». Maurras développe cette idée dans son livre Méditation sur la politique de Jeanne d'Arc. Jean Madiran conclut que « ce qu'elle faisait au nom de sa priorité est précisément ce que Charles Maurras, au nom de la sienne, citait en exemple et modèle ». Toujours selon Jean Madiran, le « politique d'abord » revêt « trois significations connexes, mais qui ne se déduisent pas nécessairement les unes des autres ».

D'après le témoignage du confesseur de Charles Maurras à la fin de sa vie, Charles Maurras aurait remplacé le « politique d'abord » par « l'unité française d'abord » à partir de l'armistice du 24 juin 1940 pour justifier son soutien au Maréchal Pétain.

Divergences

Critique catholique La critique catholique du « politique d'abord » repose sur la présomption que Maurras place la politique au-dessus de la religion voire la soumet. Après la Première Guerre mondiale, Georges Bidault de l'Association catholique de la jeunesse française dénonce Charles Maurras et le « politique d'abord ».. Cette critique motive d'ailleurs en partie la condamnation de l'Action française par la papauté. Or, il s'agit de prioriser chronologiquement et de mettre les moyens avant la fin. Jean Madiran voit en cela une application de l'aphorisme de saint Thomas d'Aquin : « le but est premier dans l'ordre de l'intention mais il est dernier dans l'ordre de l'exécution ».

« Spirituel d'abord » L'homme d'État portugais Salazar, admirateur et correspondant de Charles Maurras, lui préfère le « spirituel d'abord ».

Salazar renchérit : « la maxime « politique d'abord » présente le défaut de lui faire « penser que le problème national se résout uniquement par l'assaut aux organes de l'État ».

De son côté, Georges Bernanos, un temps disciple de Charles Maurras, préfère se rallier au « mystique d'abord » développé par Charles Péguy dans Notre jeunesse.

À l'instar de Bernanos, François Mauriac adhère également au « spirituel d'abord ».

Historiographie L'historien Lucien Fevbre fustige le recours au « politique d'abord » comme point de vue et comme méthodologie d'analyse chez Charles Seignobos sans toutefois le soupçonner de maurrassisme.

Cette dénonciation vise à critiquer le primat l'analyse des faits politiques et du rôle des grandes figures dans « l'histoire historisante » plutôt que l'analyse des « tendances collectives économiques et sociales » promue par l'École des Annales.

Notes et références

Bibliographie : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externes

Texte intégral Plus que jamais... Politique d’abord ! (1937) sur maurras.net

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