La mine d'Alzen, également connue sous le nom de mine de Lina, est un ancien site minier situé sur le territoire des communes d'Alzen et Montels, dans le département français de l'Ariège, en région Occitanie.
Le site, aléatoirement occupé de 1875 à 1926, et principalement exploité entre 1898 et 1904, est connu pour une production de plomb, de cuivre et d'argent. Bien que désaffecté depuis les années 1920, le site minier d'Alzen-Lina abrite plusieurs vestiges relevant du patrimoine minier.
L'inventaire national du patrimoine naturel le présente comme le seul site du en France à associer production de cuivre et d'argent..
Localisation Le site minier se trouve sur le territoire des communes d'Alzen et Montels, en Ariège, sur le rebord nord des contreforts du massif de l'Arize, dans le pays du Séronais, à l'est du Couserans. Les installations minières se situent à mi-distance des deux bourgs, à environ 800 mètres au sud du centre-bourg de Montels, et 800 mètres au nord de celui d'Alzen, et sont aujourd'hui en zone boisée. Elles s'étagent de 498 à 635 mètres d'altitude.
La commune de Montels est propriétaire de la partie basse, tandis que les terrains médians et supérieurs appartiennent à des privés.
Historique Débuts de l'exploitation De premières recherches sont effectuées sur place dès 1875, menant à la création d'un puits sur le sommet du talus, à d'altitude. Un puits et une galerie de recherche sont creusés, avant le début de toute exploitation.. Le contrôleur des mines Simon Vion signale de premiers travaux d'aménagement des lieux en 1901. Trois galeries sont creusées : « Charles » (635 mètres d'altitude), « Otto » (565) et « Lily » (498) ; la première permet d'attester la présence de cuivre, en plus du plomb et de l'argent.
« L'affaire des mines d'Alzen » Otto et Albert Simon, respectivement de nationalité belge et américaine, deviennent concessionnaires en 1898 en reprenant la mine aux frères Bourret, instituteurs« Ariège », La Dépêche, 22 octobre 1909 (). Ils établissent le siège de leur Société anonyme des mines d'Alzen à leur domicile de Bordeaux« Gironde », L'Écho des Mines et de la Métallurgie, 19 octobre 1899 (). En 1902, dans le cadre de l'exposition industrielle qui se tient en marge du concours régional agricole, les frères Simon présentent de très riches échantillons issus de leur mine« Exposition industrielle - rapport du commissaire général », Le Moniteur de l'Ariège, 13 juillet 1902 (). Initialement trié à la main, le minerai est traité par fonte, sur place, à compter de 1902.
En 1901, les frères Simon cherchent à revendre la concession à la société britannique Pyrénées Mineral Limited, représentée par M. Glasse et basée à Londres, Bishopsgate Street, en faussant les échantillons prélevés (on parle de « salage »), de manière à tromper les candidats à la reprise..
Dans les faits, les frères Simon auraient demandé à leurs ouvriers de modifier les prélèvements que l'ingénieur Middleton, dépêché par Ernest Glasse, pour convaincre ce dernier de la prospérité de sa mine. Réalisant la duperie, les Britanniques attaquent ensuite les frères Simon et l'ingénieur Auguste Laurent en justice pour escroquerie et complicité« L'affaire des mines d'Alzen », Les Annales de l'Ariège, 15 juillet 1906 (). Le , la mine est placée sous séquestre, alors que les tensions concernent autant l'enlisement de la procédure judiciaire relative à l'escroquerie, que le débat sur l'identité du réel propriétaire« Mines : rapport de M. l'ingénieur en chef », Rapports et délibérations du Conseil général de l'Ariège, séance du 24 août 1910 ().
Cette affaire donne lieu à de nombreuses audiences successives dans les années qui suivent« Cour d'appel », L'Express du Midi, 11 juin 1910 (). Dans ce contexte, une grève éclate parmi les mineurs en , motivée par la baisse des salaires imposée par la Pyrénées Mineral Limited« La grève des mines d'Alzen », La Petite Presse, 16 janvier 1904 () ; 124 des 213 employés cessent le travail après le renvoi de trois ouvriers, forment un Syndicat professionnel des ouvriers et ouvrières de la mine d'Alzen et Montels, et sollicitent la médiation de la justice de paix de La Bastide-de-Sérou. Parmi leurs revendications, figurent outre la hausse des salaires et la réintégration des licenciés, le renvoi du chef d'exploitation, la réduction du temps de travail quotidien à huit heures et la reconnaissance du syndicat ; les revendications sont globalement satisfaites fin mars« Grève des mineurs d'Alzen », Statistique des grèves et des recours à la conciliation et à l'arbitrage survenus pendant l'année 1904, 1904 (). Le syndicat apparaît comme disparu dès 1906, du fait de l'inactivité de la mine« Syndicats dissous », Bulletin de l'Office du travail, 1906 ().
L'enquête d'inventaire du patrimoine industriel minier de surface du Couserans menée en 2020 estime que les éléments matériels visibles à cette date sur le site ont été édifiés a priori entre 1901 et 1902, mais délaissés très rapidement, probablement dès 1903, en dépit d'une poursuite d'activité dans les années suivantes. En 1906, la mine semble improductive« L'Ariège industrielle », Le Journal d'Aulus : Organe des intérêts généraux de la Station d'Aulus-les-Bains, 20 septembre 1907 ().
Fin de l'activité La Société anonyme des mines d'Alzen est déclarée en faillite le « Départements et Algérie. Annonces légales publiées dans les Journaux des Départements », Archives commerciales de la France : journal hebdomadaire, 11 juin 1913 (). En 1914, le tribunal correctionnel de Foix procède à la vente aux enchères de la mine« Les mines d'Alzen », L'Ariège pittoresque, 30 juillet 1914 (). L'activité perdure de façon marginale jusqu'en 1920, voire 1926. La concession échoit en 1953. En 1959 et 1960, le BRGM réalise des études qui prouvent l'épuisement du filon.
Tout au long de sa période productive, le site de Lina produit un total de de cuivre, d'argent et de plomb argentifère.
Description du site Plusieurs vestiges subsistent sur place ; les plus visibles sont les suivants. : Plateforme et socles de machines Tour de condensation, permettant d'arroser le minerai pour en récupérer les particules métalliques Cheminée Entrée de galerie (galerie « Otto ») Plan incliné Dynamitière Rampants des fumées Cuve Puits noyé
D'autres éléments sont également présents, comme le tracé de l'ancien chemin de fer Decauville, des scories et des nappes de déblais, et l'entrée obstruée de la galerie Lily.
La galerie Otto est la seule des trois galeries du site dont l'entrée soit accessible.
Valorisation Bien que non indiqué, le site minier est accessible à pied par les chemins depuis Montels. L'une des cheminées et une cavité de la mine apparaissent sur le Géoportail de l'IGN.
Il existe un projet de valorisation de la partie basse du site, initié par la municipalité de Montels, que la communauté de communes Couserans-Pyrénées pourrait reprendre. Des explorations du site mettent en évidence la condensation et l'accessibilité des vestiges miniers et la richesse géologique (notamment la tétraédrite).
Références
Voir aussi Article connexe Mine de cuivre gallo-romaine du Goutil
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