Le vol UTA 772 est un vol international régulier reliant Brazzaville, en république du Congo, à Paris, en France, avec une escale prévue à N'Djaména, au Tchad. Le , le McDonnell Douglas DC-10 assurant ce vol est victime d'un attentat à la bombe : l'avion explose au-dessus du désert du Ténéré, près de Bilma au Niger, tuant les et membres d'équipage. Il s'agit de l'attentat aérien le plus meurtrier survenu au Niger.

Avion L'appareil impliqué est un McDonnell Douglas DC-10-30, un avion gros-porteur immatriculé N54629 (numéro de série MSN 46852/125), il a été fabriqué en 1973 et a effectué son premier vol le de cette année, avant d'être livré le suivant à la compagnie aérienne française Union de transports aériens (UTA). Il s'agissait du construit par McDonnell Douglas ; Au moment de l'accident, il totalisait (décollage/atterrissage) et de vol.. Il était équipé de trois turboréacteurs à double flux General Electric CF6-50C2R.

Le commandant de bord, Georges Raveneau (40 ans), est un pilote expérimenté qui totalise de vol, dont sur DC-10. Le copilote, Jean-Pierre Hennequin (38 ans), compte de vol à son actif, dont seulement aux commandes d'un DC-10. Le copilote de relève, Michel Crézé (41 ans), cumule heures de vol, dont sur DC-10. L’officier mécanicien navigant, Alain Bricout (28 ans), totalise de vol, dont sur DC-10.

Description thumb|left|La route prise par le vol 772. Le vol 772, en provenance de Brazzaville, décolle le de N'Djaména, à destination de Paris, pour un vol passant au-dessus du Niger, du Sahara algérien et de la mer Méditerranée. Vingt minutes après le décollage, à , le commandant de bord ne signale aucune anomalie à bord au contrôle aérien. Vingt minutes plus tard, il aurait dû entrer de nouveau en contact radio pour signaler la position de l'appareil.

Dans l'après-midi sont lancées les recherches. Un avion militaire français - C-160 Transall - basé au Tchad découvre les débris de l'avion le lendemain, à 650 km au nord de N'Djaména..

Il n'y a aucun survivant parmi les de l'appareil. Parmi les passagers se trouvaient le ministre tchadien du Plan et de la Coopération, qui se rendait à la réunion du Fonds monétaire international, à Washington, ainsi que l'épouse de l'ambassadeur des États-Unis à N'Djaména..

Victimes 170 personnes perdent la vie dans l'attentat : 156 passagers, 14 membres d'équipage. 52 personnes avaient la nationalité française, en incluant la double nationalité.

Tableau récapitulatif selon la nationalité des victimes de l'attentat. :

NationalitéNombre de morts544825985433222111111Total170

Enquête L'attentat n'est pas revendiqué.. Quelques semaines auparavant, la Libye et le Tchad avaient signé un accord frontalier, présageant une détente dans le conflit entre ces deux pays. Plusieurs hypothèses sont évoquées par les services français, qui mènent l'enquête. D'abord la situation géopolitique au Congo, ensuite celle moyen-orientale. Les enquêteurs évoquent l'Iran, le FPLP-CG, le Hezbollah libanais ou encore la Syrie. La flotte française a effectué des manœuvres au large du Liban durant l'été.

Finalement, la justice française conclut que l'attaque a été organisée par le pouvoir libyen du colonel Kadhafi, tout comme l'attentat de Lockerbie en 1988. En effet, la Jamahiriya arabe libyenne, en conflit avec le Tchad au sujet d'un différend frontalier hérité de la colonisation française du Tchad, concernant notamment la bande d'Aozou, avait entrepris d'envahir ce pays en proie à une guerre civile. La France (opération Épervier) et les États-Unis étaient intervenus militairement pour contrecarrer cette tentative.

Une instruction est ouverte par le parquet de Paris le . L'enquête du juge Jean-Louis Bruguière permet d'identifier six ressortissants libyens, hauts fonctionnaires des services secrets et de la diplomatie libyenne : Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi, vice-président des services de renseignement libyens a fourni l’engin explosif de l’attentat, donné les instructions et contrôlé les opérations. Abdelsalam Hammouda, collaborateur de Senoussi et membre des services secrets libyens était responsable de la coordination de la préparation de l'attentat. Abdallah Elazragh, premier conseiller à l’ambassade de Libye à Brazzaville a remis son billet d'avion au porteur de la bombe placée dans une valise. Ibrahim Naeli et Arbas Musbah, membres des services secrets libyens, spécialistes en explosifs et en questions aériennes ont vérifié l’engin explosif avant de le remettre à Elazragh. Issa Shibani, membre des services secrets libyens, a acheté le minuteur — dont un fragment a été retrouvé dans les débris.

En 1999, la cour d’assises spéciale de Paris a condamné par contumace les six accusés. Un mandat d'arrêt international est lancé à leur encontre.

Abdallah Senoussi sera impliqué dans l'enquête sur le financement illégal en vue de la campagne présidentielle de l'ancien président français Nicolas Sarkozy de 2007, à la suite de plusieurs éléments révélant des échanges d'argent avec Claude Guéant.. Ce financement devait être la contrepartie pour qu'il obtienne la levée du mandat d’arrêt international émis lors de sa condamnation pour l'attentat..

Certains enquêteurs, comme le journaliste d'investigation Pierre Péan remettent cependant en cause les conclusions de la justice française statuant sur la responsabilité des services libyens. Dans deux ouvrages : Vol UT 772 : contre-enquête sur un attentat attribué à Kadhafi (1992) puis Manipulations africaines (2001), . soutient la possible implication du FPLP-CG du palestinien Ahmed Jibril, et derrière lui de l'Iran.

Suites de l'enquête Ces différentes actions n'étant pas suivies d'effet, une plainte a été déposée contre le colonel Kadhafi le , par S.O.S. Attentats et la sœur de l'une des victimes.

Cette demande a été rejetée par la Cour de cassation, par arrêt du .

Le , une plainte a été déposée contre la France devant la Cour européenne des droits de l'homme pour déni de justicehttp://www.cap-office.net/_zfiles0/sos-attentats/9150CB8C05974A55814B575B374A0A66.pdf..

Cette décision a donné lieu à la publication par S.O.S. Attentats de deux ouvrages collectifs : Le Livre Noir, 2002 et Terrorisme, victimes et responsabilité pénale internationale, ainsi qu'à la tenue, le , d’un colloque international présidé par Philippe Kirsch à l'Assemblée nationale...

En , des négociations sont entamées par Guillaume Denoix de Saint Marc, qui a perdu son père dans l'attentat, et la veuve de ce dernier. Ils rencontrent Saïf al-Islam Kadhafi, un des fils du colonel alors en déplacement à Paris, ainsi que les représentants de la Fondation Kadhafi qu'il dirige. Le fils Kadhafi ne demeure pas insensible à leurs doléances et se montre ouvert au dialogue.

Après avoir consulté les autres familles, ils créent le collectif « Les familles du DC10 UTA en colère ! » regroupant tous les ayants droit concernés, quelle que soit leur nationalité, soit plus de personnes.. Ce collectif va conduire de difficiles négociations durant deux ans avec la partie libyenne, au cours de plusieurs tournées qui se dérouleront à Tripoli et à Paris. Les négociateurs seront Guillaume Denoix de Saint Marc et son ex-épouse Emmanuelle, juriste, épaulés de Valéry Denoix de Saint Marc, avocat et cousin germain de Guillaume.

Le , une plainte est déposée aux États-Unis sur le fondement du dossier d'instruction français fourni par S.O.S. Attentats aux avocats américainshttp://www.cap-office.net/_zfiles0/sos-attentats/25C703DF8A1A4119926AF0318BA9BDB0.pdf..

Le , lors de la première visite du ministre des Affaires étrangères libyen, M. Chalgham, à Paris, le collectif « Les familles du DC10 UTA en colère ! » organise une grande manifestation de protestation sur l'esplanade des Invalides, à laquelle est invitée S.O.S. Attentats.

Le , dans un discours à l'occasion du de son coup d'État, le président libyen déclare : « Le problème lié à l'affaire UTA et l'affaire Lockerbie est derrière nous. Nous ouvrons une nouvelle page dans nos relations avec l'Occident ». Le , « Les familles du DC10 UTA en colère ! » signent un accord intermédiaire avec la Libye, permettant la levée des sanctions de l'ONU le . Quelques semaines plus tard à l'ONU, la Libye reconnaîtra formellement sa responsabilité pour les activités des fonctionnaires libyens concernant les deux attentats du DC-10 d'UTA et de Lockerbie Libya "accepted responsibility for the actions of its officials"..

Les victimes de l'attentat de Lockerbie sont dédommagées par la Libye. Dès lors, les Britanniques et les Américains souhaitent la levée des sanctions contre la Libye alors qu'à la suite de la pression médiatique et du lobbying exercés par les « Familles du DC10 UTA en colère ! » la France insistait pour attendre qu'un accord sur l'indemnisation des victimes du DC-10 d'UTA soit signé avec les associations de victimes.

Le , le collectif « Les familles du DC10 UTA en colère ! » signe avec les représentants libyens de la Fondation Kadhafi un accord concernant un dédommagement d' pour chacune des familles des . Seule Maryvonne Raveneau, veuve du pilote du DC-10, refuse d'y souscrire au motif que la seule mention d'une explosion à bord de l'appareil dans le texte de cet accord n'emporte pas reconnaissance de la fomentation de l'attentat.

Par décision du , la Cour de justice de l'Union européenne a rayé de son rôle la plainte déposée par de Castelnau et S.O.S. Attentats contre la Francehttp://www.cap-office.net/_zfiles0/sos-attentats/AF31B04920C34572B4AAC4C63532CD88.pdf.. Par décision du , un juge fédéral américain a condamné le gouvernement libyen et six de ses hauts responsables à payer environ de dommages-intérêts pour l'attentat commis le contre le DC-10 de la compagnie aérienne française UTA (vol UT 772)http://www.cap-office.net/_zfiles0/sos-attentats/6A9A1CF1259F485CBF9C471988163D02.pdf..

Une quarantaine de proches des victimes françaises de l’attentat, dont Guillaume Denoix de Saint Marc, le président et porte-parole de l'association Les Familles de l'Attentat du DC-10 d'UTA, se portent partie civile au procès de l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 ou Affaire Sarkozy-Kadhafi entre le et le , après la publication, dans les journaux, d'extraits de l'acte d'accusation, portant notamment sur la réhabilitation judiciaire d’Abdallah Senoussi.

En , des archives d’Abdallah Senoussi récupérées par le militant libyen Samir Shegwara et vérifiées par les journalistes français d’investigation Karl Laske et Vincent Nouzille mettent en cause avec de nouveaux éléments Abdallah Senoussi et l’artificier des services secrets libyens Abu Agila Masud (Abou Agila Mohammad Mas’ud Kheir Al-Marini), à la fois sur les attentats du DC-10 UTA et de Lockerbie.

Mémoriaux thumb|Mémorial du vol 772 de l'UTA.Un mémorial a été construit dans le désert du Ténéré par « Les Familles de l'Attentat du DC10 UTA », association membre de l'association française des victimes du terrorisme, avec un financement de la Fondation de l'attentat du DC10. Son coût de a été couvert grâce aux intérêts des indemnités payées par la Libye.

Le mémorial est situé à 10 km du site du crash (coordonnées : )., ceci afin qu'il puisse être vu depuis les avions suivant la même route aérienne que le vol 772 et pour préserver le site de l'accident où subsistent encore de nombreux débris.

Le monument a été construit à l'initiative de Guillaume Denoix de Saint Marc qui avait mené la négociation avec la Libye, en vue du dédommagement. Il s'est rendu en mission exploratoire sur le site du crash en avec trois autres victimes et la construction du mémorial s'est déroulée en ..