Edgard de Larminat, né le à Alès (Gard) et mort le à Paris, est un général d'armée français, qui a combattu lors des deux guerres mondiales.

Compagnon de la Libération, il est l'un des premiers militaires français à rejoindre les Forces françaises libres en 1940.

Biographie Edgard de Larminat naît en 1895 à Alès, dans le Gard, où son père est officier des Eaux et Forêts, il étudie successivement à Alès, Gap, Troyes et Dijon. Admissible au concours de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1914, il passe les oraux, qui sont interrompus par la déclaration de guerre et la Première Guerre mondiale.

Première Guerre mondiale Engagé à Dijon comme simple soldat au RI, il est détaché au RI, où il suit les cours spéciaux des élèves de Saint-Cyr. Affecté en au RI, il est promu aspirant en août, puis sous-lieutenant en décembre.

Blessé par éclat d'obus au fort de Vaux, durant la bataille de Verdun, en , alors qu'il tient sa position depuis trois jours avec sa compagnie, il refuse de se faire évacuer avant la fin des opérations. Promu lieutenant en et capitaine en , il est gazé en et de nouveau blessé par éclat d'obus en juin suivant.

Larminat termine cette guerre avec quatre citations, la Légion d'honneur et le grade de capitaine. Il a 23 ans.

Maroc, Mauritanie puis Indochine En , il choisit l'infanterie coloniale et part pour deux ans et demi au Maroc. Là, il prend part au combat contre les Djebalas en avril-. Puis il est attaché à l'état-major du gouverneur général en AOF, avant d'être promu au grade de commandant en Mauritanie.

Entre 1925 et 1928, il est successivement affecté au régiment de tirailleurs sénégalais, au d’infanterie coloniale (RIC) et au RIC.

En , il se rend en Indochine, où il intègre le cabinet militaire du gouverneur général et est promu chef de bataillon en .

De retour en France, il prend le commandement d'un bataillon du de tirailleurs sénégalais à Fréjus en . Puis, de 1933 à 1935, il étudie à l'École de guerre et en sort lieutenant-colonel.

Le , à Beyrouth, il épouse Suzanne Mahé, née le à Paris , d'origine bretonne, descendante d'un capitaine-corsaire du roi, et fille de Georges Mahé, Gouverneur des Colonies et ancien Résident supérieur du Tonkin, du Laos et de l'Annam..

Seconde Guerre mondiale En mars 1940, il est promu colonel, alors qu'il est chef d’état-major du général commandant les troupes du Levant. En mai 1940, il est nommé chef d'état-major du général commandant le théâtre d'opérations du Moyen-Orient.

En juin, refusant la défaite, il diffuse des ordres pour créer une force de volontaires destinée à rejoindre les Britanniques, ce qui lui vaut d’être arrêté et emprisonné à Damas le . Trois jours plus tard, il parvient à s'évader et à rejoindre les Britanniques en Palestine.

Élevé au grade de général de brigade le 27 août 1940Et non en , comme souvent indiqué par erreur. Les télégrammes que le général de Gaulle adresse au général de Larminat le et début 1941 l'attestent.

Charles de Gaulle, Lettres, notes et carnets (juin 1940 - juillet 1941), Plon, 1981, 521 p. , , ., par le général de Gaulle, il organise depuis Léopoldville le ralliement du Moyen-Congo à la France libre en août 1940, est nommé gouverneur général de l'Afrique-Équatoriale française (AEF) ; puis Félix Éboué lui succède au gouvernorat général. et il devient membre du Conseil de défense de l'Empire, haut-commissaire de l'Afrique française libre à partir du . De son côté, le régime de Vichy, après l'avoir déchu de la nationalité française., le condamne à mort par contumace.

Le , il publie la Position des Français libres vis-à-vis des problèmes nationaux.

Il organise des bataillons africains des FFL formant la française libre et la colonne Leclerc.

En décembre 1941, il est nommé adjoint du général Catroux, commandant en chef au Levant, et prend le commandement des et FFL pendant la campagne de Libye, où il organise la défense de Bir Hakeim. En , il subit un grave accident de voiture sur la route du Caire à Alexandrie, en Égypte.

Promu au grade de général de division en , il prend le commandement de la DFL en et se rend en Tunisie. En , il devient chef d'état-major général des FFL.

Il rejoint le corps expéditionnaire français du général Juin, où il commande, en , un corps de poursuite composé de la et de la DIA. Là, son sens tactique et son esprit de décision lors des combats contre les Allemands dans la région de Viterbe lui valent une nouvelle citation en . En , il participe au débarquement de Provence à la tête du d'armée, au sein de l', future .

En , il est nommé à la tête des Forces françaises de l'Ouest sur le front de l'Atlantique et chargé de réduire la résistance allemande des poches de l'Atlantique (Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle et Royan-pointe de Grave). On lui fait grief d'être l'un des principaux responsables de la destruction de Royan en .. Les recherches ultérieures démontrent que les responsabilités de ce fait de guerre ( et plus de ) relèvent d'une grave faute d'exécution de l'aviation anglaise et de co-responsabilités françaises dont celle de Larminat. La décision du bombardement aérien, prise par le général Devers, commandant le d'armées, a été mise en œuvre par le général ., témoignage d'Edward H. de Neveu, ancien officier d'état-major.. On lui reproche également la prise de Royan par la force en avril avec son cortège de nouvelles destructions et de très nombreux morts et blessés. De même, il lui est reproché la prise de l'île d'Oléron, les et (le jour du suicide d'Hitler) par une opération amphibie coûteuse ( et de gros moyens).

Pendant l'hiver 1944-1945, il réorganise les FFI en cinq divisions d'infanterie. Ainsi, en , il prend toutes les positions allemandes de la Gironde et libère le port de Bordeaux. Après la capitulation de l'Allemagne, il prend possession de La Rochelle, Saint-Nazaire et Lorient, du au .vignette|Le général de Larminat (au centre) le , à Saint-Palais-sur-Mer avec le général de Gaulle, président du GPRF, et André Diethelm, ministre de la Guerre.

Après-guerre En , il est nommé inspecteur général des troupes coloniales. Il dirige la délégation française à la conférence des experts militaires français et britanniques qui organise le départ des troupes françaises de Syrie en 1946. En , il est mis en cause, avec les généraux Juin, Kœnig, Béthouart et Guillaudot, dans l'affaire dite du plan Bleu et relevé de son commandement le , avant que l'affaire ne retombe...

Promu aux rang et appellation de général d'armée en 1953, il manifeste son soutien au projet de Communauté européenne de défense. Nommé Inspecteur des troupes coloniales en 1955, il est versé un an après en du cadre de réserve.

Il est le premier président de l'Association des Français libres de à 1962..

Le , le général de Gaulle le nomme président de la Cour militaire de justice chargée de juger les participants au putsch d'Alger d' en lieu et place du Haut Tribunal militaire. Toutefois, son état de santé se dégrade, et il est hospitalisé au Val-de-Grâce. le ., à la suite d'un malaise cardiaque ; il y reste une dizaine de jours. Le lendemain, La Nation française, hebdomadaire royaliste, publie un article intitulé dans lequel est inséré un texte présenté comme un rapport du général Catroux du . L'information, qui met en cause la santé mentale de Larminat, est reprise par Ernest Denis, député du Nord, dans une question écrite au ministre de la Justice Jean Foyer en date du , puis par Jean-Louis Tixier-Vignancour, avocat de la défense, le , lors du procès du lieutenant Degueldre. Les comptes rendus de séance parus dans la presse la diffusent. Le , il se suicide à son domicile en se tirant une balle dans la bouche..

Différentes hypothèses ont été émises pour expliquer ce geste. Selon le site de l'ordre de la Libération, .. Certains (26) avancent que la raison de son suicide aurait été son refus de juger les putschistes. Cette hypothèse est notamment défendue par l'un de ses parents éloignés, Jean-Marie de Larminat. Tel n'est pas le point de vue de sa proche famille : ses neveux directs, notamment Jacques de La Ferrière et Henri de Larminat., ont défendu l'idée que rien dans sa vie ni dans ses écrits ne pouvait faire penser que le général de Larminat ait eu la moindre hésitation entre l'OAS et de Gaulle, pas plus qu'il n'en avait eu entre la France libre et Vichy. Dans ses mémoires, Pierre Messmer indique qu'. Pour lui, ce suicide exprime un refus de .

Le général Edgard de Larminat repose au cimetière de Montain.

Citation

Décorations Décorations françaises, des colonies françaises ou interalliées

sans cadre|50x50px Compagnon de la Libération par décret du . (4 citations) (4 citations) (1 citation)

par décret du sans cadre|50x50px Commandeur de l'ordre du Mérite combattant avec agrafe « Maroc »

Décorations étrangères (États-Unis) (GB) (Belgique) (avec palme) (Belgique) 50 px Chevalier de l'Ordre militaire Virtuti Militari (Pologne)Monitor Polski 1947, nr 29, poz. 248. (Bénin)

Devise « Pur et dur »Jean Anne Chalet, Peau de grenouille : histoire d'un petit village de la « poche » de Saint-Nazaire, août 1944-mai 1945, S. Godin, 1980, ..

Publications Que sera la France de demain ?, Éditions France, 1943, 24 p. L'Armée dans la Nation, Paris, Office français d'édition, 1945, 40 pages (articles parus dans Renaissances, , 3 et 6, -, sous le pseudonyme « Entraigue »). Bertie Albrecht, Pierre Arrighi, Général Brosset, D. Corticchiato, Jean Prévost, 5 parmi d'autres (en collaboration avec Édith Thomas, Jacques Lecompte-Boinet, René Char et Vercors), Paris, Les Éditions de Minuit, 1947, 95 p. L'Armée européenne, Paris, Berger-Levrault, 1952, 90 p. Chroniques irrévérencieuses, Paris, Plon, 1962, 406 p.

Hommages Depuis 1971, une rue de Paris porte son nom : rue du Général-de-Larminat, où était installée l'Association des Français libres entre 1957 et 1979. Il existe aussi des rues portant son nom à Alès, Bordeaux, Créteil et Sucy-en-Brie.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Philippe Oulmont (dir.), Larminat. Un fidèle hors série (préface d'Étienne Burin des Roziers), Paris, Little Big Man Éditions / Fondation Charles-de-Gaulle, 2008, 416 p. « Edgard de Larminat », dans Vladimir Trouplin, Dictionnaire des compagnons de la Libération, Bordeaux, Elytis, 2010.

Sur l'affaire du bombardement de Royan, un article très documenté et non partisan sur le sujet cadre les responsabilités de chacun : https://www.c-royan.com/histoire/histoire-contemporaine/les-guerres/1577-royan-bombardee.html

Articles connexes Liste de familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française Famille de Larminat Poche de La Rochelle Poche de Royan et de la pointe de Grave

Liens externes

Famille de Larminat

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