Roger Marion est un haut fonctionnaire de la police française, né le . à Castres (Tarn).
Biographie
Fils de cheminot et d’une employée de commerce, il est reçu, après le service militaire et des études en droit, second au concours d’officier de police adjoint de la police nationaleJournal officiel du . et affecté, à compter du au Service régional de police judiciaire (SRPJ) de BordeauxArrêté du signé pour le ministre de l'Intérieur par l'administrateur civil chargé de la sous-direction des personnels, Marcel Bonnecarrère..
En 1976, il est reçu au concours de commissaire de policeJournal officiel du page C2787 23/36.. Le , il sort vice-major de la de l'École nationale supérieure de la Police et est affecté au SRPJ de ToulouseArrêté du signé pour le ministre de l'Intérieur par l'administrateur civil chargé de la sous-direction des personnels, Marcel Bonnecarrère., au groupe criminel puis à celui de répression du banditisme.
Le , il est nommé commissaire principalArrêté du signé pour le ministre de l'Intérieur par le directeur du personnel de la police, Jean-Jacques Pascal. et affecté le comme chef de la section criminelle au SRPJ de MarseilleArrêté du signé de Pierre Verbrugghe directeur général de la police nationale. puis promu commissaire divisionnaire à la tête de la division criminelle et de répression du banditisme de ce même service.
Le , il est nommé chef de la « division » à la direction centrale de la Police judiciaireArrêté du du directeur général de la police nationale, François Roussely. qui deviendra le , la « division nationale anti-terroriste »Note de service PN/DCPJ/SDLE du du directeur central de la police judiciaire. (DNAT).
Promu contrôleur généralArrêté du du ministre de l'Intérieur, journal officiel du , ., puis inspecteur général des services actifs de la police nationaleDécret du , journal officiel du , ., il est directeur central-adjoint de la police judiciaire chargé des affaires criminellesArrêté DAPN/RH/CR du du ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement., du au .
Le , il est nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense (PDSD) auprès du préfet de la zone Sud à MarseilleDécret du du président de la République, Jacques Chirac, procès-verbal d'installation le . puis à LilleDécret du du président de la République. Procès-verbal d'installation du . le auprès du préfet de la zone Nord.
Le , il est nommé préfet hors-cadreDécret du du président de la République, journal officiel du , texte . et chargé de mission à l'inspection générale de l'administrationDécision du ..
Depuis le , Roger Marion est préfet honoraireDécret du portant admission à la retraite du préfet Roger Marion..
Débats et discussions
Mise en cause de la DNAT dans l'« opération Chrysanthème » Dans l’enquête préliminaire diligentée sur le plan national par la direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) contre les milieux islamistes, à la suite d'assassinats et d’enlèvements de personnes en Algérie (Opération « Chrysanthème » du ), le Service régional de police judiciaire de Versailles a opéré une perquisition au domicile de Moussa Kraouche à Taverny (Val-d'Oise) et saisi des documents à caractère subversif. L’inspecteur Patrick Robert de la Division de la DCPJ, en sa qualité d’observateur, a dénoncé « une manipulation des services de renseignements » qui participaient, eux-aussi, à cette perquisition, ce qui conduira le juge d’instruction Roger Le Loire à rendre une ordonnance de non-lieu au bénéfice de Moussa Kraouche « en raison d’une construction de preuves pure et simple des services de police ».
Roger Marion n’a jamais été mis en cause sur le plan judiciaire dans cette affaire, ni même entendu en qualité de témoin.
Complaisance personnelle alléguée au cours de l'affaire Érignac
L'enquête consécutive à l’assassinat le à Ajaccio du préfet de Corse Claude Érignac a abouti à l’identification d’un groupe terroriste composé de deux commandos (sud et nord). Six activistes du commando du sud ont été arrêtés les 21 et et condamnés définitivement pour leur participation à l’assassinat par arrêt du de la cour d’assises de Paris spécialement composée. Deux des complices présumés (commando du nord) dont Jean Castela et Vincent Andriuzzi ont été acquittés en appel mais toutefois condamnés par arrêt du de la cour d'assises de Paris spécialement composée, le premier à dix ans de réclusion criminelle, le second à huit ans de la même peine, pour leurs activités terroristes, notamment des attentats à l’explosif commis en 1994 à Paris et à Mende (Lozère).
Lors des commissions d'enquête parlementaire sur le fonctionnement des forces de sécurité en CorseCette enquête parlementaire entre en contradiction avec les dispositions de l'Ordonnance du , relative au fonctionnement des Assemblées parlementaires, qui prohibe expressément la création d’une commission d’enquête lorsque les faits ont donné lieu à des poursuites judiciaires., il a été interrogé sur la « non-arrestation » d'Yvan Colonna le , ce à quoi il a répondu que Extrait du procès-verbal de séance du du rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale).. Malgré la plainte déposée contre lui pour dénonciation calomnieuse par l’ex-directeur du SRPJ de Corse, il a été relaxé par l'arrêt (dossier ) en date du de la de la Cour d’appel de Paris.
Yvan Colonna, en fuite entre le et le date de son arrestation à Porto Pollo (Corse du sud), est condamné, pour sa participation à l'assassinat du préfet Claude Érignac, à la réclusion criminelle à perpétuité, par arrêt en date du de la cour d'assises d'appel de Paris spécialement et autrement composée. Le pourvoi qu'il a formé contre cette décision a été rejeté par un arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation en date du .
Selon les auteurs du livre Place BeauvauPlace Beauvau, la face cachée de la police, ., les « méthodes d’interrogatoire » de la division nationale anti-terroriste (DNAT) ont été mises en cause. Après enquête de l’Inspection générale de la police nationale, diligentée par le ministre de l'Intérieur, aucun fait allégué n’a été avéré, ce qui a conduit le procureur de la République de Paris, auquel cette enquête administrative sur les allégations de tortures et de violence, avait été transmise le , à prendre une décision de classement sans suite le (référence parquet 06.081.0801.4).
Emploi illégitime allégué de la force publique par la DNAT
Les auteurs de la campagne d’attentats terroristes commis en France en 1995 ont été identifiés et appréhendés cinq mois plus tard. Le chef de ce réseau du Groupe islamique armé (GIA) a été quant à lui arrêté le , rue Félicien-David à Paris , par des effectifs du RAID requis par la DNAT, qui n’ont fait usage que de la force strictement nécessaire pour le maîtriser.
Les avocats des activistes bretons, ceux du GIA et des membres du commando ayant assassiné le préfet Claude Érignac, ont fait état, lors des audiences en Cour d’assises, de violences illégitimes mais ni le chef de la DNAT, ni aucun de ses subordonnés, n’ont jamais été poursuivis, ni a fortiori condamnés pour violences illégitimes.
Personnage de fiction télévisuelle
Le réalisateur Pierre Schoeller a réalisé le téléfilm Les Anonymes - Ùn' pienghjite micca retraçant pour la première fois l'enquête de la DNAT qui a conduit en à l'arrestation et aux aveux des membres du commando qui a assassiné le à Ajaccio le préfet de Corse Claude Érignac : c'est le comédien Mathieu Amalric qui joue le rôle du commissaire Marion, patron de la DNAT.
Roger Marion auteur . . .
Décorations
Distinctions françaises
décret du . (journal officiel du , ) décret du . (journal officiel du , )
Médaille d'honneur de la Police nationale par arrêté du ministre de l'Intérieur, Pierre Joxe.
Médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement échelon bronze par arrêté du du ministre de l'Intérieur.
Médaille d'honneur de l'administration pénitentiaire échelon bronze par arrêté du NOR JUSE0440022A du Garde des Sceaux, ministre de la Justice.
Distinctions espagnoles
Ordre du Mérite avec distinction blanche du royaume d'Espagne par arrêté du du ministre de l'Intérieur. Ordre du Mérite avec distinction rouge du royaume d'Espagne par arrêté du du ministre de l'Intérieur.
Éléments bibliographiques Jean-Pierre Chevènement, Défis républicains, éditions Fayard, Paris, , . Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut, Colonna peut-il être acquitté ?, L'Express, .
.
Notes et références Notes
Références
Liens externes
Catégorie:Commissaire de police (France) Catégorie:Policier français Catégorie:Haut fonctionnaire français Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Chevalier de l'ordre national du Mérite Catégorie:Titulaire de la médaille d'honneur de l'administration pénitentiaire Catégorie:Titulaire de la médaille d'honneur de la Police nationale Catégorie:Naissance en mars 1947 Catégorie:Naissance à Castres