L'American Council on Science and Health (ACSH) est une organisation de lobbying, d'astroturfing et de défense de l'industrie crée en 1978 par Elizabeth Whelan, se présentant comme un groupe de chercheurs indépendant et de plaidoyer pour une alimentation, une nutrition, une santé et un monde amélioré par les produits chimiques, les produits pharmaceutiques, la biologie, les biotechnologies, supposée repousser les maladies infectieuses et améliorer l'environnement ; et destiné à « démystifier la junk science ».

L'ACSH, bien que se présentant comme indépendant est intervenu dans les débats de santé publique en défendant les positions de l'industrie sur la fracturation hydraulique, les boissons sucrées, le bisphénol A ou l’atrazine. En 2013, une fuite de documents internes a révélé que cette entité était majoritairement financée par de grandes entreprises (ex : 58 % de ses revenus au second semestre 2012, avec Chevron, Coca‑Cola, Bayer, Syngenta, McDonald’s ou Altria comme principaux donateurs). Ces données ont conforté les critiques décrivant déjà l'ACHS comme un groupe de façade pro‑industrie utilisant un vernis scientifique pour défendre et relayer les intérêts de ses financeurs, au détriment de la santé publique et de l'environnement et du climat.

Histoire L'American Council on Science and Health (ACSH) est fondé en 1978, par Elizabeth Whelan pour mieux faire valoir et entendre la parole des industriels de l'agroalimentaire, de la chimie et de l'agrochimie dans les lieux où se forment le débat public et les politiques publiques concernant notamment la santé et l'environnement. L'ACSH, secrètement financé par l'industrie, a rapidement commencé à produire des déclarations favorable aux lobbys industriels..

Contexte : dans les années 1970, l'image de la chimie a été dégradée par des pollutions et accidents, ainsi que par l'usage massif d'agent orange durant la guerre du Vietnam et l'époque voit naitre des mouvements écologistes en Europe et en Amérique du Nord, qui reprochent à l'industrie de ne pas tenir compte des données scientifiques, notamment concernant la toxicité et l'écotoxicité de ses produits.

En 1981, l'ACSH reçoit des fonds d'entreprise, mais officiellement pas pour des projets ou des programmes spécifiques, uniquement pour un soutien général. Au fil des ans, ses publications incluent des articles attaquant la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, une théorie sur le concept de chimiophobie, les phtalates, le DDT, la fracturation hydraulique, ou encore l'obésité., les cigarettes électroniques, les OGM, l'atrazine et le bisphénol A..

Whelan dit que sa motivation pour fonder l'American Council on Science and Health est né de recherches faites pour la société pharmaceutique Pfizer à propos d'une section de l'amendement sur les additifs alimentaires de 1958 qui visait à interdire certains additifs chimiques dans les aliments. Elle aurait alors fait des recherches plus poussées, qui lui auraient permis de découvrir que le discours public et les politiques publiques étaient chimiophobes. Elle a ensuite publié un livre, Panic in the Pantry (1976), remettant en cause l'idée, redevenue populaire dans les années 1970, que le « naturel » est meilleur et que les « produits chimiques » sont dangereux..

En 1978, avec Frederick J. Stare (fondateur du département de nutrition de Harvard), Whelan invite alors 50 autres scientifiques à dans un , afin de contrer la « fausse science » et la chimiophobie.

Leur premier soutien financier déclaré est venu de la Fondation Scaife et de la Fondation John M. Olin. En 2003, selon l'ACSH, près de 400 scientifiques avaient rejoint l'ACSH.

En septembre 2014, Whelan meurt, remplacée 10 mois plus tard (en juillet 2015), par Hank Campbell., qui sera remplacé par Thom Golab en août 2019..

Plaidoyer

Produits chimiques et environnement L'American Council on Science and Health (ACSH) plaide fréquemment contre « la règlementation des produits chimiques sans preuve scientifique de nocivité ».

En 1997, l'ACSH affirme que et engage donc les décideurs à poursuivre les . Sans nier les effets graves et chroniques du plomb sur la santé, l'ACSH estime qu'on a réussi à , faisant que le saturnisme est devenu rare et que ..

Un éditorial de 2009 signé par le membre du conseil d'administration Henry I. Miller dans Investor's Business Daily a par exemple critiqué l'utilisation par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) du principe de précaution pour réglementer les produits chimiques tels que le bisphénol-A, les phtalates, les retardateurs de flamme, l'herbicide atrazine et les fluorés (produits chimiques utilisés pour fabriquer du téflon), qu'il a tous décrits comme « importants » et « d'une sécurité manifeste »..

En , la loi sur l'amélioration de la sécurité des produits de consommation a imposé aux Etats-Unis la réglementation de plusieurs substances et a interdit la fabrication pour la vente, la distribution dans le commerce ou l'importation de tout jouet pour enfants ou article de puériculture contenant des concentrations supérieures à 0,1 % de di-(2-éthylhexyle) phtalate (DEHP), phtalate de dibutyle (DBP) ou phtalate de butyle et de benzyle (BBP).. Cette même année 2009, Michael Kamrin, membre du conseil consultatif scientifique et politique de l'ACSH, publie une revue critique dans le Journal of Toxicology and Environmental Health, affirmant que les phtalates sont « sûrs »..

Le soutien de l'ACSH aux planifiant de type phtalates remonte à 1999, quand il a travaillé avec l'ancien chirurgien général américain Charles Everett Koop pour défendre l'ingrédient utilisé dans de nombreux plastiques souples« Battle over phthalates heats up », CNN, 28 septembre 1999..

Sécurité alimentaire et nutrition L'American Council on Science and Health (ACSH) s'est opposé à la taxation des aliments connus pour contribuer à la prise de poids comme moyen de lutter contre l'obésité, ainsi qu'à la décision de l'État de New York d'exiger que les chaînes de restaurants affichent des informations sur les calories sur leurs produits.

L'ACSH a également demandé une meilleure réglementation et des tests sur les compléments alimentaires.

En 2009, dans une interview donnée à la correspondante du Daily Show, Samantha Bee, une porte-parole de l'ACSH critique le potager bio (White House Vegetable Garden) de la famille Obama, qualifiant les Obama de ; elle estime que promouvoir les aliments bio devrait être considéré comme préoccupant pour la santé publique, car tout le monde ne peut pas se permettre d'en acheter., ajoutant que l'agriculture bio et que Michelle Obama « devrait utiliser des pesticides dans son jardin »..

Maladies et produits pharmaceutiques L'ACSH a critiqué la loi sur l'éducation et la sensibilisation au cancer du sein, de la représentante Debbie Wasserman Schultz, qui encourage l'apprentissage des jeunes, car elle se concentrait sur des méthodes de détection qui sont, selon ACSH, ..

Le groupe s'est efforcé de « clarifier » les messages qu'il prétend être « peu clairs » et de dissiper les « mythes » entourant l'épidémie de grippe porcine en 2009..

En 2008, l'ACSH applaudi l'Académie américaine de pédiatrie pour avoir exigé qu'un épisode d'Eli Stone porte une clause de non-responsabilité puisque l'émission représentait un jury accordant des dommages-intérêts sur la base de l'affirmation selon laquelle un vaccin causait l'autisme. L'ACSH critique depuis longtemps les groupes voyant à tort un lien entre autisme et vaccination...

En 2001, à la suite des attentats du 11 septembre contre le World Trade Center, l'ACSH s'oppose à la nomination d'un fonctionnaire fédéral pour superviser et administrer l'aide aux personnes blessées lors des attentats et pour les sauvetages ultérieurs ; estimant qu'une telle décision . L'ACSH a aussi critiqué aussi les secouristes qui ont tenté de « recevoir frauduleusement une compensation financière alors qu'ils n'ont pas été blessés ». Or les analyses des particules issues de l'effondrement des tours jumelles avaient mis en évidence de fortes concentrations de métaux lourds, d'ions et d'amiante provenant de matériaux de construction pulvérisés ; ainsi que des cancérogènes organiques, dont HAP, des polychlorobiphényles, des dioxines et d'autres toxiques connus pour endommager l'ADN et accroitre le risque de cancers de la prostate et de la thyroïde, de myélome et d'autres cancers. ; et il sera ensuite démontré que plusieurs milliers de ces secouristes présentent encore, 10 et 20 ans plus tard de lourdes séquelles de santé, dont en termes de maladies respiratoires chroniques (asthme, BPCO), de cancers liés à l’exposition aux poussières toxiques, et de syndrome de stress post‑traumatique...

Liens avec l'industrie du tabac En 2008, le directeur associé de l'époque, Jeff Stier, aborde les effets négatifs à long terme du tabagisme en utilisant l'exemple de Barack Obama lors de sa campagne de 2008.. Il s'est opposé à une loi de l'État de New York qui interdisait certains types de tabac sans fumée car, selon lui, cela rendrait « plus difficile pour les fumeurs adultes d'arrêter de fumer »..

L'ACSH a également critiqué les employés (réparateurs) d'Apple Inc. qui refusaient d'entrer dans des locaux où des fumeurs avaient fumés, pour éviter le Tabagisme passif« Latest Excuse Not to Work », Fox Business, 24 novembre 2009.. L'ACSH ne soutient pas les efforts du gouvernement visant à interdire la vente de cigarettes électroniques..

En 1980, le cofondateur de l'ACSH, Frederick J. Stare, alors président du conseil d'administration de l'ACSH demande un financement au géant américain du tabac Philip Morris USA pour les activités de l'ACSH, en précisant qu'il pensait que soutenir financièrement l'ACSH serait à l'avantage de Phillip MorrisFred Stare, American Council on Science and Health Untitled letter to Helmut Wakeham of PM Letter. December 5, 1980. Bates No. 1000283163/3165..

Financeurs La Fondation Scaife et la Fondation John M. Olin ont fourni le premier soutien financier de l'ACSH dans les années 1970.

Dans son discours à l'occasion du anniversaire de l'ACSH, Whelan note que leurs détracteurs tels que Phil Donahue et Barbara Walters les accusent d'être un « substitut » de l'industrie pétrochimique et un complice (« shill ») de l'industrie alimentaire. Pour apaiser ses détracteurs, l'ACSH a affirmé qu'elle n'avait accepté le financement de fondations privées que durant deux ans. Mais les médias continuent d'indiquer que l'ACSH reste soutenue par l'industrie. Le conseil d'administration décide alors d'une nouvelle politique de collecte de fonds où « environ 40 % du [financement] de l'ACSH proviendra de fondations privées, environ 40 % de sociétés privées et le reste de la vente des publications de l'ACSH ».

En 2005, l'ACSH a reçu d'ExxonMobil., et Whelan a déclaré à John Tierney du New York Times en 2007 : ..

Cinq ans plus tard (2010), Whelan a déclaré au New Yorker qu'environ un tiers des deux millions de dollars du budget annuel de l'organisation provenait de l'industrie..

En 2013, la divulgation de documents financiers internes prouve que 58 % des dons de l'ACSH au cours de la période du au provenaient en réalité d'entreprises et de grandes fondations privées, dont beaucoup étaient elles-mêmes liées à des industries. Les donateurs comprenaient Chevron, Coca-Cola, Bristol-Myers Squibb, Dr Pepper Snapple Group, Bayer Cropscience, Procter & Gamble, Syngenta, 3M, McDonald's et Altria.

En outre, les documents ont révélé que l'organisation avait à de nombreuses reprises directement sollicité des dons auprès de sources de l'industrie sur la base de rapports projetés sur les questions spécifiques dans lesquelles ces entreprises et organisations de l'industrie avaient un intérêt.

Influenceur pour l'industrie