, dit l'ancien ou le grand, seigneur de Déolsfutur comté de Châteauroux (de Château-Raoul, base fortifiée des vicomtes) (1012-1037), était un puissant seigneur du Bas-Berry au , vassal du duc d'Aquitaine.

Biographie Il est fils de Raoul II, frère d'Ebbes de La Châtre et d'Eldeburge, épouse du vicomte de Bourges, Geoffroy le noble. Il s'empare en 1018 des droits sur la seigneurie d'Issoudun, un des grands fiefs du Berry, et la transmet à son second fils Eudes à sa mort. Vers 1020, la chronique d'Adhémar de Chabannes atteste qu'il récupère Argenton que les vicomtes de Limoges avaient arraché à sa famille. Avant 1024, il fait un pèlerinage à Rome avec son ami et suzerain, le comte de Poitiers Guillaume V le grand et s'attache la considération de l'écolâtre de Poitiers, Hildegaire. En 1026, il reconstruit un château à Massay, ce que le roi des Francs Robert II, qui protège les moines voisins, prend comme une provocation : mais l'ost royal échoue à reprendre la forteresse. Fin 1026, il reprend le bâton de pèlerin vers Jérusalem avec le comte d'Angoulême, Guillaume Taillefer, et rentre l'année suivante.

En 1037, Eudes de Déols entame une guerre pour le contrôle de Châteauneuf-sur-Cher contre son beau-frère, le vicomte de Bourges, ou son neveu Guillaume IV le meschin. La chronique de Déols signale la mort du fils aîné et héritier d'Eudes, Ebbes, tué par Guillaume de Bourges en personne. Ce dernier s'allie à l'archevêque de Bourges Aymon de Bourbon pour mieux supporter les représailles. Le , il essuie pourtant une cuisante défaite face au seigneur de Déols, et une grande partie de ses guerriers berruyers meurent noyés dans le Cher - Aymon étant même blessé au combat.

Le vicomte de Bourges vaincu, Eudes s'empare de Châteauneuf qu'il confie à un de ses fils qui lui succéda, Raoul III le prudent.

Vers 1040, l'archevêque Aymon de Bourbon qui n'a pas oublié l'humiliation de 1038, suscite contre son ennemi Eudes une véritable armée, les "milices de paix" de paysans menées par des prêtres et chargées de combattre les pilleurs d'églises - qui n'eurent pas le succès escompté et furent défaites par le sire de Déols.

Comme la plupart des seigneurs contemporains, ayant usurpé ou acquis des droits régaliens avec l'effondrement carolingien, il frappe monnaie dans sa forteresse : son influence est perceptible jusqu'en Bretagne, où des deniers de billon du duc Alain III ont été inspirés des deniers d'Eudes - en particulier les étoiles à cinq branches "hexalpha" typique de la région.

La mort du seigneur de Déols est mal connue mais ne dépasse pas les années 1040.

Notes et références

Catégorie:Noble français du XIe siècle Catégorie:Naissance en 1012 Catégorie:Décès en 1037