Catherine de Pazzi (en italien : Caterina de’ Pazzi), en religion sœur Marie-Madeleine (Maria Maddalena), née le à Florence et morte le dans la même ville, est une carmélite de l'ancienne observance (ou carmélite chaussée), grande mystique, dont la spiritualité et les écrits ont profondément influencé la société de Florence du .
Béatifiée en 1626, elle est canonisée par le pape Clément IX le . Elle est fêtée le .
Si la sainte jouit d'une grande notoriété et influence, y compris en France, au , celle-ci se perd après la Révolution française. De nos jours plusieurs publications lui sont consacrées.
Biographie
Enfance et spiritualité thumb|Attribué à Santi di Tito, Sœur Marie-Madeleinede Pazzi à l'âge de 16 ans, avant son entrée au Carmel (1583), localisation inconnue. Catherine de Pazzi est née le dans une famille de la haute noblesse Florentine, les Pazzi, dont un ancêtre avait été le premier à entrer à Jérusalem lors de la première croisade. Elle est aussi apparentée à Francesco de Pazzi, chef de la conjuration des Pazzi. Elle est la seconde enfant de Camillo di Geri de' Pazzi et de son épouse, née Maria Buondelmonti; elle a eu trois frères.
Très jeune, elle mène une vie de piété et d'oraison. Elle a deux jésuites comme directeurs spirituels et confesseurs, les Pères Rossi et Blanca. Ils lui enseignent la prière et l'instruisent dans la foi chrétienne. Lorsqu'elle fait sa première communion (à l'âge de 10 ans), elle fait vœu, secrètement, d'entrer dans les ordres. Elle a sa première extase mystique à l'âge de 12 ans. Elle est pensionnaire à deux reprises chez les Chevalières de Malte, à San Giovannino, de 1574 à 1578 et de 1580 à 1581..
Elle continue son éducation dans un couvent franciscain de Cortone où elle apprend à connaître la spiritualité de François d'Assise qu'elle qualifie plus tard de , tandis qu'elle considère sainte Claire comme son . Mais ses parents, s'opposant à sa vocation religieuse, l'en retirent deux ans après afin de la marier.
Entrée au Carmel
Catherine refuse le mariage, elle va même jusqu'à dire à son père : . Ses parents finissent par céder, et Catherine peut entrer au Carmel à Sainte-Marie-des-Anges (le plus ancien couvent de l’ordre) le , alors qu'elle n'a que 16 ans, quelques semaines après la mort de la carmélite espagnole Thérèse de Jésus. Elle prend le nom de sœur Marie-Madeleine. Catherine a choisi ce couvent car c'est l'un des rares à avoir obtenu le privilège que les religieuses communient chaque jour.
Elle est encore novice quand elle tombe gravement malade. Les religieuses craignant pour sa vie, et redoutant qu'elle ne meure bientôt, lui font prononcer ses vœux de religieuse avant le terme normal de son noviciatUne procédure d'urgence existait dans l'ordre, et existe toujours, permettant à une religieuse en formation de faire ses vœux définitif rapidement afin de mourir carmélite. Cependant, de nos jours, si la religieuse se rétablit, elle doit poursuivre sa formation et prononcer à nouveau ses vœux au terme normal de sa formation (ce qui ne fut pas fait à l'époque). Voir par exemple Thérèse des Andes.. Mais sœur Marie-Madeleine survit et tombe dans un ravissement durant quarante jours.
Vie au Carmel
Le carmel de Sainte-Marie-des-Anges, à l’époque où y vécut Marie-Madeleine, comptait presque quatre-vingts religieuses. Plusieurs moniales avaient un haut profil spirituel, comme la mère Evangelista del Giocondo, ou Pacifica del Tovaglia l’une des et amies de la sainte. Marie-Madeleine est d’abord vicaire pour l’accueil des jeunes filles qui fréquentaient la maison d’hôtes (1586-1589). À partir de 1589, elle participe, à des titres variés, à la formation des novices. Elle devient sous-prieure du couvent en 1604.
Elle vit dans la plus extrême austérité, s'adonnant à la prière et à la méditation, s'infligeant des mortifications permanentes. Elle a un grand souci des pauvres, et prie sans cesse pour les prêtres, pour le renouveau spirituel de l'Église. À titre de pénitence, durant cinq années, elle ne se nourrit que de pain, à l'exception des dimanches où elle consomme d'autres nourritures, en se limitant à ce qui est autorisé pendant le Carême..
Vie mystique et mort Elle bénéficie de grandes grâces mystiques et éprouve de profondes extases. Elle s'adonne beaucoup à la dévotion du Précieux Sang de Jésus-Christ.
De 1585 à 1590, elle vit une longue période de sécheresse spirituelle qui ne s'achève que le jour de la Pentecôte. Ses sœurs carmélites racontent que plusieurs fois, tout en étant en extase, elle poursuivait normalement ses travaux quotidiens. Elle a laissé de nombreux écrits. De son vivant, plusieurs miracles lui sont attribués qui la rendent célèbre, ainsi qu'après sa mort par son intercession.
Épuisée par ses jeûnes et ses intenses mortifications, elle tombe malade et passe ses trois dernières années de manière très tourmentée. Elle meurt le à l'âge de 41 ans.
Culte de la sainte et canonisation Sépulture et reliques À sa mort, elle est enterrée dans le chœur de l'église du monastèreLe couvent Sainte-Marie-des-Anges a été fermé en 1808, un temps séminaire de l'archidiocèse de Florence, il est aujourd'hui utilisé par différentes associations culturelles.. Lorsque les religieuses quittent leur couvent sous Napoléon IerNapoléon Ier fait fermer le couvent et expulse les carmélites., elles récupèrent la dépouille de la sainte pour l'installer dans leur nouveau couvent. Le corps de sainte Marie-Madeleine est aujourd'hui exposé dans un cercueil de verre dans le couvent des carmélites de Florence, sur les collines surplombant la ville. Sa dépouille n'est pas à proprement parler incorrompue, car si le corps est conservé en intégralité, la peau est brune et dure, elle semble comme pétrifiéeLa conservation du corps est parfois considérée comme miraculeuse, mais dans ce cas précis, il n'y a pas eu d'étude ou de déclaration officielle.. Sainte Marie-Madeleine de Pazzi jouit d'une très forte vénération à Florence..
Béatification et canonisation
Déjà de son vivant, ses sœurs et les Florentins la considéraient comme une sainte. Son procès en béatification est ouvert dès 1611 (soit quatre ans après sa mort).
Le , elle est béatifiée par le Pape Urbain VIII. Elle est canonisée par le Pape Clément IX le . Sa biographie par Vincenzo Puccini a été traduit en français en l'honneur de sa canonisation et illustrée par Abraham Diepenbeek. Son corps est resté in-corrompu jusqu'à présent.
Sa fête a été fixée au . Dans l'Ordre du Carmel, sa fête est célébrée avec rang de mémoire.
Influence spirituelle et publications Jusqu'au thumb|L'intérieur de l'église Santa Maria Maddalena dei Pazzi à Florence. Au , elle jouissait d’une grande popularité en France, grâce aux Carmes de la Réforme de Touraine qui firent connaître sa vie et son message. Le Père Léon de Saint-Jean a rédigé plusieurs ouvrages dont une biographie de sainte Marie-Madeleine de Pazzi rééditée six fois jusqu'en 1669.
Mais au , la Révolution française chasse de France les Carmes qui transmettaient le message et la vie de la sainte florentine. Il y eut cependant plusieurs traductions d'ouvrages au cours du . En 1837, paraissait la Vie de sainte Marie-Madeleine de Pazzi qui fait l'objet de cinq éditions successives. En 1873, Dom Anselme Bruniaux publie les Œuvres de sainte Marie-Madeleine de Pazzi. Au , nous avons la biographie de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi par Maurice Vaussard qui connaît trois éditions de 1921 à 1925. Et enfin, du même auteur, Extases et lettres de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, modeste recueil d’écrits de la Sainte.
De nos jours À partir des années 2000, sortent de nombreux titres : Les Quarante Jours, Les Huit jours de l’Esprit Saint, Cinq ans dans la fosse aux lions. Les trois extases de la Passion de Jésus (collection Flèche de feu aux Éditions de l’Abbaye de Bellefontaine). La revue Mélanges carmélitains a également publié deux articles dédiés à la sainte dans les numéros 1 (2003) et 3 (2005)..
Lors du quatrième centenaire de sa mort, le Pape Benoît XVI a dit dans son homélie du que Marie-Madeleine demeurait encore aujourd'hui : . Et qu'elle était : Lettre du pape Benoît XVI du 29 avril 2007 à l'occasion du IVe centenaire de la mort de sainte Marie-Madeleine de Pazzi.
Galerie
Publications . . . .
Notes et références Sources . Notes
Annexes Bibliographie . . . . . .
Liens externes
Présentation de sainte Marie-Madeleine de Pazzi, texte et vidéo, province de Paris des Carmes déchaux Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, vierge, Année liturgique de Dom Guéranger Marie-Madeleine de’ Pazzi, le trésor caché de l’Église, Chiara Vasciaveo, 30 jours dans l'Église et dans le monde Biographie, Santi e Beati
Catégorie:Carmélite italienne Catégorie:Carmélite chaussée Marie-Madeleine de Pazzi Marie-Madeleine de Pazzi Marie-Madeleine de Pazzi Catégorie:Béatification par Urbain VIII Catégorie:Saint du Carmel Catégorie:Mystique du Carmel Catégorie:Mystique italien Catégorie:Clergé italien du XVIe siècle Catégorie:Clergé italien du XVIIe siècle Catégorie:Naissance en avril 1566 Catégorie:Naissance à Florence Catégorie:Décès en mai 1607 Catégorie:Décès à Florence Catégorie:Décès à 41 ans Catégorie:Saint catholique fêté le 25 mai