300px|thumb|Bateau de chasse aux phoques, dans le nord de la mer du Labrador, 1884 La chasse aux phoques, traditionnelle ou commerciale, est pratiquée dans plusieurs pays, principalement au Canada, au Groenland et en Namibie, dans le but d'en récupérer principalement la fourrure mais aussi la viande, la graisse (ou l'huile) et les os.
Les phoques sont chassés généralement sur la banquise, soit à distance au moyen d'une arme à feu, soit à proximité au moyen d'un hakapik.
Pratiquée traditionnellement depuis plusieurs milliers d'années par divers peuples surtout pour l'alimentation humaine, la chasse prend une tournure principalement commerciale au fil des siècles. Durant les années 1960, la popularité de la fourrure de phoque dans l'industrie de la mode européenne augmente, au même moment où l'opposition à la chasse s'organise. La chasse du blanchon est interdite en 1987.
En effet, la chasse anime un débat dont les antagonistes sont principalement les chasseurs et les opposants à la chasse, parfois appelés groupes animalistes. Des scientifiques, des personnalités politiques et des célébrités participent aussi au débat. Des faits, images et témoignages, avérés, faux ou manipulés, sont mis de l'avant par les différents camps, souvent dans le but d'influencer l'opinion publique. Quelques artistes se sont également inspirés de la chasse aux phoques. Parmi les arguments fréquemment utilisés par les opposants à la chasse figurent la cruauté, l'inefficacité des méthodes de chasse, la possibilité de remplacer les produits du phoque, le faible impact économique et l'impact environnemental. Ceux soutenant la chasse clament souvent la situation économique précaire des communautés de pêcheurs, les qualités nutritives des produits du phoque, l'efficacité des normes et des méthodes de chasses et la population saine de phoque. Les inuits ont élaboré une économie fondée sur la pêche mais surtout sur la chasse, ils vont donc partir à la chasse des phoques qui sont bénéfiques pour eux, armés d'arcs ou même de harpons ; le phoque leur procure de la nourriture pour eux et ainsi que pour les chiens de traineau qui leur permettent de se déplacer. Sa graisse protège du froid, son foie cru est une source de vitamines indispensable. Sa peau sert à fabriquer des vêtements et des tentes pour qu'ils puissent y dormir, ses os des aiguilles et ses tendons des fils.
Plusieurs pays, incluant certains ayant historiquement chassé le phoque, dont l'Union européenne et les États-Unis, interdisent en tout ou en partie la chasse ou le commerce des produits du phoques. La plupart des pays permettant la chasse disposent eux-mêmes de réglementation à ce sujet. Certains autres pays comme la Chine ouvrent leur marché aux produits.
Historique La chasse aux phoques et autres mammifères marins a connu un essor depuis près de trois siècles. Dans les mers du Sud, des millions d'éléphants de mer et d'otaries à fourrures sont chassés. En Arctique, le morse, et l'éléphant de mer du nord ont frôlé l'extinction. En France, au , une colonie de phoques gris comptait plusieurs centaines d'individus en baie de Somme. Une chasse intensive fut la cause de la disparition progressive sur les bancs de sable de la baie de Somme. En 1930, on observe une baisse des reproductions et en 1960, les derniers individus disparaissent.
La chasse aux blanchons devient très importante à la fin des années 1950 car l'industrie de la mode européenne apprécie la fourrure blanche des jeunes phoques.. En fait, 75 % des peaux sont utilisés par cette industrie.. La chasse au Canada se transforme, les barques de chasseurs disparaissent et les chalutiers européens deviennent de plus en plus nombreux tandis qu'il n'y a pas de contrôle.
En 1964, la Télévision de Radio-Canada diffuse un documentaire intitulé Les Grands Phoques de la banquise, écrit et narré par Serge Deyglun et produit par André Fleury. La scène montrant le chasseur Gustave Poirier dépecer un blanchon encore vivant cause un scandale. Gustave Poirier affirme quelques années plus tard que les producteurs l'ont payé pour qu'il commette ce geste.
En 1967, le Canadien d'origine galloise Brian Davies quitte la SPCA du Nouveau-Brunswick pour créer le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW)., dont le but originel est de faire interdire la chasse aux blanchons.. L'organisme Greenpeace, aussi fondé au Canada en 1971, rejoint Brian Davies et l'IFAW dans l'opposition à la chasse en 1976. L'année suivante, les militants se rendent à Terre-Neuve-et-Labrador dans le but de vaporiser de la peinture sur les peaux de phoque afin de les rendre inutilisables.. Brigitte Bardot et Yvette Mimieux se font prendre en photo sur la banquise avec des blanchons, soulevant la colère des chasseurs.
En novembre 1982, le Parlement européen interdit temporairement l'importation de peaux de blanchons provenant du Canada. L'interdiction est étendue à deux ans en 1983. Cela a un impact immédiat, les peaux ne se vendant plus qu'à 13 $ l'unité, soit une baisse de moitié, alors que plusieurs communautés côtières souffrent de cette interdiction.. Selon Pêches et Océans Canada, le revenu des Inuit baisse d'un tiers à la suite de cette décision. Cette situation incite toutefois les Madelinots à développer l'industrie du tourisme hivernal..
En 1984, le gouvernement canadien établit la Commission royale sur les phoques et l'industrie de la chasse au phoque au Canada, ou Commission Malouf, du nom de son président, le juge Albert Malouf. La commission recommande de permettre la chasse au phoque à condition que les règles soient plus strictes et que le gouvernement tienne compte de l'opinion publique. De plus, elle recommande l'interdiction de la chasse aux blanchons et aux dos bleus tout en considérant l'usage du gourdin et des armes à feu comme n'étant pas cruel. Elle recommande finalement de trouver d'autres marchés au Canada même.. En 1987, le Canada adopte le règlement sur les mammifères marins interdisant notamment la chasse aux blanchons et encadrant davantage les pratiques de chasse..
En 2001, Pêches et Océans Canada cesse de subventionner l'industrie..
En 2007, le Canadien Raoul Jomphe réalise le documentaire Phoques - Le film, où il montre le point de vue des chasseurs tout en dénonçant les méthodes des animalistes. Le groupe anti-chasse Human Society of United States a voulu intenter une poursuite contre la Télévision de Radio-Canada afin d'interdire la diffusion du film mais la société de la Couronne est tout de même allée de l'avant. Une scène de deux minutes montre en effet Rebecca Aldworth, membre du groupe, parler devant un phoque agonisant. Ce dernier est ramené à la surface par les animalistes alors qu'il tentait de se jeter à l'eau..
Le , L'Acadien II fait naufrage durant un remorquage, tuant quatre des six pêcheurs à bord.Paul Watson, président et fondateur de Sea Shepherd Conservation Society, affirme ensuite que l'abattage de milliers de phoques est une tragédie plus grande que la mort des chasseurs.. Le , son navire, le Farley Mowat, est forcé de quitter Saint-Pierre-et-Miquelon car la population, qui ne chasse pas le phoque mais soutient les Madelinots vivant eux aussi de la pêche, s'est massée sur les quais, avant que les roches et les insultes fusent des deux côtés. Quelques jours auparavant, Pêches et Océans Canada avait porté plainte contre le capitaine et le second du Farley Mowat car ils auraient entravé le travail des garde-côtes. Le capitaine et le second du navire Farley Mowat, de l'organisme animaliste Sea Shepherd Conservation Society, est accusé. La cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, quitte son poste de conseillère de Paul Watson peu de temps après les événements.
En 2009, le Parlement européen interdit le commerce et l'importation de peaux et d'autres produits dérivés du phoque dans l'Union européenne; une exemption est toutefois accordée aux produits provenant de la chasse traditionnelle des Inuits et des Amérindiens.. Cet embargo s'ajoute à celui des États-Unis et du Mexique. Tous les députés de l'Assemblée nationale du Québec condamnent cette décision et tous, sauf Amir Khadir, demandent au gouvernement du Canada de porter plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le Canada et la Norvège poursuivent ensuite l'Union européenne à l'OMC. La même année, la Russie interdit la chasse aux phoques du Groenland âgés de moins d'un an.. En mars 2009, le sénateur canadien Mac Harb tente de faire interdire la chasse commerciale; tous les sénateurs rejettent le projet de loi, un événement sans précédent dans l'histoire du Sénat.
Le , la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean mange du cœur de phoque cru durant une visite au Nunavut et participe à la chasse quelques jours plus tard. Le geste, qu'elle considère fait en guise de sympathie envers les communautés côtières, est salué par le gouvernement de Stephen Harper, tandis que des groupes animalistes l'accusent de n'aider en rien la chasse commerciale, qui est selon eux différente de la chasse traditionnelle.. Le , une dégustation de phoque est organisée sur la colline du Parlement par le Bloc québécois dans le but de sensibiliser les députés à la réalité de l'industrie. Plusieurs chasseurs dont Denis Longuépée ont participé à l'événement..
En 2010, la Chine permet l'importation des produits du phoque.
Équipement et méthodes thumb|Un hakapik traditionnel. Les phoquiers utilisent diverses méthodes de chasse.
La principale méthode et qui est également développée sous la rubrique « Réglementation - Canada » consiste à asséner un fort coup sur la partie inférieure du cerveau du phoque. Les phoquiers s'aident d'un hakapik (gourdin) pour détruire cette partie du cerveau et tuer l'animal instantanément. Cette méthode est considérée comme rapide et sans souffrance pour l'animal. À la suite du coup, on considère l'animal comme cliniquement mort..
L'hakapik est un instrument régulièrement utilisé pour tuer les phoques. Il a la forme d'un long marteau et se compose de deux parties à son extrémité : le percuteur et le crochet. Lors du coup qui est donné sur la tête du phoque pour le tuer, c'est le percuteur qui est utilisé.
Après son décès, il se peut que le phoque bouge toujours, ce qui est appelé le « réflexe de nage / natatoire », donnant l'impression qu'il est toujours en vie. Ce réflexe, apparenté à des contractions musculaires désordonnées prouve que l’animal est bien mort cliniquement.
À titre d'exemple cette méthode ressemble fortement à l'abattage du bétail qui consiste à enfoncer une aiguille d'environ 5 cm dans le crâne de l'animal. Les conséquences sont les mêmes que pour le phoque, l'animal bouge sous l'effet des contractions musculaires jusqu'au saignage où l'animal est vidé de son sang et les contractions musculaires stoppent. Chez les animaux, ces étapes durent 1 minute, chez les phoques elles durent environ 15 secondes. À titre d'information, la marge d'erreur lors de l'abattage des animaux est d'environ 3,4 %, chez les phoques elle tourne environ autour des 2,4 %..
Réglementation Canada thumb|Un blanchon pendant la période de chasse 2006, non loin du quai de Grosse-Île, aux Îles-de-la-Madeleine.Le blanchon n'est plus chassé au Canada, mais il continue d'alimenter le discours animaliste. Le Canada applique à la chasse au phoque une réglementation rigoureuse et sévère qui comporte des dates et des quotas précis, spécifie les méthodes pour abattre les animaux, prévoit une formation obligatoire des chasseurs ainsi que l'homologation et le contrôle des navires utilisés.
Pour la chasse des phoques adultes, le Canada a mis en place un système de quotas depuis 1971. On ne chasse les phoques qu'après qu'ils ont perdu leur pelage de blanchon vers l'âge de 12 jours. En 2009, le quota s'élève à phoques.