vignette|Champs de thé au Rwanda Le thé au Rwanda est cultivé depuis 1954 et constitue la plus grosse culture de rente du pays.
Histoire
Développements des annés 1950 à fin des années 1970 Des tentatives d'acclimatations du théier sont tentées dans les années 1920, sans succès.
En 1946, l'entreprise Kirwa importe du théier au Rwanda. En 1953, les arbustes commencent à produire du thé ; l'année suivante, la Société Agricole de Bigutu, française, se lance dans la culture du thé. La vallée autour de est la première région à accueillir du thé.
Kirwa rencontre un certain succès dans la préfecture de Byumba et s'étend dans le nord du pays. En 1953, les autorités de tutelle belges font installer une usine à thé à avec l'aide du Fonds européen de développement. Il s'agit d'une entreprise exploitée en coopérative et la construction de l'usine est achevée en 1959.
En , des planteurs privés se groupent en une Société Coopérative Thé, ou Coothédendezi, de Dendezi. Ils construisent la seconde usine à thé rwandaise et s'engagent à planter de théiers, avec des superficies individuelles de 10 à . En 1962, de thé sont cultivés par le gouvernement à Mulindi et un nouveau programme d’extension est lancé en milieu rural avec l'aide du FED.
En 1963, la société de Bigutu a de théiers produisant de thé noir par an, qui sont traitées sur place dans une petite usine ouverte en 1960. La propriété de Kirwa s'ajoute à celles de Mulungu, venue du Zaïre, et s'étend dans les préfectures de Cyangugu et Byumba. Les nouvelles zones couvertes par la théiculture font le lien entre les planteurs de caféiers, de quinquina et de théiers au Kivu à l'Ouest et de la grande région théicole de l'ouest de l'Ouganda à l'Est. L'année suivante est créée l'Office des Cultures Industrielles du Rwanda afin de superviser la production de thé du pays.
De 1961 à 1971, le est responsable de la création de toutes les plantations. En 1972, le Rwanda compte de terrains aptes à la théiculture mais pas encore entièrement mis en production ; le gouvernement investit dans la préparation de supplémentaires. De 1971 à 1974, la tutelle des opérations est confiée à un Office pour le Développement de la Théiculture au Rwanda. En 1974, un Office des Cultures Industrielles du Rwanda est créé et inclut un département du thé, couramment appelé OCIR-Thé.
Les projets continuent à s'étendre, capitalisant entre autres sur le retour au pays de population émigrée ayant travaillé dans les plantations théicoles du Zaïre, de l'Ouganda et du Kenya. Des plantations sont créées dans la région de Cyohoha à la fin des années 1960. Les récoltes sont très bonnes, mais l'éloignement avec l'usine de traitement, située à Mulundi, freine la productivité. En 1975, Joseph Wertheim, investit conjointement avec l'État rwandais pour la création d'une usine à . Il fonde ensuite la Société Rwandaise pour la Production et la Commercialisation du Thé (Sorwathé), qui en 2018 produit directement un quart de son thé et en achète les trois quarts auprès de petits producteurs possédant des plantations d'une surface moyenne de 0.23 hectares situées dans le Nord du pays.
En 1978, un seuil est atteint et s'exprime par un très net ralentissement de l'extension des surfaces. C'est une conséquence essentiellement de l'arrêt de l'extension des paysannats agricoles au profit d'un développement rural des cultures vivrières par le biais de coopératives industrialisées. Le , la superficie totale plantée en théiers est de . À cette époque, on compte 49,19% de petites exploitations paysannes, 32,89% de coopératives théicoles, 14,70% de cultures industrielles et 3,1% de plantations privées rwandaises ou étrangères.
La période du génocide des Tutsi, en 1994, coïncide avec un effondrement de l'industrie du thé du pays ; celle-ci se relève ensuite à la fin des années 1990.
21ème siècle vignette|Publicité pour Sorwathé La période correspond à la privatisation des plantations et des usines ; jusqu'à 2004, seule Sorwathé est privé, tandis que toutes les autres sont publiques ; en 2018, quasiment tout le secteur est privatisé.
L'État développe une nouvelle stratégie du thé sur la période 2005-2010 qui permet la création de cinq nouvelles plantations trois nouvelles usines, la sélection de meilleurs cultivars, l'augmentation des surfaces cultivées comme de la production totale, l'amélioration des infrastructures ainsi que le lancement d'une grande campagne marketing. La politique est renouvelée sur la période 2012-2017, avec la mise en culture de 18 000 hectares supplémentaires, la distribution de 43 millions de jeunes plants et la création de neuf usines supplémentaires. Ces développements se concentrent dans le district de Nyaruguru et la province de l'Ouest.
En 2020, 20% des domaines sont étatiques et 80% sont des petites parcelles paysannes, avec un fort mouvement de privatisation ; la théiculture est l'une des plus grosses filières agro-industrielles du pays et la plus grosse culture de rente du pays.
Production Plantations vignette|Récolte du thé au RwandaDe 1961 à 1971, le ministère de l'agriculture est responsable de la création de toutes les plantations. De 1971 à 1974, la tutelle des opérations est confiée à un Office pour le Développement de la Théiculture au Rwanda. En 1974, un Office des Cultures Industrielles du Rwanda est créé et inclut un département du thé, couramment appelé OCIR-Thé. En 2020, 20% des domaines sont étatiques et 80% sont des petites parcelles paysannes, tandis que toutes les usines sont privatisées ; la théiculture est l'une des plus grosses filières agro-industrielles du pays.
Chaque producteur de thé vend à une usine qui lui est attribuée.
Les plantations se situent soient dans des marais drainés, soit sur des pentes montagneuses ; les théiers de marais produisent plus mais des thés de moins bonne qualité. La limite altitudinale de la culture se situe entre 2300 et d'altitude.
Conditions de travail En 2018, près de 53 000 personnes travaillent dans le thé. Les personnes employées dans les plantations de thé sont en majorité des jeunes femmes.
Impact environnemental En 2011, la plantation Pfunda est la première du pays à obtenir une certification Rainforest Alliance, tandis que Sorwathé obtient le label agriculture biologique à la même période.
Transformation vignette|Usine de Rubaya, District de Ngororero Jusqu'en 1979, cinq usines sont en fonctionnement au Rwanda ; elles utilisent en grande majorité la méthode CTC. Deux usines ferment en 1968, et quatre nouvelles ouvrent en 1982. En 2018, il y a 16 usines de thé au Rwanda.
Le thé produit est majoritairement du thé noir, avec des efforts depuis les années 2010 pour augmenter la diversité des variétés produites. En particulier, Sorwathé produit du thé noir orthodoxe, du thé vert à la vapeur, et du thé blanc.
Marques d’exploitation Le thé du Rwanda a reçu 11 des 12 prix qui ont été lancés lors de la Conférence des producteurs de thé africains, qui s'est tenue à NairobiGisovu Tea Estate in Nyungwe Forest National Park | Rwanda Tours.
Commerce Exportation +AnnéeVolume exportéValeur exportée2016-2017 de dollars2017-2018 de dollars Près de 99% du thé est exporté, en particulier vers le Pakistan.
Marques commerciales Dans les années 1980, le thé noir rwandais est en quasi-totalité vendu et exporté par l'OCIR-Thé et la Société Rwandaise de Thé, toutes deux établies à Kigali et rendant des comptes au gouvernement.
Consommation
Notes et références
Articles connexes Thé de Gisovu
Voir aussi
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