L'orgasme (du grec : / , de / , « bouillonner d'ardeur ») est la réponse physiologique qui a lieu au maximum de la phase d'excitation sexuelle. L'orgasme libère notamment deux neuropeptides, l'ocytocine et la prolactine, qui provoquent une profonde sensation de bien-être. Il est d'ailleurs souvent synonyme de jouissance.

Il est généralement associé, chez l'homme, à l'éjaculation et à des contractions musculaires rythmiques des muscles du périnée ; chez la femme, à la rétraction du clitoris, à des contractions musculaires rythmiques périnéales et vaginales ainsi qu'à l'éjaculation.

L'orgasme humain résulte le plus souvent de la stimulation du pénis ou du clitoris, même si d'autres zones érogènes du corps peuvent être sollicitées. Les recherches contemporaines mettent également en évidence le rôle décisif des stimulations psychologiques. Toutes ces stimulations peuvent être appliquées individuellement, en couple ou en groupe (dans ces différents cas, on peut parler de masturbation, de préliminaires ou de rapport sexuel).

Définition

La définition de l'orgasme est assez incertaine. La revue scientifique recense ainsi 26 acceptions différentes, dont aucune n'est consensuelle. Dans la pratique médicale, on retient une définition assez restreinte : l'orgasme désigne une succession de mouvements musculaires dans le cadre d'une activité sexuelle ; ces mouvements s'accompagnent généralement d'une accélération du rythme cardiaque et du rythme respiratoire. L'orgasme ferait ainsi référence à la libération soudaine d'une importante tension sexuelle.

En dehors de cette définition restreinte, l'identification des phénomènes physiologiques liés à l'orgasme est matière à débat. Parmi les points portant à controverse, la communauté médicale s'interroge sur l'existence d'orgasmes féminins causés par la seule stimulation du point G, ou d'orgasmes continuels capables de durer plusieurs minutes, voire une heure.

Les définitions psychologiques ou neurologiques de l'orgasme sont encore plus hypothétiques. Les sensations éprouvées varient grandement d'un individu à l'autre. Il est dès lors difficile d'inscrire l'ensemble des observations dans un cadre général. Les recherches contemporaines tendent néanmoins à s'accorder sur les points suivants : l'orgasme procure une sensation de plaisir intense ; cette sensation n'est pas limitée à une localisation précise, mais affecte l'ensemble du corps ; dans le cas spécifique de l'individu masculin, l'orgasme se distingue nettement de l'éjaculation. Il semblerait d'ailleurs que l'orgasme masculin possède une complexité similaire à celle de l'orgasme féminin.

Facteurs

L'orgasme résulte généralement d'une succession de stimulations régulières opérées sur les principales zones érogènes du corps humain : pénis, testicules, prostate chez l'homme ; clitoris, vagin, grandes et petites lèvres, voire col de l'utérus chez la femme ; fesses, seins, anus, nombril, aisselles pour les deux sexes.

Aux facteurs physiques s'ajoutent une multiplicité de facteurs psychologiques qui ne sont pas encore parfaitement identifiés par la communauté scientifique. Ces facteurs sont parfois suffisants. Un rêve érotique peut provoquer un orgasme indépendamment de toute stimulation physique. Inversement, un contexte psychologique défavorable n'empêche pas l'émergence d'un orgasme physique, strictement mécanique.

La plupart des recherches menées sur la psychologie de l'orgasme portent sur l'orgasme féminin. Elles admettent plus ou moins explicitement l'hypothèse d'un orgasme féminin plus introverti et plus complexe que l'orgasme masculin. Des analyses neurologiques comparées sur les réactions des deux sexes tendent aujourd'hui à infirmer cette hypothèse, de plus en plus attribuée à certains préjugés sociaux préalables.

Dans les années 1950, ce sont des sexologues tchécoslovaques qui ont débuté les recherches sur l'orgasme féminin : « Ils se sont concentrés sur l'importance de l'égalité entre des hommes et des femmes comme un composant principal de plaisir féminin. Certains ont même défendu l'idée que les hommes devaient partager le ménage et l'éducation des enfants, sans quoi il ne pouvait y avoir de sexe de qualité. » D'après une étude sociologique citée par le New York Times au sujet du ressenti sexuel des femmes d'Allemagne de l'Est et de l'Ouest après la réunification, les femmes est-allemandes avaient beaucoup plus d'orgasmes que les femmes ouest-allemandes, ce qui serait lié à leur condition plus égalitaire dans la société.

Généralités

L'orgasme est la troisième étape de la stimulation sexuelle, selon le modèle en quatre phases de la réponse sexuelle de Masters et Johnson.

Il peut être obtenu de deux façons différentes : avec partenaire (rapport sexuel) ou sans partenaire (masturbation).

Il peut se caractériser par des manifestations involontaires : baisse de la vigilance, dilatation des pupilles, lubrification des organes génitaux, vocalisations (râles, cris, soupirs), respiration accrue , spasmes faciaux, contractions musculaires diverses (le coït étant physique par nature, en raison de ses « va-et-vient »), rougissement de la peau, excitation des mamelons, pour aboutir au « point de non-retour » qui déclenche une intense jouissance physique Excitation sexuelle dans le cerveau - Doctissimo Le plaisir sexuel n'aurait pas son siège seul dans les parties génitales mais pour une large part dans le cerveau, selon des études récentes.

La survenue du plaisir conclut la phase en plateau par la relâche de la tension sexuelle, accompagnée d'une série de contractions musculaires rapides entourant les régions de l’anus, des muscles du périnée et des organes génitaux, avec éjaculation de sperme ou, moins fréquemment, de fluides chez la femme.

Simuler l'orgasme est une pratique fréquente qui peut avoir des objectifs multiples..

Une sensation euphorique généralisée est ressentie, qui sera dès lors accompagnée de la dernière phase : la résolution de la tension sexuelle, puis un apaisement.

Durée

Contrairement à une idée reçue largement répandue, il n'existe pas de différence de durée significative entre les orgasmes masculins et féminins..

Orgasme féminin thumb|Phases de l'excitation sexuelle et de l'orgasme chez la femme

thumb|Organes et tissus impliqués dans le déclenchement de l'orgasme féminin.

De manière générale, quand une femme approche de l’orgasme, le clitoris en érection se retire sous le prépuce clitoridien, et les petites lèvres enflent, deviennent plus foncées et plus sensibles. Lorsque l’orgasme est imminent, le vagin diminue de volume (environ 30 %), se gorge de sang, comme le révèle le photopléthysmographe vaginal, et les muscles de l’utérus se contractent.

Au moment même de l'orgasme, l'utérus, le vagin et les muscles du bassin subissent une série de contractions musculaires. La lubrification naturelle du vagin est alors intense.

Après l'orgasme, l'afflux de sang disparaît, ce qui fait que le clitoris sort du prépuce et reprend sa taille normale, en moins de 10 minutes.

Origine physiologique L'origine de l'orgasme féminin a suscité de nombreuses études, théories et mythes.

Comme l'orgasme masculin associé à l'éjaculation (il favorise le transfert du sperme et donc des spermatozoïdes dans le corps féminin) et consistant , l'orgasme féminin est un trait homologue avec des racines évolutives très profondes et serait un réflexe hormonal ovulatoire associé à la copulation., réflexe devenu inutile avec la transformation de l'ovulation induite (décharge d'hormones telles que la prolactine et l'ocytocine lors de la copulation comme chez les chattes et les lapines), en ovulation spontanée chez les femmes.. Pour Thierry Lodé, le fait que l'orgasme consiste d'abord dans la libération brusque des glandes prostatiques et para-urétrales rend crédible cette hypothèse d'une origine archaïque de l'orgasme féminin liée à l'ovulation.

Avis divergents des études modernes Les études modernes ont remis en question la théorie classique. Dans cette quantité de sources, se dégage de plus en plus le rôle prépondérant du clitoris. En ce qui concerne la place du vagin dans la génération du plaisir sexuel féminin, les avis sont divergents.

Selon une étude publiée en 2015 dans , seules des femmes parviennent à l’orgasme par la pénétration vaginale..

Certains psychiatres, comme Philippe Brenot, assurent qu'il n'existe qu'un seul organe du plaisir sexuel chez la femme, le clitoris, et un seul type d'orgasme féminin. Cet orgasme survient par stimulation directe ou indirecte du clitoris« 10 vérités sur le plaisir féminin - Il n'y a qu'un seul orgasme féminin » dossier Elle.fr.

Ainsi, selon Masters et Johnson, l’orgasme obtenu lors du coït n’a pour origine qu’une stimulation indirecte du clitoris. Il existerait donc une sorte d'unité mécanique fonctionnelle vagino-labio-préputio-glandienne transmettant et transformant les mouvements de va-et-vient du pénis en frottement du capuchon et du prépuce sur le gland clitoridien rétracté. Cette théorie s’appuie sur le nombre important de leurs observations (environ dix mille réponses sexuelles), mais aussi sur les recherches faites sur l’autostimulation féminine, ainsi que chez les femmes n'utilisant pratiquement jamais la stimulation vaginale de façon privilégiée lors de technique d'autostimulation. Leurs travaux déconstruisent la distinction freudienne entre orgasme clitoridien et orgasme vaginal

Selon d'autres découvertes concernant le clitoris faites par le sexologue Andrée Matteau, l'orgasme dit « vaginal » met toujours en œuvre le clitoris, par l'intermédiaire de ses branches profondes qui encadrent les parois du vagin. La distinction entre orgasme vaginal et orgasme clitoridien n'aurait donc plus lieu d'être, même si les composantes psychologiques, affectives, physiologiques, anatomiques s'entremêlent tellement dans ce domaine qu'il est difficile d'isoler une zone ou un organe dans ce mécanisme. Il existe une partie interne de la structure clitoridienne, explique Andrée Matteau, sexologue :

Ainsi, il n'y aurait qu'un seul et unique type d'orgasme féminin. L'artiste Annie Sprinkle propose sept types d'orgasmes féminins : pendant le sommeil ; sans stimulation génitale (ce qu'elle appelle les « micro-orgasmes ») ; les classiques orgasmes vaginaux et clitoridiens ; lié à l'accélération du rythme respiratoire (obtenu lors de la pratique de certains sports, en riant, en toussant) ; orgasme combiné ; « megagasm » prenant tout le corps, plaisir à la fois émotionnel et physique qui peut durer une à deux heures. Un extrait d'une enquête de F. Magazine, préfacé de Marie Cardinal en 1980, illustre parfaitement ce point de vue :

Les avancées de la science moderne ont permis de lever les doutes sur l'origine du plaisir féminin en confirmant l'existence d'un mécanisme unique. En 1998, avec son étude intitulée Anatomy of the Clitoris publiée dans le Journal of Urology, la chercheuse Helen O'Connell a démontré, grâce à l'imagerie par résonance magnétique (IRM), que le clitoris n'est pas seulement un petit organe externe, mais un ensemble complexe de près de 10 cm qui s'étend à l'intérieur du corps. Comme ses parties internes (bulbes et piliers) entourent les parois du vagin, les sensations autrefois appelées "vaginales" proviennent en réalité d'une stimulation indirecte du clitoris. Cette découverte, largement relayée par des chercheurs comme Odile Fillod, met fin à la séparation historique entre deux types d'orgasmes et confirme que la réponse sexuelle repose sur un seul et même système.