Jean-Yves Joseph Marie Groix, né le à Hennebont et mort le à la prison de Fresnes, est un militant politique, membre de l'Union démocratique bretonne (UDB).
Origines et engagement Il est né dans une famille d'agriculteurs d'Hennebont. Il obtient le baccalauréat (mention bien) en 1968, échoue au concours d'entrée de l'école vétérinaire française l'année suivante et devient docteur vétérinaire en 1976 après des études en Belgique. Ce diplôme étranger n'est pas reconnu par l'ordre régional des vétérinaires quand il s'installe à Aigrefeuille-sur-Maine en 1981, après avoir été salarié dans le secteur. Ce conflit se termine en 1982, après une évolution juridiquePresse-Océan le 16/04/1982 et le 01/12/1990, articles de Jean-Yves Picoron . Il devient entièrement bilingue français-breton.
Il adhère à l'Union démocratique bretonne (UDB) et en devient secrétaire de la commission agriculture. Membre du comité fédéral de l'UDB du Morbihan, il est candidat aux législatives de mars 1978 dans la sixième circonscription du Morbihan (Hennebont - Le Faouët), auxquelles il obtient 1,89 % des voix. Il est ensuite candidat aux élections cantonales françaises de 1985 à Aigrefeuille-sur-Maine en Loire-Atlantique où il obtient 8,52 % des suffrages exprimés Ouest-France et Presse-Océan le 11/03/1985 , ce qui constitue aujourd'hui encore le meilleur résultat électoral de l'UDB à des cantonales en Loire-Atlantique. Il est un moment pressenti pour intégrer la liste conduite par Jacques Floch à Rezé aux élections municipales françaises de 1989 pendant lesquelles des membres de l'UDB sont élus dans l'agglomération nantaise ; cela n'a pas lieu en raison de soucis de santé (il avait déjà été réformé pour le même motif).
L'affaire Groix Le , il est arrêté, à la suite de l'interpellation de trois militants basques espagnols en situation irrégulière, membres d'ETA, à son cabinet (plus précisément dans les pièces au-dessus, qu'il possède). Les Basques se rendent sans résistance ; ils détiennent deux pistolets, un pistolet-mitrailleur et des éléments pouvant participer à la fabrication d'explosifs ; ces objets sont d'encombrement réduit. La presse parle d’« arsenal »Ouest-France le 01/12/1990, page 25 et de « cache d'armes »Ouest-France le 29/01/1991, page 9. L'UDB, mise en cause par la presse, et hostile depuis le retour de la démocratie en Espagne à un soutien logistique à la lutte armée de l’ETA, précise par l'intermédiaire de Michel François, conseiller municipal (nantais de 1989 à 2001 et herblinois de 2008 à 2014) que Le parti prend néanmoins en charge financièrement la défense de son militant. En 1992-1993, une centaine de Bretons sont interrogés par la police pour l'hébergement supposé de clandestins membres d'ETA. Le parti Emgann et le Mouvement d'insoumission bretonne d'Alan Coraud soutiennent également Jean Groix et les BasquesOuest France le 04/12/1990, page 9.
Il est par la suite cité dans la presse dans le cadre de l'enquête sur l'enlèvement et le meurtre de la jeune Natacha Danais, 13 ans. Il habitait en face du domicile de l'adolescente et possédait une fourgonnette blanche similaire à celle que la sœur de Natacha pensait avoir vue. Après plusieurs jours de vérification, les enquêteurs dissocient les deux affaires. « L'amalgame subsiste » cependant Erwan Chartier et Alain Cabon,Le Dossier FLB - Plongée chez les clandestins bretons, Éditions Coop Breizh, Spézet, novembre 2006, pages 247 et 248.
La police a reconnu en 2004, la présence de Michel Fourniret et de sa compagne à Nantes à la même époque. Tous deux sont mis en examen dans ce dossier qui avait été refermé en 1993Dépêche Associated Press, 15 mars 2006. Michel Fourniret a reconnu l'enlèvement (avec son véhicule, une fourgonnette qui ressemblait à celle que possédait Jean Groix) et le meurtre de la fillette. Plusieurs fois reporté, leur procès s'est ouvert finalement devant la cour d'assises des Ardennes à Charleville-Mézières le . Michel Fourniret et son épouse ont été condamnés pour cela (et pour d'autres crimes similaires) ; ils n'ont pas fait appel du jugement prononcé le .
Jean Groix est mis en examen et placé en détention provisoire en région parisienne pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et aide au séjour irrégulier d'étrangers. Plusieurs personnes (dont Groix et les trois Basques) sont placées en garde à vue 96 heures pendant lesquelles elles n'ont pas pu dormir (car fort éclairage et interrogatoire quasi continu). Il se suicide, selon les autorités, en prison le , jour de son Jean Groix sur 13emerue.fr, consulté le 21 octobre 2013. Le rapport d'autopsie n'a pas été communiqué à la famille qui l'avait pourtant demandé dans plusieurs courriers. Un des Basques meurt également en prison d'un problème de santé.
À la suite de ce suicide, l'Union démocratique bretonne organise une manifestation au cimetière Miséricorde à Nantes.
À l'occasion du procès de Michel Fourniret et de sa compagne, le quotidien français Ouest-France voit en lui Ouest-France, toutes éditions, page 4, mercredi 16 avril 2008. Dans le quotidien belge Le Soir, Marc Metdepenningen affirme : , en déplorant que sa mémoire n'ait pas Le Soir, vendredi 18 avril 2008. Le mensuel Le Peuple breton a quant à lui rendu hommage à Jean Groix dans ses numéros de et .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Lionel Henry et Annick Lagadec, FLB - ARB : L'Histoire 1966-2005, Éditions Yoran Embanner, Fouesnant, 2006, Broché, 390 pages , Erwan Chartier et Alain Cabon, Le Dossier FLB - Plongée chez les clandestins bretons, Éditions Coop Breizh, Spézet, .
Articles connexes Union démocratique bretonne
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