Paris-Gare-de-Lyon est l'une des six grandes gares terminus du réseau de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) à Paris, en France. C'est aussi une gare du réseau RER d'Île-de-France. Souvent appelée simplement Gare de LyonLa dénomination « Gare de Lyon » est utilisée par la RATP, gestionnaire de la ligne A du RER, sur ses plans du réseau, alors que la SNCF, gestionnaire des autres lignes concernées ainsi que de l'extrémité occidentale de la ligne A, utilise la dénomination « Paris Gare de Lyon » ( ligne A)., elle est située dans le , principalement dans le quartier des Quinze-Vingts, le sud-est des voies et des quais étant situé dans le quartier de BercyLa limite entre ces deux quartiers suit l'axe de la rue de Rambouillet qui passe en souterrain sous les voies de la gare de surface.. C'est la deuxième gare de Paris par son trafic ( de voyageurs en 2018.), et la deuxième en termes de trains de grandes lignes (, TGV inclus, derrière la gare du Nord) ; cette page est une archive..
La gare de Lyon est la tête de ligne des TGV à destination du sud-est de la France (Bourgogne, Franche-Comté, Rhône-Alpes et la façade méditerranéenne) ainsi que des pays voisins de ces régions. Les villes principales desservies sont Belfort et MontbéliardCes deux villes sont desservies par l'intermédiaire d'une gare commune, Belfort - Montbéliard TGV., Besançon, Mulhouse, Dijon, Le Creusot, Mâcon, Lyon, Saint-Étienne, Grenoble, Valence, Annecy, Bourg-en-Bresse, Bellegarde-sur-Valserine, Thonon-les-Bains, Évian-les-Bains, Chambéry, Modane, Bourg-Saint-Maurice, Saint-Gervais-les-Bains, Avignon, Marseille, Toulon, Nice, Montpellier, Nîmes et Perpignan. Elle permet également des liaisons avec Genève, Lausanne, Bâle et Zurich en Suisse, avec Turin et Milan en Italie, avec Gérone et Barcelone en Espagne.
C'est aussi une gare du réseau Transilien réalisant la desserte du Sud-Est de la région parisienne avec la ligne R du Transilien (lignes Paris-Montereau via Héricy, Paris-Montereau via Fontainebleau et Moret et enfin Paris-Montargis).
Une gare souterraine, commune à la RATP et à la SNCF, est aménagée sous la rue de Bercy. Elle est desservie par les lignes A et D du RER et offre une correspondance avec les lignes 1 et 14 du métro.
L'entrée principale, sur la place Louis-Armand, donne sur la rue de Lyon, qui conduit vers la place de la Bastille, et sur le boulevard Diderot.
Cette gare se distingue par son beffroi, tour carrée haute de et portant des cadrans d'horloge sur ses quatre faces.
Histoire Le premier embarcadère La Ville de Paris s'oppose à un premier projet d'embarcadère au bord du bassin de l'Arsenal, non loin de la place de la Bastille, présenté en 1845 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon (première Compagnie), en raison des nuisances que la traversée des voies ferrées aurait pu causer au quartier urbanisé, et propose un emplacement sur des terrains peu bâtis à l'angle de la rue de Bercy et du boulevard Mazas (actuel boulevard Diderot), en face de la prison Mazas en construction. Le ministre des Travaux publics accepte cet emplacement par décision du , prévoyant l'ouverture d'une rue reliant la gare à la place de la Bastille, la rue de Lyon, et l'aménagement d'une place de dégagement devant la gare à l'emplacement du tronçon sud-ouest de la rue des Charbonniers (actuelle rue Hector-Malot pour sa partie nord-est subsistante).
La Compagnie, en difficultés financières à la suite du krach de 1847 et des événements de 1848, est rachetée le par l'État, qui poursuit les travaux entrepris par la première Compagnie. L'inauguration d'un premier tronçon de la ligne a lieu le en présence du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, dans un bâtiment provisoire sous le nom d'« Embarcadère de chemin de fer de Paris à Montereau ».
vignette|gauche|La gare, sur le plan de Paris de Victor Adolphe Malte-Brun et Auguste Henri Dufour de 1854. L'État, qui a effectué les travaux de la première gare, remet le le bâtiment, avec l'ensemble des installations des parties de la ligne de Paris à Lyon construites à cette date, à une deuxième Compagnie du chemin de fer Paris à Lyon..
La ligne de Paris à Lyon est ouverte dans son ensemble le et la Compagnie disparaît le , lors de la création de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), absorbant plusieurs compagnies. Avec l'augmentation du trafic ferroviaire et la montée en puissance du PLM, cet embarcadère s'est agrandi à maintes reprises..
La gare de 1855 vignette|gauche|La gare, sur le plan d'Eugène Andriveau-Goujon de 1878. L'embarcadère devenant inadapté à l'accroissement du trafic, la gare de Lyon () fut construite sur des plans de François-Alexis Cendrier en 1855 comme terminus des lignes de la compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon (PL) deuxième du nom. Cette gare, dont la construction coûta est édifiée sur une levée de terre de six à huit mètres destinée à la protéger des crues de la Seine. Elle ne comporte que six voies dotées de plaques tournantes. couvertes d'une grande halle de et large de 42. Un portique, enjambant l'entrée de la cour de l'Arrivée, à droite, reliait la gare proprement dite à un bâtiment d'administration centrale sur le côté, le Bâtiment X donnant sur le boulevard Mazas. L'entrée et la sortie se faisaient respectivement via les façades latérales de gauche et de droite, le vestibule des départs se trouvant dans un pavillon de douze travées donnant sur les salles d'attente, le buffet et le bureau des bagages. Le vestibule des arrivées est plus modeste, avec un triple fronton bordé par la salle des bagages et des locaux de service. La façade surélevée, donnant sur le boulevard Mazas, n'est percée par aucun accès et comporte seulement une rangée de fenêtres et le pignon vitré des deux halles métalliques.. Un escalier d'accès a néanmoins été aménagé ultérieurement, à l'emplacement des deux baies médianes..
Cette gare est détruite partiellement par un incendie, lors de la Commune de Paris en 1871, et reconstruite à l'identique.
En 1878, sa disposition est toujours de six voies dont seulement deux à quai, correspondant aux deux voies de la ligne en direction de Marseille ; les autres servent aux wagons-poste, au mouvement des locomotives et au remisage des voitures. La mise à quatre voies de la ligne entre Paris et Villeneuve-Saint-Georges, séparant la circulation des trains lents et rapides, va de pair avec un réaménagement de la gare de Paris, dont la halle couverte gagne un quai central en plus d'un quai extérieur à la halle pour les trains de banlieue ou de plaisir.. Des aiguillages hors de la halle couverte remplacent les plaques tournantes et l'entreposage des véhicules est progressivement reporté hors de la station..
Le , le départ de Paris du général Georges Boulanger donne lieu à une manifestation de foule : envahissent la gare de Lyon, couvrent le train d'affiches « Il reviendra » et bloquent son départ pendant plus d’une heure et demie..
La gare de 1900 vignette|gauche|La gare, sur le plan Hachette de 1899. vignette|La gare, vers 1910. En 1900, les voyageurs visitant l’Exposition universelle de Paris arrivent dans une nouvelle gare de Lyon () à treize voies, dessinée par l'architecte toulonnais Marius Toudoire et possédant une grande fresque du peintre marseillais Jean-Baptiste Olive. représentant certaines des villes desservies à partir de la gare. Elle est inaugurée le , par Émile Loubet, Président de la République.
Elle dispose désormais d'une façade sur la place Diderot (actuelle place Louis-Armand) et d'une tour horloge haute de , recouverte d'un dôme en zinc. Chaque face du fût, de section carrée, est large de ; le cube de l'horloge mesure dix mètres de côté. On monte au sommet par un escalier de quatre cents marches. L'horloge monumentale est de Paul Garnier avec quatre cadrans de de diamètre et une surface de de vitraux. Les chiffres romains en laiton, sont peints à la main et mesurent un mètre de haut. Les aiguilles sont en aluminium ; la grande pèse et mesure quatre mètres tandis que la petite pèse et mesure . Les cadrans furent éclairés depuis l'intérieur par à pétrole, jusqu'en 1929. Ils furent remplacés par un éclairage électrique, modernisé en 2005 par l'entreprise Bodet..
Arrêtée à la suite de la tempête du , cette horloge a été remise en marche le (avec son mécanisme d'origine, modernisé par un système de motorisation et de synchronisation sur le signal horaire transmis par l'émetteur d'Allouis de France Inter en grandes ondes). Cette tour horloge fut donc restaurée par deux fois : en 1948, puis en 2005..
Les voyageurs de 1900 découvrent aussi la première ligne du métro parisien, qui dessert la gare.
Les treize voies de la gare mises en service en 1900 correspondaient aux actuelles voies « à lettre ».
L'agrandissement de 1927 L’augmentation constante du trafic, de en 1899 à en 1924, rend insuffisante la gare de 1900 avec ses à quai. C’est pourquoi la compagnie du PLM avait projeté, dès avant la Première Guerre mondiale, la création de supplémentaires. Ces auraient été placées à l’intérieur d’une gare agrandie au nord-est comportant une façade allongée face au boulevard Diderot.
vignette|gauche|La gare, sur le plan de Paris 1937 de Dufrénoy. Le coût de l’opération, notamment l’importance des acquisitions foncières nécessaires dans l’îlot Chalon, a amené la Compagnie à réduire ce programme à huit voies supplémentaires (actuelles voies à chiffres, de 5 à 19), dont sept affectées uniquement au départ des trains de grandes lignes, aménagées de 1925 à 1927 à la place des bâtiments des messageries et du tri postal, reconstruits à l’angle des rues de Rambouillet et du Charolais où étaient auparavant implantés les ateliers d’entretien du matériel. Ces réaménagements ont été permis par le déplacement des opérations de réparation et de maintenance du matériel à Villeneuve-Saint-Georges et à Nevers.
Ces travaux se sont accompagnés de la construction d’un hall face à ces huit voies, d’un passage pour les voyageurs de l’entrée sur le boulevard Diderot jusqu'à ce hall (actuelle galerie des fresques) à la place des services des bagages et de l’allongement de l’ensemble des quais à .
Évolution de la gare depuis 1960 Le bâtiment évolue peu jusqu'aux , décennie au cours de laquelle est construite la du nouveau réseau express régional d'Île-de-France. La façade côté rue de Bercy et la halle Bercy sont détruites ; une gare de banlieue (aujourd'hui gare du ) et, en dessous, la gare du (inaugurée en ) sont creusées.
vignette|gauche|redresse=1.4|Vue panoramique du hall principal sous sa verrière, avec des TGV à quai. En 1981, la gare accueille les premiers TGV qui parcourent la LGV Sud-Est entre Paris et Lyon. L'arrivée de la grande vitesse implique des installations spéciales et la construction de cinq nouvelles voies.
L'ensemble des façades et toitures du bâtiment principal ainsi que la salle des fresques font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le .. vignette|Mémorial d’hommage aux victimes de l’accident du . Le , un accident dans la gare souterraine de banlieue provoque la mort de et en blesse . Un train en provenance de Melun se retrouve en dérive à la suite d'un désarmement involontaire de ses freins, erreur qui n'est constatée par le conducteur qu'à quelques kilomètres de Paris-Lyon. Après une série d'erreurs du conducteur et des aiguilleurs, il heurte à pleine vitesse un autre train prêt à partir, stationné dans la gare souterraine. Le bilan est encore aggravé par le fait que la gare de banlieue est alors construite en cul-de-sac.