Automobiles Ligier (devenu Ligier Group) est un constructeur automobile français, basé à Abrest (Allier), spécialisé dans la construction de voiturettes sans permis. Ligier est aussi connu depuis 1969 comme constructeur de voitures de course, avec notamment une forte implication dans le championnat du monde de Formule 1 entre 1976 et 1996.
Ligier Group est constitué en 2014 par la fusion d'Automobiles Ligier et de Microcar, son concurrent qu'il avait absorbé en 2008.
Dans le domaine de la compétition, depuis 2013 c'est Onroak Automotive (devenue en 2018 Ligier Automotive), basée à Magny-Cours (Nièvre), qui utilise le nom Ligier pour ses voitures. Cette entreprise résulte, d'une part d'une collaboration entre Ligier et Automobiles Martini, d'autre part d'un rapprochement en 2013 entre l'entité Ligier-Martini et Onroak Automotive, appartenant à Jacques Nicolet. Elle propose des voitures de Sport-prototypes pour les courses d'endurance ou les courses de côte (LMP3, LMP2, CN).
Histoire
Fondation et premiers parcours en sport automobile Ligier est fondée en 1969 par Guy Ligier, pilote automobile qui a disputé douze Grands Prix de Formule 1 entre 1966 et 1967. Avant d'être constructeur d'automobiles, Guy Ligier a créé, avec d'autres associés, Ligier Travaux Publics, une entreprise basée à Vichy qui a décroché de nombreux marchés de travaux autoroutiers, ponts, barrages et autres aménagements du territoire.
À sa fondation, la marque Ligier est destinée à construire une voiture de course susceptible de briller à la fois en rallyes et sur circuit. Après quelques belles performances en endurance et une victoire au Tour de France automobile, Ligier s'engage en à partir de 1976 et y rencontre le succès entre 1979 et 1981. À partir de 1992, Guy Ligier vend progressivement la majorité puis la totalité de ses parts dans l'écurie, qui prend le nom de Prost Grand Prix en 1997.
Toutes les Ligier de course ont comme nom de modèle un nombre précédé des initiales « JS », en hommage au pilote Jo Schlesser, grand ami de Guy Ligier, qui s'est tué lors du Grand Prix de France 1968.
Retour à la course dans les années 2000 En 2004, Guy Ligier achète une part majoritaire dans les Automobiles Martini puis, l'année suivante, effectue un retour à la compétition avec la JS49La Ligier JS49 Sport Prototype Groupe CN ., prototype de course répondant à la réglementation du championnat d'endurance VdeV. Ligier conçoit également une qui n'est toutefois jamais engagée en course.
2013 : Rapprochement avec Onroak Automotive
Après l'annonce de la création de la nouvelle catégorie LMP3 par l'ACO« L’Automobile Club de l’Ouest Lance une nouvelle catégorie de prototypes », sur 24h-lemans.com., Onroak Automotive, le département constructeur de OAK Racing, s'associe en 2013 avec Ligier pour proposer à la vente une gamme complète de prototypes : CN, LMP3, LMP2 et LMP1. et utiliser le nom Ligier. En 2018, cette entreprise prend le nom de Ligier Automotive.
Spécialisation dans les voiturettes sans permis Après la commercialisation du coupé Ligier JS2 qui connut une certaine notoriété dans les années 1970, Ligier développe avec succès une ligne de voiturettes, pour la plupart à conduire sans permis, parallèlement à son engagement en sport automobile. Cette activité devient la seule activité de Ligier Group après la prise en charge des activités compétitions par Onroak Automotive (devenue Ligier Automotive).
En , Ligier annonce la fermeture de son usine en Vendée pour concentrer sa production exclusivement en Auvergne, entrainant ainsi la suppression de 125 postes sur 145. et la création simultanée de postes sur le site historique d'Abrest..
Voiture autonome EasyMile EZ 10.
Voitures sans permis La catégorie voiturette est partagée entre deux filiales : Ligier VSP et Ligier Professional. Ligier JS4/6/8/10, Série 5 : la première voiture sans permis de Ligier a été lancée en 1980. Cette JS4 a par la suite évolué en JS6 puis . La JS8 est une version avec permis, également disponible découverte pour la plage. Ligier Série 7/Optima/Prima (1987 - 1995). Ligier 162/Ambra (1995 - 2002). Ligier Nova : (2002 -). Ligier Be Up : (2000 -). Ligier X-Too (2004 - 2010).. Ligier IXO (2010 -2014). Ligier JS RC (2012 - 2016) : il s'agit d'un coupé dérivé de la Microcar M.Go.. Ligier JS50 (2012-) : lancée en 2012, cette voiture sans permis se distingue par un style inspiré de la Citroën DS3. Une version longue a fait son apparition en 2014, pour remplacer l'Ixo. Un profond restylage a lieu en 2017... Ligier JS60 (2020-) : présenté en , ce modèle haut de gamme reprend les codes des SUV en affichant des dimensions qui correspondent au maximum autorisé dans la catégorie.. Ligier Pulse 2 (2025-) : présenté en lors du Mondial de l'Automobile, ce vélo cargo est proposé en plusieurs dimensions et reprend de nombreuses spécificités techniques du Pulse 3. Ligier Pulse 3 (2014-) : ce scooter électrique à trois roues est destiné aux professionnels et équipe notamment les postes européennes.. Ligier Pulse 4 (2013-) : ce véhicule utilitaire léger électrique est proposé aux professionnels et collectivités locales en version sans permis et avec permis.. Ligier Myli (2023-) : voiture sans permis électrique accessible à partir de , qui peut accueillir deux personnes et rouler jusqu'à .https://www.largus.fr/actualite-automobile/ligier-myli-2023-photos-prix-et-fiche-technique-de-la-rivale-de-la-citroen-ami-30026002.html. Il est est prévu de la produire à dans l'année dans l'usine d'Abrest (département de l'Allier). Nouvelle Ligier JS50 (2025-) : lancé en 2025, ce modèle reprend la dénomination célèbre de la marque JS50 ; il est proposé en version thermique et électrique.
Activité, rentabilité, effectif de l'entreprise Ligier Group +Tableau.20142015201620172018Chiffre d'affaires en milliers d'eurosncRésultat en milliers d'euros916ncEffectif moyen annuel245284334nc380
Sport automobile
Courses d'endurance L'écurie participe aux 24 Heures du Mans de 1970 à 1975.
Au Mans, en 1970, elle engage une dotée d'un moteur Ford Cosworth FVC d' de cylindrée, et en 1971, une barquette JS3 à moteur V8 Cosworth de F1, conçue par Michel Tétu. De 1972 à 1975, une dizaine de JS2 sont engagées, d'abord propulsées par des moteurs Maserati V6 de de cylindrée, puis en 1975 par un Ford Cosworth V8 de .
1970 : abandon de la Ligier JS1 50 avec Guy Ligier et Jean-Claude Andruet. 1971 : la Ligier JS3 24 de Guy Ligier et Patrick Depailler est non-classée (distance parcourue insuffisante). 1972 : abandon de la Ligier JS2 21 avec Guy Ligier et Jean-François Piot, de la Ligier JS2 22 avec Pierre Maublanc et Jacques Laffite et de la Ligier JS2 56 avec Claude Laurent, Jacques Marche et Martial Delalande. 1973 : abandon de la Ligier JS2 19 avec Jean-Pierre Paoli et Alain Couderc et de la Ligier JS2 62 avec Guy Ligier et Jacques Laffite. 1974 : de la Ligier JS2 15 avec Jacques Laffite et Alain Serpaggi et abandon de la Ligier JS2 14 avec Guy Chasseuil et Michel Leclère. 1975 : de la Ligier JS2 5 avec Jean-Louis Lafosse et Guy Chasseuil, abandon de la Ligier JS2 6 avec Henri Pescarolo et François Migault et abandon de la Ligier JS2 97 avec Jean-Pierre Beltoise et Jean-Pierre Jarier.
Elle remporte le Tour de France automobile 1974 (mélange d'épreuves sur circuit et de parcours chronométrés sur route) avec Gérard Larrousse, Jean-Pierre Nicolas et Johnny Rives sur Ligier JS2.
La Ligier JS49 remporte le Championnat VdeV en 2008 avec Julien Schell et David Caussanel.
Après 2013, et l'association avec Onroak Automotive, qui devient Ligier Automotive, différentes voitures de la catégorie Sport-prototype sont developpées dans les catégories LMP2 et LMP3, déstinées à concourrir notamment dans le Championnat du monde d'endurance FIA et European Le Mans Series.
Formule 1
Les débuts (1976 - 1978) À partir de 1976, Guy Ligier devient constructeur de Formule 1 et engage sa marque au Championnat du monde avec le soutien de la SEITA et du motoriste Matra SportsBiographie de Guy Ligier, sur classic-days.fr.. Si Jean-Pierre Beltoise effectue les premiers essais et les réglages de base, Jacques Laffite est finalement retenu comme pilote. Les premiers résultats sont encourageants puisque l'écurie « bleu de France » décroche grâce à Laffite plusieurs podiums dès 1976.
En 1977, la jeune équipe peine à confirmer les résultats de la saison précédente et enchaîne les contre-performances jusqu’au Grand Prix de Suède où, parti dans l’anonymat du peloton, Laffite décroche la première victoire des « Bleus » au terme d’une remontée inespérée. Ce succès est la seule performance notable de l'année.
La saison 1978 n’étant guère meilleure, Matra quitte la Formule 1, ce qui oblige Ligier à se tourner vers le moteur Ford-Cosworth pour 1979.
Les grandes années Ligier (1979 - 1981) 1979 marque le début de la plus belle période de l'histoire Ligier grâce à un châssis de qualité. La JS11 dessinée par l’ingénieur Gérard Ducarouge a parfaitement intégré le principe de l’effet de sol si bien exploité l'année précédente par la . Grâce à l'efficace duo de pilotes Jacques Laffite-Patrick Depailler, Ligier fait main basse sur le début de championnat et remporte trois des cinq premières manches de la saison.
Cette domination ne dure pourtant pas. Réputé pour ses qualités de mise au point, Depailler se blesse grièvement dans un accident de deltaplane peu avant la mi-saison. Combiné à des ressources budgétaires limitées, cet accident perturbe le développement de la JS11, inexorablement débordée par les Ferrari et les Williams au fil de l'année. L'écurie française termine à la troisième place du championnat, avec 61 points.
En 1980, Ligier avec le duo Jacques Laffite-Didier Pironi confirme son bel état de forme avec deux nouvelles victoires et une présence constante aux avant-postes, sans pouvoir toutefois se mêler à la lutte pour le titre mondial. Elle termine vice-championne du monde derrière Williams, ce qui restera son meilleur classement en .
En 1981, l’équipe, qui bénéficie de l’implication du groupe PSA Peugeot Citroën via Talbot-Matra, connaît un début de saison très moyen. Les résultats décollent à partir de la fin du printemps quand Laffite enchaîne les places d’honneur et remporte deux victoires qui le relancent de manière inespérée dans la lutte pour le titre mondial. À la veille du dernier Grand Prix de la saison à Las Vegas, il est troisième du championnat avec une réelle chance mathématique d’être titré. Mais il doit finalement se contenter de la quatrième place au classement général.
Sur la pente descendante (1982 - 1991) La saison 1982 marque le début du déclin de Ligier. Les voitures ne marquent des points qu'à cinq reprises dans l'année. Eddie Cheever prend le dessus sur Laffite avec trois podiums contre un. L'équipe termine huitième du championnat et subit les départs de Laffite vers Williams et de Cheever vers Renault, ainsi que la fin du soutien de Peugeot : Ligier n'aura pas de moteur turbo, solution technique devenue indispensable, à cette époque, pour réussir.
En 1983, avec un V8 Cosworth, Jean-Pierre Jarier et Raul Boesel ne marquent aucun point ; c'est la pire saison de l'histoire de Ligier. En 1984, l’équipe bénéficie enfin d’un moteur V6 turbocompressé Renault mais ne parvient pas à l'utiliser efficacement. Avec seulement trois points glanés en début de saison, Ligier se classe dixième du championnat du monde.