thumb|200px|right|Tampon de la communauté juive de Katowice avant la Première Guerre mondiale Lhistoire des Juifs à Katowice ou KattowitzJusqu'en 1920, le nom des villes dans le texte est le nom allemand avec entre parenthèses le nom polonais. À partir de 1920, on ne mentionne que le nom polonais débute relativement tardivement, au . Leur nombre ne dépassera jamais 12-13 % de la population totale de la ville. Initialement de culture allemande, relativement éduqués et bien intégrés parmi la population environnante, ils vont être remplacés après la création de l'État polonais par des Juifs de l'Est, plus pauvres et moins cultivés, ce qui va entrainer des frictions avec la population polonaise. La communauté va être massacrée pendant la Seconde Guerre mondiale, et le peu de Juifs qui retourneront à Katowice après la guerre, vont en grande majorité quitter la Pologne après les évènements antisémites de 1968.
Katowice est une ville polonaise, chef-lieu de la voïvodie de Silésie et l'un des principaux centres industriels d'Europe. La ville compte actuellement un peu moins de .
Jusqu'en 1920, la ville appartient à la province de Haute-Silésie prussienne puis allemande. Après la Première Guerre mondiale, la ville est disputée entre l'Allemagne et la Pologne et sera donnée à la Pologne en 1920 par le traité de Versailles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la province de Silésie polonaise est rattachée par les nazis au Reich allemand.
Histoire de la communauté juive La communauté pendant la période germanique La première mention d'un Juif habitant dans le village de Bogutschütz (Bogucice), qui est maintenant un des quartiers de Katowice, remonte à 1733. Ces mêmes archives mentionnent la présence de quatre Juifs dans les années 1740, mais n'indiquent pas leur lieu exact de résidence.
Pendant la première guerre de Silésie en 1742, la majorité de la Silésie est rattachée au royaume de Prusse. Au début, les autorités prussiennes sont indifférentes au sort des Juifs, mais peu à peu, le roi de Prusse commence à limiter les libertés de la communauté juive. En 1776, les autorités prussiennes ordonnent à tous les Juifs habitant sur la rive gauche de l'Oder, de déménager sous un mois sur la rive droite de la rivière. Les Juifs s'installent donc dans les villages avoisinants, mais en , les autorités prussiennes les obligent à quitter les villages pour s'installer dans les villes. Gleiwitz (Gliwice) à à l'ouest de Kattowitz devient alors la principale ville de résidence de la population juive locale.
Le , le parlement de Breslau (maintenant Wrocław) désigne cinq villes où les Juifs ont l'autorisation de s'installer: Tarnowitz (Tarnowskie Góry), Myslowitz (Mysłowice), Nikolai (Mikołów), Lublinitz (Lubliniec) et Berun (Bieruń). Les Juifs de Kattowitz doivent donc quitter leur lieu de résidence. Mais en 1787, les autorités prussiennes reviennent sur leur décision en raison des pertes économiques engendrées par le départ des Juifs des villes interdites. Les Juifs ont alors l'autorisation de retourner à Kattowitz.
D'après les archives de la paroisse de Bogutschütz (Bogucice) de 1792, il n'est fait mention que de la présence d'une seule famille juive locataire à Kattowitz, Mojżesz avec sa femme et ses enfants: Agnieszka Sikora: Śladami Żydów w Katowicach (Les traces des Juifs à Katowice); in: Gazeta Uniwersytecka UŚ; No. 10 (170); juillet-septembre 2009. Vers 1825, la famille de Hirschel Fröhlich (Hirsch Frueih) s'installe à Kattowitz, qui compte alors près de . Grossiste en métaux ferreux, il prend en bail un terrain situé sur la Friedrichsplatz (maintenant la place du Marché). Un recensement officiel effectué en 1825, et publié par Johan Georg Knie, note la présence de quatre Juifs dans la ville.
En 1840, 12 Juifs vivent à Kattowitz. Parmi eux se trouve la famille d'Isaak Grätzer, qui ouvre l'hôtel Welt en 1848, puis le Retzlaff sur la place principale (à l'emplacement de l'actuel grand magasin Zenit), Marianne Fröhlich (veuve d'Hirschl Fröhlich décédé en 1826), le marchand Josef Hausdorff, qui s'installera plus tard à Myslowitz (Mysłowice), et l'aubergiste Löbel Zernik employé par Grätzer. En 1844, on compte quatre familles juives vivant à Kattowitz, représentant un total de . thumb|200px|right|Acièrie Baildon à Katowice
De nombreux hommes d'affaires juifs des grandes villes alentour, choisissent Kattowitz comme principal lieu de leurs affaires. Oscar Caro, un résident de Gleiwitz (Gliwice): Bogusław Małusecki: Rodziny gliwickich przemysłowców pochodzenia żydowskiego – ich udział w życiu i rozwoju miasta (Familles d'industriels de Gliwice d'origine juive - leur contribution à la vie et au développement de la ville); in: Żydzi Gliwiccy; rédacteur: Bożena Kubit; Gliwice; 2006; page: 64; , achète l'aciérie Baildon qu'il fusionne plus tard avec l'aciérie Julia située à Bobrek (maintenant un district de Bytom), avec l'aciérie Hermin de Laband (Łabędy, maintenant un quartier de Gliwice) et avec l'usine de câbles Heinrich Kern & Co. La fusion donne naissance à la Oberschlesische Eisenindustrie A.G. für Bergbau und Hüttenbetrieb: Caro, Oscar; site: Deutsche Biographie: Caro Oscar; site: Virtual Shtetl. Celle-ci s'agrandit ultérieurement en incorporant les aciéries Silesia de Rybnik. Un autre habitant de Gleiwitz (Gliwice), Fritz Friedländer: Friedlaender-Fuld, Fritz von; site: Deutsche Biographie possède la mine Eminenz près de Kattowitz. thumb|200px|right|Le palais Goldstein thumb|200px|left|Réclame pour le savon Czwiklitzer
Les entrepreneurs juifs de Kattowitz développent aussi activement leurs affaires. Les frères Goldstein possèdent une activité de commerce du bois. Au début du , ils construisent un palais sur la Wilhelmsplatz (l'actuelle place Wolności). Les associés Fielder et Glaser possèdent le plus grand moulin à grains de toute le Haute-Silésie. Celui-ci est situé à l'emplacement du parking actuel devant le bureau municipal de Katowice. Parmi les autres industriels juifs importants de cette période, on peut citer Dawid Czwiklitzer, qui a fondé une usine de savon et Maks Kromolowski, un fabricant d'articles en cuir.
En 1847, la communauté juive de Kattowitz s'associe à la communauté juive de Myslowitz (Mysłowice), distante d'une dizaine de kilomètres, ce qui lui permet d'utiliser son mikvé (bain rituel) et d'enterrer ses morts dans le cimetière juif local. À partir de 1850, des offices se déroulent aussi à Kattowitz dans des maisons privées ou des appartements loués, en particulier dans la maison de Sommer, d'Adolf Fröhlich et de Solomon Goldstein et à l'hôtel de Prusse sur la Friedrichsplatz (actuellement place du Marché).
En 1855, vivent à Kattowitz: Marcin Wodziński: Katowice; traduction du polonais en anglais par: Bartek Madejski; The YIVO Encyclopedia of Jews in Eastern Europe. À l'initiative d'Heimann Fröhlich, il est décidé d'élever une petite synagogue en ville à l'emplacement de la rue Mariacka actuelle, mais le projet n'aboutit pas. Il faut attendre 1861 pour que la communauté achète un terrain appartenant au domaine de Tiela-Winckler, à l'intersection des rues actuelles du 3 Maja et Słowackiego, dans le but d'y construire sa future synagogue. Le bâtiment est conçu par l'architecte juif de Kattowitz, Ignatz Grünfeld, et est consacré le .
En raison de leur nombre croissant, les Juifs de Kattowitz désirent fonder leur propre communauté, indépendante de celle de Myslowitz. Des négociations ont lieu dans ce but avec les autorités gouvernementales, et l'autorisation leur est accordée le par décret : Après que Son Excellence, le Président ai demandé la séparation de la communauté juive de Kattowitz et sa désignation en tant que communauté indépendante, nous avons décidé et notifions par la présente le Conseil des gouverneurs par arrêté de ce jour en vertu des règlements et 36 de la loi sur les Juifs. du , que les habitants juifs de Kattowitz et des villages environnants de Halde et de Brynow devraient, d'ici le , se séparer de la communauté-synagogale de Myslowitz et s'organiser en une communauté-synagogale de Kattowitz indépendante. Nous avons chargé le Landrat, M. Solger, de toutes les mesures nécessaires pour constituer la nouvelle communauté synagogale de KattowitzOppeln, . Le Gouvernement Royal; Département des affaires intérieures: Rolf P. Schmitz: The Jewish Community of Katowice; traduit de l'hébreu en anglais par Leon Chameides; site: Jewishgen
Le , les Juifs vivant à Kattowitz (Katowice), Kattowitzer Halde (Katowicka Hałda: région comprise actuellement entre le centre-ville de Katowice et Brynów) et Brynow (Brynów) se séparent donc de la communauté juive de Myslowitz (Mysłowice) et créent leur propre communauté séparée. Peu après, se déroulent les élections du bureau de la nouvelle communauté qui rédige alors ses statuts. Jusqu'à la nomination du premier rabbin en 1871, les questions religieuses sont traitées par Israel Bornstein. thumb|150px|right|Le rabbin Jacob Cohn dans son appartement de Katowice En 1865, quand Kattowitz obtient ses droits de cité, le nombre de Juifs croît rapidement. À l'époque vivent à Kattowitz représentant 12 % de la population totale de la ville. En raison de l'accroissement de la population juive, il devient nécessaire de construire de nouvelles structures religieuses. En 1867, un mikvé est construit près de la synagogue. Il est aussi conçu par Ignatz Grünfeld. Le cimetière juif est consacré en 1868. Il subsiste de nos jours et est situé rue Kozielska. Le , la communauté juive choisit son premier rabbin, le Jacob Cohn: Rabbi, Dr. Jacob Cohn; site: Geni.com qui prend ses fonctions le et les exercera jusqu'à sa mort le .
En 1872, la Verband der Oberschlesischen Synagogen-Gemeinden (Union des communautés juives de Haute-Silésie) est fondée qui inclut la communauté juive de Kattowitz. Au début des années 1870, la communauté juive de Kattowitz s'étend et absorbe en 1872, avec l'accord de la communauté juive de Königshütte (Chorzów) à laquelle elles appartenaient auparavant, les communautés juives de Zalenze (Załęże), Bedersdorf (Bederowiec) et Ignatzdorf (Wełnowiec). En 1873, en raison du nombre croissant de membres, des offices supplémentaires sont organisés dans la synagogue locale. La communauté s'agrandit encore en 1876, en incorporant le village de Domb (Dąb). Deux années plus tard, les villes de Josephsdorf (Józefowiec) et de Hohenlohehütte (Welnowiec) sont à leur tour détachées de la communauté de Königshütte et rejoignent la communauté de Kattowitz. Par décret du , le gouvernement donne son accord pour que les Juifs de Bogutschütz (Bogucice) et de Zawodzie rejoignent la communauté de Kattowitz en raison de leur proximité géographique.
À la suite de l'abolition du décret du qui limitait le nombre de marchands et d'artisans juifs autorisés à s'installer en ville, la communauté de Kattowitz prend rapidement de l'essor aussi bien démographiquement qu'économiquement et acquiert une position forte dans la région à la fin des années 1880.
En 1880, le bureau de la communauté décide d'agrandir la synagogue. Les plans sont élaborés par Carl Häusler, et la construction va s'étaler de 1880 à 1883. La cérémonie officielle de réouverture de la synagogue se déroule le . En plus de la communauté juive progressiste, différentes communautés hassidiques possèdent leur propre maison de prière en général dans des habitations privées.
Les Juifs de Kattowitz prennent une part active à la vie socio-politique de la ville. Ils siègent au conseil municipal et au conseil communal. thumb|200px|right|Conférence de Kattowitz