Les Champs libres est un établissement culturel de Rennes Métropole, constitué de la Bibliothèque de Rennes Métropole, du musée de Bretagne et de l'Espace des sciences et son planétarium, complété par un auditorium, un café et la salle d'exposition Anita Conti.
Les Champs libres ont ouvert au public le . En 2019, ils ont accueilli 1,2 million de visiteurs, ce qui en fait le plus grand établissement culturel de l'Ouest de la France pour ce qui est de la fréquentation..
Les Champs Libres hébergent la plus grande bibliothèque de Rennes.
Les Champs Libres sont situés au sud du centre-ville historique, entre l'esplanade Charles de Gaulle et la gare de Rennes.
Historique
La genèse du projet C’est le , que la ville de Rennes décide officiellement de créer cet équipement, sous l'impulsion du maire de l'époque, Edmond Hervé. Ce projet est appelé dans un premier temps le « NEC » comme « Nouvel Équipement culturel ».
Il est né du constat suivant. : La ville de Rennes ne disposait pas d’une réelle bibliothèque centrale. De plus les locaux de la bibliothèque municipale, rue de la Borderie, devenaient trop exigus pour jouer ce rôle ; le fonds Pollès n'était pas mis en valeur ; Le musée de Bretagne partageait les mêmes locaux que le musée des beaux-arts, dans l'ancien palais universitaire situé sur les quais, et aucun des deux ne pouvait s’y étendre. La collection Dreyfus n'était pas mise en valeur ; L’Espace des sciences, alors CCSTI de Rennes, ne disposait que de de surface d’exposition au centre commercial Colombia et souhaitait développer ses activités.
Un regroupement de ces trois entités culturelles a donc été envisagé pour : favoriser le croisement des publics, faciliter l’accès à la culture, créer , profiter des convergences des missions des trois établissements pour collaborer
mettre en place une synergie entre les trois entités (mise en place d’actions communes) tout en leur laissant une autonomie. Selon le maire Edmond Hervé, cette réunion devrait entraîner « un métissage des publics », même si à la base ils arrivent aux Champs Libres avec des intérêts distincts.
Le projet a été approuvé par le Conseil Municipal de Rennes le . L'architecte Christian de Portzamparc a été choisi pour mener ce projet. Sa sélection a été faite via un concours, attirant plus de 100 candidats, et dont les résultats ont été publiés en .
Toutefois, la construction des Champs libres est retardée en raison de la construction du métro de Rennes. L'ouverture au public a lieu en 2006..
Un lieu d'implantation au sein d'une zone initialement peu attractive Il est décidé d'implanter le NEC sur le site de l'ancienne gare routière de Rennes. Yves Fréville, exprime des réserves sur cet emplacement. Pour Le Monde « le site était à la fois ingrat et propice (…) » Les Échos évoquent « la triste esplanade du Général-de-Gaulle, (…) bordée du Liberté, seule grande salle de spectacles de la ville et de l'immeuble de l'Urssaf à l'architecture stalinienne. » Edmond Hervé est un partisan de la densification urbaine. , explique Christian de Portzamparc, architecte du bâtiment.
En 2001, la Ville de Rennes accompagne les travaux des Champs libres en lançant une zone d'aménagement concerté pour emménager la place du général de GaulleDélibération du conseil municipal de Rennes n°0927 du 5 novembre 2001. Des travaux importants se succèdent avec la construction du 4 Bis, la rénovation de la salle de spectacle du Liberté, la construction de la cité internationale Paul-Ricœur. Une salle de cinéma multiplexe Gaumont est également livrée en 2008. Son architecture est signée Christian de Portzamparc et s'inscrit en dialogue avec celle des Champs Libres. par l'usage de matériaux similaires.
La métamorphose du quartier se poursuit avec la livraison de la ligne A du métro rennais en 2002, qui dessert les Champs Libres avec la station Charles de Gaulle, l'arrivée de la LGV à Rennes en 2017 et la livraison d'une nouvelle gare en 2019, accompagnée d'une transformation de l'esplanade. Cette nouvelle dynamique s'incarne dans le projet EuroRennes, vaste programme de réhabilitation urbaine visant à étendre le centre-ville de Rennes vers le sud..
En 2021, la ligne b du métro rennais est mise en service, desservant les Champs Libres avec la station Gares.
Le projet architectural Le , l'architecte français Christian de Portzamparc remporte le contrat de maîtrise d'œuvre du chantier,
Le projet architectural repose sur le partage d'un espace commun entre les trois entités, tout en utilisant des volumes, des couleurs et des matériaux permettant de les identifier et de les distinguer.. Cette distinction vise à , ajoute Christian de Portzamparc. Pour rassembler les trois entités sans les l'architecte appuie sa réflexion sur le concept des anneaux borroméens, inspiré par un cours de Jacques Lacan.
De l'extérieur, on identifie ainsi la bibliothèque avec la pyramide inversée en verre, le musée de Bretagne accueilli à l'étage, dans une forme évoquant un dolmen et l'Espace des sciences avec le dôme en zinc du planétarium.
thumb|upright|Les murs en schiste rouge du centre-ville de Rennes servent d'inspiration pour certaines sections du bâtiment des Champs-Libres. Les matériaux utilisés font références à la Bretagne : le zinc renvoie ainsi aux toits bretons en ardoise. Le relief fissuré des grands panneaux rosés extérieurs évoque une paroi de falaise, tandis que les joints, aux lignes droites ou obliques, marquent les frontières de plaques tectoniques. Sa couleur ".
La scénographie du Musée de Bretagne est confiée à Elizabeth de Portzamparc, un choix qui questionne.
Des travaux longs et coûteux La réalisation des Champs Libres est longue.
Pour Martial Gabillard, cette lenteur s'explique notamment par la concurrence avec le chantier du VAL, tant d'un point de vue technique que budgétaire. Le passage du métro sous l'implantation prévue du NEC nécessite en effet une modification des sous-sols et surtout de renforcer les fondations. Martial Gabillard estime également que des tensions entre les futurs utilisateurs de l'équipement (bibliothèque, musée, CCSTI) et les équipes de l'architecte sur la muséographie ont pu ralentir le dossier.
En , une étude est lancée pour l'implantation du NEC à l'emplacement de l'ancienne gare routière. Le début du chantier est alors annoncé pour 1997.
En , une pétition de professeurs, écrivains, artistes est lancée, en faveur du NEC face à la crainte de l'enlisement du projet.
En 1997, la maquette du NEC est présentée au Maire de Rennes.. En et au mois d’octobre suivant, des journées d’information ont eu lieu pour inviter des débats entre les interlocuteurs du projet. La bibliographie régionale bretonne et la base de données Hermine, qui indexe les périodiques traitant l’histoire, la société, l’économie, la culture et la langue bretonne, sont les résultats de cet échange.
En 2000, Rennes Métropole prend la maîtrise d'ouvrage du projet. Ce choix est défendu par Edmond Hervé : . Martial Gabillard estime que ce transfert du NEC à Rennes Métropole .
Les travaux débutent en et l'ensemble des marchés sont signés fin 2000. Le chantier est marqué par de nombreuses difficultés .
En 2002, Rennes Métropole adopte un nouveau nom pour le NEC : . Ce nom fait directement allusion à l'ancien champs de Mars où l'équipement a été implanté, ancien parking et lieu de la foireL'ancienne place du Champ de Mars est devenue l'esplanade Général de Gaulle ; l'esplanade du Champ de Mars est elle au sud des Champs Libres, à l'arrière du bâtiment.. Le nom choisi évoque aussi cette démultiplication offerte par la réunion des patrimoines, des disciplines et des publics au sein d'un bâtiment accessible.
Cette même année Rennes Métropole demande une expertise judiciaire sur les retards de chantier, qui conduit à l'arrêt des travaux. Ceux-ci reprennent en .
Le coût final des Champs Libres s'élève à 100 millions d'euros – valeur 2006 – contre un budget évalué au départ à 280 millions de francs (soit 53, 55 millions d'euros valeur 2006.). Historique du nom En 2000, un large sondage est effectué à travers la presse et les habitants de Rennes Métropole afin de donner un nom au Nouvel équipement culturel. Le NEC est une appellation déjà déposée à l’Institut national de la propriété industrielle.
En 2001, deux groupes de travail (composés d’une part de personnalités du monde culturel et d’autre part de professionnels de la communication) se réunissent dans le but d’élaborer une banque de noms possibles pour le futur équipement.
En 2002, les conseillers de Rennes Métropole ont fait une présélection de noms qui ont ensuite subi différentes phases de test.
Finalement, trois noms ressortent de ces sélections successives : Les Champs libres, Le Vaisseau, Va savoir. Ces trois noms sont soumis à (312 Rennais, d’Ille-et-Vilaine, 75 Bretons et des trois entités). En 2002, Rennes Métropole adopte le nouveau nom du NEC : les Champs Libres . Ce nom fait directement allusion à l'ancien champs de Mars où l'équipement a été implanté, hier, livré à la voiture et aux forains. Le nom choisi évoque aussi cette démultiplication offerte par la réunion des patrimoines, des disciplines et des publics au sein d'un bâtiment accessible : Dossier de presse d'ouverture des Champs libres.
Opposition politique au projet Après une quasi-unanimité au départ du projet le climat politique se tend, avec notamment une critique des choix budgétaires. L'opposition dénonce le NEC comme un , le coût du projet étant passé de 60 millions à 100 millions d'euros. En 2001, l'opposition reproche ainsi à la majorité .
Edmond Hervé argumente qu’en euro constant, le budget initial de 1991, porté à 66 millions d'euros 1991 equivalent à 90 millions d'euros de 2006. Par ailleurs, la surface initiale, prévue à est finalement de 23.. Christophe Leray, sur le site Chroniques Architecturales, analyse qu'un coût final de 100 millions pour un bâtiment regroupant trois institutions .
L'architecte Christian de Porztamparc considère que le dérapage des travaux est lié à des conflits politiques au sein du conseil municipal, estimant que certains élus ne voulaient pas de ce projet en raison notamment de son coût important.
Réception critique Aux alentours de l'inauguration, les directeurs des trois entités regroupées sont satisfaits de la réalisation. Le maître d'œuvre et le directeur du bâtiment sont plus circonspects et ambigus dans leurs compliments. L'architecte a, quant à lui, .
Lors de l'inauguration, la presse nationale française comment sur le bâtiment. Pour Frédéric Eldmann dans Le Monde, . Le Figaro écrit : . Pour Libération, le bâtiment ".
En 2023, Le Monde considère que Les Champs Libres sont.
De l'inauguration à aujourd'hui Quelques semaines avant l’ouverture, en parlant des Champs Libres à la conférence de presse du , le maire cite Jean Vilar en disant « Il ne faut plus de non-public ».
Les Champs Libres sont inaugurés le par Edmond Hervé, en présence d'Erik Orsenna..
Le bâtiment ouvre ses portes au public le .
Évolution du bâtiment En 2021, les Champs Libres repensent l'aménagement du hall, avec une nouvelle structure centrale et du nouveau mobilierpour mieux accueillir le public et la diversité des usages.
Un programme de rénovation est également lancé à la bibliothèque : le étage, consacré à la littérature a été repensé en 2020 et le pôle 2, consacré à la musique, aux films et à la danse a été rénové en 2022.
Le bâtiment suit également un important programme d'économie d'énergie depuis son ouverture : la consommation en électricité est passée de 5 millions MWH à 3,5 millions MWH en 2022
Le bâtiment en chiffres La superficie totale du bâtiment est de 23 854 M2 2600 M2sont consacrés aux réserves patrimoniales, 2 235 M2 aux locaux techniques et 396 M2 au stockage