L'épreuve de aux Jeux olympiques de 1924 a eu lieu du au dans un bassin long de , le stade aquatique des Tourelles à Paris.
Le record olympique date des Jeux olympiques de 1912, établi en finale par le Canadien George Hodgson en . Le record du monde appartient alors au Suédois Arne Borg en .
Tous les concurrents utilisent le crawl. Les séries se font en deux temps le dimanche : trois le matin et les deux dernières dans l'après-midi. Le matin, l'Australien Andrew Charlton bat le vieux record olympique d'Hodgson ainsi que le record du monde de Borg. Ce dernier reprend son bien l'après-midi même lors d'une course où cette volonté est clairement affichée, à tel point qu'il devance le second, le Japonais Katsuo Takaishi de . Un phénomène presque similaire se produit aussi au cours de ces séries, mais dans une moindre mesure, pour les records de France des 800 et : battus le matin par Jean Rebeyrol, ils sont améliorés à nouveau dans l'après-midi par Salvator Pellegry. Les performances des « vétérans », l'Australien Frank Beaurepaire () et le Britannique Jack Hatfield () qui se qualifient tous deux en demi-finale sont appréciées du public.
Les demi-finales le lendemain sont moins agitées. Les deux favoris nagent dans la même série. Charlton s'impose facilement dans ce qui préfigure la finale. La seconde demi-finale est marquée par une belle empoignade entre Beaurepaire et Takaishi, avec Åke Borg (frère jumeau du recordman du monde) dans le rôle d'arbitre. Si les deux premiers entrent en finale, Borg réalisant le temps au total n'est pas qualifié, mais le jury lui accorde la sixième place « symbolique » de la finale.
La finale le est rapidement dominée par l'Australien Charlton. Il devance à l'arrivée son rival suédois Arne Borg de et son compatriote Beaurepaire, troisième, de plus de , explosant le record du monde de plus d'une minute. Le « vétéran » Beaurepaire remporte une troisième médaille de bronze sur après Londres en 1908 et Anvers en 1920.
Natation aux Jeux olympiques de Paris vignette|redresse=2|alt=deux photographies noir et blanc d'une piscine|La piscine des Tourelles pour les Jeux de 1924 : vide et remplie.
Les épreuves de natation lors des Jeux olympiques d'été de 1924 organisés à Paris se déroulent du au . Pour la première fois et pour tous les Jeux suivants, les épreuves de natation ont lieu dans un bassin permanent long de et destiné à être conservé ensuite : le stade aquatique des Tourelles. Le bassin est par ailleurs large de et sa profondeur passe de d'un côté à de l'autre.. Pour la première fois aussi, sont utilisées des « lignes d'eau » matérialisant des couloirs de nage par des lignes de bouchons. Cela a deux effets positifs. Les lignes de bouchons servent de brise-vague. Surtout, elles évitent les réclamations pour gêne entre nageurs. Les lignes d'eau, utilisées pour la première fois lors des Jeux de Paris sont ensuite généralisées.
Le programme masculin aux Jeux de Paris en 1924 est le même qu'aux Jeux de Londres en 1908 où il a commencé à être fixé : en nage libre : 100, 400 et et un relais ; en dos : ; en brasse : . Ce programme olympique masculin n'évolue plus jusqu'aux Jeux de Melbourne en 1956.
Le règlement s'appliquant lors des compétitions olympiques est celui de la Fédération internationale de natation amateur, tant en ce qui concerne les règles très strictes d'amateurisme ou de costumes de nage que de l'organisation des courses elles-mêmes et leur arbitrage.
Au total, 173 nageurs et nageuses venus de 23 nations participent aux épreuves des Jeux de Paris.
Séries thumb|left|upright=1.5|alt=photographie noir et blanc : des hommes plongent dans une piscine|Départ d'une série du , le dimanche au matin.
Les séries du ont lieu le dimanche une partie le matin et les dernières dans l'après-midi devant le matin et l'après-midi. Les deux premiers de chaque série et le meilleur troisième sont qualifiés pour les demi-finales.
Trente-et-un nageurs venus de sont engagés. Neuf nageurs sont forfaits : un Américain Wally O'Connor ; deux Espagnols Manuel Basté et José Maria Puig ; trois Hongrois Zoltán Bitskey, Bela Eperjessy et István Sereny ; un Italien Gianni Patrignani ; un Norvégien Alfred Steen et un Yougoslave Đura Sentđerđi. Au total, ce sont 22 nageurs venus de qui s'affrontent. Pour cette épreuve, et c'est la grande nouveauté des Jeux de Paris, tous les concurrents utilisent le crawl. En effet, en 1920 encore, il y avait des tenants de la brasse pour les distances supérieures au . Après les Jeux, le crawl est devenu la règle.
La première série du matin est longtemps dominée par l'Australien Moss Christie. Cependant, le Britannique Harold Annison construit sa victoire en nageant régulièrement. Il double Christie aux pour s'imposer devant l'Américain Adam Smith tandis que Christie manque finalement la qualification au titre de meilleur troisième d'un peu plus d'une seconde. Annison passe en aux et en aux ...
La deuxième série est dominée de bout en bout par le Suédois Åke Borg. Derrière, si le Britannique John Taylor et le Japonais Kazuo Noda sont longtemps au coude à coude, Taylor finit par devancer son adversaire. Åke Borg passe en aux , en aux et en aux . Le Français Jean Rebeyrol nage en passant aux . S'il n'est pas qualifié en demi-finale, il établit cependant deux nouveaux records de France des 800 et , qu'il perd, tous les deux l'après-midi même au profit de Salvator Pellegry..
L'Australien Andrew Charlton survole sa série, la troisième (et dernière du matin) : il passe en aux , en aux et en aux . Il termine les deux dernières longueurs en sprint et en améliore le record du monde de et le vieux record olympique de . L'Américain Dick Howell tente un temps de s'accrocher mais il est distancé puis doublé aux par le Britannique Jack Hatfield (). Howell entre cependant en demi-finale : sa performance lui permet d'être le meilleur troisième de l'épreuve.
La quatrième série a lieu dans l'après-midi du . Le Suédois Arne Borg récupère son record du monde en réalisant (temps de passage aux , aux et aux ). Il nage sa course en voulant clairement reprendre son bien, à tel point qu'il devance le second, le Japonais Katsuo Takaishi de . L'enthousiasme est tel qu'il faut remplacer le speaker qui se casse la voix en annonçant le temps de passage aux , à seulement deux secondes du temps de Charlton le matin. Le public ovationne la performance du Scandinave.
La cinquième et dernière série de la journée est remportée par le « vétéran » australien Frank Beaurepaire (). Le Canadien George Vernot avait pris un meilleur départ, mais Beaurepaire le rattrape aux . Les deux hommes restent au coude à coude jusqu'aux . Là, Beaurepaire se détache et n'est plus rejoint. La course est marquée par la performance du Français Salvator Pellegry, qui nage de façon régulière. Pourtant distancé de par le vainqueur, il bat les records de France du en (amélioré de ), du en et donc du en soit de mieux que le record établi le matin même par Rebeyrol. Le speaker a annoncé, faussement, qu'il avait battu aussi le record de France du .
SérieRangPaysNomTempsQualification 1 Q 2 Q 3 abandon aux abandon aux 1 Q 2 Q 3 4 () 1 Q ( et ) 2 Q 3 q (meilleur troisième) 4 abandon aux 1 Q ( et ) 2 Q 3 1 Q 2 Q 3 () 4 5
Demi-finales
Les demi-finales du ont lieu le lundi dans l'après-midi devant et sous un beau soleil. Contrairement au premier jour des épreuves, les tribunes sont presque pleines et donnent de la voix. Dans les parties des gradins où se trouvent les délégations nationales, les encouragements sont légion ; le haut des gradins populaire comme les places plus chères, quasiment toutes vendues se font aussi entendre.. Les deux premiers de chaque série et le meilleur troisième sont qualifiés pour la finale.
La première demi-finale est remportée par le « jeune » Australien Andrew Charlton () quand son principal rival le Suédois Arne Borg marque le pas. Si Borg passe en tête aux , il est rapidement dépassé par Charlton. Le Suédois et le Britannique Jack Hatfield font ensuite la course au coude à coude. Borg ne doit sa deuxième place qualificative qu'à un sprint dans les derniers mètres. Hatfield en profite pour entrer en finale au titre de meilleur troisième. Borg ne réalise même que le quatrième temps des demi-finales, devancé par les deux premiers de l'autre série. Les observateurs hésitent entre trouver le détenteur du record du monde fatigué ou considérer sa course comme tactique, se contentant d'assurer la qualification sans trop faire d'efforts. La demi-finale qui promettait une belle empoignade a donc déçu. De plus, le micro du speaker étant tombé en panne, le public n'a pas eu beaucoup de renseignements sur les temps de passage..
La seconde demi-finale tourne au profit du « vétéran » australien Frank Beaurepaire (, mais à qui L'Auto en donne 36). Il réussit à finalement prendre l'avantage sur le Japonais Katsuo Takaishi () qui avait longtemps paru pouvoir s'imposer. Takaishi mène même jusqu'aux : il passe en aux et en aux . Cependant, sa technique de virage laisse à désirer et lui fait perdre un temps considérable alors qu'il nage plus efficacement. Beaurepaire, Takaishi et Åke Borg (frère jumeau du recordman du monde) restent ensuite longtemps ensemble, alternant en tête de la course. Ce n'est qu'à de l'arrivée que Beaurepaire prend définitivement l'ascendant sur ses concurrents. Takaishi est devancé de et Borg de . Le Britannique Harold Annison qui avait après sa victoire en série la veille joué un très long match de water-polo ne peut rééditer sa performance.
SérieRangPaysNomTempsQualification 1 Q 2 Q 3 q (meilleur troisième) 4 5 6 1 Q 2 Q 3 4
Finale
La finale se déroule le mardi à devant un public nombreux : un peu plus de .
RangPaysNomTemps1 ( et )2 3 4 5 6 Décision du jury temps des demi-finales
La lutte tant attendue entre l'Australien Andrew Charlton et le Suédois Arne Borg qui avaient tous deux battu le record du monde lors des séries tourne court. En effet, Borg passe en tête aux en , une seconde devant Charlton ; aux il a encore une longueur d'avance. Aux , il n'a plus qu'une demi-longueur d'avance et est rattrapé par son rival aux . Les deux nageurs virent ensemble aux ; le Japonais Takaishi a alors déjà de retard. Charlton, nageant tout en puissance accélère son allure et se détache alors peu à peu. Aux , il est irrémédiablement en tête, d'une longueur. Aux , il devance Borg de et de plus de à l'arrivée. Aux , en , Charlton établit un nouveau record du monde de la distance, jusque là détenu par Borg. À l'arrivée, le record du monde établi deux jours plus tôt est amélioré de plus d'une minute, en . Même Borg explose son meilleur temps de près de , avec un dernier très rapide. Le « vétéran » australien Frank Beaurepaire (), déjà médaillé de bronze sur cette distance à Londres en 1908 et Anvers en 1920, et à qui son compatriote prend aux , complète le podium. Le jury attribue une sixième place « symbolique » au temps des demi-finales, Åke Borg, frère jumeau d'Arne Borg...
Le vainqueur australien se montre peu démonstratif, aussi bien avant la finale où il est très concentré qu'après la course où il ne fait pas montre d'exubérance, à la différence de son compatriote Beaurepaire qui le félicite très chaudement. Les observateurs trouvent la nage de Charlton très souple, sans à-coups, quand celle d'Arne Borg semble saccadée ; et par comparaison, a posteriori, les nageurs français ressemblent à des .
DistanceTemps de passageTemps au
Voir aussi Bibliographie
. [Fascicule de règlement spécifique à la natation, publié par le COF]. . .
Notes et références
Catégorie:Natation aux Jeux olympiques d'été de 1924