Le de Lyon est l'un des neuf arrondissements de la ville française de Lyon. Il constitue l'arrondissement le plus méridional de Lyon, sur la rive gauche du Rhône, ainsi que le plus étendu, d'une superficie de .

Généralités Démographie

La densité s'élève à en .

Historique

Le lit majeur - donc sujet aux inondations - du Rhône, présente un rétrécissement de moins d'un kilomètre dans la traversée de Lyon selon un axe correspondant grossièrement à la rue de l'Université alors qu'il est beaucoup plus large tant en amont qu'en aval. On est vraiment sur la terre ferme quand on parvient à la première terrasse alluviale dans le quartier de la Madeleine (les remblaiements du ont gommé le talus de dénivellation). C'est la raison pour laquelle c'est ce tracé qu'avait choisi le conquérant romain pour établir une relation routière en direction de l'est. « Une voie se dirigeait vers le sud et Vienne par les tracés de la rue du Repos et de la route de Vienne : c'est le compendium mis en place au début de l'Empire. L'autre, la voie d'Italie, se dirige vers l'est et rejoint la Grande rue de la Guillotière puis l'avenue des frères Lumière à partir de la rue des Trois Pierres ». Comme il était alors de tradition, les nécropoles étaient concentrées au départ des grandes voies à la sortie des agglomérations.. Si les plus importantes étaient situées à l'ouest de la Saône à partir de Fourvière une dernière avait été créée au de part et d'autre du compendium et devait subsister pendant le . L'inhumation était préférée alors à la crémation ce qui nous vaut d'avoir conservé çà et là, comme à la rue des Trois-Pierres qui en tire son appellation, la trace de tombeaux dont certains traduisent l'existence d'une élite sociale. En 1870 est découverte la sépulture de la famille Accepti sur laquelle nous renseigne une longue épitaphe. Un sarcophage finement sculpté avec décor dionysiaque dont le thème principal est l'union de Dionysos et d'Ariane est conservé au musée gallo-romain.

Divers indices donnent à penser qu'un millénaire plus tard le Rhône était toujours franchi au même endroit. La meilleure preuve en est que, pour mieux sécuriser le passage, l'archevêque de Lyon Jean de Bellesme avait fait construire en 1180 une tour sur une motte artificielle toujours en place au milieu du . Elle était située sur l'emplacement que devait occuper au le garage Citroën, une fois traversés les brotteaux de l'île Béchevelin. Contrairement à la thèse souvent admise c'est cet itinéraire qu'a emprunté Richard Cœur de Lion en 1190 en partant pour la croisade et si le pont subit une rupture partielle la même année, il restait encore le seul moyen de passer le fleuve.

La Guillotière, commune indépendante

Création du pont C'est vers 1225 qu'aurait été décidée la création d'un nouveau pont. On a émis l'hypothèse que « dans le voisinage du pont écroulé subsistaient des obstacles impossibles à évacuer avec les moyens de l'époque et que ces obstacles devaient occasionner des tourbillons meurtriers ». L'emplacement choisi, trois cents mètres en amont, présentait à peu près le même avantage que l'ancien tracé car la plaine inondable y est de la même largeur entre la rive droite et la terrasse alluviale sur la pointe avancée de laquelle se dresse aujourd'hui l'église Notre-Dame-Saint-Louis. Le pont a atteint la rive gauche en 1260 ; en partie ruiné au , il a été remplacé par un nouvel édifice. Il ne sera achevé dans sa forme définitive qu'en 1560. Il était nettement plus long que son actuel remplaçant (500 mètres au lieu de 350) et se terminait place du Pont (actuellement place Gabriel Péri) ainsi que l'ont confirmé les travaux de percement du métro : à partir de cette place le Rhône n'est atteint aujourd'hui qu'au niveau de la septième arche.

La frontière n'en a pas pour autant été abolie. Depuis le traité de Verdun en 843 l'axe Saône-Rhône constituait la limite entre les terres d'Empire et du royaume de France. Telle était toujours théoriquement la situation au cœur de Moyen-âge. À l'échelle locale, l'autorité du roi s'exerçait directement en terre lyonnaise depuis le traité de Vienne de 1312 par lequel l'archevêque avait cédé ses droits de comte à sa Majesté. Il faut attendre 1348 pour que le dauphin Humbert II vende son domaine à Philippe VI de Valois. Mais il avait posé ses conditions : le Dauphiné conserverait ses institutions particulières dont ses États qui continueraient, en particulier, jusqu'à la Révolution de décider par un vote le montant des impôts. Cette différence n'était pas remise en cause du côté lyonnais. La Guillotière - tel est le nom emprunté à celui d'un domaine privé de ce noyau de peuplement - faisait partie du mandement de Béchevelin dans la province du Dauphiné. Mais la réserve est venue de l'archevêque qui estimait y disposer de droits de juridiction car il se plaignait de ce que « les malfaiteurs de la ville pouvaient préparer leurs coups et échapper à la justice en traversant le Rhône ». Ses exigences seront finalement prises en compte sous le règne de Louis XI. Il avait fallu préalablement déterminer avec exactitude les limites de ce mandement. La tâche a été confiée au conseiller de la couronne Louis Tindo. En 1479 ont été fixées ces limites, presque inchangées depuis, de la Guillotière avec les communes de Villeurbanne de Bron et de Vénissieux.

Une dynamique propre C'est à son pont, le seul à permettre véritablement le franchissement du Rhône jusqu'à la fin du , que le quartier de la Guillotière doit son développement dès le . Ce rôle de guichetier ne fera que croître au cours des siècles, surtout à partir de la Renaissance lorsque les liens avec l'Italie se multiplient, tant pour des raisons économiques que politiques. Les facilités offertes par les foires ont été saisies par les banquiers italiens, principalement milanais et toscans installés en grand nombre sur les bords de la Saône. L'ambition des rois de France de Charles VIII à Henri II les ont engagés dans une politique à la fois guerrière et matrimoniale. À ce grand démarrage fait suite jusqu'au une croissance soutenue.

Les activités liées au passage prennent toutes les formes, du roulage au portage par les animaux de bât, du cavalier au simple pèlerin. Il faut loger tout ce monde. Le long de la grande rue les hôtelleries se multiplient : la Couronne, le Chapeau rouge, la Croix d'Or. « Elles sont reconnaissables à l'ampleur de leurs bâtiments, leurs cours intérieures, leurs écuries et leurs enseignes colorées : ce sont de petits caravansérails. Pour les voyageurs sans ressources on a fondé l'Hospice des Passants ». Les Compagnons du Devoir logent dans leur propre cayenne. À l'autre bout de la hiérarchie sociale rois et reines y font étape avant leur entrée dans la ville. Marie de Médicis patientera dans l'hôtel de la Couronne avant d'être reçue par Henri IV, quitte à se rendre au château de la Motte pour l'office religieux. Cette coutume persistera jusqu'au : Napoléon fera halte en 1815 dans l'hôtel qui perpétuera ce passage en empruntant son nom au souvenir du Vol de l'Aigle entre l'île d'Elbe et Paris.

L'entretien des attelages est l'affaire des charrons. Celui des chevaux fournit de l'ouvrage aux maréchaux-ferrants et aux bourreliers. Leur nourriture justifie l'existence d'un marché au foin et aux grains sur la place de la Croix. Ce n'est pas un effet du hasard si Claude Bourgelat crée en 1761 à la Guillotière - et non dans son quartier natal d'Ainay - sur l'emplacement d'une actuelle école un établissement hippiatrique qui est considéré, sans doute un peu généreusement, comme la première école vétérinaire avant son départ pour la région parisienne où il en ouvrira une deuxième à Maisons-Alfort en 1766.

Vie religieuse vignette|Ancien couvent Picpus. La vie paroissiale s'anime au début du . L'église Notre-Dame-de-Grâce commence à s'émanciper de la dépendance de celle de Saint-Alban située dans le secteur de l'actuelle Grange Blanche distante de cinq bons kilomètres. Par ailleurs, en 1607, en réponse aux vœux exprimés par la population, le tiers ordre franciscain commence la construction d'un établissement sous le nom de Picpus en reproduction du modèle parisien. La chapelle, dédiée à saint Louis, en est consacrée par l'archevêque en 1617. Les bâtiments sont achevés en 1627. Cette communauté prospère jusqu'à compter 51 membres en 1697. C'est sans doute pourquoi elle rechigne à accueillir les paroissiens après l'effondrement de leur église en 1680. Quand l'archevêque en fait une obligation en 1739, ceux-ci seront confinés dans un local annexe entre cave et grenier. Sous la Révolution Picpus est vendu comme bien national. La chapelle est attribuée à la paroisse qui mérite depuis son nom de Notre-Dame-Saint-Louis.

Pour faire face à l'augmentation de la population ( en 1831) est décidée la construction d'une nouvelle église en contiguïté au nord des bâtiments du couvent de Picpus. La tâche est confiée à l'architecte Christophe Crépet. Les travaux ont été exécutés entre 1842 et 1847. La façade emprunte en toute liberté à l'art roman avec ses arcs en plein cintre, au classique par le fronton triangulaire sommital au-dessous de la croix faitière. Elle laisse deviner le plan basilical, les deux étages de la partie centrale dominant les collatéraux. Dans des niches sont logées les statues des quatre évangélistes. La visite de l'intérieur confirmera ce diagnostic par l'absence de transept. Le clocher, de facture romane s'élève sur le côté nord de l'abside semi-circulaire.

Dans la large nef centrale les six travées en berceaux sont rythmées par des arcs doubleaux que l'on retrouve pour la communication avec les collatéraux plus étroits mais de même facture. Et tout se conclut, chapelles latérales comme abside éclairée de trois fenêtres, en hémicycle.

La décoration fait la part belle à saint Louis et à Notre-Dame de Grâce auxquels l'église est dédiée. On les retrouve tous deux dans les autels collatéraux respectivement à droite et à gauche. Dans le premier un tableau de maître représente le roi en prière tandis que dans le second trône une Vierge à l'Enfant du sculpteur lyonnais Fabisch. Ces éponymes ont également droit à un vitrail dans l'abside en compagnie de sainte Madeleine. La série des vitraux de part et d'autre de la nef raconte leur vie sous forme de vignettes superposées. A un Christ en majesté est logiquement réservée le cul-de-four de la lunette qui éclaire la partie centrale. Ces ajouts artistiques ont été réalisés au dans la foulée de la construction. Seuls les orgues sont venues les compléter en 1946.

La tutelle lyonnaise

La mairie Les événements et les transformations de la Guillotière doivent être appréciés en fonction du degré de dépendance entre une ville et son faubourg. Le déséquilibre entre les deux parties est comme symbolisé par l'opposition entre une municipalité aux institutions solides installée dans un hôtel somptueux et une commune qui en est encore à rechercher un toit pour sa mairie. Il faut attendre la Révolution pour avoir quelques précisions. Il est alors mis un terme à la représentation de la communauté d'habitants par des syndics […] Désormais une municipalité élue présidait aux destinées d'une population qu'elle estimait elle-même à quelque […] Une salle de l'ancien couvent des Franciscains tenait lieu de mairie. Quand cette solution s'avère insuffisante on va jusqu'à envisager d'en construire une à mi-chemin entre la Guillotière et les Brotteaux dont le quartier s'était développé depuis l'ouverture du pont Morand ! Finalement le Conseil se contente de locaux provisoires, d'abord et jusqu'en 1832 dans le bas du clocher de l'église Saint-Louis puis dans l'hôtel de la Couronne place du Pont.

Industrialisation et prolétariat