thumb|La centrale nucléaire de Zwentendorf en Autriche, qui n'a jamais été démarrée. La sortie du nucléaire civil est l'arrêt de l'utilisation de l'énergie nucléaire pour la production d'électricité. Elle comprend principalement l'arrêt des centrales nucléaires existantes et le renoncement à de futurs projets de centrales nucléaires. À la sortie du nucléaire est souvent associée l'idée d'une transition énergétique basée sur les économies d'énergie, l'efficacité énergétique des appareils de consommation et les systèmes de production d'énergies renouvelables.
La sortie du nucléaire civil est effective notamment en Autriche (1978), en Italie (1987), dans la province de Québec (2013) et en Allemagne (2023), elle a été initiée en Belgique (1999), Suisse (2011), Suède (1980) et elle est discutée dans d'autres pays.
L'Autriche interdit l'exploitation de l’énergie nucléaire depuis un référendum en 1978, renforcé par une loi puis inscrit dans sa constitution en 1999L'Autriche convertit sa centrale nucléaire fantôme… à l'énergie solaire, sur lemonde.fr du 11 novembre 2008..
L'Espagne a des lois qui interdisent la construction de nouvelles centrales nucléaires. Dans d'autres pays, ces politiques ont été suspendues, par exemple en Suède.
En Suisse, le gouvernement prévoit une sortie progressive du nucléaire d'ici 2034.
Les militants du mouvement antinucléaire montrent du doigt l'insécurité nucléaire, les effets sur l'environnement et leurs conséquences sociales et politiques.
A contrario certains écologistes sont favorables à l'utilisation de l'énergie nucléaire. Par exemple l'Association des écologistes pour le nucléaire. qui s'efforce de faire connaître les avantages écologiques de l'énergie nucléaire dans un esprit de respect de l'environnement, ou les tenants de l’Écomodernisme pour qui « le nucléaire est un allié durable de la transition énergétique mondiale »L’éco-modernisme, une troisième voie pour l’énergie du futur ?, RGN - 22 mai 2017.
Par ses conséquences, l'accident nucléaire de Fukushima du a relancé le débat et a provoqué la sortie du nucléaire civil de plusieurs pays (Allemagne, Suisse) et l'arrêt temporaire de tous les réacteurs au Japon.
Les arrêts de centrales nucléaires à la suite de Fukushima ont significativement affecté les objectifs de réduction d'émissions dans plusieurs pays. Une étude de 2019 sur l'impact des fermetures en Allemagne et au Japon conclut qu'en continuant à faire fonctionner leurs centrales nucléaires .
Cependant à ce jour, certains pays comme la France, la Finlande, la Suède, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine, les États-Unis, la Corée du Sud, l'Inde, la Turquie, Abou Dabi, le Japon, le Canada, l'Iran et l'Égypte maintiennent une production d'électricité d'origine nucléaire, et début 2024 cinquante-huit réacteurs nucléaires sont en construction.
Pays ayant renoncé à la production d'électricité d'origine nucléaire Allemagne
thumb|Production brute d'électricité en Allemagne par source, 1990-2012source données : AGEB Un abandon progressif de l'énergie nucléaire a été décidé en Allemagne par le gouvernement de Gerhard Schröder (coalition rouge-verte entre sociaux-démocrates et écologistes). La convention du entre la coalition au pouvoir à l'époque et les exploitants et une modification de la loi sur le nucléaire devaient encadrer cet abandon en limitant la quantité d'énergie totale pouvant être produite par chaque centrale nucléaire allemande dans le futur.
Ce calendrier a cependant été remis en question par le gouvernement suivant et, après plusieurs mois de débat, une nouvelle modification de la loi, adoptée le , augmente le quota d'énergie à produire et prolonge la durée d'exploitation des centrales (pour certaines d'entre elles jusqu'à 2036).
En , après la catastrophe de Fukushima, Angela Merkel proclame l'arrêt définitif de la totalité des centrales nucléaires allemandes au plus tard en 2022La conversion d'Angela Merkel en faveur d'une sortie du nucléaire, sur lemonde.fr du .
Après l'arrêt de ses trois dernières centrales en 2023, le pays poursuit ses investissements dans la fusion nucléaire Et si demain l'Allemagne devenait le champion européen du nucléaire ?, latribune, 7 septembre 2023.
Belgique
En 1999, le gouvernement de l'époque (la « coalition arc-en-ciel » rassemblant libéraux, socialistes, et écologistes) décide l'abandon de l'énergie nucléaire pour le pays et une loi exige l'arrêt des réacteurs nucléaires belges des centrales de Doel et de Tihange après 40 ans d'exploitation, tout en prohibant la construction de nouveaux réacteurs.
La loi du fixera la sortie progressive de l’utilisation d’énergie nucléaire à des fins de production industrielle d’électricité sur le territoire belge. Cette loi sera modifiée en 2013 et en 2015 pour prolonger la durée d'exploitation de 10 ans de Tihange 1, Doel 1 et Doel 2.
Après le vote de cette loi, il a été dit que cette décision serait retirée dès qu'un gouvernement sans écologistes serait au pouvoir (cf. annexe A4.8). À plusieurs reprises, il a été question de prolonger la durée légale d'exploitation des centrales.
En 2005, le gouvernement de Guy Verhofstadt (formé sans les Verts) envisage de donner de plus au pays pour sortir du nucléaire. Cette discussion, motivée par le coût de l'importation d'électricité depuis l'étranger, ainsi que par les restrictions imposées par l'accord de Kyoto concernant les émissions de gaz à effet de serre des centrales thermiques au fioul ou au charbon, n'a cependant pas été suivie d'effet.
En , le gouvernement Van Rompuy s'est accordé pour repousser de dix ans la première phase de sortie du nucléaireLe Conseil des Ministres restreint a atteint cet après-midi un accord sur le dossier nucléaire (12 octobre 2009), site gouvernemental..
Les permis d’exploitation des réacteurs nucléaires suivants doivent ainsi être arrêtés aux dates indiquées ci-après :
Doel 1 : ; Doel 2 : ; Doel 3 : ; Doel 4 : ; Tihange 1 : ; Tihange 2 : ; Tihange 3 : .
Ces échéances ne valent cependant que si la Belgique trouve d'autres sources suffisantes pour sa consommation électrique.
En octobre 2021, le Conseil supérieur de la santé (CSS) a émis un avis favorable à la sortie du nucléaire au motif que . Le CSS ne croit pas aux petits réacteurs nucléaires (SMR) « seulement en développement ». Il plaide pour des centrales au gaz qui produiraient à terme de l'hydrogène « bleu » (avec CO2 stocké). Cet avis a été préparé par un groupe diversifié d'experts et ingénieurs des domaines du nucléaire, de la toxicologie et de la philosophie, et il se fonde notamment sur les études menées par EnergyVille et le Bureau fédéral du Plan. Sur ces bases, le CSS conclut que , à condition d'accepter de quitter ..
À la suite de la guerre menée par la Russie en Ukraine en 2022, la Belgique retarde sa sortie du nucléaire de 10 ans afin de réduire sa dépendance aux énergies fossiles importées de Russie..
Italie
thumb|right|200px|Panneau près de Montespertoli en province de Florence (Toscane). En 1987, soit un an après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (RSS d'Ukraine en URSS), il fut décidé par référendum de la sortie du nucléaire civil en Italie. Les quatre centrales nucléaires présentes en Italie furent arrêtées, la dernière en 1990.
Un moratoire sur la construction de nouvelles centrales, tout d'abord adopté pour la période 1987 à 1993, a depuis été prolongéNon trouvé le 28 juin 2016., sur le site pnl.gov..
En , le nouveau gouvernement de Silvio Berlusconi a annoncé le retour à l'énergie nucléaire dans les cinq ansNon trouvé le 28 juin 2016.. Ce retour au nucléaire devait être validé par un référendum organisé le Figaro, 16 mars 2011
L'Italie importe de l'électricité nucléaire (notamment de France). En 2009, le gouvernement italien se proposait de poser la première pierre d'un premier EPR d’ici à 2013. La société italienne Enel SPA qui participait à la construction de réacteurs nucléaires en France et en Slovaquie, ainsi qu'au projet EPR, s'est retirée de ce projet et du nucléaire français en EDF et ENEL rompent leurs accords de coopération dans le nucléaire - Boursier.com du 04/12/2012L'italien Enel met fin à sa coopération avec EDF sur le réacteur EPR - LeMonde du 04/12/2012..
À la suite de l'accident de Fukushima du , à l'opposition grandissante de l'opinion publique et à l'historique sismique de la péninsule italienne, le gouvernement a décidé le d'abandonner le retour au nucléaire.. Lors d'un référendum à questions multiples tenu le (taux de participation : 57 %) plus de 90 % des voix s'opposèrent à la reprise du programme nucléaire Berlusconi's nuclear power plans crushed, sur guardian.co.uk, consulté le 28 juin 2016..
Suisse
La Suisse envisageait la construction de nouveaux réacteurs pour 2020.nouvelle centrale no74, sur contratom.ch ETH E-Collection: Le point sur l'énergie ETH E-Collection..
Mais, à la suite de l'accident de Fukushima, le Conseil fédéral a annoncé, le , la sortie progressive du nucléaire civil en décidant de ne pas renouveler les centrales nucléaires en service et en optant pour leur arrêt définitif, une fois que celles-ci auront atteint , c'est-à-dire entre 2019 et 2034, tout en exigeant la poursuite de la recherche sur le nucléaire.Les parlementaires suisses ont approuvé la sortie progressive du nucléaire, Orange actu - AFP 28/09/2011..
Fin 2016, les suisses votent à 54,2 % contre une accélération de la sortie du nucléaire civil...
Le , les Suisses approuvent une nouvelle loi sur l’énergie, qui vise l’abandon progressif du nucléaire au profit des énergies renouvelablesLes Suisses approuvent l’abandon progressif du nucléaire, sur lemonde.fr du 21 mai 2017, consulté le 23 mai 2017. Ce nouveau référendum populaire entérine la décision de sortir du nucléaire avant 2035, alors que les précédents n’avaient pas validé la sortie du nucléaire. Les 5 réacteurs suisses en service fournissent environ un tiers de l'électricité consommée dans le pays..
Pays envisageant de renoncer à la production d'électricité d'origine nucléaire Espagne
En Espagne, un moratoire a été établi en 1983. Le Parti socialiste ouvrier espagnol de Zapatero, réélu en 2008, a annoncé dans son programme électoral la fermeture des centrales nucléaires arrivant à fin de terme dans la mesure où l'approvisionnement énergétique du pays demeurait garanti. Il devait se prononcer en sur la fermeture effective de la centrale nucléaire Santa María de Garoña, prévue pour 2011 Zapatero afirma que procurará cumplir su compromiso de cerrar la central nuclear de Garoña en 2011, La Vanguardia, 9 juin 2009.. Finalement la centrale a été arrêtée en .. En 2012, l'Espagne avait produit plus d'électricité d'origine nucléaire qu'en 2011 ( en 2012 contre en 2011) Nuclear share figures, 2002-2012 (May 2013), sur world-nuclear.org.
En 2020, 22 % de l’électricité produite en Espagne est d’origine nucléaire..
Le , à la suite de l’importante panne d’électricité qui avait touché l’Espagne en avril 2025 et des conséquences des hostilités au Moyen-Orient sur les marchés de l’énergie, le gouvernement espagnol prolonge la durée d’exploitation des deux réacteurs de la centrale nucléaire d'Almaraz jusqu’au après avis favorable de l’autorité de sûreté nucléaire espagnole (CSN)L’Espagne prolonge la durée d’exploitation de la centrale nucléaire d’Almaraz, la plus grande du pays, jusqu’en 2030, lemonde et l’AFP, 14 août 2026.
Pays ayant renoncé à un moratoire sur l'énergie nucléaire Suède
Après la fusion partielle du cœur d'un réacteur de la centrale nucléaire de Three Mile Island (États-Unis) en 1979, un référendum a eu lieu en Suède et s'est prononcé contre l'utilisation future de l'énergie nucléaire dans le pays. Par conséquent, le parlement suédois décida en 1980 qu'aucune nouvelle centrale nucléaire ne devrait être construite, et que la sortie du nucléaire civil devrait être réalisée avant 2010.