Maxime Louis Camille Real del Sarte, né le au 88 boulevard de Courcelles dans le et mort le à la même adresse, est un sculpteur français, héros de la Première Guerre mondiale, mutilé de guerre, militant monarchiste, fondateur et chef des Camelots du roi.

Biographie Famille Sa famille, d'ancienne bourgeoisie, est originaire du Cambrésis. Elle est issue de Jean-Baptiste Réal (né en 1755), maire de Solesmes (Nord).

Né dans un milieu artistique, il est le fils du sculpteur Désiré Real del Sarte et de l'artiste-peintre Magdeleine Real del Sarte (elle-même fille du musicien François Delsarte et cousine de Georges Bizet). Maxime Real del Sarte a également pour cousine l'artiste-peintre portraitiste Thérèse Geraldy.

Carrière artistique et politique Il entre à l’École des beaux-arts de Paris en 1908. Le matin même du concours, il s'engage politiquement, du côté des antidreyfusards : pénétrant au palais de justice de Paris, il se présente à l’audience solennelle de rentrée de la cour de cassation et, apostrophant les magistrats, les accuse de « forfaiture » à propos du dernier pourvoi de l'affaire Dreyfus. C’est après cet incident qu’il prend contact avec les représentants de l’Action française.

Le chef des Camelots du roi est dès lors de tous les combats du mouvement nationaliste et monarchiste, parmi lesquels la célèbre affaire Thalamas, du nom de cet historien qui essaya de professer à la Sorbonne un cours sur Jeanne d'Arc jugé insultant par l'Action française. Elle vaut à Maxime Real del Sarte un séjour de dix mois à la prison de la Santé.

En 1910, Maxime Real del Sarte, jeune royaliste, est exclu de l’avancement militaire, ce qui entraîne des incidents suscités par l’Action française, mais désapprouvés par le duc d’Orléans, dans un entretien accordé au journal Le Gaulois le Robert Burac, Œuvres en prose complètes de Charles Péguy, tome III, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1992, Note 1 1505..

Maxime Real del Sarte, catholique fervent et militant de l'extrême droite, est un admirateur de Jeanne d’Arc à laquelle il consacre de nombreux travaux.

Première Guerre mondiale Alors aspirant au régiment d'infanterie, Real del Sarte est blessé aux Éparges, sur le front de Verdun le , et doit être amputé de l’avant-bras gauche.

Il n’en reprend pas moins son métier de sculpteur et l’œuvre qu’il a conçue en , Le Premier Toit, reçoit le grand prix national des Beaux-Arts en 1921. Anne André Glandy l'a décrit : Charles Maurras écrira un poème sur cette œuvre.

vignette|À gauche, Charles Maurras ; à droite, Maxime Real del Sarte, en 1923.

L'entre-deux-guerres En 1928, il sculpte la façade la galerie cynégétique du duc d’Orléans, édifiée par l’architecte Weber au rue Buffon et inaugurée le ).. Dès lors, sa notoriété d’artiste grandit, tant parmi ses amis que dans le monde officiel, dont il reçoit de nombreuses commandes. .

L’activité de son atelier de sculpteur ne change ni ses opinions, ni son militantisme, ni ses amitiés : Philippe d’Orléans d’abord, qu’il connaissait depuis 1913, le duc de Guise et enfin le comte de Paris ; il fonde une association qu’il nomme Les Compagnons de Jeanne d'Arc, sous l’égide de laquelle il travaille à obtenir la levée de la condamnation prononcée par le Vatican à l’encontre de l’Action française, en 1926. La levée est obtenue en . Son œuvre comporte plusieurs représentations de Jeanne d’Arc, dont une statue funéraire des années 1930, à Bar-le-Duc, assez proche du monument de Jeanne d’Arc à Rouen, à ceci près que des fleurs y remplacent les flammes.

Il participe à l’émeute antiparlementaire du , lors de laquelle il est blessé.

Seconde Guerre mondiale Sa statue du général Mangin, qu'il avait réalisé grâce à une souscription lancée par le maréchal Foch et était érigée sur la place Denys-Cochin, est détruite par les Allemands qui occupent Paris en , sur ordre d'Adolf Hitler. Seule a subsisté la tête, conservée aujourd'hui à la Caverne du Dragon..

Pendant la Seconde Guerre mondiale, réfugié à Saint-Jean-de-Luz, il favorise le passage de fugitifs vers la zone libre ou l’Espagne.

Après-guerre En 1952, il intervient, avec Henry Bordeaux, auprès du président de la République Vincent Auriol pour obtenir la grâce médicale de Charles Maurras, condamné à la réclusion à perpétuité pour intelligence avec l'ennemi, par la cour de Justice de Lyon en 1945.

En mauvaise santé, il se retire dans sa maison des Pyrénées, près de Saint-Jean-de-Luz., et meurt le au 88 boulevard de Courcelles dans le .. Il repose au cimetière ancien de Saint-Jean-de-LuzCimetières de France et d'ailleurs.

Décorations

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Postérité Anne de Roux-Glandy lui a consacré un livre-souvenir, publié en 1954 par les Éditions d’Histoire et d’Art. En 1956 paraissait un album de photographies de ses œuvresL’Œuvre de Maxime Real del Sarte, préface du baron Meurgey de Tupigny, conservateur aux Archives nationales, Plon, 1956., préfacé par le baron Meurgey de Tupigny, un proche sur le plan idéologique, qui note :

En , le bulletin Lecture et tradition consacra un numéro au cinquantième anniversaire de sa mort.

L'Action française étudiante, le mouvement de jeunesse de l'Action française, a donné son nom à ses universités d'été, appelées camps Maxime Real del Sarte.

Œuvres Sculptures Jeanne d'Arc thumb|redresse thumb|redresse|Jeanne au bûcher, Montréal (Canada) ; réplique de la statue originale de 1928 à Rouen. Jeanne d'Arc est nettement présente dans l'œuvre statuaire de Maxime Real del Sarte : Argentine : Buenos Aires : Jeanne au bûcher (1948Maxime Real del Sarte à Buenos Aires.) Canada : Montréal : Jeanne au bûcher (Pavillon Claire-McNicoll, Université de Montréal, vers 1944). France : Béthune : Jeanne d'Arc, église saint Vaast de Béthune Cannes : Jeanne d'Arc (1942), square Jean-Hibert, Cannes Langogne : monument aux morts (1922) ; inclut Jeanne d'Arc dans le groupe statuaire Limoges : Jeanne d'Arc, place Fournier, dans le quartier Saint-Martial, statue inaugurée en 1942., déplacée en 2021. avant d'être replacée rue de la Porte Tourny, près de l'église Saint-Pierre du Queyroix Pau : Jeanne d'Arc (boulevard Alsace-Lorraine) Paris : Jeanne d'Arc (église Saint-Philippe-du-Roule, marbre, 1920) ; debout en armure, Gallia sur son bouclier Jeanne d'Arc (basilique Sainte-Jeanne-d'Arc) Poitiers : Jeanne d'Arc ou l'Ange de la paix (square des Cordeliers, 1928) Roubaix : Jeanne d’Arc écoutant les voix (parc Barbieux, 1951) Rouen : Jeanne au bûcher (place du Vieux-Marché, 1928) ; inscrite au titre des monuments historiques le . Monument de la Victoire (1925), place Carnot, inclut Jeanne d'Arc dans le groupe statuaire Saint-Martin-aux-Buneaux (76) : monument aux morts dans le cimetière de l'église

Autres sujets Béthune : Saint Michel (église saint Vaast) Biarritz : L'Aube (rond-point du Parc d'Hiver, marbre blanc) ; statue d'une femme nue, assise Cholet : Le Vendéen (1935). Lille : Louise de Bettignies (boulevard Carnot, 1927) Le Mont-Saint-Michel : Saint Michel (1941) Orléans : Le Premier Toit (parc Louis-Pasteur.) Paris : Monument au général Mangin (1932), place Denys-Cochin ; fondu en 1940 par l'armée allemande Monument à Pierre de Serbie et Alexandre de Yougoslavie (square Alexandre--de-Yougoslavie, place de Colombie, 1936).. Statue équestre du maréchal Joffre (devant l'École militaire, place Joffre, 1939) Tombe de Marius Plateau (cimetière de Vaugirard) Vierge (chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-miraculeuse, 1933) Marseille : Jeanne-d'Arc (église Saint-Philippe) Roubaix : Monument au Commandant Louis Bossut (parc Barbieux, 1925)

Monuments aux morts Maxime Real del Sarte est l'auteur de la statuaire de nombreux monuments aux morts de la Première Guerre mondiale : Belgique : Stavelot : monument aux morts Steenstraete : monument aux victimes des gaz asphyxiants (1929) détruit par les Allemands en mai 1941 France : Aisne : Berry-au-Bac : monument des chars d'assaut Hirson : monument aux morts Ardèche : Viviers : monument aux morts Gard : La Grand-Combe : monument aux morts (1923) Hauts-de-Seine : Sceaux : monument aux morts Hérault : Ganges : monument aux morts Loire-Atlantique : La Baule-Escoublac : monument aux morts Lozère : Langogne : monument aux morts (1922) Saint-Chély-d'Apcher : monument aux morts Manche : Cerisy-la-Salle : monument aux morts Marne : Sainte-Marie-à-Py : statuaire du monument Aux Morts des Armées de Champagne Meurthe-et-Moselle : Briey : monument aux morts Nord : Lille : monument aux morts Oise : Compiègne : monument aux morts Ressons-sur-Matz : monument aux morts Pas-de-Calais : Laventie : monument aux morts Neuville-Saint-Vaast : monument aux Polonais volontaires pendant la Première Guerre mondiale (La Targette, 1936) ; le modèle est Zofia Kowalczykowska. Pyrénées-Atlantiques : thumb|Monument aux morts de Sare, par Maxime Real del Sarte, 1920. Ascain : monument aux morts Guéthary : monument aux morts Saint-Jean-de-Luz : monument aux morts Sare : monument aux morts Seine-Maritime : Rouen : Monument de la Victoire (place Carnot, inauguré le Journal de Rouen, 16 novembre 1925, .. Le fantassin de gauche du monument représente Charles Maurras, celui de droite Maxime Real del Sarte Monument aux morts des Forains (1931...) Saint-Martin-aux-Buneaux : monument aux morts (1925) Le Tréport Vienne : Sommières-du-Clain : monument aux morts Vosges : Contrexéville : monument aux morts La Réunion : Saint-André : monument aux morts

Publications Au pays de Franco, notre frère latin. Suivi de : Sous le signe de Jeanne d'''Arc, discours prononcé à Domrémy le . Avec une lettre-préface de Charles Maurras, Le Croquis, Paris, 1936. « Préface » à Henry Planche, Un chevalier de Jeanne d'Arc, pièce en 3 actes, Imprimerie Moderne, Chambéry, 1942. « Préface » à M. Dufrénois, Jeanne d'Arc qui revient sauver la France et le , d'après une antique prophétie, Eugène Figuière, Paris, 1936.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Léon Daudet, Maxime Réal del Sarte, en collaboration avec ses frères. Dessins de guerre, De Boccard, Paris,

Articles connexes Fédération nationale des Camelots du roi Compagnons de Jeanne d'Arc Familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française

Liens externes

Maxime Real del Sarte dans la base Arcade''.

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