Le gouvernement de Suchinda Khra-prayun (en thaï : คณะรัฐมนตรีสุจินดา คราประยูร) est le gouvernement thaïlandais du au .
Il succède au premier gouvernement d'Anan Panyarachun, formé en 1991 à la suite du coup d'État de février de la même année, et est remplacé par le second gouvernement par intérim de celui-ci à la suite de la démission de Suchinda Khra-prayoon le .
Contexte Pris dans une affaire de trafic de drogue par les États-Unis, Narong Wongwan, chef du Parti de l'Unité de la Justice (PUJ), parti ayant obtenu le plus de sièges à la Chambre des représentants aux élections de mars 1992, a refusé catégoriquement d'être nommé Premier ministre, pourtant soutenu par sa coalition pro-junte, ainsi que par le Conseil national de maintien de la paix (CNMP) lui-même. Lors de diverses interviews, Suchinda Khra-prayun, commandant en chef de l'Armée royale thaïlandaise, ayant participé au coup d'État, avait lui aussi clairement refusé la fonction.
Finalement, la coalition pro-junte, constituée du Parti de l'Unité de la Justice (PUJ), le Parti de la Nation thaïe (PNT), le Parti de l'Action sociale (PAS), le Parti citoyen thaï (PCT) et le Parti populaire (PP), présente comme candidat au poste de Premier ministre à confirmer par la Chambre des représentants le général Khra-prayun, qui obtiendra 195 voix, contre 165 voix pour Chawalit Yongchaiyut, chef du Parti de la Nouvelle Aspiration (PNA), qui avait obtenu la majorité des suffrages et des voix lors de l'élection de mars, mais seulement 72 sièges à la Chambre.
Par sa nomination et son investiture en tant que Premier ministre le , Suchinda Khra-prayun démissionne de sa fonction de commandant en chef de l'Armée royale et est remplacé par Issarapong Noonpakdee, frère de son épouse, avec Kaset Rojanil, commandant des Forces aériennes royales thaïlandaises. Issarapong Noonpakdee était par ailleurs membre du CNMP et était ministre de l'Intérieur dans le premier gouvernement d'Anan Panyarachun.
Son gouvernement est nommé et investi le .
Composition initiale
Premier ministre
Premier ministre, ministre de la Défense : Suchinda Khra-prayun
Vice-Premiers ministres
Vice-Premier ministre : Vice-Premier ministre : Vice-Premier ministre, ministre de l'Éducation : Vice-Premier ministre : Vice-Premier ministre : Samak Sunthorawet
Ministres TitreTitulaireMinistre auprès du Cabinet du Premier ministrePorte-parole du Cabinet du Premier ministreWissanu Krea-ngamMinistre des FinancesMinistre des Affaires étrangèresMinistre de l'Agriculture et des CoopérativesMinistre des TransportsBanhan Sinlapa-achaMinistre du CommerceMinistre de l'IntérieurMinistre de la JusticeMinistre des Sciences, de la Technologie et de l'EnvironnementMinistre de la Santé publiqueMinistre de l'IndustrieSompong AmornwiwatMinistre des Affaires universitaires
Vice-ministres TitreTitulaireVice-ministre de la DéfenseVice-ministre des FinancesVice-ministre des Affaires étrangèresVice-ministre de l'Agriculture et des CoopérativesVice-ministre des TransportsVice-ministre du CommercePridiyathorn DevakulaVice-ministre de l'IntérieurVice-ministre des Sciences, de la Technologie et de l'EnvironnementVice-ministre de l'ÉducationVice-ministre de la Santé publiqueVice-ministre de l'Industrie
Évolution de la composition du gouvernement
Démission du 26 mai 1992 Le , il est annoncé par , vice-Premier ministre, devenu Premier ministre par intérim à la suite de la démission de Suchinda Khra-prayun le , que a remis sa démission de son poste de vice-ministre de l'Intérieur.
Fin du gouvernement vignette|Manifestants (à gauche) contre forces de l'ordre (à droite) lors du . Du 17 au , 200 000 personnes manifestent en masse contre le gouvernement militaire et la nomination de Suchinda Khra-prayun à Bangkok. Les protestations sont notamment menés par le charismatique général , chef et membre de la Chambre des représentants du parti , ancien gouverneur de Bangkok. Ces événements, dits du "Mai noir" en français (en thaï พฤษภาทมิฬ ; RTGS : Phruetsapha Thamin), sont réprimées dans le sang : les forces de l'ordre ouvrent le feu sur les manifestants le ; la loi martiale est instaurée et les rassemblements de plus de 10 personnes interdits ; pendant trois jours, la capitale est le théâtre d'émeutes durant lesquelles des bâtiments administratifs sont incendiés. La répression est sévère et son bilan avoisine les 50 morts et des centaines de blessés.
Face à la situation, le , le roi Rama IX décida de convoquer le Premier ministre Khra-prayun et Chamlong Srimuang en audience, pour mettre fin au conflit entre les deux camps. La princesse Sirindhorn ainsi que le prince héritier Vajiralongkorn avaient déjà réagi aux événements par des allocutions télévisées dans la même journée.
Le , une loi d'amnistie venant de Khra-prayun est officiellement signée par le roi, exemptant ainsi l'amnistie aux forces de l'ordre ainsi qu'aux civils. La loi n'est pourtant pas conforme légalement, car il n'y a pas eu une réunion du gouvernement sur cette loi, conformément à la Constitution provisoire alors en vigueur à cette période. Un tribunal constitutionnel pour jugement est établi par l'Assemblée nationale.
Le , Suchinda Khra-prayun annonce sa démission de son poste de Premier ministre dans une allocution télévisée. Dans cette allocution, il apporte son soutien à la modification d'un amendement de la constitution permettant au Premier ministre d'être réélu par le Parlement. Alors que les partis de gouvernement mais aussi d'opposition avaient de nouveau proposés des candidats à la fonction, il est annoncé qu'Anan Panyarachun reprenne la fonction. Investi le , son second gouvernement par intérim est nommé 4 jours plus tard. Des élections sont prévues pour septembre.
Notes et références
Catégorie:Gouvernement de la Thaïlande