Le bombardement de Prague est une opération de la seconde Guerre mondiale menée le par les US Army Air Forces.

Il a été causé par une erreur de navigation d'un groupe de bombardiers participant au bombardement de Dresde. Le bilan humain final de cette attaque est de ainsi que .

Déroulement gauche|vignette|redresse=1.2|alt=Photographie en noir et blanc prise en contre-plongée depuis un bombardier en train de déverser des bombes sur une ville.|Lâcher de bombes sur Smíchov vu depuis un bombardier américain.

Lors du bombardement de Dresde, le , une partie de la 8th Air Force, à la suite d'une erreur de navigation à l'estime, survole Prague alors capitale du protectorat de Bohême-Moravie au lieu de Dresde. La ville ne faisait pas partie des cibles alternatives éventuelles, mais l'erreur est due à une forte couverture nuageuse ainsi qu'un vent très fort de près de 160 km/h, ainsi qu'une panne du système radar. 62 B-17 du et groupes de bombardement déversent, à partir de 12h24 et en cinq minutes, environ huit mille bombes d'un poids total de ., suivant la technique du tapis de bombes. Les bombes tombent sur Radlice, Jinonice et Smíchov avant d'atteindre Nové Město et Vinohrady..

Destructions vignette|redresse=0.8|gauche|alt=Stèle commémorative comprenant une trentaine de noms tchèques.|Stèle commémorative aux victimes du bombardement.

Les sirènes retentissent très tardivement, les avions n'ayant pas été détectés. D'autre part, les Pragois n'ont pas été habitués aux bombardements, n'ayant alors subi durant la guerre qu'un unique raid d'un avion sur la centrale électrique de Holešovice le . Les sirènes retentissaient fréquemment du fait du survol fréquent de la capitale par des escadres alliées, mais qui n'attaquaient jusque-là pas..

Toutes les fenêtres des quartiers touchés sont brisées, le verre brisé occasionnant de nombreuses blessures aux habitants. Un premier bilan fait état de , et , mais le bilan final s'élève à et . Certains corps ne sont retrouvés qu'en 1971.

Entre 68 et 93 maisons sont complètement détruites, 190 à 256 autres sérieusement endommagées et plus de deux mille subissent des dommages mineurs ; environ onze mille habitants de la ville se retrouvent sans domicile du fait du bombardement..

En particulier, la de Vinohrady est touchée, et les autorités nazies interdisent aux habitants d'y éteindre l'incendie allumé par les bombes. Les clochers et la voûte de l'église Notre-Dame de Slovénie ainsi que trois bâtiments hospitalires sont également détruits, la maison de Faust, le pont Palacký et la villa Gröbe endommagés ; une quarantaine de rames du tramway sont également touchées plus ou moins gravement.

Réactions et conséquences Du côté américain, l'erreur est perçue dès l'attaque elle-même par certains pilotes, et le chef navigateur Harold Brown est rapidement destitué de son poste. Les membres du groupe se voient interdire toute communication à propos de cette attaque. Les pilotes, de leur côté, ainsi que des historiens tchèques, blâment surtout le chef d'escadre Lewis P. Ensignhttps://www.americanairmuseum.com/archive/person/lewis-p-ensign, qui ordonne le bombardement alors qu'il est en mesure de constater que la ville qu'il survole n'a pas subi le moindre bombardement contrairement à Dresde.

La propagande nazie utilise immédiatement le bombardement en affirmant son du fait des impacts sur les seuls quartiers civils, notamment .

La propagande soviétique utilise également le bombardement de Prague pour discréditer les Américains.

Les dernières traces des destructions perdurent jusque dans les années 1990. En l'an 2000, quatre anciens membres du groupe de bombardier viennent demander pardon en se présentant à l'abbaye d'Emmaüs, mais le prieur Vojtech Engelhart leur répond que le monastère a plus souffert des quarante années d'occupation soviétique que du bombardement de 1945.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Février 1945 (guerre mondiale)

Bibliographie

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