Mohamed Louaïl est un artiste peintre et graveur algérien, né le à Alger et mort le dans la même ville. Il est considéré comme l'un des doyens de l'art moderne algérien avec ses pairs M'hamed Issiakhem, Mohammed Khadda, Abdallah Benanteur, Choukri Mesli, notamment.
Biographie Jeunesse vignette|gauche|upright=0.7|Mohamed Louaïl enfant. Fils de Mounir, ouvrier menuisier-machiniste, et de Yamna Djilali, sœur de Abderrahmane Djilali, historien, homme de religion et de culture, Mohamed Louaïl naît à Belcourt, Alger, le . Cette filiation se retrouve dans son art qui mêle le soin des formes et de la parfaite exécution aux préoccupations intellectuelles ou spirituelles.
Il fréquente notamment l'école Darwin (aujourd'hui Benzineb), où ses dessins d'enfant, ont vite été remarqués.
En 1942, lors du débarquement des troupes alliées, il entre dans les Scouts musulmans algériens, école de nationalisme, et paradoxalement d'universalisme. C'est aussi pour lui l'entrée au collège du Champ de Manœuvres (aujourd'hui Lycée El Idrissi) où va grandir et s'affirmer sa vocation pour l'art.
Formation Louaïl fait ainsi ses études à l'École Nationale des Beaux-Arts d'Alger entre 1948 et 1951. Il est l'élève de Henri Laithier en sculpture, il apprend l'art de peindre chez Louis Fernez, la ronde-bosse sous la direction de Mohammed Racim et enfin la maîtrise de la gravure dans les ateliers de Jean-Eugène Bersier. En 1951, Louaïl obtient le prix de la Ville d’Alger et le grand prix d’honneur de l’École Nationale des Beaux-Arts..
Carrière vignette|Mohamed Temam, Ali Ali khodja, Mohamed Louail et Ali Kerbouche. Dès sa sortie d'école, il se rend à Paris avec M'Hamed Issiakhem. Les deux jeunes hommes sont émerveillés par la découverte de cette ville : c’était celle d’un laboratoire créatif cosmopolite. Il revient en Algérie. Deux ans plus tard, diplôme en poche, classé premier en gravure, il est recruté au service de l’Artisanat dirigé par Lucien Golvin.
À l'aube de l'indépendance de l'Algérie, il fait partie des 12 membres fondateurs de l'Union Nationale des Arts Plastiques. En 1964, il est à l’origine de la création et de la conception du Musée pour Enfants (Parc Mont-Riant, Alger) dont il assume la fonction de directeur de 1964 à 1995.
Mohamed Louaïl se consacre entièrement à son travail de conservateur du musée pour enfants d’Alger. Il peint très peu pendant deux décennies. Tandis qu'une porte sépare son bureau de directeur et son atelier, il s'interdit de produire durant ses horaires de travail par conscience professionnelle..
Les peintures les plus connues de Louaïl sont un portrait de femme datant de 1987 : la femme porte une robe kabyle et un foulard, aux tonalités ocre et rouge, dominées par un fond noir. Datant aussi des années 1980, un autre portrait de femme est réalisé d’une manière beaucoup plus schématique qui l’apparente au cubisme des années trente. Un pot de fleur de la même époque l’apparente à une figuration libre imprégnée de l’esprit d’Odilon Redon, de Matisse et de Cézanne.
En fin de carrière, Louaïl revient à l'art de la maturité et son amour précoce la gravure : il réalise une série de non-figuratives dans lesquelles il exprime sa discrétion, son silence magistral et son sens du détail..
Expositions Mohamed Louaïl participe principalement à des expositions collectives, ses expositions individuelles étant plus tardives. La première a lieu en 1997 et est organisée par le musée national des Beaux-Arts d'Alger. La seconde est un hommage organisé en 2006 par le musée Nasredine Dinet de Bousaâda, qui donne vie à un ouvrage sur son parcours et son œuvre.
En 2007, il participe à l'exposition « Les Maîtres de la gravure algérienne, Benanteur- Khadda- Louaïl », dans le cadre « Alger, Capitale de la culture arabe, 2007 ».
Œuvres majeures
Peinture à l'huile
Carafe (38 x 46 cm) – 1950 - Collection Musée des Beaux-Arts d’Alger Autoportrait (46 x 38 cm) – 1954 - Collection Musée des Beaux-Arts d’Alger Nature morte (60 x 37 cm) – 1955 - Collection privée L’ile de la Grande Jatte (65 x 54 cm) – 1957 - Collection privée Spasme (61 x 82 cm) – 1958 - Collection Musée des Beaux-Arts d’Alger Nature morte (60 x 92 cm) – 1960 - Collection Musée des Beaux-Arts d’Alger Planche à pain (50 x 61 cm) – 1970 - Collection privée Echiquier (42 x 60 cm) – 1972 - Collection Musée d’Art Moderne d’Alger Echiquier (25 x 36 cm) – 1972 - Collection Musée d’Art Moderne d’Alger Damné, debout ! (41 x 33 cm) – 1972 - Collection Musée d'Art Moderne d'Alger Quotidien (69,5 x 28,5 cm) – 1972 - Collection Musée des Beaux-Arts d’Alger Espiègle (38 x 30 cm) – 1975 - Collection privée Femme à la fouta (51 x 37,5 cm) – 1977 – Collection Musée d'Art Moderne d'Alger L’homme au turban (45,5 x 33,5 cm) – 1977 - Collection Musée d'Art Moderne d'Alger Paysage (32,5 x 40,5 cm) – 1977 - Collection Musée Nasr-Eddine Dinet (Bou Saâda) Nature morte (60,5 x 50 cm) – 1982 - Collection Musée Nasr-Eddine Dinet (Bou Saâda) Rondeur (14 x 11 cm) – 1986 - Collection privée Casbah (33 x 25 cm) – 1988 - Collection privée Casbah (33,5 x 41 cm) – 1989 - Collection privée Bande dessinée (73 x 92 cm) - Collection Musée d'Art Moderne d'Alger Nature morte (La pomme) – (60 x 36,5 cm) – 1991 - Collection Musée d'Art Moderne d'Alger Confiscation (38 x 45,5 cm) – 1991 - Collection Musée d'Art Moderne d'Alger Femme au bain (61 x 47 cm) – 1991 - Collection Musée des Beaux-Arts d’Alger Déshérence (58 x 49,5 cm) – 1991 - Collection Musée d'Art Moderne d'Alger Mascarade (61 x 50,5 cm) – 1991 - Collection privée Neurones (57,5 x 41,5 cm) – 1991 - Collection Musée des Beaux-Arts d’Alger Visite au musée (56 x 42 cm) – 1993 – Collection Musée Cirta – Constantine Pudeur (57,5 x 46 cm) – 1993 - Collection Musée d'Art Moderne d'Alger Elucubration (46 x 33 cm) – 1993 - Collection Musée d'Art Moderne d'Alger Torsade (27,5 x 43,5 cm) – 1993 - Collection privée Composition au damier (45 x 37 cm) – 1993 - Collection Musée d'Art Moderne d'Alger Qu’elle était verte ma vallée (50 x 60 cm) – 1993 - Collection Musée des Beaux-Arts d’Alger
Fusains Désarroi (33 x 23cm), 1985, collection privée Frisson (55,5 x 41,5cm), 1985, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger La source (37 x 26 cm), 1985, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Grosse têtes (38 x 48 cm), 1985, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Déstructuration (55 x 40 cm), 1985, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Naissance d’Eve (44 x 56 cm), 1985, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Ciné-Pop (56 x 43 cm), 1986, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Femme d’Alger (44 x 52 cm), 1986, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Cloisonnement (24 x 34 cm), 1986, collection du Musée Cirta, Constantine Songe (49,5 x 41,5 cm), 1986, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Fuite du temps (30 x 20 cm), 1986, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Ultime combat en hommage à M'hamed Issiakhem (57,5 x 38,5 cm), 1986, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Maternité Quel temps fait-il (41 x 33 cm), 1986, collection privée Souffre douleur (30 x 20 cm), 1986, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Bande dessinée (44 x 59 cm), 1989, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Femme d’Alger (54 x 39 cm), 1989, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Femme à la fleur (59 x 44 cm), 1990, collection du Musée des Beaux-Arts d’Alger L’enjeu (52 x 37 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger La demande en mariage (51 x 39 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Promesses (55 x 40 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Le fou de la reine (44 x 59 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger
Pastels Maternité (30 x 20 cm), 1985, collection privée Femme à la Fouta Humeur (47 x 33 cm), 1985, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Femme au couffin (37 x 27 cm), 1986, collection Djamel Lahlou Saisons (28 x 48 cm), 1986, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Autoportrait (29,5 x 19 cm), 1986, collection du Musée des Beaux-Arts d’Alger In Vitro (38 x 28 cm), 1989, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger La femme au masque (53 x 42 cm), 1989, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Maternité Obsidienne (53 x 36 cm), 1989, collection du Musée des Beaux-Arts d’Alger Toilette (59 x 44 cm), 1989, collection privée Casbah Mirobolant (49 x 37 cm), 1989, collection privée Contre courant (52 x 40 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger L'homme au turban Psyché (42 x 30 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Le conteur (37 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Hommage à Issiakhem (43 x 58,5 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Parturiente (37 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Repli (37 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Séparation (37 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Shopping (37 x 27 cm), 1990, collection privée Sable d'or (26 x 36 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Corvée d'eau (37 x 27 cm), 1990, collection privée Maternité ou Mabrouk (37 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Pas touche (37 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Pochette surprise (36 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Bifurcation (26 x 36 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger L'émissaire (26 x 36 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Les musiciens (36 x 26 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger M'as-tu vu (37 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Le modèle et son peintre Le maître d’école (27 x 37 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger L'espoir fait vivre Redjla (37 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Tant va la cruche à l’eau… (36,5 x 27 cm), 1990, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Portrait de femme Nature morte Errance (52,5 x 37,5 cm), 1991, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger Interrogation (42 x 38 cm), 1991, collection du Musée d’Art Moderne d’Alger
Gravures Ove matricielle (14 x 20 cm), 04/1988 Nord – Sud (14 x 20 cm), 04/1988 Paradis perdu (17 x 11,3 cm), 08/1988 5 octobre (21 x 14 cm), 10/1988 Méditerranée (13 x 12 cm), 12/1988 Survol (25 x 13,5 cm), 02/1989 Jusqu’où ? (19,5 x 13,5 cm), 02/1989 Genèse (21,3 x 12,4 cm), 02/1989 Casbah à la truelle (11 x 15 cm), 03/1989 Casbah au chat (19 x 15 cm), 03/1989 Casbah au cactus Pastorale (23 x 12 cm), 03/1989 Brodeuse (18 x 13 cm), 03/1989 Fantasmes (15 x 18 cm), 03/1989 Lourd fardeau Promesses Imbrication (15 x 11 cm), 04/1989 Rose (16 x 11 cm), 04/1989 Point noué (19 x 15 cm), 04/1989 Le temps d’apprendre à vivre… (15 x 11 cm), 04/1989 Enfermement (22 x 14 cm), 06/1989 Le chat de gouttière Toilette (19 x 15 cm), 02/1992 Fuite du temps Psyché (15 x 11 cm), 03/1992 Floraison (21 x 14 cm), 07/1992 Loin du bruit (16 x 20,7 cm), 01/1993 Grand large (21 x 16 cm), 04/1995 Le fou de la reine (16,5 x 21,5 cm), 01/1998
Timbre poste
Sculpture vignette|Maquette de la structure monumentale à partir du motif central de l'emblème national d'Algérie. L'œuvre puise ses éléments constitutifs dans le répertoire sémiotique national.
L'idée d'un monument projetant dans l'espace le motif central de l'Emblème National a germé dès les débuts de l'Indépendance. Sur le papier, de nombreuses analyses et esquisses de formes ont été étudiées.
Une première réalisation aboutit, en 1981, à la réalisation d'une maquette pouvant servir de monument commémoratif (maquette).
Cependant les recherches continuent. En 1988, le travail se développe en hauteur dans l'espace : le résultat est actuellement cristallisé sur deux ensembles assez voisins (deux maquettes).