Pierre Le Guen, né à Versailles le et mort le à Vannes, est un dessinateur et scénariste de bande dessinée français. Il a également réalisé de nombreuses illustrations pour des romans pour la jeunesse.
Biographie
Pierre Le Guen est le deuxième d'une famille de six enfants. Il est originaire d'un milieu modeste puisqu'en effet, sa mère travaille comme femme de ménage tandis que son père est ouvrier boulanger à Versailles, la ville où Pierre Le Guen voit le jour et grandit. Sa passion pour le dessin le prend très tôt et il s'amuse à recopier ce qu'il voit, notamment les publicités de la Vache qui rit (dessinée par Benjamin Rabier). Il continue également de se former au travers de cours particuliers de dessin auxquels ses parents l'inscrivent, soucieux de l'encourager dans cette voie, et il y apprend l'aquarelle et la peinture à l'huile. Le jeune Le Guen rêve alors encore de devenir horloger. En grandissant, il commence des études d'Arts Appliqués à l'industrie et suit durant trois ans des cours de peinture en bâtiment qui ne l'intéressent guère.
Début de sa carrière Sa carrière potentielle de dessinateur commence réellement lorsqu'il décide de participer à un concours de dessin consistant en l'envoi d'une bande dessinée brève de genre humoristique au magazine O.K. Il réalise sa participation en couleur et remporte le premier prix du concours, ce qui lui permet de gagner un abonnement gratuit de six mois au magazine. En parallèle, Le Guen parvient à devenir l'assistant du dessinateur de bande dessinée René Brantonne, qu'il a connu par son fils (qui collabore parfois avec son père sous le pseudonyme de Jack de Brown) qu'il côtoyait durant ses études d'Arts Appliqués. Il est principalement chargé de réaliser ses crayonnés. Sa collaboration avec Brantonne débute en 1946 mais devient difficile. Ses dessins sont publiés sous le nom du dessinateur qui lui donne un salaire très faible, et Le Guen définit sa relation avec le dessinateur dans une interview:« le dessinateur « B.... » dont je suis le nègre ». Toutefois, son travail auprès de Brantonne lui permet de travailler son style et de se développer en tant que dessinateur.
Il participe de nouveau quelque temps après à un autre concours également lancé par O.K mais est classé « hors concours ». Pourtant, la rédaction, enthousiasmée par son style et à la recherche de nouveaux dessinateurs pour le magazine, le recontacte. Il est alors invité à réaliser une bande dessinée pour O.K et le rédacteur en Chef, René Detire, publie en 1947 son œuvre nommée Tangor, un dérivé de la bande dessinée américaine Tarzan.
Son travail d'assistant auprès de René Brantonne s'achève brutalement lorsque celui-ci se rend compte que Le Guen, en dehors de son travail d'assistanat, publie aussi des bandes dessinées (à l'exemple de Tangor) à son propre compte pour augmenter son maigre salaire. Le Guen est renvoyé et les relations que Brantonne entretient avec René Detire lui coûtent également sa place au sein du magazine O.K. La publication de Tangor est arrêtée net au profit d'une nouvelle série de Brantonne.
De Vaillant aux Pieds Nickelés magazine Après la perte de ses principales activités, Pierre Le Guen commence son service militaire et choisit en 1949 de contacter les éditions Vaillant à qui il présente ses dessins au comité de rédaction du journal alors composé de Jean Ollivier, Pierre Olivier et Roger Lécureux. Il intègre l'équipe de dessinateurs et devient chargé des dessins de la série Hurrah Freddi scénarisée par Roger Lécureux. En 1953, Pierre Le Guen abandonne ce personnage au profit de Nasdine Hodja, une série se déroulant en Orient à l'origine créée par René Bastard. Le Guen prend plaisir à travailler sur cette série qui lui permet de peaufiner encore son style et sa manière de travailler. Roger Lécureux demeure son scénariste et il poursuit donc sa collaboration avec lui, toujours pour le magazine Vaillant. En parallèle, et toujours durant son service militaire, dans l'objectif de se faire de l'argent de poche, Le Guen réalise également des illustrations pour d'autres productions communistes. Il collabore ainsi avec le magazine 34 Caméra (il a notamment réalisé les dessins du numéro 33 de 34 Caméra, « Toute à tribord ») ainsi que, brièvement, avec le journal communiste Ce soir dimanche.
1955 marque le début de ses travaux de dessinateur pour les éditions G. P., principalement pour les collections Rouge et Or et Spirale, en contrat d'exclusivité, même si le domaine de la bande dessinée lui est toujours ouvert. En 1956 et jusqu'en 1959, Le Guen reprend le personnage photographe de Jacques Flash pour la série du même nom éditée par Vaillant. La série s'interrompt alors pour passer au format des récits à suivre, et Le Guen cesse d'en être le dessinateur. En parallèle de son travail chez Vaillant, il est également dessinateur pour Coq Hardi, le journal pour enfant créé par Marijac, avec notamment Champion courageux en 1951, à propos de boxeurs, ou encore entre 1952 et 1953 Ombres blanches, une bande dessinée en couleur qui fait la première page du numéro 109. Des illustrations lui sont également demandées pour du rédactionnel ou encore des contes publiés par le magazine. Il travaille ensuite en 1953 chez Mireille pour qui il fournit la longue série mélodramatique lOrpheline du cirque. Sa collaboration avec de multiples journaux résulte davantage de sa passion pour le dessin que d'une réelle nécessité financière puisque après l'échec aux côtés de Brantonne qui le payait une misère, il reçoit en revanche chez Vaillant une fiche de paie confortable. Le dessinateur connaît aux côtés des éditions Vaillant le changement de format du journal mais cela n'entache absolument pas son travail : il n'est pas dérangé par cette brusque réduction de format et la limitation de la couleur à la première page de la bande dessinée. Enfin en 1969, il quitte sa série phare de Nasdine Hodja. Selon l'interview réalisée dans le magazine Hop ! de , Pierre Le Guen affirme avoir été dessaisi de la série après avoir réclamé une augmentation de cinq francs par planche, parce qu'il pensait n'être « pas assez payé à ce moment-là », et qu'il a donné sa démission parce que le rédacteur Georges Rieu a confié le personnage de Nasdine Hodja à un autre dessinateur, Angelo di Marco. En 1970, il se présente chez Fleurus qui recherche un dessinateur pour le magazine Formule 1 pour qui il réalise Frank et Drago, une série policière, et toute une série de bandes dessinées plus légères, notamment celles scénarisées par Josselin. La collaboration avec Formule 1 se termine quatre ans après.
En 1971, Pierre Le Guen est contacté par le journaliste et historien de la bande dessinée Henri Filippini en raison de son affection pour les dessins de bateaux. Il crée alors le personnage du Capitaine Enfer qui est présent dans les huit premiers numéros des Pieds Nickelés Magazine. Le Guen s'occupe à la fois du scénario et du dessin dans cette série de bande dessinée, par volonté, bien que ce ne soit pas ses premiers pas en matière de scénario. Il a en effet par le passé eu à réaliser certains scénarios de Nasdine Hodja. Malheureusement, les Pieds Nickelés Magazine ne tient pas et est un échec. En 1974, Pierre Le Guen voit tout de même son personnage du Capitaine Enfer être publié à nouveau pour un récit complet dans le magazine mensuel Lucky Luke chez Dargaud, sous le nom de Capitaine Chérubin. À la différence de la première série, Capitaine Chérubin est en couleur et n'est plus scénarisé par Le Guen mais par Gourmelen, un scénariste français.
De Pif à Five stars En 1976, il travaille pour PIF, des éditions Vaillant, et réalise trois récits courts selon le scénario du journaliste et scénariste Jean Sanitas pour la série Stanislas Fox au personnage éponyme.
En 1978, Pierre Le Guen est contacté à nouveau par Filippini pour Circus, un mensuel, afin de réaliser les dessins de la Vie d'Artiche scénarisé par Christian Godard (La Vie d'Artiche est édité en album un an après chez Glénat). Avec Circus, il côtoie l'univers de la nouvelle presse pour adulte qui voit le jour à travers des magazines comme l'Écho des Savanes de Gotlib ou encore Métal Hurlant des Humanoïdes associés, mais il n'en apprécie que la liberté et ne se montre pas réellement réceptif au genre.
En 1980, le dessinateur découvre le studio Five stars et collabore à l'adaptation en bande dessinée des dessins animés d'Albator le corsaire de l'espace ou encore de Capitaine Fulgur.
Fin de carrière L'un de ses derniers travaux d'illustration est celui de 1985 des Grecs, aux éditions Bordas, réalisé avec Max Lenvers. Il déménage ensuite en Lorraine et décide de quitter sa profession de dessinateur pour la photographie industrielle et la sérigraphie. Il se consacre également à la peinture réaliste et choisit de représenter son quotidien.
Vie privée Pierre Le Guen est marié et a des enfants, notamment une fille montrant du talent pour le dessin et la peinture. Ses enfants sont par ailleurs une source d'inspiration pour sa peinture.
Une vocation et ses inspirations Pierre Le Guen avant de devenir scénariste et dessinateur souhaitait être horloger, mais c'est après avoir gagné un concours organisé par le journal O.K en 1946 qu'il change de voie. Ce n'est pas une vocation que l'on pourrait qualifier de familiale, puisque son père est boulanger, et sa mère femme de ménage. Enfant, il était aussi passionné de bandes dessinées américaines, et de leurs histoires palpitantes.
Les inspirations de Pierre Le Guen reposent dans les bandes dessinées éditées chez Hachette comme Tarzan, qu'il lisait beaucoup étant enfant, ou encore l'Aventureux (une bande dessinée hebdomadaire pour garçon qui ne publiait que des bandes dessinées sans aucun autre contenu rédactionnel) chez Hurrah. La bande dessinée américaine, qui a donc bercé son enfance, l’influence aussi beaucoup, comme les aventures du héros d'Alex Raymond (créateur d'autres héros connus comme Flash Gordon ou encore Jungle Jim ou Agent Secret X-9), Rip Kirby.
Ses contributions Pierre Le Guen a contribué à de nombreux magazines comme O.K dans lequel il a démarré (avec notamment la série Tangor), Vaillant, Coq Hardi, Formule 1, Les pieds Nickelés Magazine, Circus. Il participe aussi à quelques illustrations de revues comme celles d'ouvrages de la collection Histoire Junior (Marie Curie ou encore, Louis XIV). Il a participé à l’Encyclopédie de la BD ainsi qu'à l'équipe de dessinateurs de la bande dessinée Albator. Il livre également quelques illustrations dans des romans jeunesse comme La Vallée des éponges (1958) ou les Malheurs de Sophie (1961) dans la collection Rouge et Or.
Dans O.K, journal pour la jeunesse, il n'est qu'un simple illustrateur des aventures de Tangor. Il fait notamment son apprentissage chez Brantonne. À la suite d'une mésentente avec un autre dessinateur avec qui il travaillait (qui s'avère être Brantonne), son travail lui est retiré et les aventures de Tangor s'arrêtent brusquement. Il travaille aussi un temps dans une filiale de O.K, Kid Magazine pour lequel il crée le western Rixe. Dans Vaillant il reprend la série de Claude-Henri Hurrah Freddi! Il prend part au dessin des aventures de Nasdine Hodja, une création de Roger Lécureux. C'est dans Formule 1 qu'il livre ses premiers récits complets comme Sponx l'homme éponge, une série d'humour, il compose aussi des posters comme celui de Versailles au ou encore trois histoires à suivre. Il fournit aussi des illustrations pour quelques publicités comme Assimil, une méthode d'apprentissage des langues étrangères, en 1973.
Nasdine Hodja, contribution principale