Les élections législatives grecques de mai 2023 ont lieu le afin de renouveler pour quatre ans les du Parlement grec.

Affaibli par un scandale de mise sous écoute de plusieurs personnalités publiques et politiques, le Premier ministre et dirigeant de Nouvelle Démocratie, Kyriákos Mitsotákis, fait face à une opposition dominée par le parti SYRIZA de l'ex-Premier ministre Aléxis Tsípras et le PASOK - Mouvement pour le changement de Níkos Androulákis. Pour la première fois depuis 1990, le scrutin est entièrement proportionnel, sans prime majoritaire.

Nouvelle Démocratie arrive largement en tête et manque de peu la majorité absolue des sièges du fait du nouveau mode de scrutin, face à une opposition divisée. Malgré des sondages favorables, SYRIZA chute lourdement et recueille deux fois moins de suffrages que le vainqueur. Ce recul profite notamment au PASOK-KINAL, parti de centre gauche qui augmente de moitié sa représentation parlementaire.

Réitérant son refus exprimé lors de la campagne de former un gouvernement de coalition, Kyriákos Mitsotákis ouvre la voie à de nouvelles élections. Ces dernières doivent en effet voir le retour du système de prime majoritaire, permettant ainsi au Premier ministre d'espérer obtenir seul la majorité au Parlement.

Contexte Gouvernement Kyriákos Mitsotákis

vignette|gauche|upright=0.7|Kyriákos Mitsotákis Les élections législatives de juillet 2019 voient la défaite du parti SYRIZA du Premier ministre sortant Aléxis Tsípras. Portée par ses victoires aux élections européennes et locales organisées quelques mois plus tôt, le parti Nouvelle Démocratie (ND) arrive largement en tête ... Avec un peu plus de 39 % des suffrages, il décroche la majorité absolue des sièges grâce à l'attribution d'une prime majoritaire au parti arrivé en tête. Son dirigeant, Kyriákos Mitsotákis, remplace Aléxis Tsípras au poste de Premier ministre. Arrivée deuxième, SYRIZA est suivie du Mouvement pour le changement (KINAL) et du Parti communiste, tandis que l'ancien partenaire de coalition de SYRIZA, le parti des Grecs indépendants, s'abstient de participer au scrutin..

Courant , le Premier ministre fait l'objet d'un important scandale d'affaires d'écoutes téléphoniques. Une enquête menée par le journaliste Dimítri Terzí pour le compte du Le journal des rédacteurs (Efimerída ton Syndaktón) révèle en effet que des personnalités publiques, des journalistes et des politiciens ont été mises sous écoute téléphonique via un logiciel espion en dehors de tout cadre légal. L'affaire, qui déclenche la formation d'une Commission d'enquête du Parlement européen, est à nouveau alimentée un an plus tard par le journal Documento, qui accuse Kyriákos Mitsotákis d'avoir fait placé sous écoute un total de trente trois personnalités dont plusieurs de ses ministres ainsi que des dirigeants de parti politique. Le journal s'appuie sur des sources au sein des services de renseignement grecs, conduisant son directeur de publication, Kostas Vaxevanis, a accuser le Premier ministre d'être le du réseau de surveillance d'un . L'affaire amène l'ensemble de l'opposition à demander la démission de Mitsotákis. Celui-ci se défend en reconnaissant l'existence du réseau mais en niant toute implication dans sa mise en œuvre, qualifiant les accusations du journal d'.. En tant que chef de l'opposition, Aléxis Tsípras finit par déposer le 26 janvier une motion de censure à l'encontre du gouvernement.. La motion est cependant rejetée le lendemain par 156 voix contre sur 300, le Premier ministre parvenant à conserver le soutien de son parti, toujours majoritaire à la .. Le scandale nuit cependant gravement aux relations de Nouvelle Démocratie avec le Mouvement pour le changement, alors même qu'Aléxis Tsípras se déclare ouvert à la formation d'une coalition avec ces derniers.. Événements récents vignette|Manifestation à Athènes le 8 mars 2023 à la suite de l'accident ferroviaire de Larissa Le gouvernement fait par ailleurs face à l'indignation de la population lors de l'acquittement en octobre 2022 d'anciens responsables de l'entreprise allemande Siemens. Acquittés en appel, ces derniers étaient poursuivis pour corruption dans le cadre de l'une des plus grosses affaires de ce genre qu'ait connues le pays, Siemens ayant reçu d'importants contrats de modernisation du réseau téléphonique dont les montants auraient été artificiellement augmentés en l'échange du versement de pots-de-vin. Le surcoût pour le pays, estimé à environ deux milliards d'euros, provoque une indignation amplifiée par les difficultés économiques de la population dans le contexte de l'austérité imposée par la crise de la dette publique qui touche alors le pays.. Le gouvernement se défend sur ce terrain économique en mettant en avant son bilan en la matière, avec une maitrise de l'inflation et la mise en place de subventions sur les prix de premières nécessités afin de soutenir les ménages précaires..

Les élections législatives ont également lieu dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 et du regain de tensions avec le voisin turc quant au contentieux en mer Égée sur fond de découverte de gisements d'hydrocarbures. Le violent séisme qui touche la Turquie début février 2023 amène cependant à une accalmie des relations entre les deux pays, qui renouvellent une tradition d’assistance mutuelle face aux catastrophes naturelles..

Trois mois avant le scrutin, début février 2023, le Parlement vote un amendement à la loi électorale interdisant aux partis dont les dirigeants ont été condamnés pour appartenance à une organisation criminelle de participer aux élections. L'amendement vise ouvertement le nouveau parti d’extrême droite Les Hellènes de l'ancien porte-parole d'Aube dorée, Ilías Kassidiáris, condamné en 2020 à 13 ans de prison ferme sous ce motif. Selon les sondages, le parti disposait tout juste d'assez d'intentions de votes pour espérer obtenir des sièges..

Le , un accident ferroviaire se produit à hauteur de Larissa, causant la mort de 57 passagers. Cette catastrophe suscite une immense émotion doublée d'une colère au sein de la population. De nombreuses manifestations sont organisées dans les semaines qui suivent, réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes... Les manifestants dénoncent l'incurie du système ferroviaire grec, en partie privatisé à la demande de l'Union européenne dans le cadre de la crise de la dette publique, et plus généralement .. L'accident de Larissa constitue un tournant dans la période précédant les élections, Nouvelle démocratie connaissant dès lors un net décrochage dans les sondages d'opinionsΤο πολιτικό ορόσημο των Τεμπών

Trois semaines après le drame, le Premier ministre annonce la tenue des élections législatives au mois de , soit avec deux mois d'avance sur le terme naturel de la législature, mais un mois plus tard que ce qu'il aurait initialement souhaité..

Parti Sièges 2019 SortantsND 158 156SYRIZA 86 87PASOK-KINAL 22 22KKE 15 15EL 10 10MéRA25 9 6IND 0 4 Total300300

Système électoral vignette|gauche|Hémicycle du Parlement. La République hellénique est dotée d'un Parlement monocaméral, également appelé , composé de pourvus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes ouvertes et seuil électoral de 3 % dans 59 circonscriptions électorales. L'une d'entre elles, représentant douze sièges, couvre l'ensemble du pays, tandis que les autres le découpent à raison de par circonscription, en fonction de leurs populations. Parmi celles ci, sept ne comportent ainsi qu'un seul siège. Le mode de scrutin dans ces dernières y est par conséquent de facto uninominal majoritaire à un tourΕφημερίδα της Κυβερνήσεως τη Ελληνικής Δημοκρατίας Gazette du gouvernement hellénique.

Les listes étant dites ouvertes, les électeurs ont la possibilité d'effectuer un vote préférentiel pour un maximum de quatre candidats issus de la liste pour laquelle ils votent, afin de les faire monter en place dans celle-ci.. Une fois les bulletins dépouillés, les sièges à la proportionnelle sont répartis selon la méthode de Hagenbach-Bischoff entre toutes les listes ayant franchi le seuil de 3 % des votes valides, et les candidats ayant recueilli le plus de voix en leur nom dans chacune des listes se voient attribuer un siège en priorité.

L'âge minimal pour se présenter à la députation est de . Le vote est obligatoire pour tous les électeurs de moins de , avec une peine de prison théorique allant de un mois à un an, mais aucune condamnation n'a jamais eu lieu. Depuis 2019, l'âge d'obtention du droit de vote est de dix-sept ansΕφημερίδα της Κυβερνήσεως τη Ελληνικής Δημοκρατίας Gazette du gouvernement hellénique. Changements récents vignette|redresse|right|Bulletins disposés dans un bureau de vote lors du scrutin. Il s'agit des premières élections législatives à ne pas comporter de prime majoritaire depuis celles de 1990. Cette prime attribuait 50 sièges au parti arrivé en tête, les 250 autres étant répartis à la proportionnelle. Représentant 16,7 % du total des sièges, elle permettait en théorie à un parti d'obtenir la majorité absolue dès lors qu'il recueillait au moins 40,4 % des voix. Ce chiffre diminuait cependant lorsque des partis n'arrivaient pas à franchir le seuil électoral de 3 %. Ainsi, lors des élections de mai 2012, sept partis sur trente-deux avaient franchi le seuil, ce qui a avait eu pour conséquence d'abaisser la part minimale des voix à 32,8 %.

La prime majoritaire est supprimée par la réforme de la loi électorale de , qui abaisse entre autres le droit de vote de 18 à . L'intégralité des sont par conséquent élus à la proportionnelle intégrale. La loi n'ayant pas recueilli la majorité qualifiée des deux tiers nécessaire, elle ne s'applique qu'après la législature suivante. La réforme ne s'applique par conséquent pas aux élections de 2019, mais pour les élections suivantes en 2023Σκουρλέτης: Μακάρι η απλή αναλογική να εφαρμοστεί στις επόμενες εκλογές.

En janvier 2020, une prime majoritaire est réinstaurée, mais sous une forme facultative par paliers. Le parti arrivé en tête ne reçoit ainsi une prime qu'à condition de réunir plus de 25 % des suffrages exprimés. La prime est de 20 sièges plus 1 siège par palier de 0,5 % au-dessus de 25 % des voix, jusqu'à un maximum de 50 sièges pour un total de 40 % des voix. Le reste variable des sièges est attribué à la proportionnelle de manière que le total soit toujours de 300. La loi n'ayant pas, comme la précédente, obtenu les voix de 200 députés sur 300, elle ne s'applique pas aux élections législatives de 2023, qui ont donc lieu à la proportionnelle intégrale, mais aux suivantes..

Forces en présence