Henri Joseph Brugère, né à Uzerche (Corrèze) le et mort au col du Lautaret sur la commune de Villar-d'Arêne le , est un militaire français, général de division, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire.
Sorti de l'École polytechnique en 1859, il est élève à l'École d'application de l'artillerie et du génie en 1861. Il participe à la conquête de l'Algérie en 1863 puis à la guerre franco-allemande de 1870. Il est fait prisonnier après la reddition de Metz en octobre puis s'évade et rejoint le gouvernement de la défense nationale à Tours. En 1880, il est chef de la maison militaire du président Jules Grévy. Il est envoyé en Tunisie en 1881 puis au Tonkin. Promu général de brigade en 1887, il devient secrétaire général de la présidence. Il est promu général de division en 1890, gouverneur militaire de Paris en 1899 et devient vice-président du Conseil supérieur de la guerre de 1900 à 1906. Il reçoit la grand-croix de la Légion d'honneur après quarante-quatre années de services et six campagnes. Passé dans le cadre de réserve en 1908, il est réintégré à sa demande au service actif au début de la Première Guerre mondiale en 1914 et participe à la défense d'Amiens. Il trouve la mort au col du Lautaret au cours d'une excursion.
Biographie Fils de Henri Charles Brugère, notaire et maire de Tulle, et de Elisabeth Mougenc de Saint-Avid, Henri Joseph Brugère naît à Uzerche le .
Entré à l'École polytechnique en 1859, diplômé en 1861, il entre alors à l'École d'application de l'artillerie et du génie de Metz.
En 1863, dirigé dans les provinces de Constantine et d'Oran, il est lieutenant au d'artillerie montée puis au d'artillerie à pied, en 1864. Il passe lieutenant en premier en 1866 et, en 1867, il est fait chevalier de la Légion d'honneur pour sa conduite durant l'épidémie de choléra en Algérie.
Promu capitaine en , il passe au régiment d'artillerie à Cheval à Grenoble. Quand éclate la guerre de 1870, il devient adjoint du commandant de l'artillerie du corps d'armée et participe aux batailles de Borny, de Rezonville et de Saint-Privat. Fait prisonnier lors de la capitulation de Metz, il s'évade le , arrive à Tours et rejoint l'Armée de la Loire au CA. Nommé capitaine en premier en novembre, il participe à la bataille de Juranville, le , à celle de Maizières, le et à celle de Gien, le .
Le , il est cité à l'ordre de l'armée : .
Le , il est promu chef d'escadron et rejoint, avec les capitaines Philibert d'UsselPhilibert d'Ussel est l'auteur de l'ouvrage Campagne d'un volontaire sur la Loire et dans l'Est paru en 1872 et Raoul de JouvenelRaoul de Jouvenel deviendra préfet et le général Billot, tous également Corréziens, l'armée de l'Est. Il devient chef d'état-major de l'artillerie du corps d’armée. Il combat aux batailles de Villersexel le sous le commandement du général Billot, à Héricourt du 15 au et au défilé de la Cluse le , où l'armée de Bourbaki, qui après avoir négocié la Convention des Verrières avec le général suisse Hans Herzog, a été internée en Suisse, après avoir été désarmée au passage de la frontière le . À la suite de ses faits de guerre, il est fait officier de la Légion d'honneur.
Une nouvelle fois fait prisonnier, il s'évade de nouveau et parvient à Bordeaux d'où il est envoyé, à sa demande, pour réprimer l'insurrection en grande Kabylie où il se distingue lors des combats livrés par la colonne Lallemand. vignette|En bas à gauche auprès de Sadi Carnot. vignette|J. Brugère présente les manœuvres de Bétheny du bras au Ministre de la guerre André.
L'ordre régnant de nouveau, il rentre en France où il est nommé, de 1872 à 1874, au d'artillerie montée en garnison à Tarascon puis à Orléans de 1874 à 1880 où il est nommé lieutenant-colonel, chef d'État-major de l'artillerie du d'armée et qu'il se marie.
Le , il est nommé chef de la maison militaire du président de la République, Jules Grévy, et secrétaire général de la présidence.
Promu colonel en 1881, il prend part à la campagne de Tunisie, du au et est présent à tous les combats engagés par la colonne Logerot. Son officier d'ordonnance est alors le capitaine André Déroulède, frère de Paul Déroulède.
De retour en France, il reçoit, en , le brevet d'état-major et commande le d'artillerie cantonné à Vincennes.
Nommé général de brigade le , il reste au palais de l'Élysée après l’élection de Sadi Carnot, conservant ses fonctions de chef de la maison militaire et de secrétaire général de la présidence.
En 1888, il est victime d'un accident de chasse lors des chasses présidentielles à Rambouillet.
En 1890, il est promu général de division.
En 1892, il quitte la maison militaire et le secrétariat de l'Élysée et prend la tête de la division d'infanterie à Reims et reçoit, le , la cravate de commandeur de la Légion d'honneur.
En 1894, il prend le commandement du CA à Bourges puis, en 1897, le CA à Amiens et est promu, le , grand-officier de la Légion d'honneur et est appelé la même année au conseil supérieur de la guerre. C'est à l'époque également un habitué du salon de Lemaire, où il se trouve des soutiens dans la haute société parisienne.
De 1899 à 1900, il est gouverneur militaire de Paris durant la période de l'Exposition Universelle et du gouvernement Waldeck-Rousseau.
En 1900 devenu inspecteur d'Armée il devient vice-président du conseil supérieur de la guerre, c'est-à-dire le plus haut officier de l'armée française. De 1900 à 1905, il dirige les grandes manœuvres annuelles. En 1901, il commande, devant le tsar Nicolas II et le président de la République française Émile Loubet, les grandes manœuvres et la revue de Bétheny, réunissant Histoire de Bétheny Cartes postales de Bétheny.
Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le puis décoré de la Médaille militaire le .
Il reçoit également plusieurs médailles et ordres étrangers.
Le , il passe en deuxième section du cadre de réserve des officiers généraux. Il écrit et publie plusieurs Mémoires. Les siens tout d'abord puis des mémoires qui paraissent dans diverses publications comme la Revue de d'Artillerie, Mémorial des Officiers d'Artillerie et publie La tactique de l'artillerie pendant la guerre de 1866.
En 1914, à et en parfaite santé, il demande à être réintégré au service actif. Le ministre de la Guerre et futur président de la République française Alexandre Millerand, lui donne, le , le commandement de quatre divisions d'infanterie territorialeIl s'agit des 8, 82, 84 et 88 divisions d'infanterie territoriale. JMO - 2 août-10 décembre 1914 - 26N258/8 qui montent au front entre Amiens et Béthune.
En , la guerre se stabilisant dans les tranchées, les groupes de divisions territoriales mises en première ligne, sont dissous. Fort de ses appuis politiques, il est détesté par ses collègues généraux et surnommé le "videur de pots de chambre du président Sadi Carnot" par le général Castelnau ; il a été évincé par le général Foch qui l'accuse de défaillances. Il est alors nommé inspecteur général dans les régions de l'Intérieur.
Le , il reçoit sa à l'ordre de l'armée et la Croix de guerre avec palmes : « Le Général Brugère a commandé pendant un mois avec la plus grande énergie un groupe de divisions territoriales avec lesquelles il a combattu en première ligne à côté des corps d'armée actifs, résisté aux plus violentes attaques de l'ennemi et fait reculer la Garde prussienne. Pendant ces dures journées, a constamment fait sentir son action personnelle et a su communiquer à tous la foi qui l'animait et son dévouement absolu au Pays… »
En 1917, il est appelé à diriger la commission d'enquête constituée après l'échec des offensives Nivelle au chemin des Dames.
Après plusieurs missions militaires accomplies, âgé de , il prend quelques jours de congés dans la région de Grenoble, qu'il a connue lors de la guerre de 1870. Le , il meurt d'une rupture d'anévrisme dans l'automobile qui le conduit en excursion au col du LautaretArchives départementales des Hautes-Alpes, commune de Villar-d'Arêne, année 1918, acte de décès .
Trois de ses fils combattent lors de la Grande guerre dont l'un, commandant, est mort disparu, au combat près de Juvigny le Lemouzi page 131.
Distinctions Décorations Françaises (1906)Michel Wattel et Béatrice Wattel (préf. André Damien), Les Grand’Croix de la Légion d’honneur : De 1805 à nos jours, titulaires français et étrangers, Paris, Archives et Culture, 2009, p. 92. (1904), remise le 1er janvier 1905 par le président Loubet Grand officier, remise en 1897 par le président Faure Commandeur, remise le 14 juillet 1892 par le général Jamont Officier, remise le 17 mars 1872 par le général Le Tourneur
pour son importante contribution à l'amélioration des poudres et explosifs dans l'artillerie française et à la rédaction de l'aide mémoire à l'usage des officiers d'artillerie ;
50px : Médaille commémorative de la guerre 1870-1871 ; 50px : Médaille coloniale (Algérie - Tunisie) ;
Décorations Étrangères 50px : Grand Croix de l'Ordre royal de Dannebrog ; 50px : Grand Officier de l'Ordre de Leopold ; 50px : Chevalier de de l'Ordre de Saint-Alexandre Nevski ; 50px : Grand Officier de l'Ordre de l'Osmanié ; 50px : Commandeur de l'Ordre de François-Joseph ; 50px : Commandeur avec plaque de l'Ordre de Pie IX ; 50px : Commandeur avec plaque de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.
Notes et références
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