Lambretta est une marque de scooters fabriqués par la société italienne Innocenti SpA qui doit son nom à son usine de Lambrate près de Milan. Cette marque a été créée en 1947 et a cessé ses activités en 1972, avant de sortir de nouveaux modèles en 2018.
Historique À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise Innocenti SpA, spécialisée dans les tubes industriels non soudés en acier et les échafaudages à montage rapide, voit, comme la majorité de l'industrie italienne, son activité reprendre fortement.
À la recherche de nouveaux marchés pour étendre son champ d'activités, Ferdinando Innocenti s’oriente vers un besoin particulier de la nouvelle vie civile : le transport populaire.
À l'instar de Piaggio et de sa Vespa, le scooter va devenir le produit principal du nouveau département transports d'Innocenti qui, dès 1956, se lance également dans la construction automobile.
La maison Innocenti dessine son premier scooter (dit « modèle A ») en 1947 dans son usine de Lambrate près de Milan. L'endroit donne son nom au scooter puis, à la marque : Lambretta. Elle fait figure d'icône au sein du mouvement Mods.
Modèles vignette|Lambretta 125 B. Le Lambretta A est un scooter biplace à moteur central monocylindre 2-temps, de , avec transmission par arbre sous carter faisant bloc avec le moteur. Il possède trois vitesses à commande au pied et atteint la vitesse de sur ses roues de huit pouces. Le châssis tubulaire comprend une partie centrale à section carrée surmontée de tubes ronds supportant la selle, le réservoir et le coffre. Sur ce premier modèle, il n'y a pas de suspension arrière.
Il est suivi, en 1948, par le modèle « B », assez similaire, mais avec une suspension arrière, des roues plus larges, une commande des vitesses par poignée tournante et un compteur de vitesse.
En 1949 apparaît le premier triporteur sous la marque « LAMBRO » sur la base du modèle « B ». En France, mais avec un moteur différent, le triporteur sera diffusé sous le label « P. Vallée ». thumb|Lambretta 125 LD. 1950 voit l'arrivée du modèle « C » qui abandonne le cadre à section carrée pour un cadre monotube rond, mais qui conserve la même disposition de base sous un aspect simplifié, réduit à l'essentiel.
Une version luxe du C est produite avec des ailes pour couvrir le moteur et un tablier complet : le Lusso C ou LC.
Après quoi, sort, en 1951, le modèle « D » en 125 et , très proche du « C », avec un refroidissement par air forcé pour le 150 D et une vitesse maximum de . La version carénée suit également, c'est le fameux « LD » produit jusqu'en 1959 en 125 et pour 5 et , y compris en France près de Troyes où la SIT (Société Industrielle de Troyes) produit les Lambretta LD françaises. Au début, la carrosserie est similaire à celle du LC, seule la couleur diffère (marron pour LC, gris bleu pour LD). Toutefois, la réglementation française impose un phare de plus grande dimension. Les premières LD ont donc une collerette agrandie pour accueillir un phare aux normes françaises, avant que soit ajouté un élément central au tablier et comportant un logement de phare redessiné et agrandi, en 1953. Dans le même temps, la selle, qui était celle du LC (cuir et ressorts) devient sur le LD une élégante selle en caoutchouc galbée de couleur bleue. thumb|Lambretta new look. Le « LD » se fait au fil des années d'utilisation une solide réputation de fiabilité auprès de ses utilisateurs, et son moteur centré lui donnerait également une meilleure tenue de route que son concurrent, le Vespa de Piaggio.
Des essais de scooters économiques sont aussi réalisés avec les modèles « F » et « E », forcément moins prestigieux.
L'année 1957 représente un tournant pour les scooters Lambretta. Le ( ) apparaît. C'est un design entièrement neuf, toujours sur châssis tubulaire avec deux particularités qui ont accompagné Lambretta jusqu'à son extinction : le moteur horizontal refroidi par air forcé et le garde-boue avant fixe.
Le TV 175 série I se veut sportif, équipé de quatre vitesses, de roues de dix pouces, son de lui permet de dépasser (de peu) le mur des . Il loge encore le phare dans le tablier et est équipé en série d'une grande selle biplace. Produit jusqu'en 1959, son moteur souffre de fragilité.
Sur la même base, Innocenti sort les Li 125 et Li 150, plus populaires avec leurs deux selles individuelles et des performances de 75 et . Les Li bénéficient d'un moteur horizontal fiabilisé, à transmission par chaîne sous bain d'huile, qui devient la base technique de tous les moteurs Lambretta à suivre.
La « Li série II » en 1959 transforme un peu les TV 175, et LI 125 et 150, en déplaçant le phare sur le guidon, et apporte quelques menues améliorations techniques et innovantes qui favorisent les performances.
La « Li série III » sort en . Pour cette fois, le modèle populaire « Li » est le premier à être commercialisé.
Le changement est assez drastique, la ligne ronde et curviligne des et II est abandonnée au profit de ce qu'on appellera la (ligne fine). La ligne générale du scooter est beaucoup plus tendue. thumb|Innocenti Lambretta Lui. Mais il y a plus qu'un seul changement de ligne, le « TV 175 série III » sort en 1962 avec une évolution de la : guidon avec feu octogonal, nouvelle descente et grille de klaxon, garde-boue redessiné. Le TV est un des premiers deux-roues équipé en série d'un frein avant à disque (mécanique, flottant dans le moyeu). Il sort tout d'abord avec les mêmes ailes que le Li, mais bénéficie bientôt d'un nouveau design d'ailes.
Le « TV » partage son design (hormis le frein à disque) avec le « Li 150 Special » sorti en 1963, un modèle intermédiaire entre le populaire « Li » et le sportif « TV ». Sur cette base sont déclinés en 1968 les « Special 125 » et "SX 150" quasi identiques au Special, et le « SX 200 » avec frein à disque, dont la nouvelle paire d'ailes cache un de , donné pour .
Innocenti fait aussi quelques tentatives de design, comme son concurrent Vespa, avec des coques autoporteuses (Junior 100, J 50…) pour des résultats et des succès très relatifs.
En 1968, la firme fait appel aux services du designer Bertone pour ses nouveaux modèles. Il va tout d'abord concevoir une nouvelle gamme de petites cylindrées avec les « Vega » et « Lui », sortes de scooters minimalistes et futuristes, trop peut-être. La niche marketing que le Ciao de Piaggio prend plus tard échappe à Lambretta : il est trop tôt.
En 1969, Bertone pousse la à son paroxysme, en tirant encore plus les lignes et en adoptant l'esthétique et le feu rectangulaire à la mode pour les voitures de rallye de l'époque : ce sera le « DL » (De Luxe) 125, 150 et 200. Les performances des trois motorisations sont également revues à la hausse, le "DL 200" (appelé « GP Grand Prix » sur le marché britannique) atteint la barre des .
Ce scooter est le dernier des Lambretta avant la relance de la marque fin des années 2010.
La fin et le renouveau Dès la fin des années 1960, Innocenti produit déjà des automobiles sous licence BMC et notamment la Mini. La division Innocenti Transports est rachetée par British Leyland en 1972, et arrête la production des scooters. L'entreprise rencontre déjà un certain nombre de problèmes, dus, selon les historiens officiels, à la situation du marché, l'action des syndicats, le manque de support des politiques et l'état de santé de Luigi Innocenti qui a succédé à son père Ferdinando, décédé en 1966. BMC au bord de la faillite en Grande-Bretagne revend Innocenti Automobiles à De Tomaso qui revend la société à Fiat en 1990.
La complexité de production des scooters Lambretta n'est sans doute pas étrangère non plus à cette situation, le nombre de pièces et les processus de construction étant, par exemple, beaucoup plus nombreux que ceux d'une Vespa.
Cependant, au milieu des années 2010, la firme Innocenti SA relance Lambretta. S'ensuit la sortie de nouveaux modèles comme les V50 Spécial, V125 Spécial et V200 Spécial. Lors du salon EICMA 2019 en Italie, Lambretta présente le nouveau G-Spécial . En , la version électrique haute puissance du G-Special est lancée au Delhi Auto Expo. Lambretta a pour objectif de devenir le mondial du segment des marques de scooters classiques italiens avant 2028. Avec répartis dans , Lambretta a consolidé la reconnaissance mondiale de sa marque de style de vie née à Milan en 1947. La société KSR Group se charge de la distribution de la marque en Europe.
Licences à l'étranger La renommée mondiale de Lambretta est confirmée par le nombre important de pays où les modèles ont été produits sous licence, principalement l'Espagne, l'Argentine, le Brésil, la France, l'Allemagne, l'Inde. Dans une moindre mesure, d'autres États dans le monde ont accueilli des chaînes de montage de l'une des nombreuses séries de LambrettaLes filles de la Lambretta à l'étranger, sur lambrettaspiega73.it..
Allemagne Après la faillite de sa division automobile en 1929, rachetée par Fiat, la société NSU Motorenwerke AG a continué la fabrication de motos. Le succès de la Lambretta a incité NSU, qui n'avait produit qu'un seul modèle de motocyclette, la NSU Quickly de , mais jamais de scooters, à acquérir en 1950, une licence de fabrication pour les scooters Lambretta LC et LD 125 puis, la version plus puissante « 150 » en 1954, commercialisés sous la marque « NSU-Lambretta » jusqu'en 1957. de Lambretta ont ainsi été fabriqués en six ans. NSU a poursuivi la fabrication du modèle sous l'appellation « NSU Prima » jusqu'en 1964, en . NSU abandonne ensuite très brutalement la production des deux-roues, espérant refaire fortune avec l'automobile, mais il doit faire face à la crise de 1968.
Pour éviter une seconde faillite, Audi rachète NSU en 1969 mais doit arrêter toutes les activités NSU, à la suite de sa faillite en 1977. L'outillage pour la fabrication des scooters Lambretta, installé chez NSU, a été vendu en 1963 à la société yougoslave Pretis à Vogošća, près de Sarajevo, où les et V ont été fabriqués sous le nom de « NSU-Pretis » pour le marché yougoslave.
NSU aura eu le mérite d'exporter les scooters Lambretta aux États-Unis, chose que la maison mère Innocenti n'avait jamais réalisée.
Photo Modèle Moteur et cylindrée () Puissance(ch à tr/min) Période Production Remarques 100px100px NSU-Lambretta 125 NSU-Lambretta 150 Innocenti 123,1 Innocenti 148,9 4 à 6 à 1950 - 1954 1953 - 1957 Licence Lambretta 100px NSU Prima D 150 NSU 146 6,2 à 1956 - 1960 Lambretta 150 avec moteur NSU 100px NSU Prima V 175 NSU 175 9,5 à 1957 - 1964 Lambretta 150 avec moteur NSU 100px NSU Prima III 150 NSU 146 7,7 à 1957 - 1964 Lambretta 150 avec moteur NSU
Espagne En Espagne, la première licence Lambretta est concédée à la société Serveta qui en fait l'acquisition en 1952. Quasiment tous les modèles italiens ont été fabriqués en Espagne avec des mises à jour continues à partir de . Après l'arrêt de la fabrication dans les usines milanaises en 1972, les modèles produits en Espagne ont été exportés en Italie. À partir du début des années 1980, le volume des ventes commence à fléchir inexorablement. En 1982, le nom Serveta est abandonné et l'usine espagnole commercialise ses modèles sous la marque « Lambretta SAL ». En 1985, la production est transférée d'Eiber à Amurrio. En 1989, le marché n'étant plus suffisant, la société décide d'arrêter la fabrication.. thumb|Scooter Lambretta Serveta Jet 200.
Principaux modèles fabriqués Scooters Lambretta D/LD 125/150 cm – (1953-58) Lambretta Li 125/150 cm – (1959-66) Lambretta TV 175 (1963- ) 150 Special - (1966- ) JET 200 - 200 cm - (1966-) Pony 200 - (1973-89) 125/150 - (1975-83) Li Scooter Line 62 séries I-II-III (1962-89) Lince 125/150/200 cm (1983- ) Pony 200 - (prototype 1989) Triporteurs Lambretta FB Lambretta FC
France