L'oblast de Sakhaline (en , Sakhalinskaïa oblast, , en , Saharin-shū) est un sujet en Extrême-Orient de la fédération de Russie, dont la capitale est la ville de Ioujno-Sakhalinsk. La région existe dans sa forme actuelle depuis le , peu après que la préfecture de Karafuto a été intégrée à l'URSS. La seule langue officielle de l'oblast est le russe, même si la région était traditionnellement habitée par les Aïnous. Rosstat attribue à la région le code 64, et son code d'immatriculation est le 65. La région, située dans le district fédéral extrême-oriental, est composée de deux parties distinctes ; l'Île de Sakhaline d'un côté et l'archipel des îles Kouriles d'autre part.

L'oblast de Sakhaline est entièrement insulaire, et il est bordé par différentes mers. Au sud-est des îles Kouriles par l'océan Pacifique, au nord-est par le premier détroit des Kouriles qui sépare l'oblast du kraï du Kamtchatka. Au nord de ces îles on retrouve la mer d'Okhotsk, qui borde aussi l'île de Sakhaline sur sa côte orientale et septentrionale. À l'ouest de l'île se situe le détroit de Tatarie, qui la sépare du kraï de Khabarovsk et de celui du Primorié. Au sud-ouest l'île est baignée par la mer du Japon et enfin au sud de la grande île se trouve le détroit de La Pérouse, qui la sépare de l'île nippone d'Hokkaidō. Les paysages de la région sont variés, même si les littoraux ne sont jamais très loin. L'île a connu une histoire mouvementé au cours du siècle dernier, qui fut l'objet d'une invasion à la fin de la seconde guerre mondiale par l'URSS pour récupérer le territoire. D'ailleurs, le Japon revendique toujours plusieurs îles de l'archipel des Kouriles, mais la Russie et donc l'oblast les contrôlent.

En 2022, la population de la région s'élevait à 466 009 habitants, en baisse constante depuis la dislocation de l'Union soviétique, à cause de ses soldes naturel et migratoire négatifs. Depuis 1991, le territoire a perdu près de 35% de sa population, et près d'un tiers de sa population actuelle vit dans l'aire urbaine de Ioujno-Sakhalinsk. L'activité économique de l'oblast est principalement dirigée sur l'énergie, et l'État souhaite d'ailleurs développer ce secteur aux travers de nouveaux champs gaziers et pétroliers. En 2021, le PIB de la région s'est élevé à 1 182,1 milliards de roubles, ce qui en fait l'une des régions les plus riches au regard du PIB/habitant. Contrairement à d'autres régions extrême-oriental, le tourisme est très peu développé, en raison du manque d'infrastructures liées à l'accueil et au transport, même si la région compte deux zapovedniks, celles de Kourilski et celle de Poronaïski. Géographie

Situation vignette|Carte de Sakhaline.S'étendant sur une superficie de , l'oblast de Sakhaline est le second plus petit sujet russe de l'Extrême-Orient, seulement devant l'oblast autonome juif. Sa superficie est comparable à l'Autriche ou encore à l'Azerbaïdjan. Il est limitrophe du kraï du Kamtchatka au nord-est, du kraï de Khabarovsk et du Primorié à l'est, ainsi que du Japon (Hokkaidō) au sud. L'oblast de Sakhaline est le seul sujet russe à être entièrement insulaire, et il est composé de 87 îles, pour la majeure partie de l'île de Sakhaline, mais aussi d'autres îles dont en grande majorité celles des Kouriles.

L'île de Sakhaline, d'une superficie de , est l'une des plus grandes de Russie. L'île est diverse, avec à la fois des montagnes, des plaines et des zones marécageuses. Le plus haut sommet de l'oblast est le volcan Alaïd dans les îles Kouriles, avec une altitude de 2285 mètres.

Topographie La topographe de l'île de Sakhaline est caractérisée par des montagnes de moyenne et haute altitude d'une part, avec le point culminant à d'altitude. Les parties montagneuses sont au sud et dans la partie centrale de l'île. Au contraire, les collines et plaines basses se situent surtout dans le nord de l'île, à l'exception de la péninsule Schmidt. Concernant les îles Kouriles, il y a environ 160 volcans, dont 40 qui sont actifs. C'est ici que se trouve le point culminant de l'oblast, avec le volcan Alaïd sur l'île Atlassov, avec une altitude de 2 285 mètres.

Les îles Kouriles forment de la superficie de la région, le restant étant presque exclusivement l'île de Sakhaline. Elle est séparée de l'île nippone d'Hokkaidō par le détroit de La Pérouse.

Climat Le climat de la région est fortement influencé par les masses d'air venues d'Asie et de l'océan Pacifique, avec un climat de mousson modéré. En raison de son étendue du nord au sud, de son relief et des courants, les climats sont différents selon l'endroit. La température moyenne en janvier varie de . La zone avec les plus grandes variations de température est la partie centrale de la plaine du Tym-et-Poronaï, avec un minimal absolu de et un maximal absolu de . La période avec des températures négatives varie de . Les zones froides du nord de Sakhaline et des Kouriles se trouvent dans la région du nord.

Les précipitations annuelles moyennes varient de . La région a une forte couverture nuageuse, ce qui réduit la durée d'ensoleillement. Elle varie de au nord de l'île de Sakhaline, le minimum, à , le maximum, dans le sud de l'île de Sakhaline. Les îles Kouriles ont une durée d'ensoleillement variant de annuellement.

Urbanisme

Voies de communication

Infrastructures routières vignette|Route fédérale A392 dans le raïon d'Aniva.

Fin 2022, selon Rosstat, la longueur totale des voies publiques dans l'oblast de Sakhaline de , dont de routes d'importance fédérales, de routes d'importance régionale et de routes d'importance locale. La longueur des routes à revêtement dur est de ( du total), tandis que la densité des voies publiques est de dans l'oblast.

L'oblast est desservi par deux routes fédérales, avec d'une part la route fédérale A391 de Ioujno-Sakhalinsk à Korsakov et d'autre part la route fédérale A392 de Ioujno-Sakhalinsk à Kholmsk. Outre ces routes, l'île de Sakhaline est traversée par un réseau de routes régionales. La principale route régionale est celle de Ioujno-Sakhalinsk à Okha, qui relie les localités de l'île sur toute la longueur du nord au sud de l'île. Quant aux îles Kouriles, le réseau est fragmenté, réparti entre chaque île.

Voies ferrées Fin 2022, selon Rosstat, l'oblast de Sakhaline possède de voies ferrées, et la densité du réseau ferré est de , ce qui est presque deux fois supérieur à la moyenne russe. Le réseau ferroviaire dessert les principales villes de l'île de Sakhaline. Les marchandises transportées dans l'oblast se sont élevées en moyenne à pour la période 2014-2018. En 2018 le nombre de passagers était de .

Transport aérien Les infrastructures de transport aérien dans l'oblast sont représentées par 6 aéroports et aérodromes. Les aéroports sont ceux de Ioujno-Sakhalinsk-Khomoutovo, d'Itouroup-Iasny, de Nogliki, de Chakhtersk, de Ioujno-Kourilsk-Mendeleïevo et d'Okha. Par ailleurs, il y a 44 sites d'atterrissage situés dans l'oblast. En 2019, le volume du trafic de passagers s'élevait à .

Transport maritime vignette|Kholmsk et son port. L'oblast de Sakhaline possède huit ports sur son territoire, avec ceux de Korsakov, de Nevelsk, de Kholmsk, de Chakhtersk, de Prigorodnoïe, de Moskalvo, de Poronaïsk et d'Aleksandrovsk-Sakhalinski. Le principal port et le plus grand est celui de Korsakov, libre de glace toute l'année. Il est spécialisé dans la manutention de conteneurs, le transbordement de produits pétroliers, de marchandises diverses, de voitures, de ferraille. Par ailleurs, il est desservi par des ferries vers les îles Kouriles.

Les ports de la côte ouest (Nevelsk et Chakhtersk) sont spécialisés dans le transbordement de charbon. Celui de Moskalvo, au nord de l'île, est spécialisé dans les produits pétroliers, tout comme celui de Prigorodnoïe. Le port de Kholmsk est un des plus importants, assurant les connexions vers le continent. Le service de ferry qui fait aussi traversier-rail, relie Vanino (kraï de Khabarovsk) à Kholmsk. En 2019, le volume de marchandises dans les ports de l'oblast s'élevait à . Le volume de passager est très faible, avec en moyenne .

Risques naturels Le risque sismique et le risque de tsunamis sont élevés.

Répartition des terres L'occupation des sols de l'oblast au est la suivante: +Répartition des terres selon les catégories du code foncier russe au Répartition2021 (km)2021 (%)Terres agricoles1 6681,9Terres des localités8671,0Terres d'industrie et autres fins spéciales3 3343,8Terres de territoires et des objets protégés1 2481,5Terres du fonds forestier69 82880,2Terres du fonds aquatiques46811,1Terres de réserve9 6880,5Total87 101100

Histoire

Antiquité et Moyen Âge Le Shanhaijing rapporte la présence d'un royaume nommé Xuanguo au nord-est de la Chine, qui serait composé des terres des Giliaks et des Aïnous. Au milieu du premier millénaire, d'autres chroniques chinoises font état du pays de Lyuguy, probablement Sakhaline.

En 1263, les troupes mongoles atteignent l'embouchure de l'Amour, et soumettent alors les tribus Gilemi (autre nom des Giliaks) de la région du Bas Amour et du nord de Sakhaline. Plusieurs expéditions mongoles ont ensuite lieu sur l'île.

Du La colonisation japonaise à Sakhaline remonte au moins à la période Edo. Ōtomari aurait été fondée en 1679, et les cartographes du clan Matsumae qui ont cartographié l'île, l'ont nommée « Kita- Ezo ». Pendant les dynasties Ming et Qing, la Chine considérait l'île comme faisant partie de son empire et incluait les peuples de Sakhaline dans son « système pour les peuples soumis ». Cependant, à aucun moment aucune tentative n’a été faite pour établir une présence militaire impériale sur l’île. Le Japon, préoccupé par l'expansion russe en Asie du Nord-Est, a proclamé unilatéralement sa souveraineté sur l'ensemble de l'île en 1845. Les colons russes ont cependant ignoré cette revendication (et celle similaire de la Chine) et, à partir des années 1850, ont ouvert des mines de charbon, des installations administratives, des écoles, des prisons et des églises dans l'île.

Les premiers Européens à explorer les eaux autour de l'île de Sakhaline furent Ivan Moskvitine et Maarten Gerritszoon de Vries vers le milieu du , avant que se succèdent Jean-François de La Pérouse en 1787 et Adam Johann von Krusenstern en 1805. Les premières cartes de Sakhaline reflètent l'incertitude de l'époque quant à savoir si la masse terrestre était ou non rattachée au continent asiatique. Le fait qu'il n'y ait aucun lien entre le continent et Sakhaline a été établi de manière concluante par Mamiya Rinzō, qui a exploré et cartographié Sakhaline en 1809 et définitivement enregistré par le navigateur russe Guennadi Nevelskoï en 1849.

Du milieu du à 1991 vignette| Préfecture de Karafuto en jaune, le gris est la zone russe.

En 1855, la Russie et le Japon ont signé le traité de Shimoda, qui déclarait que les deux ressortissants pouvaient habiter l'île : les Russes au nord et les Japonais au sud, sans frontière claire entre eux. La Russie a également accepté de démanteler sa base militaire d'Ōtomari. Après la Seconde guerre de l'opium, la Russie a forcé les Qing à signer le traité d'Aïgoun (1858) et la Convention de Pékin (1860), en vertu desquels la Chine a perdu tous les territoires au nord du Heilong Jiang et à l'est de l'Oussouri, y compris Sakhaline, au profit de la Russie. Une colonie pénitentiaire tsariste fut créée en 1857, mais la partie sud de l'île fut détenue par les Japonais jusqu'au traité de Saint-Pétersbourg de 1875, lorsqu'ils la cédèrent à la Russie en échange des îles Kouriles. Après la guerre russo-japonaise de 1904-1905, et l'invasion de Sakhaline, la Russie et le Japon ont signé le traité de Portsmouth de 1905, qui a abouti au passage de la partie sud de l'île en dessous du 50e parallèle nord au Japon ; les Russes conservèrent les trois cinquièmes restants de la zone. Le sud de Sakhaline était administré par le Japon sous le nom de préfecture de Karafuto, avec pour capitale Toyohara.