Hairan le Bénéficiaire, ou Hairan le , est une stèle funéraire palmyrénienne, datant du . Elle représente un homme ayant ses instruments de travail à la main. L'œuvre est exposée au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg en Russie.
Histoire vignette|Passage de l'Hébreu dans le compte rendu du terme bénéficiaire vignette|Texte de l'inscription traduite du palmyrénien en hébreu et de l'hébraïque en russe.
Ce buste est appelé Hairan le Bénéficiaire. Une équipe d’archéologues de l'Institut russe de Constantinople et de Sofia ont exhumé le buste à Palmyre en Syrie en 1908 et en 1914 et l’ont donné au musée de l’Ermitage à Saint Petersbourg. Un compte rendu en russe (appelé ) a été fait en 1908 pour décrire l’œuvre par M. Pavel Kokovtsov (1861–1942 - spécialiste des études hébraïques et de la sémitologie, fondateur de l'école de sémitologique de Saint-Pétersbourg, Il a décrit pour la première fois ce buste dans Sa transcription en russe dans son ouvrage explique le lieu de la découverte et la datation de l’œuvre. Il explique qu'il s'agit de l'un des fondateurs de l’hypogée, dont il a retrouvé la sépulture en dehors de la ville vers le nord. Il émit l’hypothèse que Hairan soit un fondateur grâce à la date de l’œuvre à droite à la dernière ligne où il est écrit "le mois Tebet 500" ce qui signifie que l’inscription est finalisée en 189 au mois de janvier (calendrier de l'ère séleucide) ou d’avril (calendrier de Palmyre).
Il émet aussi l'hypothèse que Hairan était un paysan qui
Description vignette|Les attributs d'Hairan. vignette|Stylus dans le musée de Vieux-la-Romaine. vignette|Moqimu petit fils de Hairan.
Le demi-buste est très détaillé avec une inscription complète palmyrène à droite et à gauche. Cette transcription est traduite dans le livre de Delbert Hillers et Cussini en 1996 appelé PAT (0649) pour Palmyrene Aramaic Texts s’appuyant sur le CIS∙Corpus inscriptionum Semiticarum (4292) de Charles Jean Melchior de Vogüé en 1954)..
À droite en six lignes :
Cette inscription en palmyrénien rédigée par le défunt lui-même et par son père offre un contraste intéressant et unique dans le dossier des bénéficiaires dit Jocelyn Nelis-Clément. À côté de son nom, de son patronyme et de celui de son père figure son titre, sous la forme d'une translittération en palmyrénien, b(e)n(e)f(i)q(i)j(a)ra. Dans cette région où le latin et surtout le grec représentaient les langues de la classe dominante, mais où la masse de la population locale continuait à s'exprimer dans différents dialectes sémitiques, les termes militaires et administratifs apparaissent fréquemment sous la forme de translittérations dans ces dialectes des formes hellénisées des titres latins (plutôt que du latin directement). L'inscription datée selon le système palmyrénien remonte au mois de p.C. Le champ épigraphique n'occupe qu'une part restreinte du monument, l'inscription se trouvant en retrait face à la représentation figurée du défunt..
L’homme est coiffé à la mode romaine avec barbe courte et avec moustache. Il est vêtu d'une tunique à manches longues et d'un manteau à franges affichant des traits orientaux, qui était probablement un type de robe portée par les archers chameliers de Palmyre attaché par une fibule ronde décorée. Dans sa main droite, le coude plié et appuyé contre sa poitrine, il tient un stylus avec ses doigts ; dans la main gauche - deux plaques étroites pliées ensemble. Il porte un anneau à l’auriculaire de la main gauche.
Le plus énigmatique dans ce rare bas-relief est le titre de bénéficiaire, pour lequel de nombreuses interprétations sont possibles. Dans son essai de définition des beneficiarii, Jocelyn Nelis-Clement parle de Hairan et suppose qu’il était détaché à proximité d'un poste de douane. Il se devait, dans le cadre de ses diverses fonctions, de contrôler le travail des douaniers, de faire en sorte d'une manière générale que la fraude et les détournements soient évités, et de faire régner l'ordre et la paix dans Palmyre.
Selon Łukasz Sokolowski, Hairan est plus un administrateur militaire, qui aurait servi comme beneficiarius dans les forces auxiliaires stationnées à Palmyre. Il tient dans sa main droite un stylet avec lequel il semble écrire sur les passages dans l’entrée de la cité. C'est clairement une indication des fonctions associées aux structures romaines de l'administration militaire, et la capacité de lire et d'écrire au moins le grec était sans aucun doute une compétence nécessaire pour remplir ses fonctions. Le portrait funéraire de Hairan est une preuve que les membres ordinaires de la société gréco-romaine, souvent d'origine locale, utilisaient l'écriture manuscrite pour accomplir leurs tâches quotidiennes en marge du monde de l'Empire.
Ramón Corzo Sánchez quant à lui évoque les différentes interprétations de ces tablettes portées par nombre de bustes palmyréniens. Il y a une signification juridique possible dans laquelle les personnages avec ces schedulae ou petites tablettes tiennent le document qui les accrédite comme ayant acquis les loculi ou niche occupées par leurs restes. Une autre interprétation suggère la préparation intellectuelle nécessaire pour entreprendre le chemin vers l'autre monde. Cette fréquence relative des instruments d'écriture et des supports dans les portraits funéraires palmyréniens a également été associée au caractère multilingue d'une ville qui a conservé son propre alphabet et sa propre langue, différents de l'araméen classique, mais qui a également fait un usage régulier du grec et a dû accepter le latin comme vecteur essentiel de communication à l'époque impériale. Hairan, quant à lui, est déclaré être un beneficiarius, un soldat à la retraite qui était employé pour des questions administratives liées à l'approvisionnement de l'armée ou, de manière plus générale, à la réglementation du commerce.
Le schedula se compose de deux tablettes séparées et ouvertes, ce qui laisse penser qu'il ne s'agit pas de tablettes d'écriture, dont le contenu serait nécessairement limité, mais plutôt des deux côtés ou couvercles d'un étui destiné à conserver les stylets utilisés pour l'écriture. Le schedula est un terme utilisé par Ingholt, un des principaux archéologues de Palmyre.. . Le terme bénéficiaire est d'origine romaine et dans l'inscription il est donné sans traduction, en transcription palmyro-araméen lettre par lettre. Le portrait d’Hairan est lié à l’administration militaire, il est un non-combattant. Il tient deux objets un stylet et un schedula qui font référence à son métier...
Par la suite les archéologues ont retrouvé après son pillage au le petit fils de Hairan, Moqimu, qui était dans le même hypogée que Hairan et dont l’inscription figure : le fils de Hairan, Elhabel et donc le grand père de Moqimu, Hairan lui-même. On peut voir un document qui peut faire penser que la famille n’a pas changé de secteur d’activité, du moins que le petit fils exercé la même profession que son grand père, de plus ils portent tous deux une bague . Moqimu est exposé aux musées des beaux arts à Boston et Hairan à Saint-Pétersbourg dans la salle des arts de Palmyre avec six bustes à ses côtés.
Bibliographie . . . Parlasca DamMitt 3, 1988.
Notes et références
Catégorie:Stèle Catégorie:Musée de l'Ermitage Catégorie:Palmyre