Sœur Catherine Labouré, née le à Fain-lès-Moutiers.. en France et morte le à Paris, est une religieuse française de la congrégation des Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul. Elle a fait part à son confesseur, le père Aladèle, des apparitions de la Vierge Marie qu'elle dit avoir eues en juillet, novembre et durant son noviciat (appelé séminaire chez les Filles de la charité), en la chapelle de son couvent de la rue du Bac à Paris.
Cet événement est à l'origine de la , qui est diffusée en plusieurs millions d'exemplaires en quelques années. Cette médaille est toujours portée de nos jours par de nombreux catholiques.
Catherine est béatifiée en 1933, puis canonisée en 1947 par Pie XII. La fête liturgique de sainte Catherine Labouré est commémorée par la famille vincentienne le et par l'Église catholique (martyrologe romain) le ...
Biographie Jeunesse vignette|Cour et entrée de la chapelle du couvent des Filles de la charité, au 136-140 rue du Bac, à Paris. Catherine est née à Fain-lès-Moutiers, village bourguignon de 396 habitants, le , huitième des dix enfants du fermier Pierre Labouré (1787-1844) et de son épouse Madeleine Gontard (1769-1815) qui meurt le , alors que Catherine n'a que neuf ans. Catherine, que sa famille appelle Zoé, développe une affection particulière pour la Vierge Marie...
Étant donné les circonstances familiales, elle est placée chez sa tante avec sa sœur cadette Tonine puis à douze ans, après sa communion reçue le , elle revient à la ferme de son père où elle s'occupe du ménage, de la cuisine et des bêtes (traite des vaches, nourrissage des porcs et des ), si bien qu'elle ne va pas à l'écoleCatherine est illettrée jusqu'à l'âge de 20 ans.. Sa sœur aînée Marie-Louise entre chez les Filles de la charité.
À 18 ans, elle raconte avoir vu dans un songe, un vieux prêtre célébrant la messe, qui l’interpellait en lui disant : .
Une cousine se propose de prendre Catherine à Châtillon-sur-Seine dans un pensionnat réputé qu'elle dirige et où elle apprend à lire et écrire. Elle est confirmée dans sa décision de devenir religieuse lorsqu'elle découvre par hasard, dans la maison des Sœurs de la charité à Châtillon-sur-Seine, un tableau de Vincent de Paul, qui a fondé cet ordre, en qui elle reconnaît le vieux prêtre qu'elle avait vu en rêve..
Son père qui désire la marier et la détourner de ce choix, l'envoie travailler à Paris, où un de ses frères tient une cantine pour ouvriers. Elle y découvre la misère du peuple, ce qui l'incite d'autant plus à entrer chez les religieuses de Saint-Vincent-de-Paul.
Après trois mois de discernement à la maison des Sœurs de la charité de Châtillon-sur-Seine, elle commence son noviciat le à la maison-mère située rue du Bac à Paris. Le , elle prend l'habit et prononce ses vœux. Elle est envoyée le à l'hospice d'EnghienL'hospice d'Enghien a été fondé par la duchesse de Bourbon, tante du futur roi Louis-Philippe Ier, en l'honneur de son fils exécuté sommairement sur les ordres de Napoléon Ier en 1804. qui recueille les vieillards, notamment les anciens serviteurs de la Maison d'Orléans.L'hospice est situé dans le village de Reuilly au sud-est de ParisLe village a été rattaché à Paris en 1860. Correspondant au , le bâtiment des Sœurs de la charité a été rasé en 1950. et elle y reste jusqu'à la fin de sa vie.
Cette fille de paysan y fait preuve d'un caractère affirmé, voire un peu fruste, s'occupant également de la ferme de l'hospice, nourrissant les volailles et nettoyant l'étable. , dira d’elle une religieuse.
Pieuse, elle est également sujette à des visions ou à des prémonitions qu'elle ne révèle qu'à son confesseur et à sa supérieure. Ainsi, elle raconte avoir vu, par trois fois, trois jours de suite (le ), puis, durant son noviciat, plusieurs apparitions de , et une vision du Christ Roi, le .. Sa vie entière sera marquée par un profond silence.
Apparitions de la Sainte Vierge
thumb|Azulejos représentant la première apparition de la Vierge à Catherine. Catherine révèle à son confesseur seul que, pendant son noviciat, dans la nuit du , veille de la fête de Vincent de PaulÀ cette époque Saint Vincent de Paul était fêté le 19 juillet, aujourd'hui sa fête liturgique est célébrée le 27 septembre., elle aurait été réveillée par un petit enfant qui lui dit : Croyant rêver, Catherine se lève, s'habille et suit l'enfant. Arrivée à la chapelle, elle entend bientôt le s'approcher d'elle. La Sainte Vierge est là, resplendissante, et lui parle durant deux heures, lui confiant que Dieu a une difficile mission pour elle...
Le , Catherine rapporte que la Sainte Vierge était revenue lors de l'oraison du soir. La Vierge se tenait debout sur un globe, avec un serpent qu'elle écrase sous son pied, et portant à ses doigts des anneaux de différentes couleurs d'où jaillissaient des rayons de lumière sur le globe. Tout autour apparaissaient les mots , et la Vierge dit : , et, pour expliquer les anneaux qui ne projetaient pas de rayons, elle ajouta : .
Puis le tableau paraît se retourner. C'est le revers de la médaille : un grand M, initiale de Marie, surmonté de la Croix. Au-dessous, deux cœurs : celui de Jésus, couronné d'épines, et celui de Marie, percé par un glaive, douze étoiles entourant ce tableau...
Catherine dit avoir alors entendu la Sainte Vierge Marie lui demander de porter ces images à son confesseur, en lui disant de les faire frapper sur des médailles car .
La Vierge avait en outre demandé à Catherine de rassembler une confrérie d’enfants de Marie.. En 1837, les Filles de la charité et les Lazaristes répondent à ce vœu en fondant les Enfants de Marie Immaculée..
Médaille miraculeuse thumb|Les deux faces de la version récente de la médaille miraculeuse.
Après deux ans d'enquête et d'observation de la conduite de Catherine, le prêtre informe l'archevêque de Paris, sans lui révéler l'identité de la religieuse, de la demande de faire réaliser des médailles. La requête est approuvée et les médailles sont frappées. Elles deviennent extrêmement populaires, notamment durant l'épidémie de choléra de 1832 : en quelques années, plusieurs millions de médailles sont diffusées dans le monde. Très vite des sont rapportés et attribués à cette médaille. Un des les plus retentissants, et qui sera reconnu par l'Église catholique après un procès canonique, est la conversion d'un Juif, Alphonse Ratisbonne, en 1842. Sa conversion, puis son entrée dans l'Ordre des Jésuites, seront largement médiatisées..
Bien que la foi en l'Immaculée Conception de la Vierge Marie fût largement répandue, la doctrine n'avait pas encore été définie, et le dogme n'était pas encore proclamé à cette date. Le pape Pie IX, le , proclamera solennellement le dogme de l'Immaculée Conception..
La Croix de la Victoire Quelques mois après la fin de la Révolution de 1848, Catherine Labouré aurait eu la vision d’une , d'un monument qu’il faudrait édifier à Paris. Elle s’empresse d’aller le dire à M. Aladel [son confesseur], deux fois, et même de le mettre par écrit, à chaud, dès le , de crainte d’oublier un détail : .
Et de continuer : .
.
[...]
..
Mais l’abbé Aladel, son confesseur, n’en tient pas compte. C’est pourquoi, elle lui écrit peu après une lettre :
.
À ce jour, cette croix n’est toujours pas érigée.
Fin de vie de Catherine
En 1870-1871, Catherine, comme tous les Parisiens, subit le siège de Paris par les troupes prussiennes, la famine puis les troubles de la Commune de Paris au cours de laquelle, dit-on, des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent.
À la fin de sa vie, Catherine déclare : ..
Catherine Labouré meurt le au 12 rue de Picpus, en ayant toujours été discrète sur ses visions, bien qu'à la fin de sa vie, son secret, jalousement gardé durant 46 ans, se soit un peu éventé. Ses dernières paroles avant de mourir sont : .
Dans les jours qui suivent la mort de sœur Catherine, la foule se presse devant le cercueil de la religieuse, avant son inhumation. Une pauvre femme amène, dans une caisse montée sur roulettes, son fils de douze ans, infirme de naissance, qu’elle veut faire approcher du cercueil. L'enfant se lève soudain sur ses jambes. C'est le premier miracle directement attribué à sœur Catherine..
Canonisation et vénération thumb|right|230px|Châsse de sainte Catherine Labouré. Un procès en béatification de la religieuse est ouvert en . La démarche canonique prend fin en 1913. À l'occasion de sa prochaine béatification, son corps, le , est exhumé de son cercueil constitué d'une bière en sapin emboîtée dans une caisse de plomb. Le corps est retrouvé en parfait état (personne myroblyte). Il est nettoyé, mis en habit de religieuse (avec notamment la cornette blanche aux larges ailes) et placé dans une châsse en bronze doré dans la chapelle de la Médaille miraculeuse au de la rue du Bac à Paris. Le pape Pie XI béatifie Catherine Labouré le ...
Catherine Labouré est canonisée le par le pape Pie XII. Elle est fêtée le ...
La dépouille de sainte Catherine repose dans la chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-miraculeuse, au 140 rue du Bac, à la droite de l'autel, sous la statue de la Vierge au globe. Dans cette même chapelle, sur la gauche, se trouve le corps de sainte Louise de Marillac, première supérieure des Filles de la charité. Et à peu de distance de là, se trouve la chapelle des Lazaristes où est exposé le corps de saint Vincent de Paul.
Hommage À Paris, le jardin Catherine-Labouré lui rend hommage, près de la chapelle jouxtant le jardin où elle a eu ses apparitions..
L'ensemble scolaire Sainte-Catherine-Labouré, rue Gassendi, dans le arrondissement de Paris, porte également son nom..
Des reliques lui ayant appartenu sont déposées dans le nouvel autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le .
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie . . . . . . . .
Articles connexes Chapelle de Notre-Dame-de-la-Médaille-miraculeuse Apparitions mariales de la rue du Bac Médaille miraculeuse Mariologie, Vierge Marie, Immaculée Conception Liste des saints dont le corps est visible à Paris
Liens externes
Chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse, 140, rue du Bac, Paris Site Web international des Filles de la charité Association de la Médaille miraculeuse Discours du pape Pie XII aux pèlerins réunis à Rome pour la canonisation de sainte Catherine Labouré (28 juillet 1947) | Vatican
Catégorie:Naissance en mai 1806 Catégorie:Décès en décembre 1876 Catégorie:Décès à 70 ans Catherine Labouré Catherine Labouré Catherine Labouré Catégorie:Personnalité liée au Châtillonnais Catégorie:Naissance dans la Côte-d'Or Catégorie:Décès dans le 12e arrondissement de Paris Catégorie:Notre-Dame de la Médaille miraculeuse Catégorie:Voyant de la Vierge Marie Catégorie:Saint catholique fêté le 28 novembre Catégorie:Saint catholique fêté le 31 décembre