Le Pilat est un massif montagneux situé à l'est du Massif central, qui culmine au crêt de la Perdrix à d'altitude, constituant une région naturelle française.
Toponymie Au fil du temps et selon les habitudes, le terme Pilat caractérise plusieurs choses.
Sous le terme mont Pilat, il a longtemps servi à désigner la principale montagne du massif, culminant en double pic avec le crêt de la Perdrix et le crêt de l'ŒillonEugène Masson, La Jasserie et le mont Pilat, Marc Ollagnier, La Terrasse, Saint-Étienne, 1955.. Si, aujourd'hui, les cartes désignent généralement cette zone sous le terme Les Crêts, TDF utilise le terme mont Pilat lorsqu'il est fait mention de l’émetteur de télévision du crêt de l'Œillon.
Enfin, alors que la zone de moyenne montagne est désignée sous le terme monts du Pilat (ainsi la communauté de communes des Monts du Pilat), le terme générique Pilat sert à désigner l'ensemble du massif montagneux, ou implicitement la zone devenue parc naturel régional en 1974 (et le cas échéant l'organisme du parc naturel lui-même).
L'origine du nom Pilat n'est pas certaine, le mot pourrait avoir une origine latine (Mons Pileatus). L'auteur dominicain Étienne de Bourbon popularise la légende du suicide de Ponce Pilate à Lyon et est le premier à évoquer la pendaison, puis l'abandon du corps dans le puits du mont Pilat au sud-ouest de Vienne ; cette légende a suffi pour que l'étymologie populaire explique le nom du lieu..
Géographie Situation
Le massif du Pilat est situé essentiellement dans le département de la Loire au sud-est des villes de Saint-Étienne et de Saint-Chamond, et au sud-ouest des villes de Vienne et de Givors. Il domine la vallée du Rhône (située au sud-est) et la vallée du Gier (situé au nord).
Le massif est frontalier avec 4 départements : le Rhône, l'Isère, l'Ardèche et la Haute-Loire.
Quatre communes du massif sont jumelées avec des communes de ces départements limitrophes : Saint-Michel-sur-Rhône avec Condrieu dans le Rhône ; Saint-Pierre-de-Bœuf avec Le Péage-de-Roussillon dans l'Isère ; Burdignes avec Villevocance dans l'Ardèche ; Saint-Sauveur-en-Rue avec Riotord dans la Haute-Loire.
Géologie gauche|vignette|Vue des crêts du Pilat. Le massif du Pilat est essentiellement constitué de roches métamorphiques (micaschistes, chloritoschistes, gneiss) et magmatiques (granites) datant d'environ d’années et constituant les parties internes de la chaîne hercynienne. Ces roches cristallines furent mises à nu par l'intense érosion subie par l'ancienne chaîne de montagnes et dont les produits d’érosion remplirent notamment le bassin houiller stéphanois, situé en contrebas au nord du massif du Pilat, séparé de lui par la faille du Pilat, d'orientation générale NE-SO.
Lors de la dernière glaciation, les versants nord au-dessus de ont vu se former, par gélifraction, des éboulis rocheux appelés localement chirats et qui peuvent recouvrir plus d'un kilomètre de versant.
Climat
L'une des particularités du Pilat est que l'on retrouve sur un territoire relativement petit une grande variété de végétaux liées à l'influence de plusieurs climats : méditerranéen, montagnard et continental.
On peut donc distinguer plusieurs paysages : la vallée du Rhône : sur son versant sud, plus chaud, le Pilat est très influencé par le climat méditerranéen. On y retrouve des arbres fruitiers, des vignes… ; le plateau du Grand-Bois : sur le plateau de Saint-Genest-Malifaux et sur son versant nord, l'influence du climat continental y est très marqué. Le climat est beaucoup plus froid. Conifère, genêt, fougères… La végétation se rapproche de celle des Vosges. L'hiver y est froid, et la neige abondante ; sur les crêts, l'altitude, la neige, les vents empêchent la forêt de progresser : c'est l'influence d'un climat montagnard. La végétation se compose de plantes d'altitude. Landes à bruyères côtoient la callune et les myrtilles.
Hydrologie L'eau est depuis l'Antiquité une ressource importante du Pilat. Les Romains captaient l'eau du Gier à hauteur de Saint-Chamond, par un aqueduc qui la transportait jusqu'à Lyon. Au , de nombreux barrages et aqueducs sont construits sur les cours d'eau (Gier, Furan, Ternay, Dorlay, Semène, etc.) pour alimenter les villes voisines et permettre le développement des industries textile et métallurgique.
Faune et flore Le Pilat est un massif protégé par le parc naturel régional du Pilat ce qui permet, en partie, à la faune et la flore de repeupler le massif. En 2026, le laboratoire de la biodiversité du parc du Pilat compte plus de animales ou végétales, supportées par plus de de ces espèces. Parmi les oiseaux, figurent la chouette chevêchette, le hibou grand-duc, la chouette de Tengmalm, le bouvreuil pivoine et le rouge-gorge. Les mammifères sont également représentés avec notamment le sanglier, chevreuil, la martre des pins et la fouine. La présence du loup et du lynx est moins sûre : trois traces du lynx et deux traces du loup ont été observées en 2023, selon le Comité d'observation du loup dans la Loire. La flore est également variée, avec le sapin de Douglas, le sapin blanc, le fenouil des Alpes, la laitue des Alpes et la reine des prés, entre autres.
Histoire La découverte de silex et de poteries sur la commune de Saint-Genest-Malifaux atteste d'une présence humaine à l'époque préhistorique.
À l'époque celtique, deux peuples gaulois se partagent le Pilat : les Ségusiaves et les Allobroges. Ils nous ont laissé de nombreux lieux de culte dont il reste surtout des amas de pierres ordonnées comme le château de Belize au-dessus de Chuyer, l'autel de la Roche entre Roisey et La Garde, les enceintes sacrées de Saint-Sabin et du pic des Trois Dents et .
vignette|Captage de l'aqueduc du Gier à Saint-Chamond.
À l'époque romaine, les eaux du Gier servaient à alimenter Lyon grâce à l'aqueduc du Gier. Les eaux étaient captées au-dessus de Saint-Chamond, puis acheminées à l'aide de tunnels (des vestiges existent encore à Chagnon, à Saint-Martin-la-Plaine) ou à l'aide de ponts (celui de Chaponost est un pont-siphon). À l'époque romaine, le Pilat servait de frontière entre deux provinces (Gaule narbonnaise et la Gaule lyonnaise). De cette époque on retrouve les vestiges de nombreuses « voies romaines », (Pélussin, Saint-Régis-du-Coin…).
Les chants de quête ont été pratiqués dans le Pilat. Ils rythment les saisons, et favorisaient les rencontres entre jeunes. Ainsi, pour les chants de mai, les jeunes parcourent la campagne, s'arrêtent dans toutes les maisons et y chantent à tue-tête en présentant un panier. Ils chantent jusqu'à ce que les occupants, les occupantes, acceptent de remplir le panier d’œufs ou autre nourriture. Ces œufs servent, le dimanche suivant, à faire une grande omelette pour les jeunes du village. C'est un moment de fête, et l'écrivain Michel Jeury témoigne que l'on ne dormait pas beaucoup dans les campagnes à ce moment-là. Ces chants célébrent l'arrivée des beaux jours et les rencontres entre amants - pourtant une habitante de Pélussin dit que les garçons et les filles ne se fréquentaient pas.
Le , un Dakota C-47 de l'armée américaine s'est écrasé à cause du mauvais temps en début d'après-midi avec cinq membres d'équipage, une infirmière militaire — le lieutenant Aleda E. Lutz — ainsi que 15 blessés dont quelques prisonniers allemands. Il n'y eut aucun survivant. Ce Dakota assurait une liaison de Luxeuil à Istres. Les secours mirent plusieurs heures pour arriver. L'infirmière fut la première militaire américaine tombée en opération lors de la Seconde Guerre mondiale. Le crash eut lieu au creux de la Botte non loin de la Jasserie où une stèle posée en 2002 rappelle cet accident. Une plaque commémorative se trouve également sur le lieu exact de l'accident sur le Chirat de la Botte. Le , la Distinguished Flying Cross a été décernée à titre posthume au Aleda E. Lutz.
Le , lors d'une mission d'assaut programmée dans le cadre de l'exercice « Harmonie Sud-Est » (attaque à basse altitude des bases de Lyon-Mont-Verdun, Orange et Istres), trois Mirage F1 français de la escadre de chasse (affectée à la base aérienne 112 Reims-Champagne) s'écrasent dans le massif du Pilat, au crêt de Montivert. Volant en formation à basse altitude, par mauvais temps, les avions percutent la montagne à quelques kilomètres au nord de Pélussin. Les trois pilotes, qui n'ont pas tenté de s'éjecter, décèdent : le lieutenant-colonel Robert Bataille (commandant de la de chasse de Reims), le lieutenant Jean-Christophe Hugou (de l'escadron de chasse 1/30 « Valois ») et l'aspirant Michel Eguia (de l'escadron de chasse 1/30 « Valois »). Leurs obsèques seront célébrées deux jours plus tard, le , dans un hangar d'aviation de la base aérienne 112 de Reims transformé en chapelle ardente, en présence d'André Giraud, ministre de la Défense. Un monument commémoratif a été élevé, depuis, pour rappeler ce tragique accident aérien.
Lieux remarquables Points hauts Crêt de la Perdrix, point culminant du massif à d'altitude. Une table d'orientation y est implantée d'où l'on peut voir à l'est le massif des Alpes et la vallée du Rhône. À l'ouest on distingue les massifs depuis la Haute-Loire jusqu'au puy de Sancy. Crêt de la Chèvre, , à proximité du crêt de la Perdrix, et son rocher en forme de sphinx. Commune de Colombier. Crêt de Botte, , à proximité immédiate du crêt de l'Œillon. Pyfarat, , au sud du massif, point de rencontre des départements de la Loire, de la Haute-Loire et de l'Ardèche. Crêt de l'Œillon, . L'émetteur du mont Pilat y est implanté. Les Cimes, , commune de Saint-Sauveur-en-Rue Suc des Trois Chiens, , commune de Saint-Sauveur-en-Rue Crêt de l'Aireiller, , commune de Colombier Les Rochettes, , commune de Thélis-la-Combe Panère, , point culminant de Saint-Régis-du-Coin, muni d'une table d'orientation, avec un panorama sur le massif des Alpes. Crêt du Graland, , commune de Véranne Crêt de Chaussitre, . Une table d'orientation y est installée, avec une vue sur les massifs du Meygal (pic du Lizieux), du Mézenc, et les monts du Forez. Crêt de Peillouté, , commune de Véranne Les Trois Dents, , et formant une crête de quatre à cinq pics (dont trois principaux d'où leur appellation) au sud-est du crêt de l'Œillon. Crêt de Peyranne, , commune de Colombier Bégusieux, , commune de Planfoy Le Grand Crey, , commune de Saint-Genest-Malifaux Crêt du Cey, , commune de Saint-Étienne Le Combat, , commune de Pélussin Suc du Grand, , commune de Marlhes Le Frioul, , commune de Planfoy Rocher de Dentillon, , commune du Roisey Les Crêts, , commune de Saint-Chamond Crêt de Montivert, , commune de Sainte-Croix-en-Jarez Le Châtelard, , commune de Doizieux Crêt de Baronnette (ou crêt de Bourchany), Crêt Montchaud, Crêt de la Chaume, Crêt de la Camière, Mont Monnet, , domine la vallée du Rhône. Crêt de Longes, Mont Ministre, Crêt de Montieux, Crêt de Chassenoud, Crêt Chaboud, Crêt de Marcoux, Croix de Marlin, Crêt de la Magdelaine, Crêt des Moussières, Crêt de Thorée,
Cols Le col de l'Œillon (), dont l'ascension peut se prolonger vers les antennes du crêt de l'Œillon et du crêt de Botte. Ce col fut gravi plusieurs fois par les coureurs du Tour de France. Le col de la Croix de Chaubouret (), sur la commune du Bessat.