Iqaluit (en , , « beaucoup de poissons / place des poissons ») est la capitale et plus grande ville du territoire canadien du Nunavut.
Les habitants d'Iqaluit s'appellent les Iqalummiut (singulier, Iqalummiuq), -miuq (pl.-miut) étant un suffixe usuel des langues inuites pour désigner les habitants d'un lieu.
Géographie Localisation Iqaluit se situe dans le Sud-Est de l'île de Baffin et borde l'océan Atlantique, plus précisément la baie de Frobisher, au bord du détroit de Davis Limits of oceans and seas, 1953, 3rd edition/ International Hydrographic Organization|consulté le=15 février 2023. vignette|centré|Situation géographique de la ville.
Iqaluit se trouve approximativement à au sud-est du lac Amadjuak. Plusieurs petits lacs et rivières sans noms officiels se trouvent aux alentours de la ville. La rivière la plus proche de la ville, parmi celles qui ont un nom, se trouve dans le sud de l’île et s’appelle la Soper. vignette|gauche|300px|Carte de la ville d'Iqaluit.
La communauté la plus proche se trouve à Apex, qui est en fait une subdivision de la ville, et est située à cinq kilomètres à l’est du centre-ville.
Le s'étend jusqu'à seulement un kilomètre à l’ouest de la ville. Le parc territorial de Qaummaarviit () se trouve sur une île dans la baie de Frobisher au sud d’Iqaluit. Le parc naturel de Katannilik () est situé un peu plus loin au sud-est de la Terre de Baffin. Ces deux derniers parcs nationaux ne sont pas accessibles par voiture, mais par bateau en été ainsi qu’à pied et à l’aide de motoneiges ou plus traditionnellement de traîneaux à chiens en hiver.
Démographie vignette|Fête du Canada à Iqaluit en 1999. En , la ville comptait ( en 2000) et on en dénombrait environ en .
Selon le recensement de 2001, la population d'Iqaluit comptait 57,9 % d'Inuits, 0,7 % de Premières Nations, 0,4 % de Métis et 41 % de non-Autochtones. Il y a également des minorités ethniques telles que , et Maghrébins et pour mentionner les minorités les plus nombreuses.
Les langues parlées par les habitants sont l'anglais à hauteur de 41,2 %, le français de 5,4 % et les langues autochtones dont l'Inuktitut et l'Inuinnaqtun à hauteur de 53,2 %. Sur , parlent l'anglais à la maison, parlent une langue non officielle et surtout l’Inuktitut et parlent le français. En 1996, 60 % de la population parlaient encore l’Inuktitut à la maison comparé à seulement 35 % qui parlaient l'anglais.
Selon le recensement de 2006, il y a un total de qui vivent à Iqaluit. Ceci signifie un taux de variation de 18,1 % en comparaison avec les chiffres de 2001. Le territoire du Nunavut a connu un taux de variation de 10,2 % durant la même période. En 2006, vivent sur le territoire et cela signifie donc que plus qu’un cinquième de la population territoriale se concentre sur la ville d’Iqaluit. Selon le « Nunavummit Kiglisiniartiit », le Bureau des Statistiques du Nunavut, la population du territoire pourrait atteindre près de en 2020. L’âge médian de la population d’Iqaluit est très jeune avec une moyenne de 28,8 ans et le taux de naissances est à la hausse. Sur recensés, sont des citoyens canadiens et ont une identité autochtone.
Depuis 1971, l'évolution démographique de Iqaluit a été :
Histogramme de l'évolution démographique de Iqaluit
Relief Le paysage est englacé pendant huit mois de l’année et on peut voir des bancs de neige sur le pergélisol ainsi que des icebergs plus loin dans la baie de Frobisher si celle-ci n’est pas complètement gelée. Le bouclier canadien est érodé par la fonte et le retrait des glaciers. En été, le sol est rocailleux et on peut découvrir des plaines, plateaux et des collines très peu couvertes de végétation.
Climat Iqaluit est à la frontière de deux zones de climat polaire : arctique et subarctique. Si on se réfère à la classification de Köppen, Iqaluit a un climat de type toundra. La végétation y est peu présente. On y retrouve des lichens et mousses recouvrant le sol durant tout l'été. La végétation se résume à la toundra, en raison des hivers très longs et froids. En janvier, la température descend occasionnellement en dessous des ( avec le facteur éolien, issu des blizzards). La température la plus basse à avoir été enregistrée à Iqaluit est , le . vignette|centré|Iqaluit est situé dans une zone polaire du climat.
Normalement, la neige y est présente de début octobre jusqu'à début juin, mais jamais en grande quantité (très souvent moins de ). L'été y est court, frais et humide, les températures dépassant quelquefois les , normalement en juillet et août. On y a ainsi enregistré le , température qui constitue à ce jour le record de chaleur. Iqaluit est une ville très froide, surtout en raison de blizzards, principalement causés par l'absence d'arbres ou d'arbustes.
Les températures hivernales à Iqaluit sont bien plus froides (de l'ordre de de moins) qu'à Nuuk, la capitale du Groenland, située de l'autre côté du détroit de Davis, car un bras du longe la côte occidentale du Groenland.
Histoire gauche|vignette|Assemblée législative du Nunavut à Iqaluit. vignette|180px|C'est Martin Frobisher qui a baptisé la ville à l'origine. La ville a été baptisée Frobisher Bay par le marin et explorateur britannique Martin Frobisher. Celui-ci avait effectué sans succès plusieurs voyages pour la couronne d'Angleterre afin de trouver le passage du Nord-Ouest et de trouver des ressources naturelles précieuses ; il a découvert ladite baie de Frobisher en 1576.
Il n’y a que quelques voyages scientifiques ainsi que des activités régionales limitées dans la baie de Frobisher jusqu’en 1942. Cette année-là, Frobisher Bay est fondé en tant que base militaire américaine pour permettre des réapprovisionnements et des arrêts aux avions militaires allant et venant d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. Durant les années 1950, la population augmente rapidement à la suite de la construction de la , un groupe de radars s'étendant sur et faisant partie du système d'alerte du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD). La base militaire ferme ses portes en 1963, mais l’aéroport régional continue à exister et la population locale reste sur place et dans la communauté voisine d'Apex.
Le , la ville acquiert son nom actuel, qui signifie « endroit poissonneux » en inuktitut. Le , Iqaluit remporte le plébiscite sur la capitale du Nunavut devant Rankin Inlet avec 60% des votes. Depuis 1999, la ville accueille donc des administrations fédérales, territoriales et municipales. Le , Iqaluit obtient officiellement le statut de ville de la part du gouvernement fédéral.
Gouvernement Mairie Le conseil municipal d’Iqaluit réunit neuf membres. :
un maire ; huit conseillers municipaux.
Tous ces élus remplissent des mandats de quatre ans.
Depuis le , le maire par intérim est Solomon Awa., à la suite de la démission de Kenneth Bell, élu en ..
Représentation d'Iqaluit à l'Assemblée législative du Nunavut Iqaluit représente quatre circonscriptions électorales au Nunavut. Ce sont donc quatre députés qui représentent la ville au sein de l’Assemblée législative du Nunavut..
Représentation fédérale Le Nunavut possède pour tout son territoire en incluant Iqaluit, un seul député fédéral pour le représenter au sein du Parlement du Canada. Ainsi Iqaluit a le même député fédéral que tout le territoire du Nunavut en termes de représentation fédéralehttp://www.elections.ca/Scripts/vis/SearchProvinces?L=f&PROV=NU&PROVID=62&QID=-1&PAGEID=20.
Économie et principales ressources Les principales ressources naturelles de la région sont les minéraux ainsi que le pétrole que le gouvernement canadien compte davantage exploiter. Par rapport au défi d’assurer l’accès à des ressources en eau suffisantes et salubres, des scientifiques de Ressources naturelles Canada travaillent depuis 2007 sur le projet « Renforcement de la résilience des établissements humains face aux changements climatiques », une activité de transfert de technologie en géomatique et en télédétection durant laquelle un groupe restreint a réussi à produire une carte ainsi que des statistiques détaillées sur les ressources en eau de surface dans le but de former du personnel local afin de préparer la ville et le territoire complet aux défis qu’apporteront le développement durable et le réchauffement climatique afin d’optimiser l’utilisation des ressources d’eau qui y existent en grand nombre.
En ce qui concerne les professions, cette tendance est semblable. D’une population active âgée de 15 et plus de , 720 travaillent dans le domaine des affaires, des finances et de l’administration, 700 dans le domaine des ventes et services et 540 dans le domaine de la gestion. L’industrie locale se concentre avec 565 travailleurs sur les services de commerce, mais travaillent tout simplement dans d’« autres services » en 2006. Depuis la fondation du territoire, l’économie régionale a fait d’énormes progrès.
Le tourisme et les secteurs de l'hôtellerie se développent grâce au rôle de lieu de transit d'Iqaluit pour atteindre les autres villes du Nunavut. Mais la grande source de l'économie locale reste les subventions du gouvernement fédéral.
Le revenu médian est beaucoup plus élevé à Iqaluit que sur le reste du territoire et atteint une valeur de canadiens sans impôt en 2005. Ceci se voit également par rapport au taux de chômage qui est de seulement 7,8 % à Iqaluit, mais de 15,6 % au Nunavut.
L’eau du robinet, contaminée aux hydrocarbures, est déclarée inapte à la consommation humaine en pour une durée indéterminée..
Symboles
Le drapeau de la ville Iqaluit se trouve entre les et la baie de Frobisher qui sont représentés par la montagne et l'eau sur le drapeau de la ville.
Enfin, Iqaluit signifie en inuktitut « [lieu de] nombreux poissons » d'où la représentation des trois poissons au bas des symboles du drapeau.
Le sceau de la ville Le sceau de la ville représente les symboles qui sont au centre du drapeau municipal.
Transports alt=|vignette|px|L'aéroport d'Iqaluit. En ce qui concerne la configuration spatiale et l’accès, la ville d’Iqaluit a de nombreux inconvénients.
Il n’y a pas de grande autoroute qui lie la ville aux capitales des autres provinces, les raisons en étant notamment les conditions climatiques ou la localisation sur une île qui sont largement défavorables à la construction d’une telle infrastructure. Iqaluit est la seule capitale au sein du Canada n'ayant pas de feux de circulation routière et seulement quelques panneaux routiers. Quelques rues à l’intérieur de la ville ont obtenu des noms depuis 2003, mais il y a encore des rues sans noms dans la région. Le système de routes locales lie la communauté d’Apex au .
Il n’existe pas de transports en commun, car le projet d’un système d’autobus traversant la ville a été abandonné à cause d’un manque de clientèle. Pourtant, il y a un système de taxis disponible à Iqaluit. Il y a des voitures, mais elles sont peu nombreuses à cause des conditions climatiques difficiles et des coûts d’importation élevés. Les motoneiges et les véhicules tout-terrain sont plus nombreux et populaires. Traditionnellement, il y a une route menant à Kimmirut qui est accessible avec des véhicules tout-terrain.
Durant l’hiver, la ville devient accessible par motoneiges et traineaux à chiens lorsque le détroit d’Hudson est gelé. Il crée ainsi une liaison naturelle d’une longueur allant jusqu’à et d’une largeur entre 64 et entre le Nunavut et le Québec. Durant l’été, Iqaluit devient accessible par bateau, mais le port n’est pas assez profond pour que les grands bateaux de commerce puissent directement y accéder. Des petits bateaux locaux transportent les cargaisons de la baie de Frobisher jusqu’au petit port d’Iqaluit.