Robert Kubica (), né le à Cracovie., est un pilote automobile polonais.
Le , au Grand Prix du Canada, Kubica devient le premier pilote polonais à remporter une victoire en Formule 1. Sa carrière au sommet du sport automobile en monoplace s'interrompt à la suite d'un grave accident en rallye en février 2011 dont les séquelles empêchent son retour en Formule 1. Toutefois, il s'engage à nouveau en rallye pour la saison 2013 de WRC-2 et y remporte le titre. Il s'engage ensuite en WRC de 2014 à 2016, avec le soutien technique de M-Sport.
En 2017, sept ans après son dernier Grand Prix de Formule 1, Kubica reprend le volant en essais privés, puis est titularisé en 2019 chez Williams. En 2021, après que Kimi Räikkönen ait été testé positif au Covid-19, il fait un dernier retour en Formule 1 pour remplacer le Finlandais lors du Grand Prix des Pays-Bas et du Grand Prix d'Italie.
Le , il remporte les 24 Heures du Mans à bord de la Ferrari 499P d'AF Corse, devenant le premier Polonais à gagner cette course.
Biographie Débuts en sport mécanique Robert Kubica connaît une enfance plus aisée que les enfants de son âge en Pologne. En effet, dès quatre ans, il pilote de petites voitures achetées par son père et s'entraîne sur des parkings où il affine ses trajectoires en slalomant entre des bouteilles. Son père lui construit ensuite un engin capable d'atteindre les . À sept ans, son père lui offre son premier karting mais Robert est trop jeune pour se voir accorder une licence et rouler en compétition.
Il dispute ses premières compétitions de karting à dix ans. Malgré la situation économique précaire de la famille, son père fait les efforts financiers nécessaires pour lui permettre de poursuivre ses progrès en achetant de nouveaux karts. Il est aidé dans sa progression par Jurek Wrona, un des meilleurs préparateurs de moteurs en Pologne. Rapidement, Kubica domine les circuits polonais et accumule les titres de champion national.
Tandis que sa carrière l'amène à courir notamment en Italie, sa famille n'est plus en mesure d'en supporter les coûts. Le salut vient de l'écurie de karting italienne CRG, qui, séduite par ses prestations, lui propose un volant de pilote officiel. À quatorze ans, Kubica, désormais installé en Italie, accumule les kilomètres avant d'être titularisé. Il remporte le championnat d'Italie Junior, la Monaco Kart Cup et termine vice-champion d'Europe.
Toujours chez CRG en 1999, il remporte à nouveau le championnat d'Italie Junior, celui d'Allemagne, gagne une nouvelle Monaco Kart Cup et termine quatrième du championnat du monde de Formule A. En 2000, il quitte CRG pour rejoindre Birel et est à nouveau titré en Allemagne et en Italie.
2001-2002 : débuts et confirmation en monoplace Contacté par Daniel Morelli, le manager du pilote de Formule 1 brésilien Pedro Diniz, Kubica est invité à Valence pour disputer la dernière manche du championnat de Formule Renault . Ce premier contact, suivi d'un test réussi quelques mois plus tard sur le piste de Lédenon, lui ouvre la voie à un engagement complet à partir de la mi-saison 2001 au sein de l'équipe RC Motorsport.
Considéré comme l'un des pilotes les plus prometteurs de sa génération, Kubica est sélectionné, en fin d'année, par le Renault Driver Development qui lui apporte un nouveau soutien budgétaire. En 2002, il remporte quatre victoires et termine vice-champion de Formule Renault italienne malgré de nombreux problèmes techniques.
2003-2004 : déceptions en Formule 3 En 2003, malgré son éviction du Renault Driver Development, Robert Kubica accède au nouveau championnat de Formule 3 Euro Series au sein de l'équipe Prema Powerteam. Peu avant le début de la saison, il est victime d'un grave accident de la route en Pologne alors qu'il était passager. Relevé avec de multiples fractures au bras, il est pris en charge par le docteur Riccardo Ceccarelli, médecin de l'équipe Toyota F1 Team et observe une longue convalescence durant les six premières courses de la saison.
De retour sur le Norisring, Robert Kubica s'impose dès sa première course malgré une condition physique précaire. La suite de sa saison est plus délicate et il peine à rivaliser avec les meilleurs.
À nouveau en Formule 3 Euroseries en 2004, il intègre l'écurie ASL Mücke Motorsport, sans réussite. Il réalise néanmoins une performance en fin de saison lors du Grand Prix de Macao de Formule 3 au volant d'une monoplace du Manor Motorsport en terminant second après avoir obtenu la pole position, le meilleur tour en course et dominé son coéquipier du jour Lewis Hamilton.
2005 : sacre en Formule Renault 3.5 Series En 2005, Kubica obtient un volant en championnat World Series by Renault au sein de l'équipe espagnole Epsilon Euskadi de Joan Villadelprat, que connaît Daniel Morelli puisqu'il était directeur sportif de Ligier quand Diniz pilotait pour l'écurie française. Malgré un budget limité, il remporte quatre victoires et le titre des pilotes tout en offrant le titre « écurie » à Epsilon. Dans un pays où le sport automobile reste très confidentiel, ses succès déclenchent un engouement comme en témoignent les audiences télévisées des Nissan World Series, supérieures à celles de la Formule 1, et contribuent à faire de lui une célébrité nationale.
Après avoir manqué une première opportunité de rouler en Formule 1 quand la Scuderia Minardi voulait faire de lui son pilote de test à l'occasion du Grand Prix du Japon 2005 mais que la FIA refusa de lui accorder sa super-licence, il boucle sa saison par un retour en Formule 3 dans l'équipe Carlin, à l'occasion du Grand Prix de Macao. Il s'y classe à nouveau deuxième après s'être élancé de la pole position.
Carrière en Formule 1 2006 : débuts en Formule 1 avec BMW thumb|Robert Kubica lors des essais du Grand Prix des États-Unis. Son titre en World Series by Renault lui permet d'effectuer, en , des tests pour Renault F1 Team. Si Kubica réalise de bons temps, Renault, qui a déjà trois pilotes sous contrat (Fernando Alonso, Giancarlo Fisichella et Heikki Kovalainen), ne le recrute pas. Quelques semaines plus tard, en , il effectue une séance d'essai à bord d'une monoplace de l'année précédente de l'écurie BMW Sauber F1 Team et est engagé en qualité de troisième pilote.
Présent sur tous les Grands Prix du championnat 2006 comme pilote chargé des essais du vendredi, il se montre régulièrement plus rapide que Nick Heidfeld et Jacques Villeneuve. À la suite de l'indisponibilité de Jacques Villeneuve, mal remis d'un accident au Grand Prix d’Allemagne, il débute en course au Grand Prix de Hongrie. Malgré plusieurs erreurs en course sous la pluie et une disqualification pour poids non-conforme alors qu'il a terminé septième, le Polonais séduit par ses performances. Le , au lendemain de son premier Grand Prix, BMW Sauber annonce le remplacement définitif de Villeneuve par Kubica.
Le , lors du Grand Prix d'Italie, Kubica, qualifié en sixième position, obtient son premier podium en terminant troisième derrière Michael Schumacher et Kimi Räikkönen. Il devient le premier Polonais à monter sur le podium d'un Grand Prix de Formule 1 et le deuxième pilote le plus jeune à réaliser cet exploit derrière Fernando Alonso.
2007 : l'accident au Grand Prix automobile du Canada thumb|left|Kubica au Grand Prix de Grande-Bretagne. Robert Kubica est confirmé chez BMW Sauber pour 2007 aux côtés de Nick Heidfeld. Le début de saison s'avère délicat, Kubica étant nettement dominé par Heidfeld (ce que le principal intéressé explique en partie par ses difficultés à adapter son style de pilotage aux gommes Bridgestone). Il voit, en outre, se concentrer sur sa voiture les principaux soucis de fiabilité de l'écurie. Après avoir marqué ses premiers points à Sakhir où il termine sixième et loin de Heidfeld, il retrouve un niveau de compétitivité plus conforme à ses ambitions initiales à Barcelone où il termine au pied du podium avant de terminer cinquième lors du Grand Prix de Monaco.
Son retour en forme est brutalement interrompu lors du Grand Prix du Canada. Qualifié en huitième position, Robert Kubica évolue dans le ventre mou du peloton après son premier ravitaillement sous régime de la voiture de sécurité. Au vingt-septième tour, il percute la Toyota de Jarno Trulli en tentant de le dépasser dans l'une des portions les plus rapides de la piste qui ramène les concurrents vers l'épingle du casino : il accroche sa roue arrière droite, perd son aileron avant, quitte la piste, roule un court instant sur un espace gazonné, passe un chemin de béton et décolle sur un espace engazonné. La voiture s'envole, accroche un muret et s'écrase contre un autre muret de béton, à angle presque droit. La voiture, projetée au travers de la piste, part en tonneau et s'écrase dans le mur extérieur de l'épingle. D'après les relevés de la boîte noire, l'impact a eu lieu à et Kubica a encaissé une décélération de 75 gL'accident de Kubica décortiqué radio-Canada.ca, 20 juin 2007. Le Polonais, prisonnier de sa monoplace pendant plusieurs minutes, est évacué vers le centre médical puis vers un hôpital de Montréal : il souffre d'un léger traumatisme crânien et d'une entorse à la chevillecanada_robert_kubica_souffre_dune_commotion_dune_entorse_cheville.html Robert Kubica souffre d'une commotion et d'une entorse à la cheville matin.qc.ca, 10 juin 2007. Si, dès le lundi, Kubica quitte l'hôpital et confie son envie de participer au Grand Prix des États-Unis, dont les premiers essais sont prévus le vendredi suivant, les délégués médicaux de la FIA lui imposent un repos de quelques jours supplémentaires en raison des éventuelles conséquences d'un nouvel accidentRobert Kubica a déjà quitté l'hôpital et vise de courir à Indianapolis matin.qc.ca, 11 juin 2007Robert Kubica ne participera pas au Grand Prix d'Indianapolis matin.qc.ca, 14 juin 2007.
Pour le remplacer, BMW fait appel au jeune Allemand Sebastian Vettel, un des deux pilotes-essayeurs de l'écurie. Le fait qu'il ait eu si peu de dommages fut évoqué dans le processus de canonisation de Jean-Paul II comme miracle possible car le pilote avait une photo du défunt pape dans son casque.. Une goutte de sang et un morceau d'étoffe d'un habit du pape Jean Paul II au sein d'un reliquaire lui furent d'ailleurs offerts quelques années plus tard à la suite d'un nouvel accident afin de l'aider à guérir..
Il reprend la compétition en France où, qualifié en quatrième position, il termine le Grand Prix à la même place. Il finit également quatrième une semaine plus tard au Grand Prix de Grande-Bretagne. Par la suite, il enchaîne les résultats dans les points et creuse peu à peu l'écart sur les pilotes Renault, dans la lutte pour la sixième place du championnat. Au Japon, après une passe d'armes avec Felipe Massa dans le dernier tour, il lui concède la sixième place. Lors du Grand Prix suivant en Chine, grâce à une bonne stratégie, il est en tête de l'épreuve peu après la mi-course mais sa boîte de vitesses casse alors qu'il visait la victoire. Robert Kubica termine la saison par une cinquième place au Brésil et se classe sixième du championnat avec trente-neuf points, vingt-deux de moins que son coéquipier Nick Heidfeld.
2008 : l'année de la confirmation thumb|Kubica passant la ligne d'arrivée victorieux au Canada. thumb|Robert Kubica lors du Grand Prix du Japon 2008.