Starmania est un opéra-rock franco-québécois composé par Michel Berger sur un livret de Luc Plamondon. Le spectacle est présenté pour la première fois le au palais des congrès de Paris.
La comédie musicale est régulièrement jouée depuis, dans plusieurs versions. Plusieurs chansons qui en sont issues sont devenues des succès, comme Le Blues du businessman ou SOS d'un terrien en détresse.
Ce spectacle a été décliné en allemand en 1991, puis en anglais en 1992 avec une adaptation des paroles par Tim Rice sous le titre Tycoon.
Joué à différents endroits dans le monde, Starmania a fait l’objet de multiples adaptations tant en anglais qu’en français. L’album studio original de 1978 s’est vendu à plus de d'exemplaires rien qu’en France, se positionnant ainsi à la septième place des meilleures ventes d’albums au niveau nationalSource : infodisc.fr.. Starmania est l'un des tout premiers opéras rock francophones entièrement chantésPrécédemment, il y a eu le double album de Johnny Hallyday, Hamlet (1976), qui ne fut jamais monté sur scène..
Le projet initial de Michel Berger, Angélina Dumas, qui date de 1974, était une réflexion autour du syndrome de Stockholm et de l'histoire de l'enlèvement de Patricia Hearst, qui en 1975 s'est ralliée à la cause de ses ravisseurs. La bande à Baader est aussi une référence de Starmania pour Plamondon et Balavoine.50 mn inside, Telescoop.
Contexte Michel Berger est resté insatisfait après l'échec du projet de comédie musicale Angelina Dumas, titre sorti en 1975, mais il est bien conscient que ce genre n'est pas du tout en vogue à cette époque en France. France Gall lui conseille de trouver un auteur capable de traduire la violence qu'il cherche à exprimer, et lui ayant fait écouter Diane Dufresne, il découvre le nom de Luc Plamondon, auteur de ses chansonsFrance Gall, muse et musicienne, Alain Wodraska, Ed. Didier Carpentier, 2010 . Ils se rencontrent à Montréal en , puis travaillent ensemble au printemps 1977.
Selon L'Avenir, Starmania, qui sera joué en 1979, représente une nouveauté, car il s'agit d'un des premiers opéra rock créé originellement en français. Jusqu'alors, ces créations étaient l'apanage des Américains et elles étaient transposées ensuite en français, par exemple Hair, créé en 1967 et dont la version française est jouée en 1969 à Paris avec Julien Clerc et Gérard Lenorman, ou encore Jésus-Christ Superstar, créé en 1971, avec une version française de Pierre Delanoë la même année.. D'après La Vie, lorsque Michel Berger songe à créer un opéra rock en 1974, « personne ne croit au succès de ce genre de spectacle en français de ce côté de l'Atlantique », et les créateurs de Starmania rencontrent des difficultés à trouver un producteur pour ce spectacle.
Synopsis de la version originale (1979) Dans un futur proche, l’Occident est unifié en un seul État. Beaucoup de gens rêvent, d’une façon ou d’une autre, de « devenir une star ».
À l’approche de l’élection présidentielle, Monopolis, la capitale de l'Occident, est terrorisée par la bande des Étoiles Noires. Le chef de la bande, Johnny Rockfort, agit sous l’emprise de Sadia, une étudiante agitatrice, issue de la haute société, qui n'est pas une femme mais un travesti (comme elle le dit elle-même dans la chanson du même nom). Dans les souterrains de Monopolis, Marie-Jeanne, serveuse de l’Underground Café, écoute les bulletins d’information en continu de « l'évangéliste » (présentateur du journal télévisé) Roger Roger sur la chaîne Télé-Capitale. Elle assiste aussi aux préparations d’attentats de Sadia et Johnny.
Au-dessus de ce café souterrain s’élève la tour dorée du milliardaire et ancien militaire Zéro Janvier. Celui-ci annonce sa candidature à l’élection présidentielle et défend un modèle de société sécuritaire, raciste, économiquement libérale et résolument éloignée de toute conception écologiste : le « nouveau monde atomique ». Son principal adversaire, le Gourou Marabout, prône quant à lui un retour à la nature et une plus grande liberté des mœurs.
Sur Télé-Capitale, l’animatrice vedette Cristal présente l’émission Starmania, promettant à des candidats de devenir « la star d’un soir ». Ziggy, un jeune disquaire homosexuel dont Marie-Jeanne est amoureuse, rêve de passer à Starmania et d’accéder à la gloire en tant que premier danseur de rock au monde. L’entendant parler de ses projets, Sadia décide de lui voler la vedette et appelle Cristal pour lui proposer une interview exclusive et clandestine avec Johnny. Cristal et Johnny ont immédiatement un coup de foudre : elle s’enfuit avec lui, alors que la presse croit à un enlèvement. Un désaccord éclate avec Sadia lorsque Cristal décide de pirater la fréquence de Télé-Capitale pendant un débat entre Zéro Janvier et le Gourou Marabout pour revendiquer au monde entier qu’elle est avec Johnny Rockfort : celui-ci prend le parti de Cristal, et Sadia laisse apparaître sa jalousie, puis s'en va sous les ordres implicites de Johnny.
Dans le même temps, Stella Spotlight, actrice de cinéma hypersexualisée et dépressive annonce la fin de sa carrière. Zéro Janvier voit en elle un atout de communication, et lui propose de devenir son égérie politique. Elle apparaît publiquement avec le milliardaire, puis mène une campagne active pour lui. Mais Stella, psychologiquement détruite, prend part à des séances de thérapies de groupe à la limite de l’orgie, organisées par le Gourou Marabout. Zéro la confronte lors d'un désaccord mais elle reste impassive, Zéro étant séduit par cette manière de réagir la demande en mariage. Les noces seront fêtées dans la discothèque située au sommet de la tour dorée, le Naziland.
Cristal est devenue une héroïne populaire. Johnny et elle décident de faire exploser la tour ce soir-là. Ziggy, qui a disparu sans ne donner aucune nouvelle à Marie-Jeanne, est devenu disc-jockey au Naziland. Sadia apprend l’attentat préparé par les Étoiles noires et, furieuse de jalousie, dénonce Johnny et Cristal à Zéro Janvier pendant la fête. Les hommes armés de Zéro Janvier se mettent à la poursuite des Étoiles noires. Cristal perd la vie au cours de la poursuite, jetée du haut de l’édifice. Pendant que son corps est porté en procession, Marie-Jeanne quitte l’univers souterrain et l’aliénation de son travail via un labyrinthe symbolique pour trouver le soleil, qu'elle n'avait alors pas vu depuis longtemps.
Peu après ces événements, Zéro Janvier est élu président de l’Occident. Johnny tente de l'assassiner, mais il est abattu par ses hommes de main. La scène finale voit l’esprit de Johnny s’élever vers d’autres cieux, pendant que les Terriens chantent à l’univers leur désespoir vis-à-vis de leur condition.
Personnages Principaux (chanteurs leaders) Marie-Jeanne, la serveuse « automate » Johnny Rockfort, le chef de la bande des Étoiles Noires Sadia, le « cerveau » des Étoiles Noires Cristal, l’animatrice TV Ziggy, le disquaire mythomane et androgyne (personnage inspiré par Ziggy StardustCamille Kaelblen, « Qui est Ziggy Stardust, l'avatar iconique de David Bowie ? », RTL, 11 janvier 2016.) Zéro Janvier, l’homme d’affaires politicien Stella Spotlight, l’ex-star sex-symbol Le Grand Gourou Marabout, adversaire politique de Zéro Janvier (personnage absent des versions des années 1980 et 1990) Roger-Roger, le présentateur du journal télévisé
Secondaires (souvent choristes et danseurs) Les Étoiles Noires La Servante de Stella Spotlight L'Homme de main de Zéro Janvier Les foules diverses - au bar l'Underground Café, au Naziland, sur l'émission Starmania, dans l'orgie du grand gourou marabout, lors des meetings politiques ou encore dans la rue
La première version scénique de 1979 avait d'autres personnages comme « la speakerine de Télé Capitale » ou encore les parents de Cristal. Ils disparaissent définitivement des versions ultérieures.
Dans la version studio enregistrée avant la création du spectacle, figurait une chanson intitulée Air de l’extraterrestre. Elle faisait apparaître un personnage supplémentaire, observant la vanité humaine, mais qui n’est apparu dans une seule version du spectacle (celle présentée au Québec en 1980). Toutefois, la chanson finale de la version scénique de 1979 reprend des airs de cette chanson, notamment le refrain, aux paroles identiques interprétées par les « terriens », et le couplet interprété par le personnage de Johnny Rockfort, dont les paroles sont adaptées au contexte de la fin de l’intrigue. L’Air de l’extraterrestre et la chanson finale sont reprises dans la version studio québécoise, mais disparaissent des suivantes.
Détail des personnages Cristal Le personnage de Cristal est inspiré du destin de Patricia Campbell Hearst... Petite-fille du magnat de la presse américain William Randolph Hearst (dont la vie servit de base au film d'Orson Welles Citizen Kane et plus tard de David Fincher Mank), cette jeune étudiante de l'université de Berkeley est enlevée par l'Armée de libération symbionaise (ALS) qui exige que la famille Hearst distribue pour 70 dollars de vivres à chacun des « économiquement faibles » de Californie, ce qui représente une somme de 6 millions de dollars.
Pendant sa séquestration, alors qu'elle a subi des sévices de la part de ses ravisseurs, Patricia Campbell Hearst est gagnée par le syndrome de Stockholm. Elle prend le pseudonyme de Tania et se met à lutter au sein de l'ALS..
De la même manière, Cristal, l'animatrice vedette de Télé Capitale, présentatrice de l'émission Starmania, va rejoindre le groupe terroriste des Étoiles Noires, adhérer à leur cause et finalement proposer de faire exploser la Tour Dorée de Zéro Janvier. Elle passe peu à peu d'une vision superficielle de l'existence (« vous serez peut-être / Ma star d'un soir ») à une vision nihiliste (« On les f'rait tous danser / Au milieu du brasier » ; réplique de la version 1988 et non de la version 1979 mais qui appuie nettement l'évolution du personnage).
Numéros musicaux Version originale Ordre chronologique des textes du spectacle original mis en scène par Tom O'Horgan et présenté au Palais des congrès de Paris au printemps 1979. Acte Ouverture (instrumental) Il se passe quelque chose à Monopolis (la speakerine, l'évangéliste) Quand on arrive en ville (Johnny Rockfort, Sadia) Communiqué de l'évangéliste (la speakerine, l'évangéliste, Marie-Jeanne) Travesti (Sadia) Banlieue nord (Marie-Jeanne, Johnny Rockfort) Sadia et Johnny (Sadia, Johnny Rockfort) La Serveuse et les Clients (Marie-Jeanne, troupe) Complainte de la serveuse automate (Marie-Jeanne) Conférence De Presse De Zéro Janvier (Zéro Janvier, troupe) Le Blues du businessman (Zéro Janvier, Cristal, Marie-Jeanne, troupe) Communiqué de l'évangéliste (l'évangéliste) Starmania-Starmania (la speakerine, Cristal, troupe) Un garçon pas comme les autres (Marie-Jeanne) La Chanson de Ziggy (Ziggy) Le Coup de téléphone (Sadia, Johnny Rockfort, Cristal, Marie-Jeanne) Interview de Johnny Rockfort (Cristal, Johnny Rockfort) Un enfant de la pollution (Johnny Rockfort) Communiqué de l'évangéliste (l'évangéliste) Le Meeting de Zéro Janvier (Zéro Janvier) Le Bulletin spécial de Télé Capitale (la speakerine, Marie-Jeanne) Besoin d'amour (Cristal, Johnny Rockfort)
Acte La Procession du grand gourou / Paranoïa (le grand gourou, troupe) Communiqué de l'évangéliste (l'évangéliste, le grand gourou, troupe) Marie-Jeanne et les clients du café (Marie-Jeanne, Ziggy, troupe) Les Adieux d’un (Stella Spotlight) Le Télégramme de Zéro à Stella (Stella Spotlight, Zéro Janvier) Communiqué de l'évangéliste à Marie-Jeanne (l'évangéliste, Marie-Jeanne) Trio de la jalousie (Je suis avec Johnny Rockfort) (Sadia, Cristal, Johnny Rockfort, troupe) SOS d'un terrien en détresse (Johnny Rockfort) Jingle de Stella (Si vous voulez un homme nouveau) (Stella Spotlight, Zéro Janvier, troupe) Le Débat télévisé (l'évangéliste, Zéro Janvier, le grand gourou, Cristal, Marie-Jeanne, troupe) Sex shops, cinémas pornos (Stella Spotlight)