La Confédération ouvrière brésilienne (pt: Confederação Operária Brasileira, COB) est la première centrale syndicale de l'histoire du Brésil. Elle a été fondée en 1908, après la tenue du Congrès ouvrier brésilien de 1906. Par le biais de son journal A Voz do Trabalhador ("La Voix du travailleur"), elle a permis d'établir une coordination et un échange d'informations au niveau national du mouvement ouvrier brésilien. La COB était composée de fédérations nationales d'industrie ou d'artisanat, d'unions locales ou étatiques de syndicats, de syndicats isolés dans des endroits où il n'y avait pas de fédérations ou d'industries et d'artisanat non fédérés.

La Confédération ouvrière brésilienne (COB) initie ses activités à Rio de Janeiro en , deux ans après la tenue du Premier Congrès ouvrier brésilien. Conformément à sa constitution, la COB commence la publication à Rio d'un journal, A Voz do Trabalhador, dont le premier numéro paraît au début de l'année. Durant ses premières années d'existence, la COB réuni une cinquantaine de syndicats, principalement organisés au sein des Fédérations ouvrières de Rio de Janeiro (Federação Operária do Rio de Janeiro, FORJ), de São Paulo (FOSP), de Rio Grande do Sul (FORGS) et de la Fédération socialiste bahianaise (Federação Socialista Baiana, FSB), principales bases de soutien de la Confédération.

L'influence des conceptions syndicalistes-révolutionnaires est particulièrement forte sur les membres de la COB, ils considèrent ainsi que l'organisation syndicale devait défendre les aspirations fondamentales de la classe ouvrière sans distinction d'école et de parti, afin que tout membre d'une organisation, qu'elle soit social-démocrate, socialiste, anarchiste ou autre, puisse l'accepter entièrement. La condition au succès du syndicat devait aussi résider dans son autonomie, qui garantirait la suppression des conflits entre les différentes tendances politiques présentes parmi les travailleurs.

Histoire

Antécédents Au Brésil, les premières années du réunissent des conditions favorables à l'émergence de mouvements défendant les revendications ouvrières, la situation économique connait en effet une croissance qui a débuté en 1903, et les organisations ouvrières destinées à la lutte syndicale se multiplient et se renforcent. Cependant, la plupart des grèves du début des années 1900 avaient encore un caractère assez circonscrit, souvent limité à une seule entreprise. Néanmoins, à partir de 1903, ces mouvements commencent à impliquer des professions entières et parfois plusieurs catégories professionnelles conjointes. La grève de l'industrie textile dans la capitale fédérale, alors Rio de Janeiro, en août-septembre de cette année-là constitue à cet égard un jalon, notamment parce qu'elle concernait une catégorie soumise au travail mécanique, avec une présence considérable de femmes et de mineurs, et qui n'avait pas les expériences organisationnelles de catégories artisanales qualifiées, déjà organisées en associations mutualistes. Un autre aspect marquant de la grève était qu'elle était rejointe par d'autres catégories professionnelles, ce qui lui donnait des airs de grève générale, rassemblant des milliers de travailleurs. La grève a été précédée d'une série de mobilisations localisées qui ont donné naissance au premier syndicat industriel du District fédéral (alors formé de la municipalité de Rio de Janeiro), la Fédération des ouvriers des usines de textile (Federação dos Operários em Fábricas de Tecidos). La grève a été sévèrement réprimée et aucune de ses revendications n'a été satisfaite. Malgré la défaite, ce mouvement pose les bases d'un syndicalisme davantage basé sur l'action directe à Rio de Janeiro. À l'époque, l'arrêt a été décrit comme "le mouvement de grève le plus important jamais réalisé au Brésil". Un mois après la grève, la Fédération des associations de classe du District fédéral (Federação das Associações de Classe no Distrito Federal) est fondée. Toujours en 1905, la Fédération ouvrière de São Paulo (Federação Operária de São Paulo, FOSP) est fondée dans la ville de São Paulo. Les deux institutions illustrent l'augmentation du nombre d'associations et de fédérations de travailleurs dans la période qui a précédé la tenue du premier Congrès ouvrier brésilien.

Premier Congrès ouvrier brésilien (1906) En , avec la croissance des organisations ouvrières, un appel de la Fédération des associations de classe pour le premier Congrès ouvrier brésilien est publié dans la presse brésilienne, il devait se tenir dans le district fédéral, alors situé à Rio de Janeiro, en 1906. L'appel indiquait que "seuls les socialistes pouvaient participer au Congrès, les éléments révolutionnaires étant interdits", car à côté de la création prévue de l'« Union générale des travailleurs du Brésil », devait être discuté "si l'ouvrier doit ou non être politique". Le rejet explicite envers les éléments révolutionnaires démontrait l'existence de tensions entre les courants anarchiste et socialiste, qui traversaient le mouvement ouvrier brésilien à cette époque. Malgré tout, des anarchistes seront bien présents au Congrès. vignette|Les délégués du Congrès ouvrier brésilien, avril 1906, au Centro Galego, à Rio de Janeiro. Le Congrès se tient du 15 au , au Centro Galego, à Rio de Janeiro. Y assistent 43 délégués qui représentent liées à des branches et catégories industrielles telles que les débardeurs, les cheminots, les travailleurs des entrepôts et du café et les membres du secteur des services. Même s'ils ne sont pas majoritaires, les anarchistes, dont Edgard Leuenroth, Mota Assunção, Luiz Magrassi et Alfredo Vasques, réussissent à faire valoir leurs thèses et influencent le Congrès de manière significative. Ainsi, les résolutions adoptées reflètent l'influence du syndicalisme révolutionnaire, une conception du syndicalisme défendue à cette époque au Brésil par les anarchistes. Ainsi, la neutralité syndicale vis-à-vis des partis politiques, le fédéralisme, la décentralisation, l'action directe et la grève générale, soulevés par les militants anarchistes, sont devenus une partie des principes des syndicats signataires des propositions du Congrès. L'option syndicaliste révolutionnaire a été adopté pour sa capacité de rassemblement et l'exhaustivité de ce programme, qui prévoyait la possibilité de coexistence de différentes opinions politiques et religieuses, donnant la priorité au champ de la lutte économique, car plus universel et de compréhension claire comme l'intérêt commun de tous les travailleurs. Cette orientation était considérée comme une victoire pour les anarchistes, dans la mesure où elle s'attaquait aux prétentions réformistes d'influents militants socialistes du mouvement ouvrier brésilien, comme Pinto Machado, chef de l'União Operária do Engenho de Dentro, de Rio de Janeiro. Le Congrès a également décidé de créer une confédération et un journal syndical pour assister les fédérations et donner une voix au collectif des associations. Parmi ses objectifs, cette confédération devait promouvoir l'union des travailleurs pour défendre leurs intérêts moraux, matériels, économiques et professionnels; renforcer les liens de solidarité entre le prolétariat organisé, donner plus de force et de cohésion à leurs efforts; étudier et propager les moyens d'émancipation du prolétariat et défendre publiquement les revendications économiques des ouvriers.

Première phase (1908-1909) La Confédération ouvrière brésilienne (COB) initie ses activités à Rio de Janeiro en , deux ans après la tenue du Premier Congrès ouvrier brésilien. Conformément à sa constitution, la COB commence la publication à Rio d'un journal, A Voz do Trabalhador, dont le premier numéro paraît au début de l'année. Durant ses premières années d'existence, la COB réuni une cinquantaine de syndicats, principalement organisés au sein des fédérations ouvrières de Rio de Janeiro (Federação Operária do Rio de Janeiro, FORJ), de São Paulo (FOSP), de Rio Grande do Sul (FORGS) et de la Fédération socialiste bahianaise (Federação Socialista Baiana, FSB), principales bases de soutien de la Confédération.

La première phase du COB dure jusqu'en , date à laquelle sortit le vingt et unième numéro de A Voz do trabalhador, qui ferma ensuite ses portes. Pendant cette période, il présente des nouvelles de la Confédération et des fédérations qui lui sont fédérées, de ses réunions, assemblées et grèves; dénoncé l'exploitation et les conditions de travail dans les usines et autres lieux de travail; il a encouragé la lutte pour la journée de huit heures, organisant également des rassemblements de propagande à cet effet. Des rassemblements ont également été organisé contre la loi Adolfo Gordo et l'expulsion d'immigrants et contre une guerre généralisée entre le Brésil et l'Argentine. La COB a également organisé des rassemblements de protestation contre l'exécution par le gouvernement espagnol du pédagogue anarchiste Francisco Ferrer y Guardia. Cependant, malgré cet activisme initial, la COB connaît une période moins actives dans les années suivantes, de 1910 jusqu'en 1912, la COB et les fédérations ouvrières n'ont pas joué un rôle majeur.

Réorganisation et Second Congrès ouvrier (1913) En , une nouvelle vague de grèves est déclenchée par des syndicats, elle durera jusqu'à la récession économique de 1914. Dans les premiers mois du mouvement, les ouvriers remportent une série de victoires, comme avec l'augmentation des salaires accordée aux cordonniers de Rio de Janeiro. À plusieurs reprises, les grévistes ont accepté de reprendre le travail, sous la promesse des employeurs de répondre en partie à leurs revendications. La plus importante de ces grèves a lieu à Juiz de Fora, dans le Minas Gerais, où, au mois d'août, diverses catégories ont paralysé leurs activités et le mouvement a pris les dimensions d'une grève générale. En plus des grèves pour la réduction du temps de travail, plusieurs manifestations ont lieu entre 1912 et 1913 contre l'expulsion des étrangers et des campagnes sont organisées contre la cherté de la vie.