Antonio Muñoz Martínez, né le à La Rinconada, est un homme politique espagnol membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Il est maire de Séville entre le et le .
Originaire d'Andalousie, Antonio Muñoz y grandit ainsi qu'en Catalogne. Après des études en sciences économiques, il travaille d'abord dans les milieux touristique et culturel.
Il est élu conseiller municipal de La Rinconada en 1983, puis désigné adjoint au maire. Il conserve ses fonctions jusqu'en 1989, quand il devient chef de service de l'Agence de l'environnement de la Junte d'Andalousie. Il occupe ensuite des fonctions de direction au sein de la mairie de Séville et de la députation provinciale.
En 2011, il accepte la proposition de Juan Espadas de faire partie de sa candidature à la mairie de Séville. Bras droit de ce dernier dans l'opposition puis, à compter de 2015, comme adjoint au maire à l'Urbanisme, à la Culture et au Tourisme, il est choisi par Espadas pour prendre sa suite en . Il est effectivement élu le mois suivant. Famille Enfance et origines Antonio Muñoz Martínez naît le à La Rinconada, une commune située au nord de la ville de Séville, d'un père maçon et d'une mère femme de ménage. La famille s'installe ensuite à Tossa de Mar dans la province de Gérone en Catalogne dans un mouvement plus large de migrations d'ouvriers andalous vers la région catalane. Après quelques années et alors qu'il a trois ans, la famille revient en Andalousie et s'installe à Fuengirola dans la province de Malaga, en raison d'une mutation de son père.
Isabel, sa mère, meurt à d'un cancer. Après cet événement, la famille Muñoz s'installe à nouveau à La Rinconada, où Antonio étudie l'année préuniversitaire (COU). Son père fonde alors sa propre entreprise de construction et permet à la famille d'améliorer son niveau de vie. Une de ses sœurs meurt en 2018.
Il est passionné par la lecture et le cinéma. Il réside dans le district du Casco Antiguo, près de La Alameda.
Vie privée Ouvertement homosexuel, Antonio Muñoz indique . Après de vie commune, il se marie avec l'auteur Fernando Repiso en .
Formation universitaire et profession Antonio Muñoz convainc son père de le laisser étudier l'économie à Malaga. Il obtient ainsi une licence en sciences économiques et entrepreneuriales de l'université de Malaga et un master en administration des affaires (MBA) à l'École internationale de commerce San Telmo de Séville. Il est ensuite reconnu expert en développement local par l'Organisation internationale du travail (OIT) de l'Organisation des Nations unies (ONU).
La Costa del Sol, alors en pleine expansion, lui donne goût pour le secteur de la culture ; contrairement à La Rinconada encore peu développée et manquant d'infrastructures. Durant ses études, il y fait la rencontre d'artistes et personnalités de gauche, tels que José Antonio Labordeta. Muñoz indique que .
Engagement en politique Deux mandats à La Rinconada Lors des premières élections générales de , Antonio Muñoz participe à la campagne du Parti socialiste populaire (PSP) d'Enrique Tierno Galván. Revenu à La Rinconada après ses études, il reçoit la proposition du Parti communiste (PCE), alors à la tête de la ville, d'intégrer sa liste en vue des élections municipales de . Mis au courant, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) lui formule la même demande. Muñoz accepte la proposition du PSOE en raison du caractère plus jeune de la candidature et concourt comme indépendant. Candidat en huitième position, il est élu conseiller municipal après que le PSOE a obtenu 10 des en jeu.. Il s'inscrit au PSOE la même année. Il est réélu pour un deuxième mandat lors des élections de .
Durant ses mandats, il occupe les fonctions de conseiller délégué à l'Économie et aux Finances. Il acquiert à cette occasion la certitude que le tourisme et les grands événements sont de nature à engendrer des retombées économiques favorisant le développement local. Sous son impulsion, La Rinconada accueille alors de nombreux groupes de musique.
Passage dans l'administration vignette|gauche|150px|Braulio Medel recrute Antonio Muñoz au sein de l'administration de la Junte d'Andalousie.|alt=Un homme Antonio Muñoz intègre l'administration de la Junte d'Andalousie comme intérimaire sur proposition de Braulio Medel, alors vice-conseiller à l'Économie et aux Finances et ancien professeur de finances publiques de celui-ci. Il quitte son mandat municipal lorsqu'il devient chef du service des Plans et Programmes de l'Agence de l'Environnement de la Junte en 1989. Il abandonne ces fonctions en 1993 lorsqu'il devient directeur des Finances de la députation provinciale de Séville. En 1999, il intègre la mairie de Séville au poste de directeur de l'Économie et des Finances. En 2002, il devient directeur du Tourisme de la députation provinciale et directeur général de l'Agence de la promotion économique de la ville de Séville.
Le , Muñoz est nommé directeur général à la Planification touristique de la Junte d'Andalousie par Paulino Plata, conseiller au Tourisme, au Commerce et au Sport du cinquième gouvernement de Manuel Chaves.. Deux semaines plus tard, il devient directeur général à la Planification et à la Réglementation touristique.. Il fait alors la connaissance de Juan Espadas, également dans l'administration régionale. En 2008, il indique que son département exécutif projette la réalisation de de développement touristique, avec un impact sur 80% du territoire andalou.
Il est relevé de ses fonctions administratives le par Luciano Alonso, conseiller depuis ..
À Séville Adjoint et bras droit de Juan Espadas vignette|220px|Antonio Muñoz et Susana Díaz lors de l'investiture de Juan Espadas comme maire de Séville en .|alt=Un groupe de quatre personnes Dans la perspective des élections municipales de , Antonio Muñoz accepte la proposition de Juan Espadas, candidat socialiste à la mairie de Séville, de faire partie de sa liste électorale. Placé en sixième position, Muñoz est élu conseiller municipal.. Les socialistes étant renvoyés dans l'opposition par les conservateurs de Juan Ignacio Zoido, Muñoz exerce les responsabilités de porte-parole adjoint du groupe socialiste, sous l'autorité d'Espadas.
Antonio Muñoz concourt à nouveau lors des élections municipales de ; cette fois en troisième position, derrière Juan Espadas et Carmen Castreño. Après l'avènement d'une majorité de gauche au conseil municipal et l'élection de Juan Espadas comme maire de Séville, la composition du nouvel exécutif local est annoncée le . Antonio Muñoz est ainsi nommé deuxième adjoint au maire, délégué à l'Habitat urbain, à la Culture et au Tourisme. Sa délégation comprend en outre les compétences en matière d'environnement et de durabilité. Espadas juge que cette délégation est et participe à l'idée que ... Muñoz est également désigné porte-parole de l'exécutif municipal.
Lors du scrutin municipal de , Muñoz est confirmé en troisième position sur la liste de Juan Espadas, derrière Sonia Gaya, dernière conseillère à l'Éducation de Susana Díaz. Réélu maire, Espadas choisit de former un exécutif local s'appuyant sur cinq grands portefeuilles, dont trois dirigent des portefeuilles subsidiaires. Pour diriger ces trois portefeuilles structurants, Espadas choisit Sonia Gaya, Antonio Muñoz et Juan Carlos Cabrera, respectivement délégués aux Finances et à l'Administration publique, à l'Habitat urbain, à la Culture et au Tourisme, et au Gouvernement et aux Festivités. Muñoz est également reconduit comme deuxième adjoint au maire et porte-parole de l'exécutif. La délégation de Muñoz s'étoffe de la compétence sur les infrastructures de transport, notamment en prévision de la création de nouvelles lignes de métro et du prolongement du tramway. Muñoz assure la tutelle de la délégation à la Jeunesse, occupée par Juan Antonio Barrionuevo, et celle au Patrimoine historique et artistique, pilotée par Carmen Fuentes. Muñoz perd, en revanche, ses fonctions de porte-parole du groupe socialiste municipal, qui reviennent à Adela Castaño. Antonio Muñoz forme un binôme avec Juan Carlos Cabrera répondant à la dualité sévillane : alors que le premier est davantage orienté vers la Séville moderne et avant-gardiste, Cabrera tend davantage vers les secteurs plus traditionnels, religieux et des confréries et fraternités de la Séville éternelle.
vignette|220px|Antonio Muñoz s'exprimant à la tribune, lors du d'.|alt=Un groupe de personnes derrière un pupitre À ce poste, Antonio Muñoz met en place une stratégie résolue de rayonnement de Séville à l'international par l'intermédiaire du tourisme et de la culture, qui passe notamment par l'accueil de grands événements et le développement de l'industrie cinématographique. En , Muñoz confirme que plusieurs tournages de la saison 7 de Game of Thrones auront lieu à l'Alcazar de Séville. Le suivant, Muñoz annonce que Séville et l'Académie européenne du cinéma sont parvenus à un accord pour que la capitale andalouse accueille la cérémonie des prix du cinéma européen en . En , fruit de la volonté politique exprimée par Muñoz lors d'une réunion avec Mariano Barroso à l'été 2018, Séville est le siège de la 33 cérémonie des Goyas, que l'adjoint d'Espadas qualifie . Deux mois plus tard, en , Séville accueille le congrès annuel du Conseil mondial du Voyage et du Tourisme (WTTC) au cours duquel Muñoz et Espadas reçoivent l'ancien président des États-Unis Barack Obama à l'Alcazar. Cette stratégie permet à Séville de devenir, en 2018, la troisième destination touristique d'Espagne après Barcelone et Madrid, et d'être élue meilleure destination urbaine du monde par le groupe Lonely Planet, notamment après l'Année Murillo, en référence au peintre sévillan Bartolomé Esteban Murillo dont l'exposition fête le anniversaire de la naissance. Le tournage d'environ à l'année engendre des investissements à hauteur de d'euros. L'ambition de Muñoz est ainsi que Séville soit la , capable .
En matière d'urbanisme, Muñoz s'attache à simplifier les démarches d'obtention des permis de construire et unifie la procédure des dossiers environnementaux et urbanistiques, en fusionnant le service municipal de l'environnement avec la direction de l'urbanisme (). D'abord censurée par l'opposition en conseil de direction en , la mesure est finalement votée le mois suivant grâce au vote favorable de Ciudadanos et mise en application en . En , il présente le programme Reaviva, qui a pour but d'identifier et réhabiliter certains espaces de la ville en mauvais état, et de favoriser la participation citoyenne aux projets de travaux de manière numérique et présentielle. Le département exécutif de Muñoz lance une modification du plan général d'aménagement urbain (PGOU) en afin de réguler et limiter la création de nouvelles salles de jeux et casinos, dans une optique de santé publique.
Maire de Séville Successeur choisi vignette|220px|Antonio Muñoz prend la présidence de l'Alcázar en .|alt=Alcázar de Séville Élu candidat du Parti socialiste ouvrier espagnol d'Andalousie (PSOE-A) à la présidence de la Junte d'Andalousie en face à Susana Díaz puis secrétaire général du parti en Andalousie, Juan Espadas est amené à quitter son fauteuil de maire dans le courant de l'année 2022, en fonction de la date des prochaines élections parlementaires. Le maire de Séville repousse à plusieurs reprises sa démission et se fixe pour horizon l'approbation du budget municipal pour 2022. Antonio Muñoz et Juan Carlos Cabrera apparaissent alors comme les deux candidats les mieux placés pour remplacer Espadas. Ce schéma successoral alimente la dichotomie des ; Muñoz représentant la Séville moderne et Cabrera la Séville traditionnelle.